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C'est Nous

  • : L'Inde autrement
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  • : La vie au jour le jour en Inde, les voyages de connaissance de soi que nous proposons dans ce pays si différent de la France, toutes les réflexions qui nous viennent dans nos différentes expériences en comparaison avec ce que nous vivons en France.
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29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 20:45

Kathputli signifie "poupées qui dansent" c'est un art typiquement rajasthanais . Le long de tous les endroits-à-touristes des vendeurs te proposent des marionnettes à fils basiques pour 50 ou 100 रू . J'aurais voulu rencontrer les artisans qui les fabriquent mais, de même que pour les hijras, difficile de savoir où ils crèchent !
— Dans les villages...
— C'est loin et quand tu veux leur acheter directement ils augmentent les prix tu fais mieux de les prendre dans un emporium !
Impossible de faire comprendre que ce qui m'intéresse c'est la fabrication et la rencontre avec cette caste : j'ai pas l'intention de monter un castelet ni d'acheter pour un bizness.
Tant pis, je trouverai toute seule.
Au stadium, le jour de la fête des cerfs-volants je rencontre un montreur de puppets. Il me file sa carte en m'expliquant qu'il vit avec sa famille juste à côté de notre appart', à côté du JDA précise-t-il.
Le lendemain, je fais un repérage pour les trouver. Personne ne connait ! Je tourne plus d'une heure dans le quartier et je finis par laisser tomber.
Je propose à Janine de reprendre l'enquête avec moi. J'ai la carte de visite d'un 2e marionnettiste rencontré chez le marchand de légumes du coin de la rue. Encore une fois, personne ne sait...
Nous vérifions sur
Google maps...eh oui c'est apparemment juste à côté de chez nous. Un ricksha nous amène et nous dit :
— C'est là... mais cette adresse exacte, je sais pas.
— On va essayer d'appeler le numéro de la carte de visite...
Pas de réponse !
Ça grouille de monde ici et tous commencent à nous mettre la pression. Les rickshawala nous demandent un prix exorbitant pour rentrer à l'appart' !
— Viens, on s'éloigne, à pied, on trouvera un vélo un peu plus loin...
À l'ombre d'un arbre deux rues plus loin on rappelle le n° de la carte quand une moto freine devant nous, le marionnettiste tout transpirant en descend !
— Sorry, j'étais dans Pink city, un ami m'a dit que vous me cherchiez...
Le tamtam indien ! ça fonctionne bien !

kathpuli dans un bidonville
On le suit, on était bien au bon endroit, il faut rentrer derrière le mur qui longe la rue et là, il vaut mieux être accompagné : un dédale de ruelles minuscules à travers des maisons de briques (et de broc !) et de tôles.
À 2 minutes de notre appart'. C'est incroyable, un bidonville, en plein quartier chic, pas loin du Mac Do... derrière un mur où on passe tous les jours.

Un beau mur d'ailleurs peint avec le rose des couleurs de la ville et entièrement décoré
de personnages rajasthanais !

mur cachant le slum
Avec ce mur, le gouvernement cache l'horreur mais
les laisse squatter et subvient à leurs besoins en électricité et en eau, que faire de mieux ? Trop de gens, trop de pauvres...







Prakash Bhatt
est tout content de notre visite. Il nous commente la visite : là... (ah oui, cette cour de 2 m sur 3 ! on aurait pu passer sans la voir !)... les enfants qui peignent les têtes de bois.
Les enfants peignent les têtes des marionnettes
Un peu plus loin c'est le vieux qui sculpte les têtes. Je m'imaginais un atelier d'artiste : il est là assis sur une couverture avec des copains, ils boivent le tchai. En face, un abreuvoir avec un robinet, un jeune tout nu se lave en riant. Le sculpteur nous montre le "stock" de bois pour faire les têtes, quelques mini-rondins de manguier.


sculpteur sur bois











Juste à côté, une autre mini-pièce recouverte de tôles : des femmes et des fillettes coupent de vieux saris, fabriqu elles utilisent leurs pieds pour tenir ce qu'elles cousent. Il fait très chaud pourtant il y a un ventilateur. Il y a même une petite télé.

Les femmes cousent les poupées
Prakash nous parle d'une anglaise venue le soutenir jusqu'en 2008, du site internet qu'elle a créé. Il a du matériel que je ne m'attendais pas à voir là : des instruments de musique et un camescope tout neuf sur lequel nous visionnons des spectacles qu'il a organisés. Son pressbook est rempli d'affiches de tournées en France.
— Là, c'est l'endroit où je fais la classe, j'apprends à ceux qui le veulent l'art des marionnettes.

salle de classe

Je voudrais surtout que la tradition ne se perde pas et je voudrais aussi aider ma communauté. Beaucoup d'entre eux se sont mis à boire et à se droguer, il n'y a plus de travail. Les touristes achètent des marionnettes dans les emporiums qui font travailler leurs ouvriers, pas nous.



— Oui, à Udaipur j'ai vu un magasin où derrière une rangée de porte-manteaux un homme assis par terre peignait des têtes.
À Udaipur ils ont de la chance, ils ont un théâtre de la ville où se produire, on voulait y aller mais on ne nous accepte pas là-bas. Pourtant on est la même famille. On est des artistes mais on ne veut plus de nous.
Il parle des Bhatt.
Cette famille vit depuis très longtemps dans la région du Marwar au Rajasthan. Au 8e siècle, ils créent un théâtre de poupées sculptées en argile mettant en scène les figurines décorant le trône du roi. De souverain en souverain ils divertissent la cour. Les Kalet, sous-caste des Bhatt, fabriquent des poupées en épis de maïs. L'empereur Akbar au 16e siècle les choisit pour
inventer un spectacle qui raconte ses exploits.
Depuis ce temps,
les histoires se situent toujours à la cour d'Akbar.l'empereur Akbar mécène des Kalet


Après plusieurs siècles, les poupées de bois remplacent les poupées d'épis de maïs. Les artistes attachent un fil à la marionnette pour faciliter les mouvements. Des centres d'intérêt différents dans les cours mogholes ont, petit à petit, obligé les marionnettistes à jouer dans les rues.


Aujourd'hui on est demandé dans des fêtes familiales ou des grands hôtels pour amuser les touristes mais ça ne nourrit pas tout le monde... Notre art va disparaître...
Prakash nous amène dans une autre mini-maison, les étagères sont pleines de sacs de toile jute et de malles en métal. Il étale une couverture, ouvre les sacs et là...dévoile les trésors de la caverne d'Ali Baba !

les marionnettes
Des marionnettes très propres. C'est ce contraste avec le reste de l'endroit qui apparaît en premier. Des sacs et des sacs de pouées neuves avec de magnifiques robes colorées : les marionnettes n'ont jamais de jambe (enfin, sauf une : le cavalier-acrobate qui fait des tours à cheval). Les autres ont une sorte de costume moghol. Une longue jupe flottante de coton ou de soie donne un effet léger quand l'artiste la manipule. Je dis bien "l'artiste" ! Janine essaie d'en actionner une, les ficelles s'emmêlent, une finit par se casser ! Je n'essaie même pas !
initiation de Janine
— Regarde, il n'y a qu'un seul fil, une extrémité au sommet de la tête, l'autre à la ceinture. Je fais des boucles dans le fil et par une série de sauts en relâchant plus ou moins les boucles entre les doigts ça donne ça.
S'ensuivent des mouvements fluides ! Je n'ai pas de camescope, il faudra que tu ailles voir sur place, ça vaut le coup !
La danseuse et le charmeur de serpent ont plus de fils.
Déballage d'un autre sac :
— Celles-là ont été faites par mon grand-père.
Praskah nous montre une photo...
— Les Kathputli nous protègent, elles écartent les dangers. On ne les vend pas, on se les transmet de génération en génération, on ajoute un vêtement sur un autre quand il est trop vieux. Les poupées trop abimées pour jouer, on les met dans une rivière sacrée comme pour les cendres des humains. On vend seulement celles avec lesquelles on ne joue pas.
Janine et moi achetons (cher, mais la visite le vaut !) chacune une poupée. La mienne est réversible, sous la jupe de la femme se cache un homme, ou le contraire !

Prakash Bhatt et ses kathpuli
Nous nous serions perdues sans Prakash pour nous ramèner sur la grand-rue ! 







Je suis retournée ensuite prendre d'autres photos, à l'extérieur de la colony : dans cette rue, pas loin du Memorial et du superbe bâtiment de l'assemblée législative, une odeur de crottes humaines envahit tout, surtout sous ce soleil de mai. Là j'ai aperçu 2 gamins, un de 7 ans versant de l'eau à la bouteille sur les fesses d'un plus petit faisant caca. Pauvres mais propres !

slum marionnettistes
slum marionnettistes
cricket
slum marionnettistes
Cet article est un simple constat. Je rappelle pour les nouveaux lecteurs que nous écrivons ce blog pour raconter nos aventures en Inde. Nous nous laissons toucher par ce que nous voyons : parfois ça nous énerve, parfois ça nous fait rire ou pleurer, parfois ça nous épate, souvent nous ne comprenons rien... nous apprenons tous les jours à remettre en cause nos idées sur la vie.
Il est toujours dommage de voir des métiers traditionnels disparaître. Tout ce qui fait l'Inde pour nous occidentaux : les peintures des havelis, la couleur de Pink-city, les portes sculptées, les châtri, les jalis, la karoli stone taillée... Tout est balayé par le bétonnage à outrance, le plastique et le "plywood"... Mais nous, en occident, avons aussi connu les années "formica" et le parping continue à suplanter les briques ou les pierres. Je n'en lancerai donc pas aux indiens !

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29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 20:16

 

lal koti drive-in litchiDébut mai débarquent sur les charrettes des revendeurs de Jaipur, les litchis tout frais !
Ils se vendent 80
रू le kg en début de saison, c'est un fruit cher pour les indiens mais ils font la queue pour les acheter.
Si tu es blanc, n'achète pas à Lal Koti, le plus grand marché aux fruits de Jaipur :  les prix sont doublés voir triplés !
Tu trouves une charrette de ces fruits sur toutes les grandes avenues, tous les 100 m !

mur de litchis
Ils sont soigneusement disposés, tous les marchands procèdent de la même façon : un mur de bottes de fruits qu'ils arrosent en permanence. Une fois cueillis, exposés à la chaleur et à la lumière, les litchis brunissent en quelques heures ce qui les rend moins attractifs même si le goût est toujours aussi délicieux !

entretien de la fraîcheurLes fruits que tu trouves en Europe sont souvent cueillis trop verts pour qu'ils voyagent mieux du coup ils conservent une forte acidité. On prolonge la durée de la conservation et de la coloration par une fumigation à l'anhydride sulfureux comme beaucoup de fruits transportés et un trempage dans un bain acide. Ce traitement est actuellement légal mais fait l'objet de sérieuses réserves pour la santé. Donc tant pis pour toi en France, il faut venir ici au mois de mai pour en manger des vrais, vendus avec les branches et les feuilles ! Seul attrait de mai à Jaipur car la chaleur juste avant la mousson atteint des degrés difficilement supportables auxquels s'ajoutent les jours de tempête de sable comme aujourd'hui ! La saison du litchi finit en juin...

lal koti marg,le litchi nouveau est arrivé !

 

litchis



 








Ils sont cultivés surtout dans le Bihar (74 % de la production indienne). Si tu n'es jamais venu en Inde je te situe un peu : Bodhgaya, où Buddha connut l'éveil, est dans le Bihar. C'est un état très pauvre et désertique. Le litchi constitue une source de revenus importante pour les fermes et leurs employés.
Cette année 2010 la production a été 2 fois moins bonne que les autres années car la t° a été trop élevée en période de récolte.
En 2009, l'Inde a produit 4,48 lakh (ce mot bizarre renvoie à un chiffre à 5 zéros : un lakh c'est 10 000 quelque chose pour nous) tonnes de litchis sur les 73 000 hectares de terre qui y sont consacrés.


litchis, vendeurs sur Gandhi circle
J'espère que ça t'a donné envie de venir... malgré la chaleur !
à l'année prochaine...

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Published by sylveno - dans au jour le jour
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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 19:32

Cet article est un "spécial Janine" !

Tu es en admiration devant ces gros anneaux d'argent que tu appelles "bracelets de chevilles". Nous allons t'en raconter l'histoire (peut-être vraie, peut-être fausse...).
Toutes les paysannes du Rajasthan les portent, à chaque cheville. Nous en avons soupesé un chez Ashok le bijoutier et au prix du gramme d'argent, ça vaut cher !
À nos premiers "pourquoi" (eh oui on en pose encore, on n'est pas guéri !) Ashok nous a expliqué qu'ici, dès que les gens ont un peu d'économies, ils les placent en or s'ils sont riches ou en argent s'ils le sont moins. Aux mariages , la famille offre des lingots d'or ou d'argent qui sont fondus pour faire des bijoux marquant les événements comme une naissance.
Hier on reparle de ces anneaux en allant voir l'évolution de la construction. Jagatpura fait maintenant partie de Jaipur mais peu de terrains des lotissements sont vendus et l'ambiance dominante est encore très rurale : fermes de buffles voir de chameaux, chèvres... Les gens (nos voisins !) ne parlent pas hindi (la langue officielle) mais marwari. Nos voisines donc portent aux chevilles ces magnifiques bijoux, pour garder les chèvres, ramasser des racines ou alimenter la bétonnière sur notre chantier !


anneau de cheville


— Elles n'ont pas peur de les abîmer, elles les portent tout le temps !
— On leur a mis quand elles étaient petites, en grandissant elles ne peuvent pas les enlever... à leur mort, la famille peut choisir de couper les anneaux ou ça fond dans le brasier et l'argent est récupéré. On leur met quand elles sont petites pour que ça touche des points d'acupuncture.
— Pour faire quoi ?
— C'est en rapport avec l'énergie sexuelle...
— Pour la faire monter ?
— Euh, non... descendre... Ici les hommes aiment pas trop que les femmes...

Vrai ou faux ? Nous continuons à enquêter car ici les légendes urbaines ou campagnardes (!) sont véhiculées même par les gens les plus honnêtes...
Tu veux connaître la toute dernière :
"Il vaut mieux acheter de la kota stone que du marbre pour le sol parce que le marbre dégage du carbone. Il suffit de regarder nos pieds quand on marche dessus : ils sont tout noir."

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Published by sylveno - dans voyage
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22 mai 2010 6 22 /05 /mai /2010 09:57

 

J'suis pas tropgrand !

 

Notre tout mignon chat qui tète sa peluche ours polaire et réclame des bisous, passe 2 fois par jour en mode sanguinaire : le matin juste avant qu'on se lève et le soir juste au moment où on se couche !

On a trouvé des trucs pour qu'il se défoule : la poursuite d'un bout à l'autre de l'appart', le lancer de baballe, la haute boîte en carton de laquelle il jaillit comme un diable,


 1 tel un diable   2 nisha jaillit  

 

3 de sa boîte 

 tout l'intéresse mais  ce n'est pas suffisant... Pour le préparer à la dure loi de la rue en Inde on lui apprend depuis tout petit à se battre. Pour l'instant il ne peut pas sortir mais à Jagatpura il aura affaire aux chiens et autres bestio' !

 

 

 

 

 

 


la griffe nisha la griffe !




 j'suis un félin sauvage

      position d'attaque n°1 

 


position d'attaque n°2





 

 

 

 

 

 

— Allez maintenant, on passe au gant. Allez, le gant Nisha.
 

On joue au gant ? Saute, protection maximum attrape !
— Maawww l'bouffer ce gant. Vais l'déchiqueter. D'ailleurs, je suis bien "Un félin, un prédateur au sommet de la chaine alimentaire. Un fauve sauvage aux muscles comme des ressorts d'acier, aux réflexes aussi rapides que l'éclair. Une tueur né assoiffé de sang semant le carnage et la destruction, qui...
— ... holà,
le gant nisha le gant !j'vais l'bouffer ce gant !  

 

 

 

ho, ho, tu t'emballes là, arrête ça passe à travers, arrête Nisha, c'est un jeu ! ARRÊTE ! STOP !

va pas faire long feu ce gant !







Mais c'est pas vrai, y'ma fait super mal ce con. C'est passé à travers

Regarde !

c'est passé à travers

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



C'est la 2° paire de gants cuir qu'il bousille, cette fois on l'a prise fourrée mais rien n'arrête ses dents ! Avoue qu'elles sont bien adaptées pour tuer !

c'est parce que je suis asiatique !


mais quoi ? je suis mignon !




le sexe enlève les tensions...

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Published by sylveno - dans nos animaux
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24 avril 2010 6 24 /04 /avril /2010 12:20

 

Ceci n'est pas un procès des moines buddhistes. Plutôt quelques réflexions sur comment réagir face à des agressions sexuelles dites mineures. La sexualité est tellement réprimée ici en Inde ! Ah, qu'elle est loin le culture de Khajuraho et du kama sutra !

khajurâho temples
Quand on est une femme, c'est marrant quelques jours d'être un "white tiger" en Inde. Vous vous sentez regardée en permanence par les hommes. Désir conscient ou inconscient de chaque femme de se sentir belle et désirable.
Mais ça tourne très très vite au cauchemar !
Beaucoup "bloquent" sur vous : ils s'arrêtent en face de vous sans bouger et souvent en commentant vos faits et gestes avec leurs copains.
Mais ils ne font pas que regarder : quand vous les croisez en marchant, ils s'arrangent pour vous toucher les seins ou les fesses "par inadvertance" ou délibérément aussi d'ailleurs.
Et ce sans distinction d'âge !
Un jour des policiers en vacances se sont imposés pour une photo, Enoch a dû intervenir pour que ça s'arrête, chaque gradé réclamait une individuelle !

zoé prise d'asaut
Quelques réflexions de Zoé rentrant d'un tour en ville :
— J'en ai marre là ! Le feu est vert et je peux pas avancer parce que le gars en moto devant est retourné et me regarde bouche bée ! Eh, réveille-toi là ! On roule !
Ben non il fait des réflexions à son copain derrière et je dois le contourner !khajuraho zoé en a marre

— Je ne sais plus quoi faire moi : je marche tête baissée, je 'ai pas d'habit décolleté, je porte des salwar kamiz assez longs pour me cacher les fesses mais y en a toujours un qui s'arrange quand même pour me bousculer et me toucher au passage !
Enoch nous propose :
— Puisque les insultes ne suffisent pas, vous devez passer à la vitesse supérieure, la prochaine fois qu'un homme vous tripote, vous l'attrapez et vous le montrez en criant à tue tête. Les agressions sexuelles sont passibles d'emprisonnement. Rappelez-vous ce qui est écrit dans les trains.

Je fais des courses dans Pink city peu de temps après et je sens une main me caresser la raie des fesses ! Plus vive que l'éclair je me retourne et j'aperçois un jeune gars à l'air totalement innocent, j'ai quand même 2 secondes d'hésitation "Lui ou pas lui ?" mais il n'y a personne d'autre. Il me dépasse et là je l'attrape par le bras et je hurle comme une hystérique ! Il se dégage. Tout l'environnement se fige.
— This guy touch me ! He harassed me ! Il m'a touché en passant, agression sexuelle, la prochaine fois c'est les flics...
Bref je parle très fort et baragouine des trucs autour de l'agression sexuelle. Le gars se sauve sans demander son reste !
Je continue mon chemin.
Pink city c'es
t grand et on pourrait croire qu'un événement vécu à Bapu bazar n'aura aucune répercussion de l'autre côté de la vielle ville à Ajmeri gate... erreur !
Je n'ai plus jamais été "ennuyée" nulle part depuis !
Bon , c'est peut-être aussi parce que mon attitude intérieure a changé et puis on commence aussi à être repéré comme résidents.
Deux mois plus tard, je suis à Tripolia bazar toujours dans Pink city et je veux acheter des noix de lavage quand un commission-man m'aborde, je lui fais signe de me laisser, il insiste et ça commence vraiment à m'agacer quand le marchand de ritha intervient :

— Entre dans mon magasin. Repose-toi. Il va partir !
Il fait signe à l'homme de dégager.
— Où est ton scooter ?
— Juste là !
Comment il sait que j'ai un scooter?
Tu veux un chai ?
J'étais repérée et protégée !
 

Pendant le séjour à Bodhgaya, Zoé se fait plusieurs fois "tamponnée" et touchée. Elle en a marre et elle n'arrive pas à identifier vraiment si c'est sexuel ou juste un hasard :
"
Quand même c'est des moines buddhistes ici, je dois me tromper !"
Difficile de sortir des représentations que nous avons des religieux !


bodhgayâ, moine
Et puis un jour, plus de doute, nous sommes tous là :
— Lui ! Il m'a caressé la fesse !
— J'étais juste derrière. Je l'ai vu faire et il s'est retourné en ricanant !
Avec la rapidité qui caractérise Enoch, il choppe le moine et le soulève de terre en criant (le pauvre, un petit asiatique léger comme une plume) :
— Des excuses ! Fais des excuses à ma fille !
— Quoi, quoi, j'ai rien fait, quoi ?
— Fais des excuses et je te lâche, sinon on va aux flics !
— J'ai rien fait...
Toujours portant le moine et criant, Enoch commence à marcher vers le carrefour où nous savons que se trouvent des policiers. Le moine perd une de ses sandales en plastique que je ramasse en les suivant. Il se débat. Un attroupement se forme très vite. Zoé commence à avoir peur de s'être trompée et qu'
Enoch ait des ennuis. On s'arrête et Enoch repose le moine par terre sans lui lâcher le bras. Un jeune moine parlant bien anglais nous demande ce qu'il se passe. Il traduit à la foule et se met aussi à exiger des excuses du "contrevenant". Il parlemente pendant un long temps. On entend le mot "karma" plusieurs fois ! (Bien pratique cette croyance)
Pour finir bien sûr, le moine s'excuse, Enoch le relâche immédiatement et on continue paisiblement notre chemin...

Nous avons tous envie de rire mais vues les circonstances, ça paraît inconvenant. On marche en silence quelques pas tout en nous regardant en coin.
Chacun voit bien le frémissement retenue sur les lèvres des autres ce qui bien sûr empire encore le phénomène et on finit tous écroulés de rire au milieu de la rue en repensant à ce moine courtaud gesticulant à 20 cm du sol !

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Published by sylveno - dans sexualité
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24 avril 2010 6 24 /04 /avril /2010 09:04

Comme nous vous l'expliquons dans le  premier article de ce blog, certaines pages nous sont inspirées par des actions menées en Inde avec des groupes.

Enoch et moi avons souvent réfléchi à cette question :
"Quelle est LA bonne action pour la planète ?"
 

et depuis toujours, nous plantons des arbres, nous semons des graines dans notre jardin mais aussi aux bords des routes, des chemins en passant à l'occasion d'une promenade.
C'est l'écosystème de l'arbre qui engendre le cycle de l'eau. Il faut aider à la mise en place de ce système qui ensuite s'entretient lui-même. L'Homme a enlevé les arbres laissant place au désert. Nous replantons et aidons pendant 2 à 3 ans les jeunes plantes à créer leurs systèmes racinaires, en les arrosant, les protégeant de tout prédateur. Ensuite la Vie reprend ses droits. Redonnant à l'environnement sa dimension saine et esthétique : l'eau revient, les feuilles qui tombent protègent de petits organismes, enrichissent le sol pour de nouvelles plantes, l'arbre agrémente le paysage de ses couleurs, fruits et fleurs...

Nous proposons cette année aux participants de "voyage-autrement" de laisser à leurs enfants un pays où l'eau ne manque pas, où les arbres donnent leur fraîcheur, leur beauté, leurs fruits, leurs cachettes...
Notre solution c'est de planter des arbres pour recréer le cycle de l'eau. Des arbres pour tous, pour que les enfants puissent vivre avec leurs parents... des arbres pour produire des fruits et des feuilles pour manger ou se soigner.... des arbres pour dormir à l'ombre et fournir du bois pour cuire les aliments... des arbres pour la beauté du paysage...
Le voyage continue donc par une action éclair de "Plantons des arbres".
Ce qu'il y a à faire et pourquoi le faire est bien pensé, discuté, calculé par l'équipe "Plantons des arbres", en France. C'est un véritable plan d'action inspiré des stratégies militaires mais employé dans un sens opposé : créer au lieu de détruire. Favoriser la vie au
lieu de la faire disparaître.
Nous trouvons dommage que l'écologie reste dans le ghetto des actions sociales parallèles et ne bénéficie pas souvent de toutes les possibilités du génie humain. La stratégie, la tactique, les actions-éclairs, le marketing opérationnel peuvent aussi être utilisés avec tout autant d'efficacité pour sauvegarder, préserver la vie, notre environnement, pas seulement pour conquérir, esclavager, s'approprier.
Enoch et moi sommes déjà venus à Bodhgayâ, nous avons constaté la désertification au Bihar (comme partout ailleurs sur la planète), nous avons vu les monastères bouddhistes, imaginé la possibilité de les solliciter pour l'entretien des plantations. Planter fait partie des recommandations du Bouddha lui-même.

Surprise. Dans ce village minuscule nous trouvons un imprimeur ! Il nous faut des carnets à souche pour inscrire les coordonnées des donateurs.
Une équipe aborde des touristes, leur explique le principe de "Plantons des arbres", leur délivre un reçu pour leur don.


aborder les touristes pour
Nous repérons aux alentours du temple les heures les plus favorables pour rencontrer des touristes.
Parallèlement il faut trouver de jeunes arbres, un endroit pour les planter, des bras pour creuser les trous, une équipe pour s'assurer de l'arrosage la 1e année ! Tout ça exécuté en 5 jours.
Mais non ça n'est pas une gageure. Nous l'avons fait !

Nous avons remarqué que plus on est limité dans le temps plus on prend conscience de l'urgence, plus on est efficace. Nous avons donc débarqué là avec des participants ayant pris conscience de l'urgence de la situation et ayant compris pourquoi planter des arbres vient en amont de toute action à entreprendre pour pouvoir continuer à vivre sur notre belle planète !
Nous choisissons des arbres adaptés au lieu, produisant des fleurs ou des fruits nécessaires à la population locale, voir fournissant du bois mais dans ce cas là, attention s'ils sont coupés, il faut replanter...
Toute cette préparation est effectuée avant de partir car une fois sur place il faut agir. Vite mais efficacement.

équipe
D'après notre expérience, un commando efficace est composé de 8 membres. Là, pour cette fois, nous ne sommes que 5 mais pour agir contre la désertification il y a urgence. Le lieu, l'heure du combat et le nombre de combattants n'est pas toujours de notre choix.
100 arbres achetés
Nous ne voulons pas être une association recevant de l'argent pour autre chose que planter. Résultat, quand les volontaires (nous recevons des centaines de coups de fil) apprennent que le billet d'avion et le séjour sont à leur charge, ça les décourage... dommage...

À Bodhgayâ, la semaine choisie comme la plus propice est celle d'un énorme rassemblement de moines. Les touristes croyants ou non affluent et quand ils ne sont pas dans les monastères pour suivre les enseignements ils vont à l'Arbre où Buddha s'éveilla pour visiter. Nous n'avons qu'à connaître les heures des enseignements et à nous poster à l'entrée du temple de l'Arbre en dehors de ces heures.
Facile !
Et ça marche !récolte de fonds Plantons des arbres
Nous récoltons assez de roupies en 3 jours pour planter plus de 100 arbres. Sur la dernière photo vous voyez le monastère qui a accepté les arbres sur son terrain. Ils seront arrosés régulièrement et comme ils sont sur une propriété privée ils ne seront pas saccagés ni volés.

 


Voilà l'histoire racontée par Jeannine qui a participé à cette action :

Bodhgayâ 2009, une aventure !

J'ai mis un peu de temps à prendre le rythme imposé par Enoch et Sylvie. Il fallait faire vite et mon quotidien n'est pas forcément dans l'urgence. Faire vite pourquoi : récolter en un temps record des roupies auprès des touristes et financer l'achat d'arbres.
Cette idée m'a plu tout de suite. Étant fille de paysans on m'a toujours appris à respecter les arbres sans pour autant m'expliquer pourquoi mais seulement :
— On ne coupe pas un arbre.
Là j'allais devoir peut être en planter.
Je crois que je me suis prise au jeu très vite. Avec un anglais très limité, pas forcément très à l'aise pour solliciter des gens, j'avoue avoir balayé toutes mes craintes en peu de temps.
50 roupies, puis 100, retour à 10.
L'enthousiasme aidant je me voyais acquérir non pas un arbre mais une forêt !
Le top du top : rencontrer un touriste français (montpellierain). Tout est nettement plus simple en français... Et puis on continue avec d'autres touristes...

action -éclair à Bodhgaya
Entre temps se pose la question comment planter ces arbres, où ?
Discussion avec un monastère tibétain, avec une entreprise s'occupant d'environnement sur place...
Je rencontre des jeunes se disant prêts à nous aider, mais le jour J ils ne sont pas là...
Faute de bras immédiatement disponibles, nous décidons de confier la somme d'argent au monastère.
Je suis un peu déçue pour moi la finalité de tout ceci était de les planter vraiment ces arbres. Bon, là on ne peut pas. On verra plus tard... Peut-être l'année prochaine.

Rentrée en France je me dis que c'est sans doute bien ainsi. Pas le temps de s'infiltrer, d'imposer quoi que ce soit.
Laisser les "locaux" libres de faire de cet argent ce qu'ils pensent être bon.
Il est vrai que dans le domaine de l'humanitaire je me dis souvent : on amène quelque chose et on reprend forcément autre chose. Là nous n'avons pas eu le temps de contrôler ni d'imposer et c'est bien comme ça.

monastère où nous plantons


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20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 19:07

Nous préparons le séjour Voyage-Autrement de 2009.
Une des participants nous raconte :
— Je suis allée au Soudan pour apporter des médicaments. L'association dans laquelle j'étais avait présenté la nécessité extrême des villages retirés. Et c'est vrai, j'ai vu la misère. Pourtant, si je ne regrette pas ce voyage, je garde un goût amer de cette action : tous ces malades...

Avant, ils disposaient d'une médecine locale adaptée et efficace, ils dépendent maintenant des drogues occidentales. Car là-bas, des médicaments aussi courants que l'aspirine ou les antibiotiques sont hors de portée de n'importe quelle bourse et une fois qu'on a commencé une thérapie avec des molécules synthétiques, il faut la continuer. Mais les approvisionnements sont soumis au régime des touristes qui veulent bien les acheter et les acheminer. S'il n'y pas de volontaires, les gens sont lâchés, abandonnés.
Un autre nous parle d'un voyage au Burkina-Faso :
— Nous y allions pour poser des pompes. Arrivé là bas, j'ai vu les anciens puits épuisés et j'ai compris que poser des pompes dans un désert ne fait qu'accentuer la désertification en allant pomper de plus en plus profond. En voyant arriver les camions citernes de carburants j'ai aussi compris que rendre les gens d'ici tributaires des approvisionnements en énergies non renouvelables n'est pas une solution.

J'avais ramené des bonbons et des ballons pour les enfants. Ça me rappelait mon enfance au Portugal quand mon oncle revenait de France, il nous faisait mettre en ligne et il distribuait des bonbons... Malheureusement, les enfants nous ont bousculés, ont fini par se battre pour avoir les friandises et se voler les ballons.
— Oui, c'est vrai on veut faire une "bonne action", on part d'une "bonne intention", mais on s'aperçoit vite de la justesse de l'expression "l'enfer est pavé de bonnes intentions".
— Tout ce qu'on fait est une réponse à quelque chose de personnel. J'en arrive à me demander si le mieux n'est pas de ne rien faire !

L'important n'est pas de philosopher sur ces questions tranquillement assis dans son salon. Ça, c'est facile mais plus difficile... et plus efficace : se poser ces questions puis de partir sur place. Ouverts et vigilants...bodhgayâ

Comme par hasard, dès notre arrivée à Bodhgayâ, nous sommes immédiatement confrontés à ce "que peut-on faire ?"
Un moine aborde Jeanine. Laissons la vous raconter :
À mon retour en France j'ai dit à ma fille :
— J'ai failli te ramener un petit frère !
Elle me regarde avec des yeux tout ronds quelques secondes puis :
— Maman assieds -toi, c'est la fatigue, reprends tes esprits !
— Non c'est bien vrai. Écoute, j'étais à Bodhgayâ au moment d'un grand pèlerinage religieux, je trainais aux abords du temple appareil-photo en main. J'observais les moines en train de prier.
Pour moi, "moine" signifie "adultes". Quelle ne fut pas ma surprise de voir des enfants et des adolescents. J'étais derrière une paroi en bois. À travers les espaces laissés par les planches mal ajustées, je photographiais les enfants.
Combien de temps peut-on rester là à prier ou à faire semblant ?
Plongée dans mon univers de réflexions, cachée derrière ces planches, je suscite bien sûr la curiosité.
Un moine tibétain m'aborde. Imagine ma surprise quand je crois comprendre qu'il veut me donner son enfant. Je me dis non, j'ai bien sûr mal compris. Mais non, il voulait vraiment que je reparte avec son gamin !


Bodhgayâ.février 2009
Bodhgayâ est une toute petite ville et je vois surgir régulièrement "mon moine et son fils". Chaque fois, il me montre son gamin et insiste pour me le laisser ! Curieusement, cet enfant avait l'air heureux, accompagnant son père, mangeant à sa faim. Que pouvais-je lui offrir de mieux ?
Très mal à l'aise avec tout cela, ne sachant que lui dire, ne parlant pas sa langue, le dialogue est difficile. Le père l'a très bien compris et me donne rendez-vous le lendemain à l'hôtel avec un traducteur. Il est toujours aussi déterminé. Pour lui l'occident est La solution. Nous discutons un peu puis je me dérobe.
Pour tous ces gens très pauvres, nous sommes "l'Amérique" mais quelle Amérique avons-nous à leur proposer ? Je reste persuadée que notre façon de donner leur laisse à penser que le matériel, si absent de leur quotidien, est quelque chose d'essentiel et de facile pour un occidental. Donc pour un indien ou un tibétain il veut l'obtenir coûte que coûte pour leurs enfants. Cet enfant-là qu'avais-je à lui proposer ? Des biens matériels... Quelle qualité de vie si différente de la sienne...
— Tu t'es sentie comment en refusant ?
— Je ne me sens pas coupable de l'avoir laissé, seulement peinée de ne pas avoir pu ou su m'expliquer avec le père... Désolée, tu n'auras pas de petit frère tibétain !

Pour le père l'image de l'occident riche est évidente. On sait que c'est un leurre, que son fils, adulte, n'aura pas d'argent, qu'il sera confronté à plus de difficultés pour sa survie là-bas en Europe qu'ici avec sa vie de moine.bodhgayâ.moines
Alors, baisser les bras, ne rien faire du tout ? Que donner à cet enfant et aux autres ? Comment agir sans attentes, sans encombrer l'action par des besoins perso ? Notre chimie et notre fric vont-ils résoudre le problème du sida et de la faim dans le monde ?
Si ça devait, ça aurait été fait depuis longtemps. C'est quoi une "bonne" action pour la planète ? Pourquoi je pense que moi, je peux oeuvrer pour cette planète ?

bodhgayâ.2009

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

...(la suite dans "Bodhgaya,plantons des arbres")...

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18 avril 2010 7 18 /04 /avril /2010 12:36

C'est difficile de construire, de commencer cette entreprise en pays étranger. Il n'y a pas vraiment de mafia, non mais c'est seulement que paraît-il tout est corrompu. Connaissant maintenant le sens inné des indiens pour la parano, nous attendons de voir. Il nous est par deux fois arrivé de proposer à un intermédiaire de donner de l'argent pour faire accélérer les choses. À chaque fois, il a dit que ça ne pouvait pas. Alors pour nous, la célébrissime corruption indienne, c'est encore un gros mensonge dans lequel se complait la population pour justifier l'inertie et l'inefficacité. C'est facile, il n'y a qu'à accuser la corruption : c'est pas la peine de faire quoi que ce soit puisque de toutes façons "des méchants" vont payer pour museler toute action légale ou judiciaire...
D'expérience, mais bon on est encore nouveaux dans le pays, nous croyons plutôt qu'il faut accuser deux choses :
- une administration bureaucratique paperassière poussiéreuse noyée dans son propre
gigantisme
- une population qui a du mal à assimiler le changement culturel de la technologie et de la productivité de masse voulu par les lois du marché international dans lequel le pays veut concourir alors que justement la culture indienne et surtout hindouiste ne dispose pas à se genre de choses. (ouf la phrase était longue, respire !)

Shantanu l'architecte nous disait hier :
4 avril Trop dur pour la pelleteuse !
— De toutes façons il y aura un peu d'argent à laisser en plus, que tout soit fait légalement ou non !
On a profité pour lui demander :
— Comment tu fais pour vivre en Inde toi qui est intelligent et direct ?
Ça l'a fait rire :
— C'est très difficile quand tu es confiant ici. Tu te fais toujours avoir ! Par exemple, je change de femme de ménage tous les mois !

On est donc rassurés, l'aventure avec notre maid n'est pas exceptionnelle même pour des indiens.

Nous n'avons pas encore élucidé
le mystère concernant le raccordement électrique. Selon les normes le réseau doit être enterré mais il y aurait des fabricants de poteaux qui paieraient "l'edf indien" pour qu'ils installent des poteaux. Il y a un mois, nous avons payé 6 000 रू  pour le raccordement, nous devions avoir l'électricité dans les jours suivants. D'après des renseignements pris directement à la "power house" nous devrions encore attendre un mois de plus. Enoch en a parlé à l'agent immobilier qui nous a vendu le terrain parce que c'est un riche qui se donne des airs importants. Aucun résultat. Le contractor qui peut argumenter pour son chantier, aucun résultat. Le puisatier qui est un personnage connu et respecté dans le village, aucun résultat. C'est là d'ailleurs que nous avons proposé de payer pour que ça se fasse mais comme déjà dit, aucun résultat. Tiens en écrivant, je pense à Kapil et Rajendra, nos agents immobiliers. On essaiera de leur en toucher un mot à l'occas'.

 

colonnes

Enfin, à ce jour, le creusement du sous-sol est fini. Ça devait durer 2 jours, ça en fait 15 parce qu'ils n'ont pas pu utiliser la pelleteuse jusqu'au bout à cause d'une mauvaise organisation du chantier pensons-nous. Là ils finissent à la main en dégageant la terre avec des plateaux portés sur la tête !
Putain, c'est sûr que dès que possible, je (Enoch) fais organiser le chantier pour utiliser des brouettes et je leur apprends l'usage de cette machine si exotique !
Avec la sécheresse, la terre est très dure, un vrai caillou. Comme il n'y a pas d'électricité, il n'y a pas de pompe pour le puits ! Il a fallu faire venir des tracteurs avec des citernes d'eau qui sont déversées dans le trou pour ramollir la terre qui peut ensuite être creusée le lendemain.
V'là l'gaspillage !avril trop dur !
On est allé leur acheter deux réservoirs en plastique de 500 l et devinez quoi ?
Notre cher contractor a ronchonné que c'était pas suffisant !
Non mais des fois hein, y'a des choses, faut les vivre...
 

Enoch et Zoé sont tous les jours sur le terrain. Moi (Sylvie) j'y vais une fois par semaine pour la visite de l'architecte.

La communication est lente et pénible. Pas parce qu'on ne connait pas la langue, Enoch et Zoé se débrouillent assez en hindi pour comprendre et se faire comprendre du contractor. Non, ce qui pose problème c'est plein de trucs qu'on ne comprend pas. Les explications que nous donne Ashok sont souvent totalement incompréhensibles, ce n'est pas une question de langue, il parle français !
Par exemple : pour continuer maintenant il faut des fers à béton, du ciment, des pierres, du sable, bref tout le matos pour couler une dalle ! Nous demandons au contractor de nous dire les quantités nécessaires de tous ces matériaux pour passer les commandes. Nous n'avons pas réussi à le savoir avant que le trou soit fini ! Nous avons fait intervenir l'architecte qui parle la langue, rien n'a fait !
Du coup il a fallu tout faire en vitesse hier pour que l'équipe de travail ne soit pas débauchée ! Maintenant, ils ont le fer à béton. Ils peuvent donc s'occuper à le découper et à l'assembler pour faire les colonnes.
Le contractor (va falloir qu'on finisse par se rappeler son nom) a râlé à Ashok qu'on devait pas faire livrer des trucs qu'il avait pas demandé mais alors "pourquoi" (aïe, j'ai dit le mot interdit) il nous a donné la liste de ce qu'il lui fallait ?
En tout cas, vu comment ça s'est passé pour le creusement, je (Enoch) suis décidé à ne plus laisser faire à la mode du pays. En plus des brouettes, que ça lui plaise ou pas, il aura les matériaux livrés avant d'en avoir besoin, pas au dernier moment.


La cabane pour entreposer le matos avait été construite n'importe comment :
elle dépassait sur l'endroit de la construction !
cabane à matos

Avant de finir de creuser les emplacements pour les colonnes il a fallu la démolir en partie et la prolonger côté rue car il faut que notre garde puisse y dormir.
Nous on trouve évident qu'il faille un garde pour que le matériel ne soit pas volé mais l'explication donnée par les indiens est ubuesque :
— Beaucoup de vos voisins sont des paysans devenus riches parce qu'ils ont vendu leurs terres
 comme terrains à construire,  

alors ils ne travaillent plus, ils boivent
et rôdent la nu
it avec des armes pour voler !

 

Notre garde c'est ce "jeune" tout frêle ! Il a juste demander une lampe pour la nuit. Jusqu'à présent personne ne lui a tiré dessus !notre garde
et il a l'air confiant !
 

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Published by sylveno - dans le chantier
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11 avril 2010 7 11 /04 /avril /2010 19:48

 

 Nous sommes rentrés du chantier à 2O h hier soir suants et poussiéreux. Une horreur pour les yeux malgré les lunettes. Il fait presque 40° en ce moment. Pour avoir un peu de fraicheur, il faut attendre bien après le coucher du soleil. Zoé et moi avons des gants qui couvrent jusqu'en haut du bras et elle a acheté LE foulard spécial qu'utilisent les rajasthanaises.zoé en femme du désert 

 

Elle a appris à le nouer correctement pour qu'aucun bout de peau du visage ne dépasse et ne soit cramé. Ça fait femme du désert !
Quoi, ça le fait non ?

Toute façon, c'est ce qu'elle est maintenant !

 




 

 

 

 

Pour sortir du speed de cette journée, nous avons passé un momen t avec les grands- singes-de-zoé : 2 km après le plot à droite sur la route en allant vers le nord, il y a une construction pas finie abandonnée (26° 50′ 45.52″ N / 75° 49′ 42.89″ E). Tous les soirs vers 18 h une bande d'entelles sort de la jungle, une zone protégée juste derrière, et s'installe dans la construction en y attendant de la nourriture. Ils sont assez habitués aux humains pour ne pas être agressifs. Les mâles dominants se déplacent en premier par ordre hiérarchique, ensuite les femelles avec bébé, les autres ne bougent même pas de leur mur. On achète des bananes ou des biscuits et on peut toucher leur petite main douce quand ils les prennent !Singes
Ils épluchent le fruit, mangent l'intérieur et après seulement, ils mangent la peau. Quelque fois c'est un inférieur qui prend la peau sans se faire attaquer.
Zoé les appelle "Mes singes" alors qu'avant elle avait peur de cette race. C'est vrai que de l'appart' quand on les voit sauter d'un toit à l'autre on aurait peur qu'ils rentrent et saccagent tout. Maintenant elle rêve qu'ils viennent lui faire un câlin pour la remercier !


Singes sur la route de JagatpuraUne fois aussi, en nous voyant approcher, une femelle avec un bébé minuscule pendu à son ventre a peut-être cru qu'on voulait le lui prendre. C'était trop mignon a voir, à chaque pas, elle mettait ses bras encore plus serrés autour de lui puis elle a commencé à le pousser dans son dos. Je pense qu'elle n'a pas vu tout de suite le biscuit dans ma main et s'est demandée pourquoi on s'approchait d'elle comme ça. Mais après elle ne s'est pas fait prier pour s'approcher et prendre la friandise.


Hier après sa banane, un grand mâle a recourbé un des tout jeunes arbres plantés le long de la route par le JDA et s'est mis à arracher chaque feuille bien systématiquement, bien soigneusement et à se les enfourner.
Enoch a essayé de sauver l'arbre.
Il s'est approché doucement mais ouvertement quand même pour ne pas surprendre la bestiole et a doucement tiré sur la plante pour lui retirer des mains.
Le singe n'a pas été d'accord et a fait un bond en avant, bouche grande ouverte sur ses dents bien affutées et bien plus grandes que les nôtres malgré ses peut-être seulement 20 kg. Vu comment on les a admirés bondir comme des diables à ressorts d'un toit à un autre, c'est clair que s'il avait voulu, il lui sautait facilement au visage. Mais Enoch s'y attendait et il a bondi en arrière. Bon, sans être spécialistes nous savons bien qu'un singe fait d'abord une menace avant d'attaquer et bien c'est réussi comme menace !
Pas de morsure mais une intimidation ferme pour signaler, que "Si j'veux j'le mange !"

Singes : aventurière mais pas trop !

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Published by sylveno - dans nos animaux
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7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 11:01

Ce soir, on fête l'anniv' d'Enoch. J'ai décoré le salon avec des étoiles en papier géantes et des guirlandes de lumière. J'ai acheté des feux d'artifices qu'on allumera sur le roof top. Avant d'aller dans la rue des artificiers de pink city, je croyais que les pétards étaient presque tous les mêmes. Décembre est la pleine saison des mariages. Du toit on peut voir des dizaines de "crackers" tous les soirs. Mais ce n'est que rarement très recherché.

feux d'artiifices


Surprise, il y a autant de choix qu'en France mais les prix aussi sont surprenants : c'est cher ! Voilà pourquoi chaque mariage ne se termine pas comme un 14 juillet.
Les vendeurs proposent différentes formules en fonction du budget. Encore une fois je n'en reviens pas de ce qui est dépensé pour un
mariage !

 

 

 

 

 J'ai pris aussi des cerfs-volants c'est le moment, les boutiques "fleurissent" en prévision de la fête du vent mi-janvier... Ces mêmes boutiques se transforment au fil des mois, en février par exemple, elles se rempliront de sacs de poudre colorée pour holi, la fête des couleurs. Les cerfs-volants de simples losanges de papier coloré à 5 रू l'un, qu'on arrime à une bobine de ficelle, plus ou moins solide, plus ou moins longue.


pink-city : cerfs-volantsRien de très sophistiqué, pas de dirigeables ou de grandes formes ou matières très diverses comme j'ai pu voir sur les plages du Nord de la France. Par contre les mini-lumières qu'on peut accrocher dessus ça c'est original, reste à trouver comment les accrocher sans déséquilibrer l'ensemble...

Le soir venu, nous attendons qu'Enoch revienne de la boxe. Nous avons du vin indien. On a invité aussi Antoine et son copain venus d'Allemagne qui passent quelques jours avec Zoé.

 

Après le repas, nous décidons qu'il est l'heure idéale pour les feux d'artifices. Nous montons sur le toit et j'(Enoch) installe les cartouches sur la plate-forme du réservoir. Dans le noir, c'est pas évident de trouver la mèche pour la déplier.

Je mets le briquet sous la première mèche qui commence à brûler et présente la flamme sous la deuxième mais j'ai un peu la frousse en entendant la "psshhhttt" à côté et ne laisse pas le briquet assez longtemps pour que la deuxième mèche s'allume avant de me reculer. Nous avons quand même deux cartouches en même temps qui se déclenchent. L'effet est pas mal réussi. C'est trop facile avec ces trucs "ready to used". Dès que les fusées s'arrêtent, je me précipite pour en allumer d'autres. Je rate encore mon coup pour en allumer deux d'un coup. Pour rigoler, on fait les commentaires idiots genre "Ho la belle verte".

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Published by sylveno - dans au jour le jour
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