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  • : La vie au jour le jour en Inde, les voyages de connaissance de soi que nous proposons dans ce pays si différent de la France, toutes les réflexions qui nous viennent dans nos différentes expériences en comparaison avec ce que nous vivons en France.
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20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 13:18

Cet article est la suite de 4 autres articles sur les relations hommes-femmes

Si je devais classer les difficultés de la vie en couple, je mettrais
en numéro 1 la place que chacun a l'envie et la possibilité d'occuper dans le couple,
en numéro 2 la place et la fonction de la sexualité dans le couple .

Aujourd'hui je parle du n° 2 : sexualité dans le couple

géko accouplement           On ne joue pas à "la bête à 8 pattes" uniquement pour faire des bébés !
gecko bébé                          Même si les bébés c'est très mignon !


Tous les couples rencontrent à un moment une difficulté d'ordre sexuel. Je ne parle pas ici des "pannes" ou du manque temporaire de désir tout cela la plupart du temps dû à une fatigue ou un stress sans raport avec le partenaire, je parle de la difficulté d'être à deux sur le même rythme, de garder intacte la relation intime sans la mélanger aux difficultés du quotidien, de rester dans l'envie et la séduction, après une prise de tête sur l'usage de la voiture ou une dispute sur la répartition des tâches ménagères.
Il est rare d'aller voir un psy. Encore moins un sexologue car ce serait avouer qu'on n'est pas les meilleurs pour le sexe. Pourtant, comment être les meilleurs dans un domaine où on n'a jamais rien appris !
En Europe, répond
ant à cette réalité des difficultés du couple liées à la sexualité, des stages dits de tantra venus "des Indes" en passant par "les Amériques" ont commencé à fleurir ! Dénaturant totalement la pensée du tantrisme originel.
Un indien très charismatique, Osho Rajneesh, mort en 1990, en a fait la base de son enseignement. Il a très savamment occidentalisé les tantras pour en faire un outil de résolution des problèmes sexuels et a créé des exercices pouvant rendre la méditation accessible à tous... C'est ainsi que le "tantra-sexuel" est né, divulgé aux
États-Unis d'abord puis un peu partout en occident. 

 

N'ayant pas connu Osho en dehors des écrits de ses disciples et des CD de méditations, j'ignore si son but était de faire de l'argent ou d'éveiller le maximum de gens à la méditation. Ce que je constate simplement c'est que beaucoup d'animateurs qui se recommandent de lui sont des charlatans du point de vue tantrisme. Les exercices inventés par Osho, génialement efficaces, sont utilisés hors de l'objectif méditation. Nous-mêmes avons rencontré plusieurs fois le problème des récupérateurs : l'exemple le plus parlant est cette femme qui, venue une seule fois en session " première approche du tantrisme" sur 4 jours au hameau, organise, dirige et enseigne des groupes le mois suivant ! Et en plus, elle a le culot de nous envoyer ses plaquettes dans lesquelles heureusement, elle oublie de mentionner le passage chez nous. Vus les dégâts que son activité doit faire il est heureux qu'elle ne nous cite pas comme source.
Et le cas n'est pas isolé, une autre fait de même pour la sexologie : "4 jours sur le point G" avec nous et elle démarre des groupes de femmes sur le sujet !
Évidemment, nous ne pouvons qu'assister impuissants à ces débordements.

Mais il y a encore plus fort : des stages de formation au tantra. À l'issue de quelques week-ends, les participants obtiennent un diplôme. Reconnu par quoi ? un groupe de gens qui se reconnaissent entre eux ?
Ces sessions n'ont pas comme thème "le sexe comment ça fonctionne" mais se contentent de présenter une compil' invraisemblable et incohérente de techniques partant dans tous les sens, issues des raccourcis behaviouristes californiens de la belle époque de San-fransisco.
Certaines expériences proposées sont de réelles expériences tantriques ou de réelles expériences thérapeutiques mais sans suite et sans suivi.

Pour ceux qui ne connaissent pas, je précise :
l'objectif est d'attirer le plus de monde possible et de gagner le maximum d'argent.


Pourquoi ça marche ?
Les couples ne connaissent pas la place de la sexualité dans leur vie. Dans ces sessions, cette place est présentée comme bien définie : elle permet à l'homme et à la femme d'accéder au divin en eux, c'est clair, net et ça donne une bénédiction pour des essais en tout genre.
L'animateur se garde bien de parler de plaisir, de jouissance et d'orgasme car cela entrainerait les participants dans des problèmes émotionnels que le staff serait bien incapable de gérer car n'ayant aucune formation psy. Il propose l'espace de la fête, du coconnage de soi et de l'autre. Ce qui ne peut faire que du bien me direz-vous... Oui, quand c'est dit clairement, or là l'objectif énoncé est de vous faire entrer dans la spiritualité.

La toile de fond est le tantra, voie spirituelle d'origine indienne qui propose d'utiliser la sexualité pour transcender l'animal en nous, apprendre à maîtriser l'énergie qui nous habite en faisant du sexe pour entrer dans le monde de l'extase spirituelle. L'axiome de base est que chaque femme est une Shakti (la manifestation dans la matière de l'énergie divine) et chaque homme un Shiva (la conscience universelle incarnée). En s'unissant sexuellement ils décuplent leur énergie sexuelle et atteignent l'orgasme cosmique.
Il n'y a pas souvent de relations sexuelles réelles c'est-à-dire avec pénétration dans les exercices de groupe proposés. Par contre bien sûr, entre adultes vivant ensemble des expériences émotionnelles fortes, les rencontres se succèdent et le passage à l'acte pendant les pauses est très courant !.
Pour vous donner un exemple : l'expérience de respirer au même rythme, bouche contre bouche entraîne des sensations physiques indédites. Certaines femmes identifient ce qu'elles ressentent à "aimer, être amoureuse" et enchaînent naturellement avec ce qu'elles ont l'habitude de faire dans cet état : du sexe.
L'expression favorite dans ces stages est "avoir une ouverture du coeur". Ah là là, sacrée "ouverture du coeur". Nous avons tous besoin de reconnaissance, de montrer aux autres combien on est sensible. Mais on ne peut pas dire "regardez-moi, j'ai une sensibilité hors du commun, chouchoutez-moi je le mérite."

Alors révéler qu'on a eu une "ouverture du coeur" prétend tout résumer, d'une façon qui ne sera pas taxée d'égocentrisme, les autres ayant ressenti aussi cette ouverture t'accueillent dans la grande famille des tantrika.

J'ai eu droit à ça au festival d'Avignon où nous y proposions des séances de  massage émotionnel et de jardin de la création.avignon
Des femmes m'ont prise dans les bras en voyant Tantra apparaître dans nos pub. Ne croyez pas que je me moque, je compatis, sentant la douleur et l'isolement de ces gens. Car une fois seules dans la tente de massage, les masques tombent et les femmes parlent de leur besoin fondamental de rencontrer un homme ouvert à la communication, de l'espoir déçu après ces sessions où elles ont reçu de la reconnaissance en échange de sexe le temps d'un week-end et de quelques soirées, elles y ont cru et n'osent rien dire de leur déception. Et, comportement humain typique, elles y retourneront avec le même espoir, le même objectif "Non, je me suis tellement ouverte que ça ne peut pas être faux !" au lieu de profiter du moment de détente et d'accepter de recevoir de la reconnaissance san sautre attente.
Et ainsi, elles abandonnent un vrai travail sur soi en profondeur au profit d'un soulagement immédiat mais éphémère et elles le savent et me demandent ce qu'elles peuvent faire. Inscrivez-vous sur des sites de rencontres, au moins ce sera clair. Mais elles n'osent pas.

"Ouverture du coeur", il est vrai aussi que c'est la meilleure façon de décrire ce qui se produit : quelque chose de physique. Dans la poitrine. On a l'impression de vivre dans le monde des Bisounours. On sent qu'on peut aimer la terre entière. Et c'est là qu'il faut un enseignant réellement formé pour vous accompagner, vous diriger et vous expliquer ce qui se passe et comment l'utiliser par exemple pour se débarrasser de tout conditionnement car, rappelez-vous c'est ça le but de la pratique tantrique et c'est aussi ça le but d'une bonne thérapie !
Si, ensuite, c'est bien pour vous de passer vos moments de loisir dans ces stages que j'appelle "club-méd-du-sexe" pourquoi pas. Mais vous le ferez en connaissance de cause et vous en retirerez probablement du plaisir.
Les dégâts viennent des mensonges : des animateurs qui se présentent comme des gourous et des stagiaires qui jouent à celui qui en fera le plus.
Certains participants se retrouvent avec de grosses décharges émotionnelles pendant et souvent après le stage. Le résultat est un week-end fabuleux et une retombée impressionnante dans la semaine. J'appelle ça "se shooter à l'orgasme" et c'est une drogue. Et comme n'importe quel shoot, il est accompagné de son retour désagréable. Et il débouche bien entendu sur une addiction : en vouloir toujours plus dans des expériences hors du commun.
Le pire c'est qu'au début ça donne l'impression qu'on va bien. On a tellement besoin de reconnaissance. Comment résister à se sentir divin pendant quelques jours.

Alors, y aller uniquement pour prendre une bouffée d'oxygène, recevoir des calins de Bisounours dans ce monde de brutes, pourquoi pas, ça vaut bien un week-end thalasso, il suffit d'en être conscient. Le pathétique c'est que les stagiaires se racontent avoir un accès à la spiritualité et que ça, c'est faux !

 

Je connais des sessions qui, sous couvert de spiritualité, proposent carrément des expériences libertines ! Je n'ai rien ni contre ni pour n'importe quelle forme de sexualité consentie mais ayons l'honnêteté d'appeler un chat un chat ! Une chatte une chatte en l'occurence !
Ces sessions accueillent aussi des célibataires et servent de lieu de rencontre où il est possible de faire du sexe sans honte, en l'enrobant d'exercices de respiration, de nettoyage émotionnel, de communication et de spiritualité "romantiquisée".
 Pourquoi ne pas le dire clairement au départ ?

Il existe pourtant suffisamment de filières pour le sexe libertin ou échangiste : boîtes de nuit, magazines, clubs...*


 Pourquoi ces stages ont-ils plus de succès que les clubs libertins ?
T
out simplement parce que ces sessions prennent en compte le côté romantique et l'expression, attirant de nombreuses femmes. La communication verbale des ressentis est un domaine où les femmes sont plus à l'aise que les hommes qui eux sont plus à l'aise avec le physique. J'explique le pourquoi de cette différence dans relations hommes-femmes part 6.

Dans les clubs libertins comme dans la pornographie, la sexualité est présentée de façon crue, donnant accès aux fantasmes. Mais beaucoup de femmes sont coupées de leurs fantasmes par leur éducation. Toujours est-il que, quand la sexualité est "spiritualisée", elle sort de ce côté animal qui fait peur aux femmes. Dans ces stages, je l'ai dit, il est d'usage d'appeller les femmes de "sublimes shaktis", avouez que même si vous ne connaissez pas le sens de ce mot sanskrit, ça jette plus que "chiennes en chaleur" !
Il est de même plus entendable de dire qu'elles offrent leur "Yoni" ou leur "Grotte de jade" au "Lingam" ou à la "Tige de jade" de Shiva
(l'homme, mais on dit Shiva), plutôt que de dire qu'elle "se font défoncer la chatte" !singe : la-guenon-et-buddha                                 Qu'est-ce que je dois faire d'autre pour qu tu accèdes au divin ?

                               (Pardon Buddha pour cette photo un peu osée !)

  
Lors des pseudo-rituels tantriques, elles sont les prêtresses qui sont censées maîtriser parfaitement (tu parles !) les mouvements de leurs corps, leur respiration, leurs muscles vaginaux, pour permettre à Shiva, d'accéder au divin. Ceci dit pourquoi n'y accédrait-iltout seul puisse qu'il est un dieu !
 
                                              

Pour les hommes, les différentes techniques proposées, pouvant aller jusqu'à la maîtrise de l'éjaculation leur apprennent à "durer" plus longtemps. Les échanges de souffle, le côté "communication spirituelle", plaisent aux femmes et du coup ils ont une ouverture pour avoir droit à la baise...

Beaucoup d'hommes, et certaines femmes aussi mais elles ne le savent souvent pas, sont multisexuels ou ont une période multi. "Faire du sexe pour honorer la skati" passe mieux dans les groupes de ce tantra à l'occidentale que "j'ai besoin de baiser tout ce qui bouge"...
Car l'évidence est là : homme ou femme, on a tous besoin de sexe.

buffles : la-bufflonne-se-révolte                     Les femmes ne s'ouvrent pas sans préliminaires :
                             "Why don't we just fuck ? Just fuck ! Tu me prends pour qui ?"

Mais comment le dire : pour un homme sans passer pour un "je pense avec ma queue comme tous les hommes", pour une femme sans passer pour "une salope chaudasse tout le monde est passé dessus" à ses yeux ou à ceux des autres.
Alors on masque : "Je recherche autre chose, un aspect spirituel, l'union avec ma moitié...".


Mais qui est capable de voir qu'il ou elle utilise le sexe à des fins de pouvoir ou de satisfaction personnelle ? Qu'il ou elle fait du sexe de telle façon parce qu'il ou elle n'a pas réglé tout ce que l'éducation nous a inculqué sournoisement ? Tout le monde croit faire l'amour pour une raison qui est rarement la vraie ! Déjà, observez le nombre de gens qui osent dire "faire du sexe", ils emploient tous un autre mot.

Si vous avez travaillé à décortiquer les pièges de l'ego pour vivre libre, alors vous savez que c'est très difficile de faire du sexe pour le sexe ou de faire l'amour pour l'amour avec ou sans sexe... ça demande beaucoup de pratique et pas seulement pratique sexuelle !



*J'ai fait une enquête dans des clubs libertins pour savoir s'il existe des femmes "demandeuses premières" d'échangisme ou de sexe libertin. Je ne parle pas de célibataires mais de femme avec leur homme.
Toutes étaient là sur une demande venant de l'homme. Pour lui plaire, pour ne pas le perdre, elles sont ok pour certaines expériences. La plus courante est la relation avec une autre femme sous le regard de l'homme.
Il y a des codes pour se rencontrer. Quand il y a échangisme, le couple se met d'accord et c'est la femme qui va vers le couple repéré et entame la rencontre par la danse. Ensuite, à une table, les hommes discutent pendant que les femmes dansent à 2.
"C'est rassurant pour moi de le savoir avec une femme qu'il ne voit que pour le sexe, dans un cadre particulier. Je préfère qu'on soit dans la même pièce, on continue à se regarder et je sais que c'est avec moi qu'il est complice".
Il y a souvent des relations homo femmes mais jamais homo hommes.
Enfin, beaucoup de couples sont là mais à part quelques attouchements ne font du sexe qu'avec leur partenair de vie. La vue des autres couples les excitent et les fait fantasmer. C'est seulement ça qu'ils recherchent.
Un témoignage : "Quand je vois un beau couple avoir des rapports sexuels, ça m'inspire pour le sexe avec mon homme."


Questionnés dans les douches, un autre couple d'habitués qui venait de faire du sexe dans une cage au centre de la piste de danse me dit : "On aime faire du sexe ensemble. On aime se montrer, montrer qu'on est beaux. En plus aujourd'hui on a gagné un voyage en se faisant plaisir ! c'est super... Mais là on file car la baby-sitter n'est là que jusqu'à 3 h !"
Pour ma part, je trouve très agréable de pouvoir danser, s'amuser, flirter, faire du sexe sans toutes les sournoiseries qu'on trouve dans les boîtes de nuit classiques
ou la danse comme partout est un préliminaire à l'amour et au sexe mais où il est très mal venu de trop le montrer. Ces boîtes libertines sont pour moi des boîtes pour adultes responsables où il est possible de dire son envie et son désir sans provoquer de bagarre et où le "non" est toujours respecté.
   iguanes danse-préliminaireiguanes : elle-et-luiCes boîtes libertines sont pour nous des boîtes pour adultes où il est possible de dire non sans provoquer de bagarre, où le non est toujours respecté (du moins pour celles qu'on a testées !).

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4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 10:13

Quelque temps après "tîj festival", deuxième arnaque pour les femmes rajasthanaises : Raki ou "la fête des frères et soeurs".
Toutes les femmes ce jour-là doivent offrir à leurs frères un bracelet en échange de leur protection.

Au Rajasthan, dans les familles pauvres et les villages, ce sont des bracelets à une roupie. Les femmes par cette coutume, reconnaissent qu'elles ont besoin de la protection de l'homme mais point de fête marquant une reconnaissance de l'homme face à la femme.
Madan
a raison d'être fier de ses bracelets : cette fête est celle des frères !

En ville, dans les familles aisées, la mère choisit celui à qui la fille (adulte) doit offrir le bracelet, c'est souvent à un autre homme que son frère. Elle doit aussi donner des cadeaux de valeur (magnétoscope, télé, vélo...) à cet homme ainsi qu'à ses descendants mâles, objets qu'elle n'a souvent pas les moyens d'offrir à ses propres enfants !raki madan braceletsComme pour l'excision en Afrique, les systèmes anti-femmes continuent de par les femmes elles-mêmes. La mère ou la belle-mère a énormément souffert du système mais une fois en haut de la hiérarchie elle fait subir à sa fille ce qu'elle a subi ! Les hommes n'ont même plus besoin d'intervenir... Les femmes entretiennent elle-mêmes les luttes hommes-femmes et en plus les luttes femmes-femmes.

En France nous avons aussi des arnaques dans nos coutumes, comme la fête des mères. Cette fête est au départ en France issue d'une politique nataliste et ne rend hommage qu'à une facette de la femme, la maternité, mais au moins le jour-dit, ce sont bien les mères qui reçoivent des cadeaux.
Notez aussi que ce n'est pas un jour férié mais un dimanche choisi durant le mois de mai, mois de la vierge des catholiques...
Nous avons vu arriver ensuite "la journée des femmes" puis "journée de la femme"... mais elles n'ont pas donné droit à des cadeaux ni à un jour non travaillé !

Peut-être un jour verra-t-on "la journée de l'égalité des droits hommes-femmes" ou mieux, plus de fête du tout puisque cette notion sera tellement ancrée dans les moeurs qu'on n'imaginera rien d'autre !  

 

 

(suite dans relations hommes-femmes part 5 : tantra à l'occidentale)

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28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 06:17

suite de relation h-f part 111-08-02 teej pink-cityIl y a quelques jours nous sommes allés au Teej festival. Cette fête hinduiste appelée aussi "fête des femmes" a lieu dans toute l'Inde et au Népal, elle explique le code respecté par les femmes.

   

Elle se passe au moment de la mousson car la mousson est symbole de fertilité.
Dans pratiquement toutes les cultures, c'est la femme qui est responsable de la fertilité, on connait encore en occident la phrase "Elle ne m'a donné que des filles" or qui ignore encore que ce sont les spermatozoïdes qui déterminent le sexe ?
Certains guides touristiques traduisent même "tîj festival" par "fête des moussons" double erreur car d'une part "mousson" étant un régime météorologique de vents, c'est un mot qui s'emploie au singulier et d'autre part ce n'est pas la mousson qui est fêtée. Mais qui est fêté exactement ? 

 

Pour les plus passionnés d'histoire des religions, une mythologie d'origine non védique raconte que Shiva dieu masculin suprême est la personnification de l'ascèse.
 Pârvatî la déesse veut être proche de lui alors elle fait pareil, elle se lance intensément dans la prière et le jeûne. Par identité d'action, ils deviennent un. Ils sont unis, ils sont un seul être et cette union ne peut jamais être cassée, elle est éternelle.

Pushkar Shiva

Ce qui donne pour le peuple : Shiva médite pendant des siècles. Parvati voudrait l'épouser, elle prie et jeûne pour qu'il la regarde. Touché par sa dévotion, Shiva finit par s'apercevoir de son existence et se marie avec elle et ils "s'unissent" (disent les indiens) pendant des siècles.


Pârvatî est une forme de la déesse Durgâ : quand elle est l'épouse de Shiva. Elle envoie ce message à toutes les mortelles : "Pour trouver un mari et assurer prospérité et longévité à votre famille, priez et jeûnez"...
 

Pushkar Durgâ 

Depuis, chaque année la femme mariée remercie car elle a un mari, la non-mariée (à partir de la puberté) prie pour qu'un "homme bien" vienne à l'épouser. La tradition veut qu'elles s'habillent de beaux vêtements, se parent de bijoux, se décorent de henné. Elles jouent sur des balançoires, racontent des blagues, dansent, prient et jeûnent pour que leur mari et leur union soient bénis.


11 08 02 teej-festival lingam

 

Un immense défilé part de City palace et parcourt les rues de Pinkcity. Des groupes d'hommes présentent des mâts ornés entre autres de noix de coco symboles de Shiva. Tous ont une ceinture et se passent le mât. C'est apparemment très lourd mais ça ne doit jamais toucher le sol : grands lingams dressés avec au sommet une image de Pârvatî.

 

 

 

Dans le langage populaire "Tîj festival" est devenu "la fête des femmes" mais cette dénomination aussi est une erreur puisque les femmes célèbrent leur mari et prient pour le bien de leur famille ce ne sont pas elles qui sont l'objet de la fête... 11 08 02 teej-festival hommes11 08 02 teej-festival danse des hommes-copie-1

 

 

11 08 02-teej-festival femmes11-08-02 teej-festival encore des hommes

De nos jours, dans les villes, seuls quelques hommes hindus cultivés savent ce que font les femmes. Pour les autres, ça concerne les femmes alors ça n'a aucun intérêt.
Dans les villages il parait que la tradition est respectée, ici à Jaipur, les femmes prient et jeûnent mais je n'ai vu aucune danse ni balançoire...

 

(à suivre dans relation femmes-hommes part 3 : Raki, fête des frères et soeurs)

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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 06:43

mariage hindu

Les occidentaux sont généralement très choqués lorsqu'ils apprennent que les mariages arrangés sont, à quelques exceptions près, les seuls pratiqués en Inde. Ils expliquent alors qu'en Occident il n'y a que des "love-mariage", que les mariages arrangés ont disparu depuis longtemps et que le mariage est un libre choix des conjoints. Et les indiens s'extasient de cette affirmation.
J'ai envie dans cet article de vous inviter à prendre du recul sur les relations de couple en comparant France et Rajasthan, puisque je connais un peu ces 2 endroits.


Mise en garde de l'auteur (!) : Je vais naturellement devoir faire des généralités ce qui quand on étudie les humains est plus que difficile. Car bien sûr chaque famille et chauqe personne a sa particularité et beaucoup de choses varient en fonction de la couche sociale et du degré d'éducation, en France comme au Rajasthan.

Je redis bien que mon but est de prendre du recul par rapport à des croyances que nous n'identifions pas quand nous sommes totalement immergés dans une culture. Profiter d'être confronté à d'autres habitudes pour se poser des questions, pas se contenter de réactions épidermiques.


Les photos ajoutées à ce texte ont été prises à 2 mariages hindous à la réception du dernier jour. Les invités peuvent parfois être plusieurs milliers parfois.
Ils servent de témoins car le papier administratif de mariage, qui de toute façon est très rarement effectué, n'a absolument aucune valeur aux yeux de la communauté.
1 préparatifs mariage

2 écran géant

Rajasthan : La relation à la "famille-papa-maman" domine toute autre relation. Pour le mariage, les gens pensent en priorité à l'honneur de leurs parents sans tenir compte de ce dont eux-même ont envie. Beaucoup de ces arrangements se font maintenant en passant par une agence matrimoniale. Les filles et les garçons y déposent leur profil. Les parents choisissent et se rencontrent...
Dans cette société, le mariage est un point d'honneur important. Un homme qui ne se marie pas est un minable, une femme qui ne se marie pas est une incapable. Un célibataire, ça déshonore la famille entière.
Les indiens n'envisagent que rarement qu'ils puissent y avoir une option différente de celle qui est préconisée par la pression sociale et bien sûr, les oncles et les prêtres se mettent de la partie. À la limite, il est parfois possible au jeune homme de présenter à ses parents une fille de "bonne famille"et ce n'est certainement jamais une initiative laissée à la femme. Par "bonne famille" entendez de même caste car c'est dans la caste que les parents placent leur honneur. Les castes sont officiellement abolies depuis l'indépendance( 1947). Pour contourner la difficulté il est toujours indiqué dans les profils d'agence où se situe le jeune : high class, middle-upper-class. Quand il n'y a rien c'est signe de basse condition. Il est excessivement rare que soit indiqué "caste no bar", (aucune préférence de castes) mais c'est souvent que justement, le candidat est de "basse" caste. Pour mieux imaginer le système; reportez-vous au scandale actuellement en Angleterre de ces employeurs (indiens) qui ont viré un employé (indien) parce qu'il s'est marié hors caste  ("aujourd'hui l'inde"). Moi j'aurais foutu les employeurs à la mer sans autre forme de procès.
Cette histoire se déroulant en Europe où les immigrés voient d'autres cultures ce qui "ouvre" généralement, imaginez en Inde comment ça se passe...

France : La relation à la "famille-papa-maman" ne rentre pas en compte dans le choix d'un partenaire de vie. Hommes et femmes choisissent selon leur coeur.


Questions :
Que signifie "coeur" pour nous français ? Quand j'écoute un couple en séance, sentiments, hormones et émotions forment souvent une masse informe. D'où viennent nos sentiments, notre attirance, qu'est-ce qui nous fait envisager la vie commune avec Lui ou Elle précisément ?
Quelques heures de "connaissance de soi" nous mettent en face de l'imprégnation invraisemblable, familiale et sociale, dont on est l'objet enfant et ado...
Par expérience, je sais que l'attirance vient toujours d'une réaction antinomique par rapport au parent qu'on aimait pas ou d'une réaction mimétique par rapport au parent qu'on adorait...
Vous pensez peut-être que je parle en psy et que ça ne concerne que les gens à problèmes... mais observez autour de vous, combien de couples non assortis, combien de couples qui s'aiment, combien de divorcés que vous voyez craquer pour le même genre de partenaire ?

Il est évident que la communauté sociale et la religion règnent en maîtres au Rajasthan. Mais avec ce système, aucun homme ni aucune femme ne restent seuls (le problème des hommes seuls au Rajasthan vient du "manque" de filles). Chez nous beaucoup de femmes et d'hommes se retrouvent seuls après une séparation et le restent car dans leur cercle d'amis tout le monde est "casé", sont-ils heureux ? Qui décide vraiment de sa vie, qui décide de ses choix ?

3 voitureLa famille de la fille paie tout : buffet, salle, taxis pour les invités... Elle offre aussi des cadeaux luxueux à la famille du garçon : voiture(s), saris de noce, télévision, appareils ménagers, costumes des hommes... façon détournée de payer la dot traditionnelle qui est interdite par la loi !4 buffetLes invités, à n'importe quel mariage, se jettent sur la nourriture. Dès qu'une nouveauté apparait dans le buffet, elle est prise d'assaut. Le bar qui sert des mocktails est souvent doublé par un service de boissons alcoolisées, camouflé par des paravents, fréquenté uniquement par les hommes.
Sur le cheval du marié un petit garçon, symbole de fertilité, symbole surtout des garçons qu'aura le couple.
5 marié à cheval

France : La femme attend le Prince charmant qui la révélera à elle-même d'un baiser. Elle attend qu'il lui révèle son corps et l'amène à l'orgasme. Elle attend d'être vue comme unique par son Prince, qu'il la comprenne d'instinct. Elle attend un partage équitable des tâches ménagères.
L'homme parle "des femmes", il veut une femme sexuellement attirante et entreprenante avec lui et en même temps mère aimante et attentionnée, proche et distante, cocconnante et le laissant libre.

Rajasthan : L'homme et la femme attendent que dieux et déesses leur accordent une vie maritale et familiale heureuse. Ils passent énormément de temps en dévotion pour empêcher le courroux des dieux d'atteindre leur famille ou pour recevoir leurs bienfaits. La femme doit jeûner 100 jours dans l'année pour préserver son mari. Elle prie et cuisine pour la déesse afin d'éviter le mauvais oeil. L'homme aussi jeûne pour des raisons que je n'ai pas comprises jusqu'à présent, mais qui semblent plus en liaison avec lui qu'avec sa femme...

 

Questions :
C'est quoi une vie heureuse ? Que l'autre comble nos attentes ou guérisse nos manques d'enfant ? Pourquoi parler d'amour s'il s'agit de partenariat ? 

Il est évident que les indiens vivent dans la peur des dieux qui sont cause de tout ce qui leur arrivent et ne prennent pas leur vie en main. Et chez nous, que fait-on pour se connaître, combien de temps passe-t-on à se découvrir et à découvrir l'autre ?

 

 

Rajasthan : Quand les époux ne s'entendent pas. Pas question de divorcer. On s'accommode l'un de l'autre en disant que les dieux le veulent ainsi.

France : Quand la femme s'aperçoit que son homme n'est pas le Prince charmant, elle pense qu'elle s'est trompée et qu'elle le trouvera une autre fois, elle divorce pour se remarier ou se remettre en couple.
L'homme prend plutôt une maîtresse avant de divorcer, espérant résoudre sa demande de femme double (mère et amante) en ayant 2 femmes.

 

Questions :
Comment sortir du cercle infernal bien décrit dans le spectacle de Florence Foresti "mother fucker" : totale illusion quand je suis amoureux, désillusion quelques années plus tard ? !
  Est-ce qu'on peut aimer et ensuite ne plus aimer ? Y a-t-il une différence entre aimer et être amoureux ?

Il est évident que d'attendre que les dieux hindus changent l'autre est une déresponsabilisation totale. Et nous, qu'est-ce qu'on fait pour changer, que met-on en place pour relationner vraiment ?

6 mariage offrandes7 mariage offrandes nourriture

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

France : Femme ou homme, on n'attend pas d'être marié pour quitter la maison des parents. Généralement on la quitte avec le premier emploi, les premiers sous. En couple, chacun reste souvent dans son propre appartement avant de s'installer ensemble. On garde des liens avec la famille d'origine mais c'est souvent très compliqué : quand on retourne dans son ex-famille on se perçoit comme enfant car notre place d'ex-enfant n'est pas redéfinie... Notre partenaire a une place encore plus difficile : il est le beau-fils, elle est la belle-fille, pièce rajoutée qui dépend de l'acceptation de sa belle-famille mais n'a généralement pas "son mot à dire" dans les décisions ou discussions...

 Rajasthan : L'homme reste toujours dans la maison de ses parents. Il amène sa femme chez eux. Une fois mariée, la femme ne fait plus partie de sa famille parentale et devient possession (à proprement parlé) de la famille du mari.

Questions :
Pourquoi veut-on garder des liens avec les gens qui nous ont élévés ? Pourquoi garder ces liens s'avère-t-il si compliqué ? Et si la famille, quand les enfants sont majeurs, avait à se redéfinir complètement ? L'âge et le fait d'avoir été parents donnent-ils tout pouvoir ?

Il est évident que les rajasthanais se plaisent dans ce système. Les "enfants" règneront à leur tour, à la mort des parents, femme en tyranisant ses belles-filles, homme en dirigeant toute la famille. Et nous ? Pourquoi éviter toute remise en question ? Une famille élargie a beaucoup d'avantages pourtant : garde des enfants partagée, par exemple. Mais beaucoup de parents supporteraient-ils de ne pas être seuls influents dans la vie de leurs enfants ?

8 arrivée de la mariéeLa mariée arrive à minuit, elle n'a pas assisté à cette journée. Une heure plus tard les mariés s'en vont.9 frèreLa mariée baisse la tête sous le poids du voile ! Il est si chargé de pierres et de fils d'or qu'il pèse plus de 10 kg ! simple hasard ?12 voile

Rajasthan : La femme n'échappe jamais à la surveillance de sa belle-mère, elle exécute toutes les tâches ménagères, obéit aux ordres de tous les hommes, beau-père et beaux-frères, qui ne s'en privent pas (voir la vie de Phûlan Devî pour mieux comprendre le problème du statut de la femme en Inde). Son mari sort pour travailler et gagner de l'argent qu'il donne à ses parents. S'il travaille dans l'entreprise familiale, le père reste le patron.

France : Les 2 partenaires du couple travaillent généralement et ont chacun un salaire. Il est de plus en plus courant d'avoir 3 comptes : un compte joint pour les dépenses famille et un pour chaque travailleur qui le dépense à sa guise. Les décisions de dépenses pour le couple sont prises à 2.

Questions :
Pourquoi l'argent est-il lié à la notion de travail ? Pourquoi une division si "carrée" des revenus ? Une réaction au couple parental ?

Il est évident que la société rajasthanaise est machiste à 200% ! Le machisme en France, théoriquement aboli avec le féminisme, est encore présent dans les mémoires féminines et dans la vie de certaines femmes... Quand entrera-t-on dans la confiance ?

10 canon propulseur de pétales de roses11 estrade

France : Hommes et femmes parlent de vie maritale ou sexuelle très facilement mais pas de la leur... Chacun fait des généralités et des plaisanteries douteuses souvent sur le sexe opposé. Tout magazine a une rubrique sexualité.

Rajasthan : Hommes et femmes ne parlent pas de leur vie conjugale et encore moins sexuelle, on ne peut que déduire les choses par certaines phrases ou blagues gentillettes... Par exemple lors de la fête du Teej, les femmes jouent entre elles à essayer de faire prononcer par une autre le nom de son mari puisqu'elle n'en a pas le droit. Le mari est considéré comme une sorte de dieu qu'on nomme avec des mots appropriés, une épouse ne doit jamais prononcer son prénom (le père de mes enfants, l'homme de mon foyer...). De fait, le sexe reste un mystère absolu pour les indiens. Dans certains journaux des villes les plus occidentalisées, comme Mumbai, il commence à y avoir une rubrique sexologique, voici 2 exemples de questions :
"On l'a fait debout plusieurs fois mais je n'ai jamais eu de vrai rapport sexuel avec un garçon... Que faudra-t-il faire pour ne pas être enceinte si j'ai un rapport sexuel ?"

"Il m'a embrassée, est-ce que je vais être enceinte ?"

Questions : Pourquoi pensons-nous que la connaissance de son propre corps et du corps de l'autre est innée ? Pourquoi le sexe reste-t-il si tabou malgré les apparences ? Nous apprenons à marcher, à manger, à lire, pourquoi refuse-t-on d'apprendre quoique ce soit de sérieux au sujet de notre sexualité ? 

Il est évident que la condition des femmes rajasthanaises est maintenue dans la dépendance et le romantisme. Elles n'ont aucune éducation sexuelle. Et chez nous qu'est-ce qui nous empêche de passer au dialogue, à la légèreté et au plaisir ? A-t-on une réelle éducation sexuelle ? A-t-on une éducation au plaisir ?
Le film "eat, pray and love" a fait un tabac en 2010, mais va-t-on s'arrêter à l'histoire d'amour romantique avec l'Homme idéal-parfait de la fin et oublier tout le parcours indispensable accompli avant ?
Q
ui va en rester aux beaux principes et qui va se lancer dans de vraies expériences comme le fait l'héroïne ?
Le message retenu "L'homme parfait existe" (c'est encore une fois cette salope de Pretty woman qui l'a vous avez remarqué ! lol) ne serait-il pas plutôt "Plaisir et Rigueur dans la découverte de soi débouchent sur Ouverture et Possibles" ?


Quand les mariés sont partis, les hommes de la famille de la fille sont soulagés,
la fête a eu lieu, le show off de la famille a été une réussite !

13 danse
N'hésitez pas à partager vos expériences de vie de couple dans les commentaires et si vous avez des réponses aux questions ou d'autres questions, allez-y, ce blog est interactif ! 

 

(la suite dans "teej festival")

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Published by sylveno - dans sexualité
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24 avril 2010 6 24 /04 /avril /2010 12:20

 

Ceci n'est pas un procès des moines buddhistes. Plutôt quelques réflexions sur comment réagir face à des agressions sexuelles dites mineures. La sexualité est tellement réprimée ici en Inde ! Ah, qu'elle est loin le culture de Khajuraho et du kama sutra !

khajurâho temples
Quand on est une femme, c'est marrant quelques jours d'être un "white tiger" en Inde. Vous vous sentez regardée en permanence par les hommes. Désir conscient ou inconscient de chaque femme de se sentir belle et désirable.
Mais ça tourne très très vite au cauchemar !
Beaucoup "bloquent" sur vous : ils s'arrêtent en face de vous sans bouger et souvent en commentant vos faits et gestes avec leurs copains.
Mais ils ne font pas que regarder : quand vous les croisez en marchant, ils s'arrangent pour vous toucher les seins ou les fesses "par inadvertance" ou délibérément aussi d'ailleurs.
Et ce sans distinction d'âge !
Un jour des policiers en vacances se sont imposés pour une photo, Enoch a dû intervenir pour que ça s'arrête, chaque gradé réclamait une individuelle !

zoé prise d'asaut
Quelques réflexions de Zoé rentrant d'un tour en ville :
— J'en ai marre là ! Le feu est vert et je peux pas avancer parce que le gars en moto devant est retourné et me regarde bouche bée ! Eh, réveille-toi là ! On roule !
Ben non il fait des réflexions à son copain derrière et je dois le contourner !khajuraho zoé en a marre

— Je ne sais plus quoi faire moi : je marche tête baissée, je 'ai pas d'habit décolleté, je porte des salwar kamiz assez longs pour me cacher les fesses mais y en a toujours un qui s'arrange quand même pour me bousculer et me toucher au passage !
Enoch nous propose :
— Puisque les insultes ne suffisent pas, vous devez passer à la vitesse supérieure, la prochaine fois qu'un homme vous tripote, vous l'attrapez et vous le montrez en criant à tue tête. Les agressions sexuelles sont passibles d'emprisonnement. Rappelez-vous ce qui est écrit dans les trains.

Je fais des courses dans Pink city peu de temps après et je sens une main me caresser la raie des fesses ! Plus vive que l'éclair je me retourne et j'aperçois un jeune gars à l'air totalement innocent, j'ai quand même 2 secondes d'hésitation "Lui ou pas lui ?" mais il n'y a personne d'autre. Il me dépasse et là je l'attrape par le bras et je hurle comme une hystérique ! Il se dégage. Tout l'environnement se fige.
— This guy touch me ! He harassed me ! Il m'a touché en passant, agression sexuelle, la prochaine fois c'est les flics...
Bref je parle très fort et baragouine des trucs autour de l'agression sexuelle. Le gars se sauve sans demander son reste !
Je continue mon chemin.
Pink city c'es
t grand et on pourrait croire qu'un événement vécu à Bapu bazar n'aura aucune répercussion de l'autre côté de la vielle ville à Ajmeri gate... erreur !
Je n'ai plus jamais été "ennuyée" nulle part depuis !
Bon , c'est peut-être aussi parce que mon attitude intérieure a changé et puis on commence aussi à être repéré comme résidents.
Deux mois plus tard, je suis à Tripolia bazar toujours dans Pink city et je veux acheter des noix de lavage quand un commission-man m'aborde, je lui fais signe de me laisser, il insiste et ça commence vraiment à m'agacer quand le marchand de ritha intervient :

— Entre dans mon magasin. Repose-toi. Il va partir !
Il fait signe à l'homme de dégager.
— Où est ton scooter ?
— Juste là !
Comment il sait que j'ai un scooter?
Tu veux un chai ?
J'étais repérée et protégée !
 

Pendant le séjour à Bodhgaya, Zoé se fait plusieurs fois "tamponnée" et touchée. Elle en a marre et elle n'arrive pas à identifier vraiment si c'est sexuel ou juste un hasard :
"
Quand même c'est des moines buddhistes ici, je dois me tromper !"
Difficile de sortir des représentations que nous avons des religieux !


bodhgayâ, moine
Et puis un jour, plus de doute, nous sommes tous là :
— Lui ! Il m'a caressé la fesse !
— J'étais juste derrière. Je l'ai vu faire et il s'est retourné en ricanant !
Avec la rapidité qui caractérise Enoch, il choppe le moine et le soulève de terre en criant (le pauvre, un petit asiatique léger comme une plume) :
— Des excuses ! Fais des excuses à ma fille !
— Quoi, quoi, j'ai rien fait, quoi ?
— Fais des excuses et je te lâche, sinon on va aux flics !
— J'ai rien fait...
Toujours portant le moine et criant, Enoch commence à marcher vers le carrefour où nous savons que se trouvent des policiers. Le moine perd une de ses sandales en plastique que je ramasse en les suivant. Il se débat. Un attroupement se forme très vite. Zoé commence à avoir peur de s'être trompée et qu'
Enoch ait des ennuis. On s'arrête et Enoch repose le moine par terre sans lui lâcher le bras. Un jeune moine parlant bien anglais nous demande ce qu'il se passe. Il traduit à la foule et se met aussi à exiger des excuses du "contrevenant". Il parlemente pendant un long temps. On entend le mot "karma" plusieurs fois ! (Bien pratique cette croyance)
Pour finir bien sûr, le moine s'excuse, Enoch le relâche immédiatement et on continue paisiblement notre chemin...

Nous avons tous envie de rire mais vues les circonstances, ça paraît inconvenant. On marche en silence quelques pas tout en nous regardant en coin.
Chacun voit bien le frémissement retenue sur les lèvres des autres ce qui bien sûr empire encore le phénomène et on finit tous écroulés de rire au milieu de la rue en repensant à ce moine courtaud gesticulant à 20 cm du sol !

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