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C'est Nous

  • : L'Inde autrement
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  • : La vie au jour le jour en Inde, les voyages de connaissance de soi que nous proposons dans ce pays si différent de la France, toutes les réflexions qui nous viennent dans nos différentes expériences en comparaison avec ce que nous vivons en France.
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20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 19:07

Nous préparons le séjour Voyage-Autrement de 2009.
Une des participants nous raconte :
— Je suis allée au Soudan pour apporter des médicaments. L'association dans laquelle j'étais avait présenté la nécessité extrême des villages retirés. Et c'est vrai, j'ai vu la misère. Pourtant, si je ne regrette pas ce voyage, je garde un goût amer de cette action : tous ces malades...

Avant, ils disposaient d'une médecine locale adaptée et efficace, ils dépendent maintenant des drogues occidentales. Car là-bas, des médicaments aussi courants que l'aspirine ou les antibiotiques sont hors de portée de n'importe quelle bourse et une fois qu'on a commencé une thérapie avec des molécules synthétiques, il faut la continuer. Mais les approvisionnements sont soumis au régime des touristes qui veulent bien les acheter et les acheminer. S'il n'y pas de volontaires, les gens sont lâchés, abandonnés.
Un autre nous parle d'un voyage au Burkina-Faso :
— Nous y allions pour poser des pompes. Arrivé là bas, j'ai vu les anciens puits épuisés et j'ai compris que poser des pompes dans un désert ne fait qu'accentuer la désertification en allant pomper de plus en plus profond. En voyant arriver les camions citernes de carburants j'ai aussi compris que rendre les gens d'ici tributaires des approvisionnements en énergies non renouvelables n'est pas une solution.

J'avais ramené des bonbons et des ballons pour les enfants. Ça me rappelait mon enfance au Portugal quand mon oncle revenait de France, il nous faisait mettre en ligne et il distribuait des bonbons... Malheureusement, les enfants nous ont bousculés, ont fini par se battre pour avoir les friandises et se voler les ballons.
— Oui, c'est vrai on veut faire une "bonne action", on part d'une "bonne intention", mais on s'aperçoit vite de la justesse de l'expression "l'enfer est pavé de bonnes intentions".
— Tout ce qu'on fait est une réponse à quelque chose de personnel. J'en arrive à me demander si le mieux n'est pas de ne rien faire !

L'important n'est pas de philosopher sur ces questions tranquillement assis dans son salon. Ça, c'est facile mais plus difficile... et plus efficace : se poser ces questions puis de partir sur place. Ouverts et vigilants...bodhgayâ

Comme par hasard, dès notre arrivée à Bodhgayâ, nous sommes immédiatement confrontés à ce "que peut-on faire ?"
Un moine aborde Jeanine. Laissons la vous raconter :
À mon retour en France j'ai dit à ma fille :
— J'ai failli te ramener un petit frère !
Elle me regarde avec des yeux tout ronds quelques secondes puis :
— Maman assieds -toi, c'est la fatigue, reprends tes esprits !
— Non c'est bien vrai. Écoute, j'étais à Bodhgayâ au moment d'un grand pèlerinage religieux, je trainais aux abords du temple appareil-photo en main. J'observais les moines en train de prier.
Pour moi, "moine" signifie "adultes". Quelle ne fut pas ma surprise de voir des enfants et des adolescents. J'étais derrière une paroi en bois. À travers les espaces laissés par les planches mal ajustées, je photographiais les enfants.
Combien de temps peut-on rester là à prier ou à faire semblant ?
Plongée dans mon univers de réflexions, cachée derrière ces planches, je suscite bien sûr la curiosité.
Un moine tibétain m'aborde. Imagine ma surprise quand je crois comprendre qu'il veut me donner son enfant. Je me dis non, j'ai bien sûr mal compris. Mais non, il voulait vraiment que je reparte avec son gamin !


Bodhgayâ.février 2009
Bodhgayâ est une toute petite ville et je vois surgir régulièrement "mon moine et son fils". Chaque fois, il me montre son gamin et insiste pour me le laisser ! Curieusement, cet enfant avait l'air heureux, accompagnant son père, mangeant à sa faim. Que pouvais-je lui offrir de mieux ?
Très mal à l'aise avec tout cela, ne sachant que lui dire, ne parlant pas sa langue, le dialogue est difficile. Le père l'a très bien compris et me donne rendez-vous le lendemain à l'hôtel avec un traducteur. Il est toujours aussi déterminé. Pour lui l'occident est La solution. Nous discutons un peu puis je me dérobe.
Pour tous ces gens très pauvres, nous sommes "l'Amérique" mais quelle Amérique avons-nous à leur proposer ? Je reste persuadée que notre façon de donner leur laisse à penser que le matériel, si absent de leur quotidien, est quelque chose d'essentiel et de facile pour un occidental. Donc pour un indien ou un tibétain il veut l'obtenir coûte que coûte pour leurs enfants. Cet enfant-là qu'avais-je à lui proposer ? Des biens matériels... Quelle qualité de vie si différente de la sienne...
— Tu t'es sentie comment en refusant ?
— Je ne me sens pas coupable de l'avoir laissé, seulement peinée de ne pas avoir pu ou su m'expliquer avec le père... Désolée, tu n'auras pas de petit frère tibétain !

Pour le père l'image de l'occident riche est évidente. On sait que c'est un leurre, que son fils, adulte, n'aura pas d'argent, qu'il sera confronté à plus de difficultés pour sa survie là-bas en Europe qu'ici avec sa vie de moine.bodhgayâ.moines
Alors, baisser les bras, ne rien faire du tout ? Que donner à cet enfant et aux autres ? Comment agir sans attentes, sans encombrer l'action par des besoins perso ? Notre chimie et notre fric vont-ils résoudre le problème du sida et de la faim dans le monde ?
Si ça devait, ça aurait été fait depuis longtemps. C'est quoi une "bonne" action pour la planète ? Pourquoi je pense que moi, je peux oeuvrer pour cette planète ?

bodhgayâ.2009

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

...(la suite dans "Bodhgaya,plantons des arbres")...

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commentaires

sonia 25/07/2010 21:22



bonsoir


voila comme promi mon dessin est commence et deja bien avance , je ne sais comment vous le faire partager,,,,,,,je vous remercie de m avoir permi de le realiser ,,,il est deja mis sur mon
blog,,,,


je vous souhaite la belle soiree et merci encore ,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,sonia



sylveno 28/07/2010 19:57



c'est très beau, je retrouve la joie du petit moine dans ce dessin, ils aiment être photographiés !



sonia 18/07/2010 23:15



bonsoir


voila , le monstre est termine mais je le mettrai sur blog demain car la il est 23H14 et j ai hate de commencer cet enfant ,,,,,,,,,donc a bientot ,je le ferai avec toute ma passion , j espere le
reussir      sonia



,sonia 21/06/2010 13:29



olaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa,,,,,,,,,je ne me pretends pas artiste mais cela fait passe 50ans que je dessine mais en autodidacte ,,,,cependant, promi jure je vous l envoie des que realise,,,,,,,,,,,,
la pour  l instant je dois terminer un assez grand donc juste apres,,,,a bientot et tres grand merci,,,,,,,,,,sonia


http://soniaditkiki-dessin.over-blog.com



,sonia 20/06/2010 17:14



bonjour


me permettez vous de prendre le petit a droite ,,,,,,,sur la photo qui se trouve a gauche  j aimerai le dessiner ?



sylveno 21/06/2010 09:29



Bien sûr, envoyez une photo du dessin pour qu'on voit vos talents d'artiste !



Armide 21/04/2010 02:59



La façon d'intervenir dans leur intérêt ne consisterait-il pas à leur faire comprendre juustement que l'occident, ce n'est pas le paradis.  Quel besoin avons-nous eu de mettre à mal la
médecine établie dans ce pays, si ce n'est celui de manipuler les populations à des fins lucratives pour les pays pourris que nous sommes...