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  • : La vie au jour le jour en Inde, les voyages de connaissance de soi que nous proposons dans ce pays si différent de la France, toutes les réflexions qui nous viennent dans nos différentes expériences en comparaison avec ce que nous vivons en France.
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3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 14:46

Je n'ai pas dormi la veille de la réunion ! Mais dès que Mannaram, le contractor, a vu l'homme de loi (le charter accountant) tout a été sur des roulettes !
Ça bâtit dans tous les coins, le plus difficile pour nous est d'être partout à la fois car il faut vraiment une surveillance incroyable, mais on est content, ça avance !


Le toit-terrasse a une pente correcte avec du ciment waterproof, travail fait à la machine avec une douzaine d'ouvriers, en une matinée.11. chantier machine11. chantier machine11. chantier machine
11. chantier machine


 

 

 

 





L'entrée pour la voiture est cimentée. Oui il y a un arbre à chameaux au milieu mais en attendant que d'autres plantes poussent c'est mieux que rien. 12. l'entrée pour la voiture
 Oui il y a une vache qui a marché sur le ciment frais, n'oublions pas (je ne sais pas comment on pourrait oublier...) qu'on est en Inde et que les vaches se baladent librement.










12. enduits de la maison de gardeLa maison de garde et les toilettes extérieures sont enduites.

L'escalier de la factory a des marches en budhpuria (pierre du coin très rustique).

12. pose des pierres de l'escalier

 

 

 

 




La salle de bains aura un chauffe-eau lundi.

12. tranchée pour les câbles d'arrivée électrique
L'électricité officielle est branchée
avec un câble enterré
et un truc très bien pensé par Enoch
pour que l'eau ne pénètre pas dans la gaine.





12. pose de l'électricité officielle
12. explications

Le puits est totalement opérationnel
grâce aux raccords envoyés par Rémi
et à l'ingéniosité d'Enoch
qui m'épate encore et toujours,
il a fait un système dont je vous épargne
le comment et le pourquoi, en utilisant une chambre à air !












12. Enoch inventeur
Zoé finit de nettoyer les traces de chaux sur les vitres avant de partir à Delhi où elle est invitée à rencontrer le Couple-Présidentiel-Français à l'ambassade !


12. les
Oui j'ai pèté un câble quand je me suis aperçue que le cuisiniste avait oublié de percer le marbre pour la conduite de gaz et qu'il m'a dit "tant pis, passe-la par un autre endroit !"






Oui j'ai failli hurler quand un maçon a rééclaboussé de ciment toute une vitre que je venais de finir (une heure par vitre !) et a refusé d'attendre que je scotche le plastique de protection me disant que ça s'enlevait très facilement avec du papier journal. Mais oubliant ou ne sachant pas que le ciment ça raye tout si on ne le fait pas à l'ongle !

Zoé me doit une manucure et une vie car j'ai pris sa place aux vitres toute une journée pour qu'elle puisse aller à un mariage ! Elle m'a promis de m'emmener au beauty-parlour et de me donner son 1° né !

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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 14:50

Notre "maison du bonheur" à Jagatpura devait être finie en septembre... Voilà où nous en sommes : enduits des murs, dalles extérieures, électricité et carrelage non finis...
Selon notre contrat, nous devions payer par tranches le chantier et garder 20% à ne donner qu'à la fin. C'est fait, mais Mannaram, le contractor, nous réclame sans arrêt ces 20% et essaie de nous arnaquer sur la taille du trou creusé pour le sous-sol (ça se paie au mètre cube). Pour éclaircir la situation, nous avons prévu une réunion avec "tout le monde" : notre partenaire, l'architecte, le comptable, le contractor et nous. Réunir 4 indiens au même endroit au même moment est un tour de force, ou un tour de passe-passe si on veut, il faut aller jusqu'à mentir sur l'horaire pour réussir à être tous là au même moment. Bon en tout cas, c'est fixé à mercredi. On verra... Il est courant de voir arriver quelqu'un 1 h après l'heure dite ou d'attendre, d'attendre... puis finir par téléphoner pour savoir quoi et apprendre que, ben non bien sûr le rendez-vous est changé, ben oui, un autre jour, comment... ? tu savais pas ?

Sur le chantier donc, tant qu'on n'a pas eu cette réunion, Mannaram ne nous met qu'un minimum de travailleurs 11. finitions 2 maçons seulementet il a pris un autre chantier à l'autre bout de la ville, il n'apparait chez nous que vers 16 h... Dans ces conditions déplorables, Enoch a essayé de trouver des ouvriers de façon dite sauvage ! Rien... Explication de notre cuisiniste : "De nos jours, il est très difficile de trouver des employés fiables parce que les gens travaillent quelques jours puis décident qu'ils ont assez d'argent pour rentrer dans leur village ne rien faire quelques semaines, ils reviennent quand l'argent est dépensé."









11. dalle livraisonLe second de Mannaram, maçon très compétent et futé, a décidé de nous aider et depuis 10 jours on paie 2 jeunes manoeuvres pour que ça avance...

Voilà en résumé l'ambiance !

11. finitions enduits
11. chaux vive






11. extinction de la chaux









Enoch et moi avons pris en charge l'électricité ce qui n'est pas une mince affaire... Mais impossible de faire autrement : les "électriciens" ne connaissent pas la différence entre les diamètres des câbles et le ruban scotch remplace le domino de connexion qui comme la prise de rallonge n'est pas connu ! Pour faire tourner sa disqueuse le carreleur enfonce 2 fils directs dans une des prises que j'ai dégotée mais qui ne "tient" pas et ne correspond à aucune norme. Il y en a deux qui ont cramé, plusieurs qui sont inutilisables parce qu'elles ne s'adaptent nulle part et les autres ont sans arrêt les fils qui foutent le camp. On a fait venir des connexions de France et on se demande si on va pas faire pareil pour les prises.

Enfin c'est quand même pratiquement fini pour le niveau industriel, il reste juste quelques fils à tirer dans la chambre des employés qui sera la nôtre au début. Pour l'étage, Zoé a dessiné tout ce qu'elle veut et c'est très long à mettre en place.

11 17électricité.012 copie
Il faut aussi s'interrompre tous les quarts d'heure pour veiller à ce que les manoeuvres ne soient pas payés à glander ou que les protections sur les choses n'aient pas été enlevées : toujours dixit notre cuisiniste, les indiens s'en foutent de l'environnement et des choses.11. finitions sdb Il nous présentait différentes "caisses" de cuisine intégrée et nous disait "en occident vous faites ces tiroirs avec de la sciure de bois collée qui est écofriendly nous on préfère le contre-plaqué parce qu'on s'en fout de l'environnement". Les ouvriers posent les éviers par exemple sur des cailloux, ils s'en fichent qu'ils soient rayés.

Dans la salle-de-bains, le carrelage posé, Enoch a tout nettoyé et j'ai posé des plastiques de protection au sol avant que les galets de marbre ne soient posés. Le lendemain le plastique était enlevé pour une raison inconnue et le chantier commencé direct sur le carrelage !
Vous pourriez penser que les propriétaires de maison ne font pas ça, mais si ! Pareil pour les voitures, c'est à celui qui aura la plus grosse mais rayée ou cabossée ils s'en foutent !

Nos menuisiers qui ont fabriqué notre magnifique porte, le jour de sa livraison, allaient la déposer sur des briques et pour la mettre verticale allaient utiliser un fer à béton.

11 la porte arriveHeureusement que je réagis vite ! Papier à bulles sur les briques et bâton de bois pour le redressage ! Très bons ouvriers mais ils s'en foutent !
Nous les avons surnommés "l'équipe des bras cassés", ils étaient 3 pour poser cette porte et n'ont pas cessé de débaucher nos ouvriers pour les aider. Ils n'avaient pas de vis, pas d'escabeau, pas d'équerres. Ils sont arrivés 2 jours après le rendez-vous pris et les 3 premiers jours de travail ils ont eu 4h de retard parce que leur roue de moto avait crevé, ils ont osé donner 3 jours la même excuse ! Vous qui n'êtes pas ici je me demande si vous allez nous croire ? Mais "croix de bois, croix de fer..."

11 la porte 4 jours après son arrivée !11. porte11. pose de la porte11. on y croyait plus                                                                  
Nous prenons le rikshaw tous les matins avec nos gamelles.

11. le matin arrivée en rikshaw


11. repas sur le chantier









On mange sous les "arbres à chameaux". Nous commençons à connaître les oiseaux du coin.red vented bulbul
Près de l'appart' il n'y a que ces abominables pigeons qui, nourris par les hindus, se reproduisent pire que des rats, squattant les balcons, les pots de plantes, la salle de bains si on ne mettait pas le holà (et oui les salles de bains n'ont pas de vitre !).

pigeons.035
Plus rarement on voit des paons,
on les entend surtout.mayur

Ici, toute la journée, les buffles du voisin font un petit bruit de gorge qu'on aime bien, très reposant.

buffles du voisin de Jagatpura









fourmi.



Une ou deux miettes aux écureuils

et aux fourmis...



écureuilécureuil














Nous reprenons avant la pause des ouvriers pour être tranquilles,

10. la sieste des ouvriers
hier le bruit de la ponceuse à carrelage c'était usant... Nous restons sur le chantier jusqu'à la nuit parfois ! Pour rentrer, comme la maison est en dehors des zones surpeuplées, Enoch marche 2 km pour retrouver un "nid de frelons", c'est comme ça que j'ai surnommé les points à rikshaws dont les conducteurs essaient tous de nous arnaquer sur les tarifs comme si on était des touristes ! Tous ont un "meter" (compteur-prix au km) mais ne le mettent pas... On ramène les ouvriers jusqu'à Jagat "centre"... à six dans le riksha, un soir, en passant une bosse il s'est cabré ! "indian hélicoptère !"

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6 novembre 2010 6 06 /11 /novembre /2010 13:29

En juin, nous avons dû acheter de l'eau du gouvernement et remplir les tanks enterrés sur le chantier car le puits ne fonctionnait pas (nous avons fini par comprendre pourquoi, j'expliquerai après...). eau début du chantierPour arroser le béton et autre, nous posons une pompe et un tuyau d'arrosage pour éviter aux ouvriers la fatigue de puiser au seau. Mais ils allument la pompe et partent en trainant le tuyau derrière eux laissant couler l'eau librement le temps d'arriver à l'endroit où ils en ont besoin. Résultat des dizaines de litres perdus ! Enoch leur montre le truc : faire un double pli dans le tuyau pour bloquer l'eau... mais ils ne le font pas ! Je vais donc à Tripolia bazar acheter une vanne. Deux jours plus tard, elle n'est toujours pas installée. Enoch insiste lourdement. Un jeune finit par se décider à l'installer, ce qui n'est pas bien difficile, mais il la laisse ouverte en permanence. L'archi arrive, on lui fait traduire "On est dans un désert là, un désert. L'eau est bien plus précieuse que l'or, etc." un petit discours de 5 minutes dont on est assez content... pendant 5 minutes : les ouvriers restent totalement fermés au problème. 2e argument "On paie et l'eau est chère" bon, c'est un peu mieux entendu mais... Bref, on laisse tomber. On essaye quand même, sans rien dire la solution de brancher un arroseur ramené de France. On dirait qu'ils le ferment maintenant après un temps d'habituation.

Toute cette intro pour vous faire comprendre qu'on va continuer toutes nos actions d'économie d'eau, mais qu'à l'échelle de l'Inde c'est "total pipeau" !
Pas un indien sur mille n'a conscience de l'importance de l'économie de l'eau ou du recyclage. Pour eux il y en aura toujours, la réponse qu'on nous a faite des dizaines de fois est "No problem, si le puits ne donne plus, government supply ! " La 2° étape ne leur vient pas à l'idée : mais il "supply"avec quoi ?
Personne ne m'a parlé des lacs-réservoirs d'eau, quand j'ai demandé d'où venait l'eau les réponses restent vagues : "il y a des camions-citernes à tel endroit."
Il parait que le gouvernement fait couper l'eau dans certains quartiers, comme il le fait pour l'électricité, quelques heures par jour. Mais autant ça me paraît simple pour l'électricité, autant c'est incompréhensible pour l'eau. En tant qu'occidental, vous devez vous dire que c'est pareil. Mais la distribution d'eau dans les maisons en Inde, n'a rien à voir avec votre "french" robinet.
Première solution ici :

arrivée du puisatier                   avoir de l'eau gratuite en faisant creuser un puits perso.creusement de notre puits

Tous les propriétaires font ça. Sauf que la nappe phréatique a descendu de 30 m en 20 ans, donc il faut mettre une grande longueur de tuyaux ce qui commence à être coûteux. C'est là que se glisse l'explication de notre puits qui ne donne pas d'eau : le puisatier n'a pas prévu un tuyau assez long, il a donc dû en acheter une rallonge mais ici il n'existe pas de joint vissé ou collé pour assembler 2 tuyaux. Pour joindre un tuyau classique en polyéthylène ils mettent un raccord de fer tenu par une vis, d'où inévitables fuites, pas de pression, pas d'eau qui sort !

l'eau est là


Nous avons découvert ça quand Enoch n'en pouvant plus d'explications merdiques à commencer à sortir le tuyau du puits... personne n'en revenait : un patron qui travaille ! Ils sont restés plusieurs minutes à le regarder bouche et yeux ronds avant de se jeter chacun sur un bout de corde pour aider. C'est comme ça qu'a été découvert le fameux "non-joint" ! Achat d'un tuyau de la bonne longueur, et le tour est joué : le puits donne bien maintenant ! On a ramené aussi de France en septembre, des raccords plymouth, normaux, vissés...



2° solution : acheter l'eau au gouvernement

livraison d'eau (avril 2010)
Des tracteurs-citernes (aucun indien n'a pu me dire d'où ils venaient) attendent la demande à des points stratégiques de la ville. Il y en a un pas loin de chez nous, on téléphone, ils livrent. J'irai enquêter sur les lacs collinaires et les barrages retenant l'eau des moussons dont j'ai vu l'existence dans un livre et prendre des photos quand il y aura moins d'urgence pour la construction.

Dans les 2 cas, l'eau est stockée soit dans une citerne enterrée munie d'une pompe qui l'amène dans les réservoirs posés sur le toit soit directement dans ceux-ci.
livraison d'eauToutes les maisons ont des toits terrasses. Très peu de tanks sont isolés ce qui donne 6 mois de l'année de l'eau bouillante dès 10 h du matin jusque 22 h.
Un mystère de plus : pourquoi dans ce pays si chaud l'isolation ne "prend"-elle pas ? ou plutôt ne "reprend"-elle pas parce qu'au temps des maharajas les maisons étaient ventilées et la moindre goutte d'eau récupérée. Pas seulement à l'échelle individuelle, les villes avaient des systèmes de conduite d'eau très bien pensés qui redistribuaient l'eau de pluie récupérée. Il y a quelques années des bénévoles ont nettoyé toutes les conduites de Jaipur. Qu'en est-il aujourd'hui ? impossible de trouver des renseignements.
Nos voisins de Jagatpura nous ont tous invités à visiter leur nouvelle maison. Toutes sont immenses, en briques, épaisseur feuille de papier cigarette, recouvertes de béton. Il y fait chaud, pour rafraîchir il n'y a que des fans au plafonds (la plus mauvaise solution : ramener vers le bas, la chaleur emmagasinée en haut). Sur le toit 2 tanks noirs (noir idéal pour l'accumulation de chaleur) comme ceux de notre appartement : pendant la moitié de l'année pour pouvoir nous doucher, en rentrant du terrain ou de courses en ville, nous remplissons la veille des seaux d'eau qui rafaîchissent dans la salle-de-bain. Sans ça on se brûle !

Pour la factory, les tanks seront sous un petit toit et entourés d'isolant. Nous avons acheté des réservoirs blancs triple épaisseur, plus chers mais isolés et "foodgrade"... L'eau stockée dans les réservoirs noirs en plein soleil n'est pas comestible, sa qualité est déplorable, on perd beaucoup de cheveux à chaque douche ! à la sortie des tanks on aura un osmoseur.
Shantanu notre architecte nous racontait en riant que son frère voulait se laver à la Bisleri tellement il est bien connu que l'eau est horrible pour la peau.
Pour boire et faire la cuisine, les gens achètent une eau épurée distribuée tous les jours ou au minimum 4 fois par semaine. On désinfecte le robinet à chaque livraison car les bonbonnes sont transportées dans des bennes ouvertes et je doute qu'elles soient lavées après utilisation. J'ai ramené de France des pastilles de Javel qui ne servent qu'à ça, on n'en trouve pas ici. La "pani bottle" est déposée devant la porte quand on en veut une autre. Le livreur note la consommation sur une carte et vous payez en fin de mois. C'est plus économique que d'acheter des bouteilles plastiques en magasin. De plus ça évite "du plastique" dans la poubelle. Nous avons dû malheureusement renoncer à ce service car nous ne consommons pas assez d'eau. Nous devons aller chercher notre bouteille de 20 l nous-mêmes. Heureusement qu'Enoch est là : impossible pour Zoé et moi de remonter ce poids !
Les pauvres de la rue, la communauté des marionnettistes par exemple, ne peuvent pas se payer ces "pani bottles", le gouvernement leur remplit gratuitement des tanks situés devant le mur du slum. Chacun vient y puiser. Des cabanes de paille sont aussi installées un peu partout sur les trottoirs.
pani-house mai 2010Cette tradition a engendré la fameuse phrase dont je parle plus haut : "government supply"... Une femme payée par le gouvernement, sert à boire de l'eau fraîche à qui s'approche de la petite ouverture.jarre de terre Cette eau décante dans de très belles jarres de terre.

 





Nos ouvriers aussi ont leur jarre pour avoir de l'eau fraîche et buvable.







Se greffent sur l'abandon des traditions d'économie d'eau de graves problèmes liés à l'industrialisation.
Dernièrement je lisais un article sur le manque d'eau au Nord du Rajasthan, les paysans de Kaladera dénonçaient les abus de l'usine Coca-cola qui puisent sans vergogne dans la nappe phréatique et qui, pour se dédouaner, a creusé quelques rigoles pour récupérer les pluies de la mousson...
La saison des pluies cette année a été exceptionnelle, il a plu tous les jours en juillet-août et encore en septembre et octobre. On n'avait pas vu ça depuis plus de 10 ans au Rajasthan. Les lacs sont pleins... pour plusieurs années ?
J'aimerais voir Udaipur et Pushkar car en février 2010, ça faisait peur :
pour les bains à Pushkar le lac sacré était vide ! un petit bassin a été aménagé...

lac de Pushkar fév 2010
Pushkar novembre 2009lac de pushkar fév 2010






pushkar novembre 2009
à Udaipur, les princes dirigeants ont toujours été précurseurs en gestion de l'eau : en plus du lac Pichola, ils ont creusé le lac artificiel de Jaisamand profond de 30 m et large de 50 km (2° lac d'Asie encore de nos jours) et ils ont été connectés à 8 autres lacs.
Pichola n'était pas vide mais bas.

lac Pichola à Udaipur fév 2010lac d'Udaipur fév 2010On apercevait d'autant plus la pollution : la Haute Cour du Rajasthan avait pourtant exigé de sévères mesures contre les hôtels de luxe installés à quelques mètres du rivage qui y déversent leurs eaux usées au mépris des règlements...


Quand arrêtera-t-on de pomper dans les nappes phréatiques pour arroser des pelouses dans le désert en plein midi ?
J'espère que le gouvernement prendra un jour une mesure ferme comme quand il a interdit l'usage des sacs en plastique dans toute l'Inde en septembre 2010... Je m'en réjouis tous les jours !
Peut-être le système des SIRÉNE fera-t-il tache dans notre quartier...
J'ai pris en photo les endroits clés de nos évacuations toilettes : nous avons fait 2 SIRÉNE comme à l'écohameau.
Nos voisins pensaient qu'on prévoyaitsiréne ouest
un abreuvoir pour les buffles !
Nouveau challenge pour Enoch : trouver les plantes adaptées à ce climat !

siréne ouest














Une femme a passé des heures à tailler
en petites boules, à la main avec un marteau les chutes de béton cellulaire... ça tiendra lieu de pouzzolane.

siréne
siréne

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25 octobre 2010 1 25 /10 /octobre /2010 14:50

                                     Dussehra, 20 jours avant Diwali.

 

Râvana est brûlé
Ces 2 fêtes hindues sont liées, elles rappellent la victoire de Râma sur Râvana.

Râma est un avatar du dieu Vishnu. Sa vie est racontée dans une épopée mythologique "le Râmayâna". Nous avons lu la version française vulgarisée écrite par Ashok Kumar Banker, elle est en livre de poche.
Petit résumé à notre sauce : Râma est le prince d'Ayodhyâ, c'est le fils du roi Dasharatha et de Kaushalyâ. La deuxième épouse de son père, Kaikeyî aidée de sa nourrice-sorcière, persuade le roi de donner le trône à son propre fils Bhârata et d'exiler Râma pendant quatorze ans. Durant cet exil, son épouse Sîtâ, est enlevée par le démon Râvana, roi de Ceylan. Un grand prêtre initie Râma. Avec son commandant en chef Hanuman ils conduisent une armée et construisent un pont entre l'Inde et le Shri Lanka pour délivrer Sîtâ. Tous les hindus vous diront de bien regarder les vues satellites entre Inde et Shri Lanka, vous y verrez le pont englouti...
Râvana par ses prières a acquis du dieu Shiva beaucoup de pouvoirs contre toutes sortes de démons, il a dix têtes et vingt bras. Mais il ne juge pas utile de réclamer de protection contre les humains qu'il méprise ! Le jeune Râma le tue à l'arc !

Râvan 2010
Cette histoire est très bien écrite, on s'est surtout passionné pour le 1° tome. En dehors de l'épopée guerrière il y a les intrigues de la seconde reine et un passage super romantique quand le roi se rend compte qu'il a été envoûté et "qu'en réalité vraie" c'est sa 1e femme qu'il a toujours aimée. Sans prévenir, il vient la rejoindre dans sa chambre après l'avoir délaissée 10 ans. Au moment où ils vont faire l'amour, des roses fraîches tombent sur eux du voile du baldaquin, preuve que depuis 10 ans elle n'a pas cessé de l'attendre tous les soirs ! Trop beau non !

Si vous suivez un tant soit peu l'actualité indienne, il y a eu un jugement récemment sur une affaire datant de nombreuses années : sur le lieu supposé de la naissance de Rāma un temple hindu avait été détruit pour construire une mosquée...

Râvan 2010

Le soir de Dussehra des centaines d'effigies de Râvan sont brûlés dans les rues.
Plusieurs jours avant, les gitans fabriquent ces représentations du démon aux dix têtes.

Râvan, fabrication des statuesRâvan 2010Cette année 2010 la mousson a été bizarre : d'habitude il pleut en juillet et août, l'eau ne tombe jamais en octobre ! or il y a 2 semaines une pluie de 2h a ravagé tous les mannequins de papier ! c'était désolant, des heures de travail anéanties et bien sûr aucune bâche prévue pour protéger les statues ! Pourtant tout a été prêt pour dimanche.
Les ravans de toutes les tailles sont vendus sur les trottoirs de (100 à 3000
रू) et transportées dans les voitures particulières ou sur des camions pour les plus hauts qui peuvent atteindre 30 m. Les habitants de chaque quartier brûlent à un carrefour l'effigie du démon remplie de pétards.

Râvan, vente aux particuliers

Râvan 2010Râvan 2010










Certaines familles achètent seulement la structure et la décorent elles-mêmes.

Râvan, fabrication des statues Râvan, fabrication des statues


















Au bout de notre rue il y a un petit slum, leur ravan était tout petit fait de carton et de branchages !


On n'a pas beaucoup de photos de Râvans brûlés car comme pour Holi, les liesses populaires démarrent dans la gaité puis très vite, alcool aidant, se prolongent dans le chaos. Quand on est blanc, il vaut mieux ne pas traîner dans les rues... Quand on est un chien ou un mendiant idem : le gouvernement a fait placarder partout des affiches interdisant de déposer des pétards sur les chiens ou sur les mendiants endormis !

"no comment" !

Râvana est brûlé
Dans 20 jours ce sera Diwali la fête des lumières qui commémore le retour de Râma à Ayodhyâ. Les habitants avaient éclairé les rues où passait le jeune roi avec des lampes. C'est pourquoi les hindus allument des lampes à huile devant et dans les maisons.
Les magasins rivalisent de décors lumineux, c'est aussi la période des soldes.
Les familles se rendent visite un peu comme nous avant au moment des étrennes, à la nouvelle année.
Le plus beau décor kitsch était le dessus d'un magasin de Pink city, en face du LMB (un resto végétarien très réputé où ils font des barfi délicieux). Blanc et rose, tout de polystyrène, Cendrillon et son carosse... La rue était bloquée car tous les indiens s'arrêtaient... à pied, en scoot ou en voiture, pour regarder sans bouger ce décor fixe... J'ai regretté de ne pas avoir d'appareil photo ! Peut-être le referont-ils cette année ! ? Si oui, promis, je le rajoute sur le blog !


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Published by sylveno - dans voyage
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23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 17:16

 

contre-paonJe m'appelle Peter, je suis le premier paon né à l'écohameau. été 2010 PeterLes patrons se sont "accrochés" pour introduire ma race ici : ils ont acheté un couple puis 2 femelles, le mâle est mort le cou brisé par un chien, avant d'avoir une descendance. l'année suivante, ils ont racheté 2 petits. Ignorant que les jeunes ne peuvent quitter leur mère avant un an... ils sont morts... L'année encore d'après, ils ont essayé et réussi à attraper un mâle adulte dans un château (avec l'accord du propriétaire). Lâché quelques jours plus tard il s'est sauvé... après des tentatives pour le rattraper, des femelles mangées par le renard et quelques dizaines d'autres aventures du même genre ils allaient se décourager quand au hasard d'un coup de téléphone une dame s'appitoie sur le sort de son dernier paon mâle. Sa ferme, dans la banlieue de Toulouse, se retrouve cernée par des lotissements et les nouveaux habitants ne veulent pas d'un paon dans leur jardin (un paon a besoin d'un territoire d'un hectare environ et il est très curieux des agissements des humains tout en restant à petite distance). Elle a donc dû enfermer son vieux paon dans un poulailler ! Elle le donne volontiers pour qu'il finisse sa vie en liberté... C'est comme ça que mon père est arrivé au hameau, il s'est vite adapté, trop content : une campagne illimitée autour de patrons toujours remuants et deux femelles toutes jeunes ! Je suis le seul survivant d'une couvée de 2. Mon père est mort heureux, libre, couché au soleil, l'été de ma naissance, à l'âge avancé de 14 ans.
été 2010 Peter paon






Pour favoriser l'implantation, après toutes ces années d'observation de quelques spécimens, les patrons ont pensé qu'une colonie était nécessaire pour s'autogérer. Ils ont donc décidé de la mettre en place : quand j'ai eu un an, ils m'ont acheté 3 copains de mon âge dans un élévage renommé, en baie de Somme.
paon blanc et paon noirLe couple de nigripennes est mort mais Blanc a survécu. Après de sévères batailles pour décider qui serait le chef, ses 2 mois de plus et son habitude des autres ont fait la différence, je lui ai laissé la place de mâle alpha. L'année suivante, adultes, nous nous sommes partagé le territoire. Je suis en hauteur sur la terrasse de la bergerie et Blanc a tout le reste en bas. Ce découpage strict et sévèrement puni s'il n'est pas respecté ne tient que pour la moitié de l'année, celle où on a la queue. Mais je vous explique ça mieux un peu plus tard, trop d'info tue l'info et quelques bonnes photos valent un long discours. Je vais donc faire les présentations en images :

                                                         Moi, aussi beau de dos que de face
Peter séducteur
                                                              Blanc qui se la pète !
                                   Ce n'est pas un albinos, mais une mutation de bleu.
Blanc, l'alpha mâle
Blanc-qui-se-la-pète
                                                 Ficelle ma mère, la femelle alpha

Ficelle, la paonne alpha

Nos autres femelles, avec 2 jeunes de 2008


paonnes dans la neige

les paonnes dans la neige


 

 






Il y en avait 3 mais une est morte mangée par le renard le lendemain de la naissance de ses petits. Les patrons ont réussi à les faire adopter par l'autre mère, heureusement qu'il n'y avait que 10 jours de différence. Il a quand même fallu user de diplomatie et insister en mettant tout le monde dans le poulailler 2 jours pour que l'adoption se fasse : contrairement à une poule, nos femelles savent compter et 4 bébés en plus, ça passe pas inaperçu ! Le plus difficile a été le 15e jour. C'est un moment marquant pour les petits : la mère ne les couve plus au sol la nuit mais se perche et les encourage à la suivre sinon... morts de froid ! enfin ça n'arrive jamais parce que si les petits ne sont vraiment pas prêts elle redescend, c'est ce qui est arrivé là, elle a "coupé la poire en 2", elle a couvé par terre 9 jours de plus et forcé les tout-petits à grimper à 10 jours !
paonneaux de 15 j perchés couvésEncore une fois les patrons ont dû intervenir en attrapant les bébés et en les déposant sur le perchoir, au bout de 3 chutes amorties par les ailes en parachute, tout le monde tenait en place !
paonneaux perchés couvés
La descendance : on ne saura si elle est de moi ou de Blanc que quand ils auront des petits, pour l'instant comme toutes les femelles adultes sont de type "bleu" les bébés sont bleus avec peut-être des gènes de blanc.

                                                             Demi-queue
Demi-queuel'an prochain il me ressemblera totalement, c'est le seul mâle survivant de 2008. Comme il sera en âge de se reproduire il faudra à nouveau redéfinir les territoires. On aime les endroits plats et dégagés de quelques mètres carrés. Pour parader c'est top.

Demi-queue
                         Les mâles de 2009, pas de queue longue mais déjà de belles couleurs !
                 non le blanc n'est pas un signe de gène blanc, on en a tous avant d'être adulte
.
couleurs mâle de un an






paon mâle de un an







 



été 2010 paons mâles un an                     
                  Les filles de 2009 :
   déjà à un an on ne les distingue pas des adultes, elles pourront avoir des petits dès l'an prochain
.
mai 2010, Rémi et

Les bébés de cette année, nés en juillet.
oeuf de paonnenid
paonneaux d'une semaine
Ceux de Ficelle sont nés très tard : fin septembre, elle avait pondu plusieurs fois mais à des endroits mal choisis, genre dans une pente et ses oeufs se sont cassés en roulant ! Heureusement que les patrons l'ont protégée de la pluie car elle n'était pas du tout abritée, près d'un bambou ! nidété 2010 paonneaux. de 3 jours













  mère et petits



10 paonneaux .021



 ancrage 2010
Elle a été fécondée juste avant qu'on ne perde notre queue : les quelques cent plumes très longues de notre queue tombent à la fin du mois d'août, marquant l'arrêt de la période des amours. Il nous reste une queue courte comme celle des femelles, durant cette période, aucune compétition, Peter fin août 2010
Je me balade partout avec Blanc et les autres, sans distinction de sexe, on joue à nos trucs préférés : se poursuivre en tournant autour des buissons jusqu'à plus de souffle ! Nos nouvelles plumes recommencent à pousser en hiver. Elles auront leur taille maxi quand on aura 6 ans.

Blanc fin août

  En mars-avril la roue est totale, les poussées d'hormones séparent les copains pour quelques mois !
2 mâles adultes seulement...
été 2010

été 2010 concours de roue !
été 2010 concours de roues

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20 juin 2010 7 20 /06 /juin /2010 15:22

Nous sommes rentrés à l'heure et sains et saufs !

Ce voyage n'a duré que 3 jours mais c'est bien assez, plus, moi Sylvie, j'aurais craqué ! Enoch lui, aime l'ambiance du Népal. C'est vrai qu'il y fait frais, les gens sont plus relax qu'en Inde, ne mettent pas de pression. Mais là c'était vraiment particulier.

arrivée à Kathmandu en avion
Vivek, rencontré lors du précédent passage au Népal, nous avait téléphoné :
— Il y a une grève générale à durée indéterminée qui a démarré le 1° mai !
Les maoïstes veulent la démission du gouvernement. Tout est fermé. Interdiction de circuler sauf pour les avions. Les touristes sont respectés mais beaucoup devant partir en trek sont bloqués à Kathmandu alors, pénurie de chambres d'hôtel et de nourriture !

Nous sommes partis quand même puisqu'il n'y avait pas d'autres dates possibles pour nous, Zoé s'envolant pour la France la semaine prochaine !
S'ajoutait donc cette grève à l'anxiété du passage de frontière au retour.

Explication : depuis janvier, sans prévenir, l'Inde a accentué son contrôle aux frontières. Les poseurs de bombes y sont pour quelque chose mais nous, pauvres de nous, en faisons les frais.
Nous sommes partis en Inde en septembre 2009, avec un visa de tourisme d'un an où est indiqué "sortie du territoire tous les 3 mois". Zoé au bout de 4 mois a réussi avec son visa buisness à obtenir une dérogation mais nous on doit quitter le sol indien après 90 jours. En novembre nous sommes donc allés au Népal (c'est le plus près) trois jours (eh oui plus longtemps impossible avec ce qu'on a à faire !). En février on a pris 5 jours de vacances mais la loi avait changé, sans que nous soyions au courant. L'émigration nous a tamponné sur le passeport :
"2 mois entre chaque visite" !
Le stress à la frontière au retour ! Heureusement un retard d'avion encore plus énorme que d'hab' nous a donné une excuse pour franchir rapidement le "barrage" afin d'avoir la correspondance pour Jaipur... et personne ne nous a fait de difficultés.kathmandu. aéroport

Pour cette 3e sortie du territoire, nous sommes allés plaider notre cause à Delhi : ambassade, FRRO, ministère. Mais chacun nous a renvoyés à un autre et pour finir, vers Jaipur, à l'aéroport où nous avons été renvoyés au FRRO local ! "Ils" ne peuvent que nous donner un permis de résident et nous disent qu'il se peut que nous soyons rejetés à Delhi au retour !
Donc pour ce retour, nous croisons les doigts puisqu'on est resté encore une fois que 3 jours.
Notre idée première était d'aller à l'ambassade de l'Inde au Népal plaider notre cause, puisque partout ailleurs on avait été rejetés (sniff !). On a dû renoncer puisqu'effectivement, tout était fermé pour cause de grève comme avait dit Vivek !
Mais reprenons du début :

Notre avion a une heure de retard...
Ne nous voyant pas Vivek et sa femme sont repartis de l'aéroport ! Ils reviennent après notre coup de fil, lui a une carte de presse (périmée mais ça ne se voit pas !) et peut donc circuler en moto. Elle, nous a préparé une surprise : un collier et de la poudre rouge pour nous marquer le front d'un tika à notre arrivée :
— Welcome in Nepal !
C'est vraiment mignon cet accueil dans les formes alors que tous les touristes qui ont osé se risquer ici attendent seuls et paumés un hypothétique bus. Pas de taxis non plus sauf pour quelques rares privilégiés des Nations Unies.
Une ambulance arrive. Avec Vivek, Enoch s'amuse à se trouver mal mais ça ne marche pas. Apparemment, l'ambulancier est venu chercher des amis. Quelques rishaws-vélos traînent aussi dans le coin. Ils demandent 2000
रू (une fortune!) pour nous emmener à Thamel ! Vivek nous conseille d'attendre le bus (100 रू) :
— C'est sûr il va arriver...
2 h d'attente. Enfin, 2 bus "Tourits Only" arrivent. Ils étaient coincés dans la manif' qu'on entendait de loin !
La folie pour monter ! Mais ouf, étant protégé par deux hommes, j'arrive à monter presque la première. Je réserve une place assise pour Enoch... Heureusement le temps est doux et nuageux, ça nous évite d'étouffer dans cette cohue puisque, of course, il n'y a pas de clim. On rejoint Thamel tout doucement entre des haies de manifestants qui nous font des signes, rien de violent. Comme les écoles sont fermées, des enfants par dizaines ont eux aussi investi les rues pour les transformer en terrain de jeux en ce jour sans circulation, le badminton fait rage ! Beaucoup de policiers avec armures, armes et boucliers, ça fait peur un peu... police partout dans KathmanduMais rien ne dégénère, c'est la fin de la journée...


Un hôtelier a trouvé la combine : il attend les bus pour rabattre des clients chez lui. D'habitude ça nous agace plutôt mais là, ça nous arrange bien, avec tous ces rideaux de fer (ça fait peur rien que le mot !) on n'aurait pas su où aller, surtout qu'on ne voulait plus de notre précédente guesthouse... On loge en plein centre, "Thamel marg" elle-même, mais on ne risque pas d'être dérangés par le bruit d'abord parce qu'il n'y a pas de ciculation et ensuite parce que c'est au fond d'une ruelle secondaire !
Comment on va manger ?... on crève de faim après cette journée chargée en avions et en attentes où on n'a rien enfilé à part de la boisson...
Adieu shopping dans Thamel !
Adieu délicieux plats thai !cuisine à Kathmandu
Adieu vrai café italien !
Tout est fermé.

Nous apprenons que certains magasins et quelques resto ouvrent tous les soirs de 18 à 20. Il est déjà 18 h. On se grouille de se laver et de se changer et on fonce dehors.
Nous trouvons "un chinois" à la salle un peu miteuse, aux serveurs gentils mais pas dégourdis. Par contre, la cuisine ! Excellemment préparée et très bien présentée. Vraiment très bon. Enoch note "trois étoiles" !

Le lendemain, je suis mieux organisée pour le shopping. Primordial pour moi, il y a tant de choses qu'on ne trouve pas en Inde.
J'ai réussi à acheter tout ce dont on avait besoin, jusqu'à ma roue de 6 kg de fromage de yack, je suis super contente !
À
20 h 10, je suis dans un magasin je finis de payer un achat, quand des maoïstes passent dans la rue en hurlant des slogans, le poing tendu en l'air. maoïstes se rendant à une manif'Les commerçants "en retard" se précipitent pour descendre leurs rideaux.
Éh oh ! Je passe pas la nuit ici moi !
J
e me faufile sous le rideau de fer avant sa fermeture mais tellement vite que je me trompe et j'emporte la paire de pantoufles en feutre de yack que j'avais mise sur le côté parce que trop grandes pour Zoé ! J'ai hyper peur dans le noir total de me faire agresser dans la rue en regagnant l'hôtel dont le rideau est également baissé et pèse "une tonne" à lever (Enoch m'attendait à la chambre mais il a entendu les cris et est déjà dans l'escalier pour venir à ma rencontre) !
Les commerçants craignent un max car il suffit de quelques coups de bâtons dans leurs marchandises et ils sont ruinés !
On retourne au "Chengdu" pour manger, il est ouvert jusqu'à 22 h. On rigole avec le fait qu'il a peut-être un passe-droit par rapport aux maoïstes... ou alors c'est, au contraire, des réfugiés qui tiennent tête exprès.

rares véhicules pour l'aéroportLe lendemain il faut prendre un bus pour l'aéroport et on est invité à prendre le chai chez Vivek.
Vu le nombre de touristes attendant le bus, on ne sent pas de revivre la cohue de l'aller.



On décide de prendre un ricksha-vélo, s'ils veulent bien car nos sacs vides à l'aller pèsent une tonne maintenant ! Tarif maxi bien sûr, ils se mettent à 2 pour nous amener. Il faut préciser que les rues de Kathmandu sont très pentues : dans les montées un des jeunes pousse le vélo (Enoch marche à côté malgré leurs protestations !). Dans les descentes, je tremble, et celui qui poussait retient le vélo (plus nous et les baggages !).vélo pour l'aéroport

On arrive chez Vivek et sa femme. Il n'y a plus de lait pour le chai, les produits frais n'arrivent plus. Ils sont désolés, on boit un thé pas terrible mais :
— On voulait vous dire qu'on vous ressent comme des parents. On a encore peur de venir en Inde mais on a décidé de le faire quand même. Si vous voulez encore de nous, on est d'accord pour travailler dans votre boulangerie.
— OK pour un essai de 3 mois, vous arrivez en septembre.
Nous leur montrons des photos de Zoé et de la factory en construction.
Nous sommes contents, pas venus pour rien ! Ils nous avaient plu quand on les avait rencontrés en février mais elle avait tellement peur des hommes indiens et de leur réputation de "violeurs-tueurs"...


Le retour maintenant...
Dans la file pour passer l'immigration indienne on croise les doigts mais on n'est pas trop inquiets parce que nous sommes sortis d'Inde au bout de 2 mois et non 90 jours donc on pense que ce subterfuge nous permettra de ne pas avoir d'ennuis...
Erreur !
Nouvel éclairage de la part du douanier : Ce n'est pas ces fameux 90 jours qui sont importants là mais les 3 entrées !?
— Co... co..., co... comment ça 3 entrées ? Jamais entendu parler.
— Avec ce visa vous ne pouvez entrer que 3 fois en Inde et vous c'est votre 4e entrée donc c'est non ! Vous avez quelque part où aller ?
— Ben non ! Mais nous sommes sortis tous les 90 jours.
— Oui, ça c'est bien, mais lisez là...
On n'arrive même pas à lire sous le bleu des tampons et jamais personne ne nous a parlé de 3 entrées.
J'ai envie de tuer ces connards de paperassiers. Mais le douanier a pas l'air vache alors je patiente encore un peu avant de commettre l'irréparable mais au fond de moi, je tremble et je pleure.
Le gars part de nouveau dans le bureau des sup'...

C'est toujours non...
On sort nos jokers. Taratata tata permis de résidence du FRRO de Jaipur et registrations forms. C'est pas beau ça hein ? C'est pas beau ? T'a p'us rien à dire Hein ? Hein ?
Ben si.
Il regarde les papiers attentivement et longuement et il se rend encore dans un autre bureau.
On croise les doigts. Je suis agrippée au comptoir qui m'arrive au niveau du menton et j'ai les mains moites ! On pense à Janine qui croise les doigts aussi pour nous !
Il revient après une éternité :
— C'est bon. Mais c'est bien parce que vous revenez du Népal (?) et vous ne pouvez plus rentrer en Inde sur ce même visa, Ok ?
— Ah oui, oui, bien sûr.
Une heure (réelle) encore pour remplir les formulaires. 5 indiens plus ou moins gradés qui se relayent pour comprendre et conseiller leur collègue, se mêler et nous faire des recommandations... On se fait tout petit !
Oui m'sieur, oui, m'sieur
Ouf le dernier tampon. Heureusement qu'on avait trois heures d'attente à l'aéroport pour l'avion suivant. On fonce pour la correspondance de Jaipur. La fouille des sacs bien sûr qui nous retarde encore, alors qu'on a déjà été fouillé 5 fois au sortir du Népal !
Puis, on entend les hauts-parleurs :
— Alan et Sylvie sont attendus à l'embarquement...
— Cours, dis-leur qu'on est là !
Enoch se met à courir, je le vois de loin s'arrêter en dérapant devant un panneau après seulement 50 mètres. Chance, la porte est donc tout près mais j'attrape quand même une suée. Il est 19 h 25 quand on est dans le bus qui nous mène à l'avion qui doit décoller... à 19 h 30 ! Mais on y arrive...
"Enjoy l'expérience Kingfisher red, king of the good time" !
Arrivés à Jaipur on se paye un taxi pour rentrer et s'affaler sur des banquettes moelleuses. Au diable l'avarice...
et, joie sans pareille, à l'appart', Zoé nous a préparé un gratin dauphinois. Elle est contente de tous les cadeaux qu'on a achetés et tant pis si les pantoufles-souris sont trop grandes, elles sont "trop canon" !
La grève au Népal a duré encore 8 jours, depuis aucune nouvelle... Le Népal n'intéresse pas vraiment les journaux sauf en cas de gros incidents.

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12 juin 2010 6 12 /06 /juin /2010 10:56

...(suite de L'entreprise se construit)...

Nous dessinons des plans pour la factory. Il est indispensable de vivre sur place dans une boulangerie car le travail démarre dans la nuit et la surveillance des machine est constante. La qualité de vie est super importante et quand un programme est lancé, il est plus agréable de pouvoir être chez soi plutôt que dans un bureau ! Nous intégrons donc l'appart' de Zoé à la construction. Kapil et Rajindar nous parlent beaucoup des boundaries :
— Un corner plot doit laisser 3 côtés libres au lieu de 2. Mais on peut tricher avec un basement qui ferait toute la superficie du terrain.
— Oui, on a l'intention de mettre la factory en sous-sol, pour profiter de la fraîcheur de la terre. Mais c'est quoi ces boundaries ?

l'étage sylveno— C'est obligatoire !
— Certes, mais c'est quoi ?
— Faut laisser 1 m 50 sur 2 côtés et plus sur la façade principale.
— OooooK, on r'commence les plaaaans...
Sous-sol immense dans lequel on intégre un logement pour les employés plus appart' à l'étage un peu moins grand...
Quelques jours plus tard :
— Si vous faites un premier étage vous pouvez augmenter la dalle pour couvrir tout le terrain.
— Fallait le dire plus tôt... On change tout, Zoé pourrait habiter à l'étage et le rez-de-chaussée plus petit servirait pour nous !
Reprise des plans avec modif' à cause des escaliers...
L'histoire je vous l'abrège car ça a changé à chaque fois qu'on a fini des plans.
Le stress allait nous envahir alors on a pensé JDA !
Arrêtons d'écouter des on-dit adressons-nous directement aux "supposés-savoir".
5 visites, à chaque fois des renseignements différents !
Quand, Ô miracle (l'expression revient souvent mais ça fonctionne par coups de chance ici), on arrive chez Lavender, celle-même qui a dessiné le plan du lotissement et décidé de tout !
Et là, on s'accroche : elle nous montre les règles écrites qu'elle a elle-même pondues !
Ben non, nous non plus, pris dans la supposition générale, on croyait pas à leur mythique existence.
Mais elles existent, on les a vues !
Elle a imposé à notre parcelle 40 % boundairies 60 % constructible : 4 m 50 en façade, 3 m sur les deux côtés et le mur de derrière mitoyen.
— Mais personne ne construit comme ça en Inde !
— Ho oui, personne ne respecte les règles...
— ...ppfh...
— ...c'est vrai mais c'est un risque, si vous faites autrement le gouvernement peut démolir quand il veut ou si ça passe vous risquez de ne jamais pouvoir revendre.
— Et pour les étages ?
— Ha ça, c'est au pourcentage de la surface habitable et ça ne doit pas être fermé. Si vous fermez vous devez payer la surface en sus sur le prix imposé par le JDA
pour le terrain.
balconiesHa ouais, tu parles de la magouille indienne : le JDA impose un prix très bas, ce montant est payé par chèque au vendeur. Ensuite il y a le coût effectif : prix JDA généralement x 3 à donner en liquide au moment de l'achat !
Ashok nous confirme que beaucoup de maisons sont démolies parfois au bout de quelques années et on a vu le cas de celle qu'on n'a pas pu acheter.
Depuis, on a observé, des maisons sont coupées tout simplement quand elles dépassent de ce qui était prévu. Dans Mainbazar à Delhi cet hiver, toutes les "nouvelles" façades ont été enlevées parce qu'au fil des ans les commerçants avaient "mangé" la rue, un jour cinquante centimètres, un jour trente. Et puis brusquement, le gouvernement dit : "Stop, il n'y a pas de bakshish qui compte on revient au plan".
Ce printemps aussi à Jagat', des boutiques qui bouffaient quasiment trois mètres de route de chaque coté ont été bazardées.
Et puis nous sommes "foreigners", il faut faire les choses dans les règles...

enoch chez nous !
Nous partons donc sur des bases plus petites certes mais sûres. Zoé habitera le rez-de-chaussée pour ne pas avoir trop de marches à franchir chaque jour.
L'étage sera pour nous ou Rémi ou Morgane quand ils viendront donner un coup de main sur place.



Sur un tiers on réserve de la place pour un futur "jakuzy" (on a décidé de faire fortune oui ou non ?!) et on a mis une cuisine en plein air pour plus de confort pour les employés ou pour des barbecues avec la voisine !notre voisine à Jagatpura

Il ne nous restait qu'à signer un contrat devant un avocat (celui d'Ashok) avec un "contractor" (chef de chantier) et un architecte. Là encore nous avons été vernis lorsque une connaissance nous indique Shantanu, engagé comme architecte-conseil puisque les plans "c'est nous qu'on les a faits".

45 cm au-dessus du niveau de la route


Les photos montrent ce que ça donne.
Nous préciserons pour le fun que Mannaram le contractor que tu vois à gauche avec Enoch, ne parle que hindi, qu'il nous téléphone tous les jours (alors que nous allons tous les jours sur le chantier), mais il est super timide, ce qui ne l'empêche pas d'être ferme avec les employés et puis il craint tellement qu'on soit déçu par lui ! Avec lui, Enoch commence à construire des phrases, de là à comprendre tout ce qui est dit par rapport au chantier, il reste encore quelques progrès à faire. Zoé lui a trouvé une prof' très compétente à Bani park, après un intensif de 5 jours, il y retourne "à la demande".
Quant à Shantanu c'est un bon architecte, il a plein d'idées, il est beaucoup plus malin que tous les indiens rencontrés jusqu'à présent.

notre architecte-conseilSes défauts : il est toujours en retard et certains jours il plane... mais on lui pardonne car c'est réellement un gentil. La semaine dernière il n'était pas venu sur le terrain car il était malade :
— Je suis rentré de Delhi en avion et j'ai vu le plot, j'avais d'abord repéré le Skit collège... J'étais content, c'était ma visite de la semaine, du haut du ciel !
Il était mort de rire. C'est pas mignon ça ? Nous on aime ! Il rêve d'une ville où les gens arrêteraient d'être stupides et se rendraient compte qu'il faut des architectes pour une vue d'ensemble des constructions, pour que la ville soit partout jolie, comme Pink city...
Ça m'amène à la réflexion du jour :
Les indiens n'attachent pas d'importance à leur maison extérieur ni intérieur, sauf s'ils ont l'intention de louer ou de vendre, et encore.
Personne jusqu'à présent, à part l'archi, ne comprend notre envie de mettre une chatri et des jâlis sur nos murs :
— Tant d'argent pour rien...
Pour rien ? Mon plaisir à habiter un endroit joli, à embellir le paysage, à essayer de me fondre dans la beauté du Rajasthan... le plaisir c'est pas rien...
Nous on ne comprend pas à quoi leur sert leur argent économisé et placé en or ou en argent.
Je ne parle pas des basses castes qui triment pour quelques roupies pour survivre : le marchand de panipuri qu'on vient de croiser. Sa charrette bousculée par une voiture, ses biscuits tombés par terre, personne qui s'arrête pour si peu et lui qui ramasse. Vite. Avant que le feu passe au rouge... (Y'a des fois, ça met les larmes aux yeux hein ?). Pour gagner 10
रू  par jour, sûr qu'il n'a pas les moyens de s'offrir de l'esthétique environnementale. Mais tous ces riches commerçants, ils font quoi de leur fric. Ils offrent des lingots aux jeunes mariés qui s'en feront faire des bijoux qu'ils ne porteront pas...
Vous savez quand les indiens riches donnent aux pauvres ? Quand l'astrologie leur dit de le faire, que ce sera bon pour eux de le faire...
OK la fin d'article est très catégorique, mais nous aimerions vraiment qu'un indien aisé financièrement réponde à nos questions, on les pose souvent mais...
En occident, la richesse semble employée pour le bien-être, personnel bien sûr mais, pour reprendre le sujet des habitations, même si les intentions sont égocentriques, le m'as-tu vu, l'étalage, la mienne est plus gr...jolie, ça rejaillit sur l'environnement dont on profite tous.
La qualité de vie, c'est un critère ultime non ?

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12 juin 2010 6 12 /06 /juin /2010 07:12


Népal portes

 

 Nous avons vu et photographié des dizaines de portes dans les différents "durbar squares". En voilà un petit échantillon !

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10 juin 2010 4 10 /06 /juin /2010 20:05

Quand on reste longtemps dans un pays étranger, même si on ne parle pas bien la ou les langues locales, il y a des mots de français qui ne viennent plus naturellement... Par exemple, on ne dit jamais la boulangerie, mais "la factory" ou "la bakery" pour désigner l'entreprise !
Nous mettons des photos de l'avancée de la construction sur "Facebook", mais il y a longtemps que nous n'avons pas consacré un article à ce pourquoi nous sommes ici !
Tout d'abord ce premier article pour résumer ce qui nous a pris si longtemps à mettre en place :
Zoé est là depuis juin, elle a déniché un appart', commencé la création paperassière de l'entreprise et visité des maisons. Nous arrivons en septembre pour continuer avec elle la recherche d'un local.
On se rend vite compte qu'on ne peut pas louer. La fabrication de pâte à croissant demande une température constante pour des caractèristiques organoleptiques et un aspect optimals (bien dit non ?). Les locaux qu'on nous propose en location sont, disons le tout net, des garages : une pièce fermée par un rideau de fer... Le seul moyen d'avoir ce qui convient est de le construire de toute pièce. Nous décidons donc d'acheter pour pouvoir transformer, isoler, agencer... et réussir notre but : de vrais croissants haut de gamme.
Dans toutes les maisons visitées, tout est à refaire ! En plus, elles sont coincées entre d'autres maisons. Il faut savoir que les indiens, et c'est absolument systématique, sont très grégaires. Ils prétendent qu'il est préférable de vivre serrés avec les voisins pour préserver les habitudes de vie et être en sécurité (ça fera l'ojet d'un autre article)... Comme ils sont très accoutumés à une densité de population assez élevée, du coup, le bruit ne les empêche pas de dormir. Les agents immobiliers qui cherchent pour nous mettent un loooooong temps avant de comprendre que nous, on préfère un coin tranquille. Ils ont du mal à saisir que leurs critères ne sont pas les nôtres. Et que nous restons insensibles à leurs arguments massues genre :
— C'est le long d'une très grosse route, d'un côté Delhi, de l'autre Agra !
— Tu seras en face de la "colony" des indiens résidant à l'étranger.

Car le gouvernement a prévu un lotissement pour ses ouailles quand elles rentrent en Inde, c'est affreux, cossu bien sûr, le long d'un axe immense, ils retrouvent vite leurs repères quand ils ont manqués de pollution sonore lors de leurs séjours en occident !

Deux mois plus tard nous avons le sentiment d'avoir visité tout Jaipur et rien trouvé quand, Ô miracle, une maison pourrait être envisagée... Passons les détails des transactions pour aller directement à l'essentiel : le saint des saints, le "débir", le temple sacré de la construction, le JDA. Lisez "Jaipur Development Authority". JDA, jaipur development authority

C'est là que se délivrent les permis de vendre, d'acheter, de construire, là où se décident les prix des terrains, la hauteur de la maison, la taille du jardin et de quel côté doit se construire le mur mitoyen.
Le JDA, c'est un dédale de bureaux poussiéreux avec les inévitables crachats de "pan" rougissant le bas des murs comme dans toutes authentiques administrations indiennes.
Les bureaux et les couloirs sont bourrés de ballots de dossier. Oui, c'est leur méthode de classement : les dossiers sont mis apparemment en vrac dans des ballots de toile rouge et apparemment restent là, apparemment oubliés de tous.
Mais surprise, quand on a besoin d'un papier, un chef dit trois mots à un "grut" qui apparemment est le premier quidam qui passe dans le couloir à ce moment là et il ne s'écoule pas plus de quelques minutes avant de voir un autre grut surgir de nulle part avec le document recherché.
C'est après que nous découvrons le pourquoi de la lenteur internationalement réputée de l'administration indienne car s'ils sont effectivement ultra-rapides pour retrouver un document administratif, ils ne savent que rarement comment interpréter le document en question. Ils doivent toujours se mettre à plusieurs et palabrer longtemps avec moult mouvements d'allers et venues avant d'arriver à une conclusion.
En l'occurence, nous arrivons avec notre papier officiel de la maison visitée plus tôt et il ne faut pas moins d'une heure et demie à un groupe fluctant de deux à cinq, pour finir par apprendre que la maison est en fait en vente bloquée : les propriétaires ont construit sur les "boundaries" et donc ne peuvent vendre sans démollir. Retenez bien ce mot "boundaries", il va nous hanter encore pendant plusieurs mois !
Autre maison, autre problème : le JDA envisage un plan d'occupation. Cette zone sera habitations OU fly-over. Tant que c'est pas sûr tout est gelé (expression non adéquate en Inde, disons stoppé !) :
— Pour combien de temps ?
— Un certain temps...
Ça nous rappelle Fernand Raynaud on pourrait rire, sauf qu'ici, le "certain temps" peut durer des années et pour les familles c'est dramatique : nous avons discuté avec la fille aînée de l'une d'elles. Depuis des années le père s'est blessé au travail, il ne peut plus rien faire, la famille n'a aucun garçon. Les 8 filles voudraient rentrer au village où c'est plus facile pour manger et faire de petits boulots mais sans l'argent de la vente de la maison...
— Et si on achetait un terrain nu, est-ce que ce serait plus facile ?
Tous les indiens que nous connaissons nous donnent des conseils, l'avocat nous amène un soir chez son beau-frère, au sud de la ville, dans une ferme de buffles. On a le coup de foudre pour la zone environnante !
Zoé "tourne" plusieurs jours en scooter, se renseigne sur chaque parcelle libre...
jagatpuraOn demande à Kapil et Rajindar, nos agents, de prospecter ce coin. Au fur et à mesure que nous assimilons quelques subtilités, nous devenons plus exigeants, plus précis, on veut : un "corner plot" pour ne pas être entouré de voisins de tous les côtés, pas loin et au mieux devant une "facility" ou un parc), le terrain doit faire au moins 200 m². Les visites reprennent et un jour "ça y est". Tous les trois on saute de joie : corner plot, face à un champ de amlas appartenant à une ferme de buffles, 2 "facilities" à l'est du lotissement.
C'est Shiv Nagar 3, plot fifty !

Zoé sur son plotL'endroit est tout récemment mis à la construction donc, pas d'eau, pas d'électricité, pas de routes...
Bon, devinez ce que nous faisons ?
Mais oui, le JDA.
Rendez-vous à 9 h :
— À l'ouverture...
Nous sommes assis à 9 h dans le hall, personne à l'accueil sauf un homme qui attend comme nous...
Jusqu'à 10 h nous voyons défiler les voitures particulières avec chauffeur qui amènent les chefs pile devant la porte. Ce sont ceux qui ont les bureaux au 3e étage. Le garde de l'entrée leur fait un salut militaire.
Les autres arrivent à pied. Les moyens, ceux du 2e étage sont salués aussi mais moins rigoureusement et prennent l'ascenseur.
Et nous, on attend...
Un garde passe pour distribuer un "prasad". Ces gâteaux servis pour les rituels, qui portent la bénédiction, qui sont infects et que t'es obligé de manger parce que c'est "holy" ! Il s'aperçoit que l'homme qui attend avec nous s'est endormi. Il sort son téléphone pour le photographier, ça réveille le gars et tout le monde rit : — Too much waiting in JDA ! Ha, ha, elle est bonne celle-là, ...foir... va, rendez-vous à 9 h qu'ils avaient dit. Enfin, à 10 h 30 on nous conduit au chef du 3e qu'on commence à connaître depuis le temps !

C'est OK ! le terrain est à la vente et sera viabilisé avant un mois, on est les premiers à acheter...amlaAu Sud, un immense champs de amlas. On ne manquera pas de vitamines C ! et un élevage de buffles, lait frais à volonté ! Pas de maisons directes donc sur ce côté de la maison, la vue sera magnifique.
inauguration
Janine a ramené le Sauternes
route de Shiv nagar 3










C'est là que commence l'histoire des boundaries... (à suivre)

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7 juin 2010 1 07 /06 /juin /2010 11:19

 Notre imaginaire associe "désert-chameau-dune de sable" comme en Arabie Saoudite.
Ici nous sommes aussi dans le désert. Très peu de dunes mais le sable est partout. Le dromadaire aussi.

arrivée
Il fait partie du paysage du Rajasthan. Tellement intégré qu'on ne s'étonne pas quand on les voit, tellement pittoresque qu'on passerait des heures à l'observer. Jagatpura, où se construit notre boulangerie, est l'endroit idéal pour croiser des camelus dromedarius, ces chameaux qui n'ont qu'une bosse. C'est la proche banlieue de Jaipur où se sont installés les détaillants de toutes ces magnifiques pierres de la région : marbre, kota, karoli... S'ajoutent aussi les revendeurs de fer, watertanks, ciment... bref de tout ce qu'il faut pour construire. Et tout cela doit être livré... en chameau !
En route pour le chantier, nous nous arrêtons, comme tous les jours, pour prendre un jus de cannes à sucre et un chameau est justement là à attendre son chargement.
— Regarde Enoch, il a un pompom rouge sur le nez celui-là !

fleur sur le nez 

— Ah ouais, ça souligne bien l'air hautain qu'elles ont ces bestioles.
— Faut dire qu'à cette hauteur, tu peux que regarder le monde de haut. Ça fait quoi ? Plus de deux mètres, deux mètres cinquante ?
— Bon, j'y vais, je dois y être pour réceptionner le ciment et le fer à béton.

À tout à l'heure Chaton.
Je continue à siroter tranquillement mon jus et je me surprends à penser tout haut :
— Dire que certains croyaient le suplanter par les tracteurs...
— "Ils" ont essayé ! Mais plus économique et mieux adapté que moi à ce désert y'a pas !
— Ben, tu parles toi ?
— En cachette oui, et aux gentils seulement. J'suis comme Gaspode le chien du Disque-monde ! Si trop de gens savaient qu'on parle on risquerait des bricoles... Ils se sont rendus compte que la mécanisation c'est pas ça dans un endroit aussi difficile. Par contre, tout en moi est fait pour y vivre !


narines de dromadaireSoleil qui tape, fourrage bas de gamme, sable qui vole, parfois pas d'eau pendant des jours... je supporte tout. Et quand "c'est Byzance" j'en profite en un temps record : pour l'eau par exemple je tiens facile pendant un mois et quand j'en trouve je m'en enfile 135 litres en 3 minutes ! Je suis le seul à savoir faire ça sans me faire éclater les globules rouges ! La nourriture, pareil, si y'en a pas pendant un mois, no problemo...
— Ah oui, je sais c'est ta bosse pleine de réserves de graisse !
— La graisse ? Si tu crois que les humains ou n'importe quel animal avec des kilo en trop survivent dans le désert ! Tu rêves ! Cette bosse est en effet une réserve de graisse mais je peux la transformer en eau, là aussi je suis unique dans le genre. De plus, stocker toute ma graisse en un seul endroit fait que je suis maigre ailleurs. Et là se produit un phénomène complexe métabolisme/température qui me propulse au rang de la plus économique des créatures ! Le tracteur peut aller se rhabiller !
— J'ai lu sur Wiki que tu pouvais vivre jusque 40 ans.

dents de dromadaire




— Oui bon , ça c'est assez théorique en fait parce qu'avec tout le sable abrasif sur ce que je mange, mes dents s'usent bien vite et après, sans dents... Mais, j'ai pas mal de potes qui ont quand même tenu jusqu'à 25 ans.










sternum de dromadaire
— Et c'est quoi ce truc bizarre sur ton sternum ? on dirait une 5e patte atrophiée ?
 — Quand je te dis que tout est prévu pour le désert : je suis rembourré aux endroits qui touchent le sol quand je m'allonge. Tu sais, ce truc que font tous les ruminants : je me mets en position baraquée (ça n'veut pas dire que je suis costaud même si je le suis !). Touche, c'est en même temps corné et moelleux. Avec ça, je peux me reposer aussi bien sur les pierres coupantes que le sable brûlant.

poignets de dromadaire

   


genoux de dromadaire
















— On aura besoin du lait pour faire la pâte des croissants, on pourrait prendre du lait de chamelle ?
— Ben oui, mes femelles font de 12 à 18 litres par jour et les patronnes sont autorisées à en prélever 8, je dis les patronnes et elles seulement parce que mes chamelles décident quand et à qui elles donnent leur lait, pas comme les vaches qui stockent tout dans leur pis... Au niveau richesse en fer, en vitames et j'en passe, c'est bien mieux que le lait de vache. Mais c'est pas comme en Afrique, le gouvernement indien n'a pas autorisé l'exploitation commerciale de ce lait. Tu comprends, le cartel des vaches sacrées... l'industrie laitière bovine et patin couffin... Mais les nomades font des démarches, alors peut-être qu'un jour... Perso je m'en fiche mais pour les patrons c'est dur... Il y a beaucoup de Raika qui se sont reconvertis dans les chèvres...

chamelon d'une semaine
— Beaucoup de quoi ?
— Les Raika, c'est le nom de famille des patrons. Ils se plaisent à dire que Shiva les a créés exprès pour s'occuper de nous ! Bah, si ça leur fait plaisir... On les aime bien, on est comme qui dirait commensaux... Ils s'amusent à nous tondre de façon originale, parfois nos corps deviennent de vraies oeuvres d'art !

fesse de chameau décorée



Mais on peut vivre sans eux, la preuve en Australie, quand "ils" n'ont plus voulu de nous, on a repris la vie sauvage sans souci, marronage qu'ils disent. En 12 ans on avait doublé la population, on est environ 500 000 actuellement.

voméro-nasal
— Je n'vous ai pas vus beaucoup montés par des hommes.
— Non, pas en Inde, j'ai quelques copains qui font des safaris dans des zones à touristes comme Jaisalmer ou Shekhawati, mais c'est des petites balades toujours les mêmes, pas super-super intéressant !
— Tout à l'heure, à C-scheme, au feu vert, un chamelier a lancé son dromadaire au trot, c'était beau à voir ! Le cou a d'abord fait un mouvement souple pour lancer la masse et d'un coup tout l'attelage est parti à fond !
— T'as remarqué que j'ai une façon particulière de poser les pattes. C'est comme l'ours, à ce qu'on m'a dit mais j'en ai jamais vu... Ça s'appelle l'amble...

le chameau marche à l'ambleJe peux aller vite sans fatigue : 65 km/h en pointes et 45 en fond, pas mal hein ? À comparer au cheval avec ces 25-30. D'ailleurs mon nom lui-même veut dire "coureur" en grec.

pieds de dromadaire
















— J'ai lu sur internet qu'en France d'où je viens, il y a eu cette année pour la première fois une course de dromadaires sur un hippodrome de la Vienne ! Je ne l'ai pas vu j'étais ici en avril. Par contre en novembre dernier je suis allée à la foire de Pushkar. Je n'avais jamais vu autant de dromadaires de ma vie !

à-perte-de-vue

pushkar novembre 2010
 
bijoux







harnachement pour camélidés






bâtons pour chameliers









Et des boutiques partout avec des articles pour vous décorer, c'était super beau... J'ai acheté des chaussu...
chaussures en cuir de chameaux
— Oui ben ça va ! Excuse mais je préfère pas en parler... Enfin bon, soyons réaliste, "certains humains"... aiment bien notre viande très maigre, pour les patrons c'est des protéines... Non, je préfère parler d'autre chose... Tiens, cette assoc' qui fabrique du papier avec notre crottin et ces tapis tissés avec nos poils, pas besoin d'être mort pour être rentable !

crottes de dromadaires












D'ailleurs assez discuté, voilà mon conducteur. T'as remarqué que les patrons se mettent à gauche pour conduire, comme dans ton pays !
chamelier


Allez, faut que j'aille livrer ce fer à
Shiv nagar 3 plot 50.
— Hé, c'est chez nous que tu vas ! C'est toi qu'Enoch attend, je te suis.

transport


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Published by sylveno - dans voyage
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