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C'est Nous

  • : L'Inde autrement
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  • : La vie au jour le jour en Inde, les voyages de connaissance de soi que nous proposons dans ce pays si différent de la France, toutes les réflexions qui nous viennent dans nos différentes expériences en comparaison avec ce que nous vivons en France.
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24 avril 2010 6 24 /04 /avril /2010 09:04

Comme nous vous l'expliquons dans le  premier article de ce blog, certaines pages nous sont inspirées par des actions menées en Inde avec des groupes.

Enoch et moi avons souvent réfléchi à cette question :
"Quelle est LA bonne action pour la planète ?"
 

et depuis toujours, nous plantons des arbres, nous semons des graines dans notre jardin mais aussi aux bords des routes, des chemins en passant à l'occasion d'une promenade.
C'est l'écosystème de l'arbre qui engendre le cycle de l'eau. Il faut aider à la mise en place de ce système qui ensuite s'entretient lui-même. L'Homme a enlevé les arbres laissant place au désert. Nous replantons et aidons pendant 2 à 3 ans les jeunes plantes à créer leurs systèmes racinaires, en les arrosant, les protégeant de tout prédateur. Ensuite la Vie reprend ses droits. Redonnant à l'environnement sa dimension saine et esthétique : l'eau revient, les feuilles qui tombent protègent de petits organismes, enrichissent le sol pour de nouvelles plantes, l'arbre agrémente le paysage de ses couleurs, fruits et fleurs...

Nous proposons cette année aux participants de "voyage-autrement" de laisser à leurs enfants un pays où l'eau ne manque pas, où les arbres donnent leur fraîcheur, leur beauté, leurs fruits, leurs cachettes...
Notre solution c'est de planter des arbres pour recréer le cycle de l'eau. Des arbres pour tous, pour que les enfants puissent vivre avec leurs parents... des arbres pour produire des fruits et des feuilles pour manger ou se soigner.... des arbres pour dormir à l'ombre et fournir du bois pour cuire les aliments... des arbres pour la beauté du paysage...
Le voyage continue donc par une action éclair de "Plantons des arbres".
Ce qu'il y a à faire et pourquoi le faire est bien pensé, discuté, calculé par l'équipe "Plantons des arbres", en France. C'est un véritable plan d'action inspiré des stratégies militaires mais employé dans un sens opposé : créer au lieu de détruire. Favoriser la vie au
lieu de la faire disparaître.
Nous trouvons dommage que l'écologie reste dans le ghetto des actions sociales parallèles et ne bénéficie pas souvent de toutes les possibilités du génie humain. La stratégie, la tactique, les actions-éclairs, le marketing opérationnel peuvent aussi être utilisés avec tout autant d'efficacité pour sauvegarder, préserver la vie, notre environnement, pas seulement pour conquérir, esclavager, s'approprier.
Enoch et moi sommes déjà venus à Bodhgayâ, nous avons constaté la désertification au Bihar (comme partout ailleurs sur la planète), nous avons vu les monastères bouddhistes, imaginé la possibilité de les solliciter pour l'entretien des plantations. Planter fait partie des recommandations du Bouddha lui-même.

Surprise. Dans ce village minuscule nous trouvons un imprimeur ! Il nous faut des carnets à souche pour inscrire les coordonnées des donateurs.
Une équipe aborde des touristes, leur explique le principe de "Plantons des arbres", leur délivre un reçu pour leur don.


aborder les touristes pour
Nous repérons aux alentours du temple les heures les plus favorables pour rencontrer des touristes.
Parallèlement il faut trouver de jeunes arbres, un endroit pour les planter, des bras pour creuser les trous, une équipe pour s'assurer de l'arrosage la 1e année ! Tout ça exécuté en 5 jours.
Mais non ça n'est pas une gageure. Nous l'avons fait !

Nous avons remarqué que plus on est limité dans le temps plus on prend conscience de l'urgence, plus on est efficace. Nous avons donc débarqué là avec des participants ayant pris conscience de l'urgence de la situation et ayant compris pourquoi planter des arbres vient en amont de toute action à entreprendre pour pouvoir continuer à vivre sur notre belle planète !
Nous choisissons des arbres adaptés au lieu, produisant des fleurs ou des fruits nécessaires à la population locale, voir fournissant du bois mais dans ce cas là, attention s'ils sont coupés, il faut replanter...
Toute cette préparation est effectuée avant de partir car une fois sur place il faut agir. Vite mais efficacement.

équipe
D'après notre expérience, un commando efficace est composé de 8 membres. Là, pour cette fois, nous ne sommes que 5 mais pour agir contre la désertification il y a urgence. Le lieu, l'heure du combat et le nombre de combattants n'est pas toujours de notre choix.
100 arbres achetés
Nous ne voulons pas être une association recevant de l'argent pour autre chose que planter. Résultat, quand les volontaires (nous recevons des centaines de coups de fil) apprennent que le billet d'avion et le séjour sont à leur charge, ça les décourage... dommage...

À Bodhgayâ, la semaine choisie comme la plus propice est celle d'un énorme rassemblement de moines. Les touristes croyants ou non affluent et quand ils ne sont pas dans les monastères pour suivre les enseignements ils vont à l'Arbre où Buddha s'éveilla pour visiter. Nous n'avons qu'à connaître les heures des enseignements et à nous poster à l'entrée du temple de l'Arbre en dehors de ces heures.
Facile !
Et ça marche !récolte de fonds Plantons des arbres
Nous récoltons assez de roupies en 3 jours pour planter plus de 100 arbres. Sur la dernière photo vous voyez le monastère qui a accepté les arbres sur son terrain. Ils seront arrosés régulièrement et comme ils sont sur une propriété privée ils ne seront pas saccagés ni volés.

 


Voilà l'histoire racontée par Jeannine qui a participé à cette action :

Bodhgayâ 2009, une aventure !

J'ai mis un peu de temps à prendre le rythme imposé par Enoch et Sylvie. Il fallait faire vite et mon quotidien n'est pas forcément dans l'urgence. Faire vite pourquoi : récolter en un temps record des roupies auprès des touristes et financer l'achat d'arbres.
Cette idée m'a plu tout de suite. Étant fille de paysans on m'a toujours appris à respecter les arbres sans pour autant m'expliquer pourquoi mais seulement :
— On ne coupe pas un arbre.
Là j'allais devoir peut être en planter.
Je crois que je me suis prise au jeu très vite. Avec un anglais très limité, pas forcément très à l'aise pour solliciter des gens, j'avoue avoir balayé toutes mes craintes en peu de temps.
50 roupies, puis 100, retour à 10.
L'enthousiasme aidant je me voyais acquérir non pas un arbre mais une forêt !
Le top du top : rencontrer un touriste français (montpellierain). Tout est nettement plus simple en français... Et puis on continue avec d'autres touristes...

action -éclair à Bodhgaya
Entre temps se pose la question comment planter ces arbres, où ?
Discussion avec un monastère tibétain, avec une entreprise s'occupant d'environnement sur place...
Je rencontre des jeunes se disant prêts à nous aider, mais le jour J ils ne sont pas là...
Faute de bras immédiatement disponibles, nous décidons de confier la somme d'argent au monastère.
Je suis un peu déçue pour moi la finalité de tout ceci était de les planter vraiment ces arbres. Bon, là on ne peut pas. On verra plus tard... Peut-être l'année prochaine.

Rentrée en France je me dis que c'est sans doute bien ainsi. Pas le temps de s'infiltrer, d'imposer quoi que ce soit.
Laisser les "locaux" libres de faire de cet argent ce qu'ils pensent être bon.
Il est vrai que dans le domaine de l'humanitaire je me dis souvent : on amène quelque chose et on reprend forcément autre chose. Là nous n'avons pas eu le temps de contrôler ni d'imposer et c'est bien comme ça.

monastère où nous plantons


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commentaires

morgane 18/06/2010 19:21



 Mais si pour nous planter des arres avait une signification écologique, pour les enfants indiens pauvres ce n'était qu'un moyen de gagner de l'argent... en déterrant des petits arbres
sauvages qu'ls voulaient nous revendre pour qu'on les replante à notre tour. Quand on leur a demandé où étaient les plantations où ils se fourniassaient ils nous ont répondu,"mais partout !"


Il faut garer à l'idée que l'argent est souvent l'unique moteur. Et si en Inde c'est unpeu caricatural, c'est vrai aussi en France et partout ailleurs ! ... .