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C'est Nous

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  • : La vie au jour le jour en Inde, les voyages de connaissance de soi que nous proposons dans ce pays si différent de la France, toutes les réflexions qui nous viennent dans nos différentes expériences en comparaison avec ce que nous vivons en France.
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3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 16:26

ganesha festival dernier jourEn Inde ce qui vous saisit d'abord c'est le bruit...                                                       Ganpati bappa morya !
                         Mangal mûrti morya !

           (Père Ganpati, reviens-nous ! Toi qui portes chance, reviens-nous !)


Nous sommes à Pune dans le Maharashtra, là où les célébrations liées à Ganesha sont les plus remarquables, on va pas rater ça même si on est venu essentiellement pour méditer au centre d'Osho !

La plus importante cérémonie se déroule à quelques km du centre ville mais la circulation est bloquée et la marche dans la foule en délire j'ai déjà donnée et je crains...
Notre rickshavala nous sauve (eh oui pour une fois merci rickshavala !) : d'autres endroits de la rivière Mula-Mutha accueillent les adorateurs du "Babar rouge" et on peut s'y risquer à pied.
D'un pont nous découvrons émerveillées ce qu'on pensait ne pas pouvoir approcher : un rituel de fin de célébration de Ganesh le dieu à tête d'éléphant.ganesha festival dernier jour

Enfin on est contentes parce qu'on va voir ce qu'on voulait, mais de loin, ce n'est pas vraiment merveilleux... La rivière est crade comme partout en Inde. Depuis des heures des milliers de dévots balancent leurs fraindises avec les assiettes en carton bien sûr qui se rajoutent à tous les déchets d'égouts arrivant déjà dans l'eau...
Allez on y va, on va pas se laisser arrêter par des ordures, comparé au site funéraire de Kathmandu c'est clean !

 
             Ganpati bappa morya ! 
Ganpati bappa morya !
                 
Ganpati bappa morya !

Les chants sont de plus en plus forts. Mais contrairement à laz kumba nela ou à l'intérieur du temple de kamiLes chants sont de plus en plus forts. Mais contrairement à la kumba mala ou à l'intérieur du temple de Kali, ici l'ambiance est joyeuse, pleine de dévotion et non agressive. Ouf ! On nous offre plus de sucreries qu'on nous envoie de poudre rouge.ganesha festival dernier jour

Bain de foule seulement pour nous... dans l'eau je ne me risquerais pas. D'ailleurs la plupart des hindus non plus. ganesha festival dernier jour
C'est soit le fils aîné qui s'y colle s'il n'est pas trop jeune, soit le plus souvent un délégué qu'on paie de 50 à 500 roupies pour nager un peu au large et immerger la ou les statuesganesha festival dernier jour
ou un batelier qui se charge de la noyade. 
Le Ganesh ci-dessous a une monture (la souris) particulièrement amusante...ganesha festival dernier jourganesha festival dernier jourImmersion parfois difficile car les statues sont creuses !ganesha festival dernier jour
ganesha festival dernier jour
De la rive les familles suivent LEUR Ganesh des yeux, anxieuses ou surexcitées, elles lui adressent un signe de la main avant de le voir rejoindre la nature.
ganesha festival dernier jour





Enfin vous m'avez comprise c'est l'objectif mais pour rejoindre la nature il faudra un certain temps, l'argile d'antan a cédé la place au plâtre et aux peintures toxiques... Mais ça vous le savez déjà si vous nous avez suivies sur les trottoirs de Jaipur en septembre dernier chez "les gens qui travaillent avec le sable".

 

 

ganesha festival dernier jour

 

Pour en savoir plus :
 

La fête dure environ 10 jours. Les familles achètent des statues sur les trottoirs de la ville. Elles les ramènent chez elles. Tous les jours des rituels et offrandes sont faits devant le Ganesha de plâtre pour recevoir sa protection,
la connaissance, la sagesse... enfin tout ce que symbolise ce fils de Shiva et Parvati.

Ces statues s'appellent des mûrti, ce ne sont pas des idoles. Elles servent de support et ensuite on les jette pour les rendre à la terre. L'idée est que l'esprit humain est agité en permanence, ce qui n'est pas faux je vous l'accorde mais ça peut aussi se guérir par un intensif de méditation ! Comme dirait Alice, "j'dis ça j'dis rien !". Bref, les hindus eux donnent une forme aux différents dieux par des mûrti. En se concentrant sur ces mûrti l'esprit se calme et peut saisir l'Un véritable de Dieu, principe divin informe.

Mais non, relisez bien c'est pas compliqué et c'est futé.

Mais je ne crois pas que tous les indiens voient en leur statuette ce symbole, beaucoup l'adorent comme une idole et suivent des traditions dont l'explication se perd dans leur tête comme dans la nuit des temps... 

 

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23 mars 2013 6 23 /03 /mars /2013 00:24

12-09-indouisme-pigeons.008Un peu partout le long des routes, en Inde comme au Népal, des vendeurs de graines de blé...
Selon l'hindouisme :
bon karma tu reviens sur terre en humain, mauvais karma te voilà animal.
Le pigeon pourrait être un ancêtre qui a mal tourné !
VA 12 09 indouisme-pigeonsAutres possibilités :
La déesse de l'amour et de la luxure est souvent accompagnée d'un pigeon.
Nourrir les pigeons est un acte de charité point barre !
Pigeons nourris, chance pour toi aujourd'hui !

Bref hindous en voiture, scooter, camion, à pied... tous s'arrêtent.VA 12 09 indouisme-pigeonsCertains jours sont plus favorables que d'autres pour les bienfaits des cieux. C'est l'horoscope qui le dit, comme les jours où il faut donner aux mendiants.
Les autres jours le gamin pourra faire autant de pirouettes qu'il veut il n'aura même pas un regard. Il ne lui restera que les rickshas de touristes blancs non au fait des jours maudits où l'hindouisme autorise à laisser crever de faim.


J'ai pris ces photos le jour de Ganesha birthday donc les achats sont incessants.VA 12 09 indouisme-pigeonsS'il reste du blé, la nuit les rats viendront finir. Le rat aussi est sacré rappelez-vous le temple à côté de Bikaner. Prolifération du Rat volant ou du Rat courant, même fléau...

 

Morale de l'histoire :
Les croyances anodines en apparence amènent à des déséquilibres écologiques.


Peut-être trouverez-vous une morale encore plus profonde à l'action maléfique des croyances (religieuses ou autres) !

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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 11:29

nous 2 dans le                                 Nous deux avant notre premier voyage en Inde.

Nous avons cherché et rencontré un guru tantrique Mahakaal, je raconte ça dans le premier article "spiritualité".
Siddharta (pas celui qui est devenu célèbre sous le nom de Buddha ! mais le fils du guru) nous enseigne le tantra de la nuit quand tous les autres sont endormis et que là le kapalika veille...
"tantra" veut dire "traités" ou "écrits" donc
déjà pour désigner la pratique s'inspirant de ces livres, il est plus propre de dire "tantrisme".
Le tantrisme est une science demandant un engagement total et un haut niveau de qualification. Son but est se libérer des conditionnements.cascade de fond'comb à barthèsLes expériences concrètes proposées pour ça amènent à des ressentis de la réalité n'ayant rien de croyances. Le sexe n'est pas plus souvent utilisé dans le tantra que n'importe quel acte de la vie de tous les jours (manger, éternuer, rencontrer un ami, regarder le ciel, observer une fleur...)
magnolia à barthès
et quand on utilise le sexe
ce n'est pas juste pour l'orgasme sexuel.
 
 




Tantra est devenu identique à Kamasutra dans le langage populaire. C'est devenu un mot directement lié à la sexualité.
La confusion vient du fait qu'il n'y a pas de mot pour définir le vécu spirituel, on parle d'extase, d'orgasme cosmique... parce que quand on s'adresse à quelqu'un qui ne l'a pas vécu, c'est une bonne façon de le décrire ! Comment expliquer à quelqu'un qui n'en a jamais mangée, le goût d'une mangue ? Vous pouvez toujours dire "c'est un goût fruité" mais ça n'explique pas grand chose. Vous pouvez faire des comparaisons mais vous buterez toujours sur ce qui est la particularité de la mangue et qui la différencie totalement d'une fraise.

En utilisant le sexe dans la spiritualité on atteint une perception de la réalité qui donne une sensation d'extase. On emploie les même mots pour parler des plaisirs sexuels et pour les expériences spirituelles en se basant sur la proximité des sensations de plaisir et des impressions de complétude, d'union, avec soi, le partenaire ou l'univers entier.
Mais pour avoir une sexualité épanouie et une relation de couple intéressante... point n'est besoin de tantra !
Il est par contre indispensable de prendre des cours de sexologie...

La complaisance et le manque de pratique personnelle de certains animateurs dans les groupes dits de tantra, créent beaucoup de désillusions chez les participants quand ça ne sont pas de réels dégâts ! 
Si vous êtes un adepte du yoga et que vous allez dans un cours où ne sont enseignées que les postures, voir à un cours de yoga-anti-stress pour gens surmenés, vous n'aurez aucun problème pour suivre et ce sera bien détendant sans avoir la profondeur de votre pratique habituelle mais ça ne vous fera pas de tort.
Pour le tantrisme, c'est différent. Les participants vivent des sensations inhabituelles comme des visions, des sensations de couleurs ou de chaleur... des extases. edelweiss à barthèsIls sont surpris et enthousiasmés. Ils sont fascinés pa
r ces manifestations et cherchent à les reproduire en refaisant toujours les mêmes expériences. Du coup, ils s'arrêtent en cours de route et se détournent du but qui est, je le redis : la libération des conditionnements.

C'est leur droit mais c'est dommage parce que faire ainsi du sur-place renforce l'ego en imaginant avoir transcendé la sexualité pour entrer dans la spiritualité. Avant de transcender quelque chose il faudrait déjà savoir ce que c'est !

C'est pour ça qu'il est indispensable de prendre des cours de sexologie...
Certains s'arrêtent à cette compréhension de la fonction et du fonctionnement de la sexualité et c'est aussi leur droit. Tout le monde n'a pas envie d'aborder la spiritualité.
Si votre envie est d'être heureux à 2 en utilisant le sexe pour plus de plaisir dans votre vie, bravo !

La spiritualité ne vous apportera rien de plus.nos yeux

                                             Toutes ces photos sont prises au hameau


(à suivre dans "Relations femme-homme part 5 : tantra à l'occidentale")

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18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 10:19

 

La religion des bishnois est une branche de l'hindouisme. Elle est surtout présente au Rajasthan, le guru fondateur étant né pas loin de Bikaner. Objet actuellement d'un certain engouement sur internet et à la télé, nous avons effectué une enquête sur cette minorité présentée comme "des pionniers multi centenaires de l'écologie, avant même que le mot existe", notamment pour leur amour des arbres et des animaux. Ils protègent surtout les gazelles et sont intervenus contre un acteur célèbre qui en avait tué une à la chasse.

.chinkârâ
Dans la religion hindoue, l'environnement ne "peut être ni méprisé ni ignoré" (wikipédia).
Mais où le voit-on en Inde ? Les rues, les rivières, les campagnes, le désert même, tout est jonché de plastiques et de déchets. Dans l'agriculture, l'alimentation et la médecine, des molécules interdites ou classées dangereuses en occident depuis longtemps sont ici distribués sans aucun contrôle. Les derniers exemples constatés : le minium, il n'y a rien d'autre pour protéger le fer, le DDT vendu dans les boutiques des bazars, les sulfites couramment en épicerie.

Nous sommes curieux de voir des indiens respectueux de l'environnement pour y croire !

Nous parlons autour de nous des bishnois, la prof d'hindi de Zoé et Enoch nous raconte qu'elle a déjà enquêté sur eux et elle en a fait tout un chapître de son livre. Rendez-vous est donc pris avec elle qui a des renseignements très intéressants et des contacts. Elle nous met en correspondance avec Monsieur Bishnoi à Bikaner.

Dans la communauté ce nom est majoritaire et accompagne souvent un autre nom. Ils ne peuvent se marier qu'entre eux selon un code très complexe parce que pour être bishnoi il faut être né bishnoi.
Ce point est surprenant puisque d'après les enseignements de leur guru, la communauté est ouverte à tous, toutes castes confondues. Beaucoup d'intouchables l'ont d'ailleurs rejointe au début pour échapper à leur condition misérable. Mais les années 1490 sont loin, Guru Jambheshwar est mort depuis longtemps, et notre guide nous explique que beaucoup de choses ont changé depuis...

Attention, je ne focalise pas sur cette communauté pour en faire une critique négative, on pourrait faire la même introspection dans le monde chrétien mais comme on vit dedans il est plus difficile d'avoir un regard neutre, non teinté d'émotionnel favorable ou non.

Donc premier point en désaccord avec le guru, plus personne ne peut rejoindre cette religion.

 

Nous avons demandé à passer un jour ou deux dans un village pour y vivre la vie de ces gens.borne du pays bishnoi

 

C'est d'accord nous partons donc
à la découverte de "l'authentique",
pas de villages comme autour de Jodhpur
où tout a été organisé pour les touristes.

 

 

Première déception : Le long de la route, des bornes en béton marquent le territoire "écologique" des bishnoi !





Autre surprise une heure plus tard : nous nous arrêtons devant un immense temple et quelques bishnois nous font signer un genre de livre d'or.

 Pourquoi ce temple ? Les enseignements de Jambheshwar ne disent pas qu'il n'y ait aucune construction en dur ?

 

temple bishnoiaccueil pour les melas

 

Oui mais c'est ici que s'organisent
les melas bishnois rassemblant
la communauté venant de toute l'Inde du Nord.
On allume de grands feux et M. Bishnoi un des hauts dignitaires que nous allons rencontrer a construit toute une infrastructure pour recevoir ces milliers de gens.
 

 

Nous sommes invités à manger. Enfin un "bon point", la nourriture est du jamais vue tellement c'est bon.
Une immense machine à fabriquer des chapatis trône dans le hangar également immense. Les boulangers que nous sommes ne peuvent qu'être ébahis devant le fini de cet engin :
on met la farine et l'eau à un bout, les chapatis sortent chaudes à l'autre bout, 7 000 à l'heure, incroyable !

 machine à chapati

 

Les 29 commandements sont peints sur un mur.29 principes

— Mais... mais... vous portez du bleu ! Il y a écrit là que... dis-je en montrant le pull bleu marine de notre guide et la blouse bleue sombre du voisin... C'est le 29e commandement, ne pas porter de couleur bleue...
Ha, ha, ha ! Ce n'est pas bleu, c'est noir !
Noir ?
Laisse tomber Zoé...

Les membres de la communauté qui vivaient au départ essentiellement dans les villages du désert du Thar habitent maintenant pour beaucoup en ville et sont devenus des commerçants prospères. Comme toutes les minorités ethniques et religieuses en Inde, ils ont été soutenus financièrement par le gouvernement. Beaucoup d'entre eux ont investi cet argent dans des entreprises de transports. Bonjour l'écologie !
En venant en Inde vous ne pouvez pas rater ces camions décorés d'un "horn please" et peint en plus en dessous le mot bishnoi.

 

On aimerait quand même aller dans un village...
Oui, oui, on y va, on y va...musée bishnoi
 

 

Nous voilà repartis.lieu de naissance du guru
2e arrêt le mini temple érigé à l'emplacement de l'endroit où est né le guru. Les rituels, les enseignements... Nous posons des questions sur la transmission de l'enseignement justement puisqu'il n'y a pas de prêtres, seuls les paroles du guru font loi, qui transmet ? la question à l'air de déranger un peu et en s'accompagnant d'un geste vague, le guide marmonne un "c'est les parents qui...

— Bon, et pour le village alors ?
3e arrêt qui s'avère être un musée et la construction d'un nouveau musée juste à côté, les reliques du guru : ses chaussures, son livre...

— Et ce village, c'est encore loin ?

 

Et si on s'arrêtait là ? ferme du désert
Un super village typique, on prend des photos, c'est magnifique de simplicité et de propreté. Notre guide ne descend pas : "C'est pas des bishnois"... Mais nous on a fini par douter de l'existence même de villages bishnois. C'est joli : on visite.

bishnois ou non

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 


habitat désert autour de Bikaner


ferme hutte à chevreaux

 

 lieu des enseignements
 

 

 

 

4e arrêt, encore un temple, énorme celui là. C'est l'endoit où le guru donnait ses enseignements.
Non, là cette fois, je refuse de participer, j'ai été claire :

— Et ce village pour vivre quelques temps avec des bishnois...
  Oui mais la vue est superbe !  

— Oui mais je ne suis pas venue pour la vue...

 

 

 

 

 

 

 

 

Miracle : des gazelles comme celles que les bishnois vénèrent... enfin d'après ce que j'ai lu. Et une grande antilope Nigault qui reste là à me regarder !

antilope NilgautIl est tard, le jour se couchant tôt, nous avons bien conscience que pour la vie avec des bishnois c'est raté...  

Nous arrivons dans une rue de quartier, pas un village paysan, un quartier de ville : nous sommes accueillis dans une famille à qui nous posons quelques questions sur leur vie et la transmission de l'enseignement et l'écologie, mais ils ne répondent carrémment à aucune question. Carrémment pas. Nous étions pourtant plusieurs dans le groupe à parler hindi. Ils prennent un air vague puis passent à autre chose !
  Vous pouvez les photographier, ils ont des habits traditionnels bishnois...
Le village bishnoi ?
Ah oui, on y va...
La femme de la maison monte en voiture avec nous et nous conduit chez une famille bishnoi paysanne. arrivée à la ferme-bishnoisC'est pareil que dans la ferme que nous avons photographiée un peu plus tôt, très propre, très simple. Le guide nous décrit chaque chose comme si on était des demeurés. :

"Là, c'est un enclos. Pour les chèvres. Là, c'est des chèvres. C'est les animaux que nous mettons dans l'enclos à chèvre..."

 


 arbre taillé comme partout ailleurs  

 

 

Je pose des questions au guide au sujet du khejri (Prosopis cineraria) qui d'après certaines sources serait une nouriture de base des peuples du désert en général et des bishnois en particulier qui le considère comme sacré. Il ne connais pas. Je lui demande si il y a une ressemblance avec le moringa, il ne connait pas non plus le moringa. 

 

 

Et les arbres, vous les taillez comme les autres paysans ?
   
Que faites-vous avec l'arbre sacré ?
— L
'arbre sacré, c'est celui qui est planté à côté du temple...

 

"Et pour les faons, il y a des femmes qui les allaitent ?"... C'est la video qui passe sur internet et cette histoire est à la base de l'admiration pour les bishnois protecteurs de la nature...
Non, je n'ai pas osé poser cette question... C'était trop ridicule... il y a des vaches et des chèvres dans chaque ferme, le lait de ces animaux nourrirait sans problème les faons orphelins, pourquoi les femmes devraient-elles les allaiter ?
ferme bishnoi
Je me sens stupide de parler de ça à cet homme qui, certes, nous a consacré sa journée, mais dont le seul but était de nous montrer la richesse des bishnois et la particularité de sa communauté. Mais comme n'importe quel indien, sans tenir compte de notre demande, ayant son idée et s'y tenant, se mettant lui en avant.

 

 

 

 

  Allez j'arrête là et nous arrêtons aussi notre enquête quand, de retour à Bikaner nous sommes encore sidérés de voir la femme de notre guide nous accueillir dans un sari bleu- roi qui comme chacun le sait n'est pas du bleu ! lol

   

Que conclure de tout cela...
C'est comme si dans le Tarn je voulais voir un village protestant, il y a beaucoup de protestants dans la région mais chaque famille vit sa vie séparément des autres familles, ils se voient au temple de temps en temps. C'est comme chez les riches catholiques des années 1900 qui donnaient linge ou nourriture par charité aux familles pauvres. On est bien loin des enseignements d'origine de Jésus...

J'ai cru à ces villages de protecteurs de l'environnement, à cet enseignement ouvert à tous...
comme j'aimerai croire à cette video sur les geôles indiennes où, à la sortie, les prisonniers peuvent se réinsérer dans la société, s'étant libérés de leur colère par la méditation Vipassana...

comme j'aimerai croire à un paradis terrestre où chacun vivrait libre de toute croyance !!

Le séjour nous a rappelé de vérifier par nous-mêmes les dires des uns, les reportages vus à la télé (ou sur le web), les connaissances qui circulent tellement qu'elle sont prise pour des vérités. Vérifier avant de s'y référer ou de les diffuser. Ceci dit, comme toujours, je reste ouverte à vos commentaires si vous avez rencontré une bishnoi allaitant un faon ou se sacrifiant pour un arbre, j'y vais...

 

Pour terminer : Quand il pleut un mois à Jaipur, il pleut 2 jours à Bikaner ! Le problème de l'eau est donc pire qu'ailleurs au Rajasthan, et les villageois ne sont pas plus éduqués à la préserver. Personne n'arrête les pompes qui puisent la nappe phréatique, laissant déborder les tanks dans le sable et comme partout l'eau coule à flots pour entretenir des pelouses...eau-gaspillée

Toutefois, n'hésitez pas à visiter cette région de désert autour de Bikaner, les fermes y sont encore typiques, le paysage est très beau. toithabitat bishnoi
Dans la rubrique "survivre en Inde" :

Au bord de la grand route logent des familles de gitans très agressives. Ça fait très raciste je sais, mais à chaque fois qu'on s'arrête sur le bord d'une route ça arrive, là je n'y ai plus pensé et en quelques minutes les enfants m'ont pincé et ont cassé un feu de la voiture ! À Jagat aussi on a dû être strict pour qu'ils ne viennent plus...gitans
Par contre plus à l'écart on peut s'arrêter et rencontrer des familles sympathiques et accueillantes, bishnoi ou non...paysans du désert

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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 14:05

part 1 : Kumbhamela tantra (on dirait le nom d'une glace !)

fète-à-shivaComme la plupart des occidentaux avant d'y aller, nous rêvions l'Inde :
la spiritualité, le yoga, la méditation...


Le 1° jour en débarquant à Mumbai nous étions contents de nous en voyant l'affiche dans la gare. inde philosophie"Ouais, on est bien au bon endroit !" Nous voulions explorer plus en profondeur la philosophie orientale avec le tantra, bien sûr en premier plan mais aussi le kalarippayath, l'ayurveda, être plutôt que paraître... et le zen aussi en mélangeant un peu tout ! All is peaceful sur la terre mère. Pour un peu on aurait inclus le cannabis comme "au bon vieux temps des 60's" mais on n'est pas consommateurs (bien que nous avons été ébahis en le voyant pousser tout seul par endroits en rangs serrés dans les champs et au bord des routes). Quand même, la soie et les couchers de soleil sur le Gange en font partie non ? Bon vous voyez le genre, j'arrête là...

Nous sommes donc partis, sacs à dos, pour assister à une kumbha mela.
Kumb à quoi ?
Selon la mythologie locale, il y a très longtemps deux groupes de créatures mythiques, les deva et les asura, fabriquèrent ensemble l'amrita, nectar de l'immortalité en barattant la Mer de lait. Quand ce fut fait, les asura s'emparèrent de la cruche contenant le nectar et s'enfuirent avec, pour leur usage personnel.
Pendant l'équivalent de 12 de leurs années (des centaines d'années humaines), les deva combattirent essayant de récupérer la cruche parce que "Pourquoi on serait pas immortel nous aussi, hein ?".
Au cours de la bataille 4 gouttes de nectar de l'immortalité tombèrent sur terre et précisemment en 4 endroits devenus par la suite villes sacrées pour les hindous : Allahabad, Haridwar, Ujjain, Nasik.
Depuis, tous les 3 ans, a lieu la fête (mela) de la cruche (kumbha) à tour de rôle dans l'une de ces villes.

En 2013 ce sera la grande kumbhamela d'Allahabad (dans l'Uttar Pradesh pas loin de Varanassi).
C'est le moment pour voir des millions de sadhus et de fidèles se disputer une place vers le fleuve, pour voir comment les croyances donnent du pouvoir à quelques uns pour le confisquer à tous les autres, pour voir comment les croyances peuvent mener à l'esclavage... Le moment idéal pour expérimenter comment VOS croyances vous manipulent...

Mais revenons à 2004 : Nous préparons le voyage en contactant une parisienne qui connait un guru ayant de quoi nous loger à Ujjain. Bien heureusement car à l'époque pour ceux qui ne voulaient pas d'une agence de tourisme ou d'un voyage organisé, il n'y avait pas de booking internet... Avec le recul, je n'ose imaginer ce qui serait advenu de nous si nous nous étions pointés sans chambre retenue quelque part... malgré les émissions vues à la télé personne ne peut se représenter vraiment une ville indienne envahie par des millions de pélerins.
À peine débarqués, nous nous séparons de notre parisienne tellement speed et parano qu'elle commence à nous faire flipper et nous partons à la découverte. Mumbai est une grande cité décevante mais c'est notre première ville indienne alors on veut tout voir.plage de Mumbai Nous voulons y rencontrer la communauté Parsi pour comprendre leur très particulier rapport à la mort. C'est la religion pratiquée par le célèbre monsieur Tata, un des maîtres du marché métallurgique indien maintenant bien connu en occident pour être depuis peu propriétaire de daewoo, jaguar, land rover, partenaire de fiat et ferrari et produisant la voiture la moins chère du monde la Nano.
Mais nous, ce qui nous intéresse, c'est ce qu'ils font de leurs morts. Pour eux, la terre, l'eau et l'air ne doivent pas être souillé par des cadavres alors, ils construisent de très hautes tours en haut desquelles ils établissent un charnier liquidé par les oiseaux. De nos jours avec la surpopulation (manque de place) et la pollution (charognards disparus), cela pose un gros problème culturel pour eux et environnemental pour les autres.
Cette enquête une fois bouclée, nous arrivons en gare d'Ujjain une semaine plus tard. C'est une ville "de campagne", rien à voir avec Bombay. Des centaines de policiers avec armes et bâtons ferrés zonent dans la gare et ça grouille de gens. gare peu encombrée

 

 

Beaucoup plus que sur la photo, là c'est une petite gare non encombrée ! Pour atteindre la sortie, on doit enjamber des familles entières, des gens assis, accroupis ou allongés qui souvent ont un petit réchaud pour du chai ou des chapatis. Ambiance du caravansérail millénaire et jamais démodé..


Ce qui nous surprend le plus, c'est les hommes qui se tiennent par la main. Certes, coutume orientale typique mais ça fait quand même bizarre de voir deux flics, fusil d'assaut en bandoulière se tenant ainsi amicalement.
Ça fait vraiment trop... mais on ne s'est pas risqué à les photographier...
par-la-main



Enfin sortis de la cohue, on saute dans un riksha mais on n'a pas de téléphone portable (ça non plus c'était pas l'époque) et nous qui croyions arriver dans un genre de kermesse facile pour trouver "notre" guru avec l'adresse sur sa carte.
Tu parles !

Immense n'est pas vraiment le mot ! démesuré conviendrait mieux. Le champ de célébration couvre des dizaines d'hectares et personne ne sait à quoi correspondent les numéros de stands de la dite carte.
Et il fait une chaleueueur !!
L'Uttarpradesh n'est pas boisé. Pas un grain d'ombre... on en a marre et on a beau chercher à comprendre il ne semble pas y avoir d'organisation !

 

 

Nous voilà pour la première fois confrontés aux "incredible indians"... Chacun se précipite pour nous indiquer notre route, ils veulent la carte.
"Oups là ! Attention, c'est la seule qu'on a je la récupère avant qu'elle ne parte en morceaux"
Certains tentent de déchiffrer l'adresse. Ils lisent tout consciencieusement lettre par lettre devant et derrière et forcément déclarent savoir où c'est.
Le nom de scène du guru chez qui on se rend est Mahakaal, le nom de Shiva quand il incarne le temps, mais malheureusement c'est aussi le nom d'un très célèbre temple de la ville. Alors, on fait plusieurs fois le tour en ricksha pour atterrir toujours sur ce sacré temple très loin du champ de foire !
Il y a des milliers de gens, du bruit, des hauts-parleurs qui hurlent musique et mantras, le soleil est toujours aussi fort et la journée théoriquement courte à l'air de pas en finir mais attention à 19 h il fait noir et si on n'a pas trouvé, on ne trouvera jamais...
Au bout du 10e, peut-être 20e, ça fait longtemps qu'on a arrêté de compter, on n'y croit plus, un ixième policier nous renseigne, le riksha repart dans une direction qu'on a déjà explorée, parcourt des chemins connus et d'autres inconnus, tourne en rond et enfin, enfin nous arrivons à bon port.stand MahakaalLe guru nous accueille. Son campement de toile est très grand. On est très bien reçu, on a une tente particulière et il nous propose des entrevues individuelles. On a plein de questions à lui poser. On a beaucoup lu sur les kapalika (notamment le livre de Dan Simmons qui nous fera visiter Kolkata l'année suivante) mais c'est la première fois qu'on en rencontre en vrai. On veut tout savoiri sur les kapalika, la kumbhamela et les gurus en général...
Il nous explique :guru Mahakaal"Ici, plus c'est grand plus ça en jette et c'est le but de cette manifestation, être vu, connu, reconnu..."
Il a dépensé beaucoup d'argent pour louer le terrain le plus grand possible, il a fait construire des toilettes et des douches. Chaque jour il fait paraître des articles dans les journaux et profite que plusieurs occidentaux aient répondu à son invitation pour demander une interview à la télé.
Chaque stand a des hauts-parleurs, les mantras des uns essaient de surpasser en volume les bhajans des autres ! Là aussi l'argent intervient, pour acheter les baffles les plus puissants possible... Les autels sont recouverts de statues plus brillantes et colorées les unes que les autres.autel dédié à KâlîUne foire aux gurus ! on n'avait pas pensé à ça !
Il nous explique ce qu'est un guru :
"Il fait le même travail que les psychothérapeutes occidentaux mais alors que ceux-ci reçoivent en séances d'une heure, le guru s'intéresse vraiment aux gens et les suit tout au long de leur cheminement"
Là c'est franchement marrant... en gros il fait la même chose que nous à l'école des arts de l'amour ! Bon, à part que nous on n'oserait pas parler allongé sur une table avec les disciples assis au sol !
Mahakaal nous confie aux bons soins de son fils, Siddhartha, pour nous donner les rudiments du tantra des kapalika. Celui-ci n'a rien à voir avec le tantra à l'occidental.

C'est celui de la nuit et des champs crématoires.
Quand tout le monde dort les kapalika veillent.
Leur monde est celui du jeûne et des excès, de l'alcool, de la mort, du sexe...

Après une nuit de veille un des invités a pris peur et est parti pratiquement en courant. Siddhartha lui aurait proposé des expériences homosexuelles. Je ne sais rien de la véracité de la proposition mais ce que je sais c'est :
et d'un il lui a proposé seul à seul et donc n'avait pas l'intention de le forcer et de toute façon un homme seul ne peut pas en forcer un autre de taille et de poids presque égal.
Et de deux, c'est ça le tantra des kapalika, affronter ses peurs. Je ne dis pas de passer à l'acte si "c'est pas notre truc" mais de regarder en face ce qui nous fait péter un câble, pour que les conditionnements ne nous mènent plus par le bout du nez.inde 2004 kumba mela UjjainQuand le pays se réveille, les kapalikas sont là aussi et les rituels sont les mêmes que dans les autres stands. Pourquoi ?
"Le peuple a besoin de rituels, de croyances... L'éducation n'est pas pour tous... mais la protection des kapalika oui..."
Peut-être vais-je vous choquer mais je partage cet avis sur l'apprentissage.


Avec le recul, Mahakaal et son fils ont été les gurus les plus honnêtes que nous avons rencontrés depuis que nous sillonnons l'Inde seuls ou avec les groupes de Voyage-autrement.

Nous sommes donc entrés dans le clan des kapalika ! Mais pas dans le m'as-tu-vu indien qui l'entoure...
Quoique... le jour de notre départ, on a eu une sensation de VIP à laquelle on prendrait vite goût :
Mahakaal tient à ce que quelques uns de ces gardes nous conduisent à la gare en voiture, un 4x4 tout neuf, très indien : les sièges encore recouverts de leurs plastiques de protection !
Nous embarquons nos bagages, et montons à bord. Évidemment, Siddhartha se vante de l'avoir acheter il y a seulement quelques jours exprès pour venir à la kumbha mela. Nous arrivons à la gare et lorsque nous descendons, trois des kapalika à bonnes carrures descendent pour nous escorter.
"Heueu... merci mais … c'est bon là... ça va aller, merci de nous avoir conduits.
– Non, mon père a dit de vous mener jusqu'au train.
– Ah bon... ben alors... si il l'a dit..."
Et nous voilà escortés par trois grands gars, tout vêtus de noir, la main sur le sabre, regardant la foule de haut avec les lunettes noires sur le nez et nous comme deux gruts essayant de nous faire tout petits, gênés par les regards des gens. Bizarrement, pas un flic en vue alors que c'en est habituellemnt blindé. La foule s'écarte en jetant des regards furtifs mais reste tête baissée sur NOTRE passage... enfin, le passage des kapalika... (lol)

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Published by sylveno - dans spiritualité
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