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  • : L'Inde autrement
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  • : La vie au jour le jour en Inde, les voyages de connaissance de soi que nous proposons dans ce pays si différent de la France, toutes les réflexions qui nous viennent dans nos différentes expériences en comparaison avec ce que nous vivons en France.
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12 août 2012 7 12 /08 /août /2012 16:46

Il n'a presque pas plu en juin et juillet contrairement à l'année dernière... Là depuis le 12 août ça y est, l'eau est là...12 08 12 mousson 5e jour de pluie
et avec elle la verdure et les animaux. Encore aucune construction directement contre notre maison, le lotissement se transforme en pâturages.12 08 mousson autour de Jagatpura  
Les moutons, chèvres, buffles, chameaux arrivent de toutes les fermes alentour pour profiter de l'herbe.transhumance à l'est de la maisontranshumance au nord de la maison moutons : mousson 2012

Nos chiens ont fort à faire pour sécuriser le périmètre jardin de la maison du bonheur ! camels : mousson 2012Notez au passage que le jeune gardien de chameaux a grandi et apprécie nos pains au chocolat !12 08 repos des chiens
Le 21 dans la nuit il a plu "des chameaux et des éléphants", du jamais vu depuis la naissance de Zoé :
170 mm d'eau tombée en 2h, 14 morts dans les bastis ! Des quartiers entiers avec de l'eau dans les maisons à hauteur de cuisse d'homme ! Nous n'avons rien eu dans le sous-sol de la boulangerie puisque rien n'est goudronné ou bétonné autour de chez nous. Le sable a tout absorbé, de plus, le lotissement est entouré de canalisations. 12 08 mousson vue ouest

En ville rien n'est prévu. L'eau s'accumule à certains endroits obligeant les cyclistes à porter leur vélo sur la tête. Les voitures ou motos n'osent pas s'engager car les trous creusés par l'eau dans les routes ne sont pas visibles on ne peut jamais en évaluer la profondeur et donc on ne connait pas la hauteur de l'eau. Après la mousson généralement toutes les routes sont à refaire. 
L'an dernier sur une esplanade pour bus à Bikaner-house-Delhi, j'ai pensé que ce béton ne pouvait qu'être au même niveau : j'ai enlevé les chaussures, replié le pantalon, je marchais dans 20 cm d'eau, cool ! quand tout à coup je me suis enfoncée jusqu'au genou : une plaque d'égoût était cassée ! Je ne renouvellerai jamais l'expérience : j'aurai pu me casser une jambe ou disparaître au fond d'une conduite en béton !
Il ne fait pas bon voyager en ricksha-deshi, heureusement que le notre a des amortisseurs corrects. 
Mais la pluie est vraiment une bénédiction pour l'approvisionnement en eau de tous les puits et elle a aussi ses joies :mousson jaipur 
Zoé n'a malheureusement pas pu photographier les gamins qui faisaient des glissades "sans les bras, sans les jambes" devant Ganpati
 plaza, sur le marbre mouillé. Des marchands les ont chassés pour racler l'eau...

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Published by sylveno - dans environnement
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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 13:16

La vache, en fait le zébu à cette époque là, a été domestiquée en Inde, elle y est animal sacré pour son lait source de protéines. Encore aujourd'hui, dans les quartiers résidentiels et en plein coeur des plus grandes villes, les maisons abritent La vache domestique !
J'ai assisté à une naissance en direct un jour en allant faire mon marché.

naissance à C-scheme
Les vaches et taureaux circulent un peu partout.

Nandivache delhi


Les plus pauvres n'ont pas les moyens de se payer une vache... ils ont des moutons ou des chèvres. Pour le lait essentiellement mais les musulmans utilisent aussi leur viande.



Je suis allée route de Delhi le jour de l'aïd photographier le plus grand marché de Jaipur :

aïd : un marché sans femme aïd.: grande fête musulmane



aïd














aïd.: les chèvres sont décorées

  aïd : bouc peint













aïd : plus de chèvres que de moutons
aïd : en riksha











aïd 2010
Nandi dans notre rue

En ville tous les bovidés se nourrissent des restes
aux alentours des poubelles
et leurs patrons rajoutent des feuillages
coupés sur les arbres du bord de la route
ou, plus rare, achetés aux marchands-ambulants.



Près de la maison, à Jagatpura, ce n'est plus la ville mais le désert, les moutons et chèvres des villages sont menés par un berger. "Le nôtre" n'a qu'un bras et parcourt toutes ces parcelles mises en lotissements à bâtir qui ne sont que quelques unes à être occupées pour le moment. désertification : le bergerLa nourriture est maigre, l'ombre rare, donnée seulement par les acacias (Acacia nilotica) que nous surnommons les "arbres à chameaux" car ils sont tellement épineux que seuls les chameaux et les chèvres s'y risquent. Bizarrement, ces acacias sont traditionnellement saccagés par les bergers eux-mêmes. Ils les ébranchent entièrement pour que ses bêtes puissent consommer les feuilles. Parfois plusieurs arbres par jour. Ils n'y pensent apparemment pas mais le problème des épines est le même une fois les branches coupées ou sur pied, non ?

désertification : acacia massacré
désertification en directdésertification.: repas desmoutons et chèvres
Les moutons broutent 4-5 feuilles et passent à autre chose ! Les chèvres préfèrent tendre le cou pour attraper les feuilles des arbres non coupés, si vous avez déjà observé des chèvres vous direz "bien sûr"...

désertification : acacia dénudé
Résultat, les arbres se font rares, entraînant toute la chaîne : pas d'arbre = pas de feuilles recouvrant le sol, pas de terreau, pas d'autre végétation, rien pour retenir l'eau... Si on lançait une action "Plantons des arbres" ici, ça ne donnerait rien, sans instruction pas de conscience dépassant l'individu lui-même et son profit immédiat. On essaye même pas d'en parler à qui que se soit. On a juste dit à Grutinus "Dis-lui de laisser les 8 babul là autour de la maison pour qu'on ait l'ombre".







Tous ces constats, tous les jours, me renvoient à des croyances que j'avais sur l'Inde avant d'y vivre. Croyances basées sur les tantras originaires d'ici mais qui n'y sont depuis longtemps plus d'actualité. Les indiens d'aujourd'hui, quand on leur parle de tantras font les mêmes confusions que les occidentaux, ils pensent dépravation sexuelle, pareil pour le kamasutra ! Il est vrai que si un indien s'imprégnait de la vie du "roi soleil" avant de visiter la France de maintenant, il serait désappointé !

bouc Pinkcity

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6 novembre 2010 6 06 /11 /novembre /2010 13:29

En juin, nous avons dû acheter de l'eau du gouvernement et remplir les tanks enterrés sur le chantier car le puits ne fonctionnait pas (nous avons fini par comprendre pourquoi, j'expliquerai après...). eau début du chantierPour arroser le béton et autre, nous posons une pompe et un tuyau d'arrosage pour éviter aux ouvriers la fatigue de puiser au seau. Mais ils allument la pompe et partent en trainant le tuyau derrière eux laissant couler l'eau librement le temps d'arriver à l'endroit où ils en ont besoin. Résultat des dizaines de litres perdus ! Enoch leur montre le truc : faire un double pli dans le tuyau pour bloquer l'eau... mais ils ne le font pas ! Je vais donc à Tripolia bazar acheter une vanne. Deux jours plus tard, elle n'est toujours pas installée. Enoch insiste lourdement. Un jeune finit par se décider à l'installer, ce qui n'est pas bien difficile, mais il la laisse ouverte en permanence. L'archi arrive, on lui fait traduire "On est dans un désert là, un désert. L'eau est bien plus précieuse que l'or, etc." un petit discours de 5 minutes dont on est assez content... pendant 5 minutes : les ouvriers restent totalement fermés au problème. 2e argument "On paie et l'eau est chère" bon, c'est un peu mieux entendu mais... Bref, on laisse tomber. On essaye quand même, sans rien dire la solution de brancher un arroseur ramené de France. On dirait qu'ils le ferment maintenant après un temps d'habituation.

Toute cette intro pour vous faire comprendre qu'on va continuer toutes nos actions d'économie d'eau, mais qu'à l'échelle de l'Inde c'est "total pipeau" !
Pas un indien sur mille n'a conscience de l'importance de l'économie de l'eau ou du recyclage. Pour eux il y en aura toujours, la réponse qu'on nous a faite des dizaines de fois est "No problem, si le puits ne donne plus, government supply ! " La 2° étape ne leur vient pas à l'idée : mais il "supply"avec quoi ?
Personne ne m'a parlé des lacs-réservoirs d'eau, quand j'ai demandé d'où venait l'eau les réponses restent vagues : "il y a des camions-citernes à tel endroit."
Il parait que le gouvernement fait couper l'eau dans certains quartiers, comme il le fait pour l'électricité, quelques heures par jour. Mais autant ça me paraît simple pour l'électricité, autant c'est incompréhensible pour l'eau. En tant qu'occidental, vous devez vous dire que c'est pareil. Mais la distribution d'eau dans les maisons en Inde, n'a rien à voir avec votre "french" robinet.
Première solution ici :

arrivée du puisatier                   avoir de l'eau gratuite en faisant creuser un puits perso.creusement de notre puits

Tous les propriétaires font ça. Sauf que la nappe phréatique a descendu de 30 m en 20 ans, donc il faut mettre une grande longueur de tuyaux ce qui commence à être coûteux. C'est là que se glisse l'explication de notre puits qui ne donne pas d'eau : le puisatier n'a pas prévu un tuyau assez long, il a donc dû en acheter une rallonge mais ici il n'existe pas de joint vissé ou collé pour assembler 2 tuyaux. Pour joindre un tuyau classique en polyéthylène ils mettent un raccord de fer tenu par une vis, d'où inévitables fuites, pas de pression, pas d'eau qui sort !

l'eau est là


Nous avons découvert ça quand Enoch n'en pouvant plus d'explications merdiques à commencer à sortir le tuyau du puits... personne n'en revenait : un patron qui travaille ! Ils sont restés plusieurs minutes à le regarder bouche et yeux ronds avant de se jeter chacun sur un bout de corde pour aider. C'est comme ça qu'a été découvert le fameux "non-joint" ! Achat d'un tuyau de la bonne longueur, et le tour est joué : le puits donne bien maintenant ! On a ramené aussi de France en septembre, des raccords plymouth, normaux, vissés...



2° solution : acheter l'eau au gouvernement

livraison d'eau (avril 2010)
Des tracteurs-citernes (aucun indien n'a pu me dire d'où ils venaient) attendent la demande à des points stratégiques de la ville. Il y en a un pas loin de chez nous, on téléphone, ils livrent. J'irai enquêter sur les lacs collinaires et les barrages retenant l'eau des moussons dont j'ai vu l'existence dans un livre et prendre des photos quand il y aura moins d'urgence pour la construction.

Dans les 2 cas, l'eau est stockée soit dans une citerne enterrée munie d'une pompe qui l'amène dans les réservoirs posés sur le toit soit directement dans ceux-ci.
livraison d'eauToutes les maisons ont des toits terrasses. Très peu de tanks sont isolés ce qui donne 6 mois de l'année de l'eau bouillante dès 10 h du matin jusque 22 h.
Un mystère de plus : pourquoi dans ce pays si chaud l'isolation ne "prend"-elle pas ? ou plutôt ne "reprend"-elle pas parce qu'au temps des maharajas les maisons étaient ventilées et la moindre goutte d'eau récupérée. Pas seulement à l'échelle individuelle, les villes avaient des systèmes de conduite d'eau très bien pensés qui redistribuaient l'eau de pluie récupérée. Il y a quelques années des bénévoles ont nettoyé toutes les conduites de Jaipur. Qu'en est-il aujourd'hui ? impossible de trouver des renseignements.
Nos voisins de Jagatpura nous ont tous invités à visiter leur nouvelle maison. Toutes sont immenses, en briques, épaisseur feuille de papier cigarette, recouvertes de béton. Il y fait chaud, pour rafraîchir il n'y a que des fans au plafonds (la plus mauvaise solution : ramener vers le bas, la chaleur emmagasinée en haut). Sur le toit 2 tanks noirs (noir idéal pour l'accumulation de chaleur) comme ceux de notre appartement : pendant la moitié de l'année pour pouvoir nous doucher, en rentrant du terrain ou de courses en ville, nous remplissons la veille des seaux d'eau qui rafaîchissent dans la salle-de-bain. Sans ça on se brûle !

Pour la factory, les tanks seront sous un petit toit et entourés d'isolant. Nous avons acheté des réservoirs blancs triple épaisseur, plus chers mais isolés et "foodgrade"... L'eau stockée dans les réservoirs noirs en plein soleil n'est pas comestible, sa qualité est déplorable, on perd beaucoup de cheveux à chaque douche ! à la sortie des tanks on aura un osmoseur.
Shantanu notre architecte nous racontait en riant que son frère voulait se laver à la Bisleri tellement il est bien connu que l'eau est horrible pour la peau.
Pour boire et faire la cuisine, les gens achètent une eau épurée distribuée tous les jours ou au minimum 4 fois par semaine. On désinfecte le robinet à chaque livraison car les bonbonnes sont transportées dans des bennes ouvertes et je doute qu'elles soient lavées après utilisation. J'ai ramené de France des pastilles de Javel qui ne servent qu'à ça, on n'en trouve pas ici. La "pani bottle" est déposée devant la porte quand on en veut une autre. Le livreur note la consommation sur une carte et vous payez en fin de mois. C'est plus économique que d'acheter des bouteilles plastiques en magasin. De plus ça évite "du plastique" dans la poubelle. Nous avons dû malheureusement renoncer à ce service car nous ne consommons pas assez d'eau. Nous devons aller chercher notre bouteille de 20 l nous-mêmes. Heureusement qu'Enoch est là : impossible pour Zoé et moi de remonter ce poids !
Les pauvres de la rue, la communauté des marionnettistes par exemple, ne peuvent pas se payer ces "pani bottles", le gouvernement leur remplit gratuitement des tanks situés devant le mur du slum. Chacun vient y puiser. Des cabanes de paille sont aussi installées un peu partout sur les trottoirs.
pani-house mai 2010Cette tradition a engendré la fameuse phrase dont je parle plus haut : "government supply"... Une femme payée par le gouvernement, sert à boire de l'eau fraîche à qui s'approche de la petite ouverture.jarre de terre Cette eau décante dans de très belles jarres de terre.

 





Nos ouvriers aussi ont leur jarre pour avoir de l'eau fraîche et buvable.







Se greffent sur l'abandon des traditions d'économie d'eau de graves problèmes liés à l'industrialisation.
Dernièrement je lisais un article sur le manque d'eau au Nord du Rajasthan, les paysans de Kaladera dénonçaient les abus de l'usine Coca-cola qui puisent sans vergogne dans la nappe phréatique et qui, pour se dédouaner, a creusé quelques rigoles pour récupérer les pluies de la mousson...
La saison des pluies cette année a été exceptionnelle, il a plu tous les jours en juillet-août et encore en septembre et octobre. On n'avait pas vu ça depuis plus de 10 ans au Rajasthan. Les lacs sont pleins... pour plusieurs années ?
J'aimerais voir Udaipur et Pushkar car en février 2010, ça faisait peur :
pour les bains à Pushkar le lac sacré était vide ! un petit bassin a été aménagé...

lac de Pushkar fév 2010
Pushkar novembre 2009lac de pushkar fév 2010






pushkar novembre 2009
à Udaipur, les princes dirigeants ont toujours été précurseurs en gestion de l'eau : en plus du lac Pichola, ils ont creusé le lac artificiel de Jaisamand profond de 30 m et large de 50 km (2° lac d'Asie encore de nos jours) et ils ont été connectés à 8 autres lacs.
Pichola n'était pas vide mais bas.

lac Pichola à Udaipur fév 2010lac d'Udaipur fév 2010On apercevait d'autant plus la pollution : la Haute Cour du Rajasthan avait pourtant exigé de sévères mesures contre les hôtels de luxe installés à quelques mètres du rivage qui y déversent leurs eaux usées au mépris des règlements...


Quand arrêtera-t-on de pomper dans les nappes phréatiques pour arroser des pelouses dans le désert en plein midi ?
J'espère que le gouvernement prendra un jour une mesure ferme comme quand il a interdit l'usage des sacs en plastique dans toute l'Inde en septembre 2010... Je m'en réjouis tous les jours !
Peut-être le système des SIRÉNE fera-t-il tache dans notre quartier...
J'ai pris en photo les endroits clés de nos évacuations toilettes : nous avons fait 2 SIRÉNE comme à l'écohameau.
Nos voisins pensaient qu'on prévoyaitsiréne ouest
un abreuvoir pour les buffles !
Nouveau challenge pour Enoch : trouver les plantes adaptées à ce climat !

siréne ouest














Une femme a passé des heures à tailler
en petites boules, à la main avec un marteau les chutes de béton cellulaire... ça tiendra lieu de pouzzolane.

siréne
siréne

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