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C'est Nous

  • : L'Inde autrement
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  • : La vie au jour le jour en Inde, les voyages de connaissance de soi que nous proposons dans ce pays si différent de la France, toutes les réflexions qui nous viennent dans nos différentes expériences en comparaison avec ce que nous vivons en France.
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20 juin 2010 7 20 /06 /juin /2010 15:22

Nous sommes rentrés à l'heure et sains et saufs !

Ce voyage n'a duré que 3 jours mais c'est bien assez, plus, moi Sylvie, j'aurais craqué ! Enoch lui, aime l'ambiance du Népal. C'est vrai qu'il y fait frais, les gens sont plus relax qu'en Inde, ne mettent pas de pression. Mais là c'était vraiment particulier.

arrivée à Kathmandu en avion
Vivek, rencontré lors du précédent passage au Népal, nous avait téléphoné :
— Il y a une grève générale à durée indéterminée qui a démarré le 1° mai !
Les maoïstes veulent la démission du gouvernement. Tout est fermé. Interdiction de circuler sauf pour les avions. Les touristes sont respectés mais beaucoup devant partir en trek sont bloqués à Kathmandu alors, pénurie de chambres d'hôtel et de nourriture !

Nous sommes partis quand même puisqu'il n'y avait pas d'autres dates possibles pour nous, Zoé s'envolant pour la France la semaine prochaine !
S'ajoutait donc cette grève à l'anxiété du passage de frontière au retour.

Explication : depuis janvier, sans prévenir, l'Inde a accentué son contrôle aux frontières. Les poseurs de bombes y sont pour quelque chose mais nous, pauvres de nous, en faisons les frais.
Nous sommes partis en Inde en septembre 2009, avec un visa de tourisme d'un an où est indiqué "sortie du territoire tous les 3 mois". Zoé au bout de 4 mois a réussi avec son visa buisness à obtenir une dérogation mais nous on doit quitter le sol indien après 90 jours. En novembre nous sommes donc allés au Népal (c'est le plus près) trois jours (eh oui plus longtemps impossible avec ce qu'on a à faire !). En février on a pris 5 jours de vacances mais la loi avait changé, sans que nous soyions au courant. L'émigration nous a tamponné sur le passeport :
"2 mois entre chaque visite" !
Le stress à la frontière au retour ! Heureusement un retard d'avion encore plus énorme que d'hab' nous a donné une excuse pour franchir rapidement le "barrage" afin d'avoir la correspondance pour Jaipur... et personne ne nous a fait de difficultés.kathmandu. aéroport

Pour cette 3e sortie du territoire, nous sommes allés plaider notre cause à Delhi : ambassade, FRRO, ministère. Mais chacun nous a renvoyés à un autre et pour finir, vers Jaipur, à l'aéroport où nous avons été renvoyés au FRRO local ! "Ils" ne peuvent que nous donner un permis de résident et nous disent qu'il se peut que nous soyons rejetés à Delhi au retour !
Donc pour ce retour, nous croisons les doigts puisqu'on est resté encore une fois que 3 jours.
Notre idée première était d'aller à l'ambassade de l'Inde au Népal plaider notre cause, puisque partout ailleurs on avait été rejetés (sniff !). On a dû renoncer puisqu'effectivement, tout était fermé pour cause de grève comme avait dit Vivek !
Mais reprenons du début :

Notre avion a une heure de retard...
Ne nous voyant pas Vivek et sa femme sont repartis de l'aéroport ! Ils reviennent après notre coup de fil, lui a une carte de presse (périmée mais ça ne se voit pas !) et peut donc circuler en moto. Elle, nous a préparé une surprise : un collier et de la poudre rouge pour nous marquer le front d'un tika à notre arrivée :
— Welcome in Nepal !
C'est vraiment mignon cet accueil dans les formes alors que tous les touristes qui ont osé se risquer ici attendent seuls et paumés un hypothétique bus. Pas de taxis non plus sauf pour quelques rares privilégiés des Nations Unies.
Une ambulance arrive. Avec Vivek, Enoch s'amuse à se trouver mal mais ça ne marche pas. Apparemment, l'ambulancier est venu chercher des amis. Quelques rishaws-vélos traînent aussi dans le coin. Ils demandent 2000
रू (une fortune!) pour nous emmener à Thamel ! Vivek nous conseille d'attendre le bus (100 रू) :
— C'est sûr il va arriver...
2 h d'attente. Enfin, 2 bus "Tourits Only" arrivent. Ils étaient coincés dans la manif' qu'on entendait de loin !
La folie pour monter ! Mais ouf, étant protégé par deux hommes, j'arrive à monter presque la première. Je réserve une place assise pour Enoch... Heureusement le temps est doux et nuageux, ça nous évite d'étouffer dans cette cohue puisque, of course, il n'y a pas de clim. On rejoint Thamel tout doucement entre des haies de manifestants qui nous font des signes, rien de violent. Comme les écoles sont fermées, des enfants par dizaines ont eux aussi investi les rues pour les transformer en terrain de jeux en ce jour sans circulation, le badminton fait rage ! Beaucoup de policiers avec armures, armes et boucliers, ça fait peur un peu... police partout dans KathmanduMais rien ne dégénère, c'est la fin de la journée...


Un hôtelier a trouvé la combine : il attend les bus pour rabattre des clients chez lui. D'habitude ça nous agace plutôt mais là, ça nous arrange bien, avec tous ces rideaux de fer (ça fait peur rien que le mot !) on n'aurait pas su où aller, surtout qu'on ne voulait plus de notre précédente guesthouse... On loge en plein centre, "Thamel marg" elle-même, mais on ne risque pas d'être dérangés par le bruit d'abord parce qu'il n'y a pas de ciculation et ensuite parce que c'est au fond d'une ruelle secondaire !
Comment on va manger ?... on crève de faim après cette journée chargée en avions et en attentes où on n'a rien enfilé à part de la boisson...
Adieu shopping dans Thamel !
Adieu délicieux plats thai !cuisine à Kathmandu
Adieu vrai café italien !
Tout est fermé.

Nous apprenons que certains magasins et quelques resto ouvrent tous les soirs de 18 à 20. Il est déjà 18 h. On se grouille de se laver et de se changer et on fonce dehors.
Nous trouvons "un chinois" à la salle un peu miteuse, aux serveurs gentils mais pas dégourdis. Par contre, la cuisine ! Excellemment préparée et très bien présentée. Vraiment très bon. Enoch note "trois étoiles" !

Le lendemain, je suis mieux organisée pour le shopping. Primordial pour moi, il y a tant de choses qu'on ne trouve pas en Inde.
J'ai réussi à acheter tout ce dont on avait besoin, jusqu'à ma roue de 6 kg de fromage de yack, je suis super contente !
À
20 h 10, je suis dans un magasin je finis de payer un achat, quand des maoïstes passent dans la rue en hurlant des slogans, le poing tendu en l'air. maoïstes se rendant à une manif'Les commerçants "en retard" se précipitent pour descendre leurs rideaux.
Éh oh ! Je passe pas la nuit ici moi !
J
e me faufile sous le rideau de fer avant sa fermeture mais tellement vite que je me trompe et j'emporte la paire de pantoufles en feutre de yack que j'avais mise sur le côté parce que trop grandes pour Zoé ! J'ai hyper peur dans le noir total de me faire agresser dans la rue en regagnant l'hôtel dont le rideau est également baissé et pèse "une tonne" à lever (Enoch m'attendait à la chambre mais il a entendu les cris et est déjà dans l'escalier pour venir à ma rencontre) !
Les commerçants craignent un max car il suffit de quelques coups de bâtons dans leurs marchandises et ils sont ruinés !
On retourne au "Chengdu" pour manger, il est ouvert jusqu'à 22 h. On rigole avec le fait qu'il a peut-être un passe-droit par rapport aux maoïstes... ou alors c'est, au contraire, des réfugiés qui tiennent tête exprès.

rares véhicules pour l'aéroportLe lendemain il faut prendre un bus pour l'aéroport et on est invité à prendre le chai chez Vivek.
Vu le nombre de touristes attendant le bus, on ne sent pas de revivre la cohue de l'aller.



On décide de prendre un ricksha-vélo, s'ils veulent bien car nos sacs vides à l'aller pèsent une tonne maintenant ! Tarif maxi bien sûr, ils se mettent à 2 pour nous amener. Il faut préciser que les rues de Kathmandu sont très pentues : dans les montées un des jeunes pousse le vélo (Enoch marche à côté malgré leurs protestations !). Dans les descentes, je tremble, et celui qui poussait retient le vélo (plus nous et les baggages !).vélo pour l'aéroport

On arrive chez Vivek et sa femme. Il n'y a plus de lait pour le chai, les produits frais n'arrivent plus. Ils sont désolés, on boit un thé pas terrible mais :
— On voulait vous dire qu'on vous ressent comme des parents. On a encore peur de venir en Inde mais on a décidé de le faire quand même. Si vous voulez encore de nous, on est d'accord pour travailler dans votre boulangerie.
— OK pour un essai de 3 mois, vous arrivez en septembre.
Nous leur montrons des photos de Zoé et de la factory en construction.
Nous sommes contents, pas venus pour rien ! Ils nous avaient plu quand on les avait rencontrés en février mais elle avait tellement peur des hommes indiens et de leur réputation de "violeurs-tueurs"...


Le retour maintenant...
Dans la file pour passer l'immigration indienne on croise les doigts mais on n'est pas trop inquiets parce que nous sommes sortis d'Inde au bout de 2 mois et non 90 jours donc on pense que ce subterfuge nous permettra de ne pas avoir d'ennuis...
Erreur !
Nouvel éclairage de la part du douanier : Ce n'est pas ces fameux 90 jours qui sont importants là mais les 3 entrées !?
— Co... co..., co... comment ça 3 entrées ? Jamais entendu parler.
— Avec ce visa vous ne pouvez entrer que 3 fois en Inde et vous c'est votre 4e entrée donc c'est non ! Vous avez quelque part où aller ?
— Ben non ! Mais nous sommes sortis tous les 90 jours.
— Oui, ça c'est bien, mais lisez là...
On n'arrive même pas à lire sous le bleu des tampons et jamais personne ne nous a parlé de 3 entrées.
J'ai envie de tuer ces connards de paperassiers. Mais le douanier a pas l'air vache alors je patiente encore un peu avant de commettre l'irréparable mais au fond de moi, je tremble et je pleure.
Le gars part de nouveau dans le bureau des sup'...

C'est toujours non...
On sort nos jokers. Taratata tata permis de résidence du FRRO de Jaipur et registrations forms. C'est pas beau ça hein ? C'est pas beau ? T'a p'us rien à dire Hein ? Hein ?
Ben si.
Il regarde les papiers attentivement et longuement et il se rend encore dans un autre bureau.
On croise les doigts. Je suis agrippée au comptoir qui m'arrive au niveau du menton et j'ai les mains moites ! On pense à Janine qui croise les doigts aussi pour nous !
Il revient après une éternité :
— C'est bon. Mais c'est bien parce que vous revenez du Népal (?) et vous ne pouvez plus rentrer en Inde sur ce même visa, Ok ?
— Ah oui, oui, bien sûr.
Une heure (réelle) encore pour remplir les formulaires. 5 indiens plus ou moins gradés qui se relayent pour comprendre et conseiller leur collègue, se mêler et nous faire des recommandations... On se fait tout petit !
Oui m'sieur, oui, m'sieur
Ouf le dernier tampon. Heureusement qu'on avait trois heures d'attente à l'aéroport pour l'avion suivant. On fonce pour la correspondance de Jaipur. La fouille des sacs bien sûr qui nous retarde encore, alors qu'on a déjà été fouillé 5 fois au sortir du Népal !
Puis, on entend les hauts-parleurs :
— Alan et Sylvie sont attendus à l'embarquement...
— Cours, dis-leur qu'on est là !
Enoch se met à courir, je le vois de loin s'arrêter en dérapant devant un panneau après seulement 50 mètres. Chance, la porte est donc tout près mais j'attrape quand même une suée. Il est 19 h 25 quand on est dans le bus qui nous mène à l'avion qui doit décoller... à 19 h 30 ! Mais on y arrive...
"Enjoy l'expérience Kingfisher red, king of the good time" !
Arrivés à Jaipur on se paye un taxi pour rentrer et s'affaler sur des banquettes moelleuses. Au diable l'avarice...
et, joie sans pareille, à l'appart', Zoé nous a préparé un gratin dauphinois. Elle est contente de tous les cadeaux qu'on a achetés et tant pis si les pantoufles-souris sont trop grandes, elles sont "trop canon" !
La grève au Népal a duré encore 8 jours, depuis aucune nouvelle... Le Népal n'intéresse pas vraiment les journaux sauf en cas de gros incidents.

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Published by sylveno - dans voyage
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commentaires

sonia 26/09/2010 17:59



bonjour


je pensais que vous aviez mis un nouvel article,,,,,,,,a bientot peut etre ? bien a vous sonia



sylveno 27/09/2010 18:17



Débordés par le chantier, je n'ai mis qu'un nouvel album "la maison" !


Je prépare un reportage sur les paons, mes photos sont presque prêtes !


à bientôt


merci de votre intérêt