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C'est Nous

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  • : La vie au jour le jour en Inde, les voyages de connaissance de soi que nous proposons dans ce pays si différent de la France, toutes les réflexions qui nous viennent dans nos différentes expériences en comparaison avec ce que nous vivons en France.
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21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 17:41

  Quelques nouvelles du front... 11 07 22 vue générale 

Juin :
Nous nous sommes croisés dans le ciel au niveau de Moscou : Zoé rentre en France pour le visa et nous retournons à Jagat'...
La mousson est arrivée, Zoé a vécu une tempête de ouf la semaine avant de partir, les murs commencés à notre étage n'ont pas résisté mais le reste de la maison est costaud !
Nous avons ramené le matos pour faire un portail coulissant : 6 kg de galets ! Reste à trouver le ferronnier. La première piste est une arnaque mais, grâce à un ami de Zoé, j'arrive à récupérer mon avance, onze mille roupies données en billets de 1000 que le gars me rend en billets de 50 roupies ! J'avance dans la rue avec une liasse de billets que je n'arrive pas à caser dans mon sac !
- Pourquoi ?
- Parce qu'il a en 2 jours déjà dépensé les autres billets...
Ce n'est pas une explication mais je n'insiste pas, trop contente de mettre sortie de cette affaire !

Madan nous amène chez un de ses amis et apparemment puis effectivement le travail est bien. On commence par les piquets, c'est assez simple et quand on voit qu'il comprend ce qu'on demande sans nous arnaquer sur le prix, on lui parle de l'escalier.
Madan pose les piquets avec sa femme comme "mazdur". 11 06 16 clôtureHorreur, au bout de 15 jours on s'aperçoit qu'il y a un enduit sur le fer ! Nous qui attendions que ça rouille pour dégraisser... Travail sup' : poncer ce placage, préciser qu'il n'en faut pas pour l'escalier et mettre du stop rouille.
2e surprise, on ne trouve ici que du minium, vous savez cette peinture orange des années 60, produit hautement toxique et interdit en France maintenant. Je sais que tout est pollué en Inde mais on refuse de contribuer...

On continue l'électricité : les chutes de tension sont fréquentes ici et la clim s'en ressent. Il fait entre 35 et 40°, dans la chambre de Zoé l'appareil n'est pas assez puissant. Après un sitting de contestation chez Onida nous comprenons que ces clim (relativement bon marché) de fabrication indienne ne fonctionnent pas en mai et juin car il fait trop chaud !! ça a l'air d'un gag mais c'est vrai.
Nous passons d
es jours pour trouver quelque chose de correct. Comme en France quand on veut avoir un poêle qui chauffe sans trop consommer on choisit Jøtul , ici on choisit un inverter Panasonic cher mais efficace ! 11 06 11 warehouse 13Enoch décide de construire un artefact pour changer de phase en cas de chute de tension car souvent une des phases du tri continue à être bien alimentée. Trouvaille de génie qui ressemble à la technologie de Warehouse 13 série qu'on regarde en ce moment !11 06 13 entrée de la bakery













Encore une tempête, nous dormons dans la boulangerie tant que la clim du haut n'est pas installée et nous pouvons apprécier l'isolation : pas un bruit au coeur de ce sous-sol, on voit les éclairs sans les entendre !
Enoch dresse les chiens un peu chaque jour. Ils avaient déjà appris des trucs avec Zoé genre "assis", "jump", mais là il les entraine à comprendre la limite que les buffles ou vaches ne doivent pas dépasser. On a fait quelques plantations pour Zoé, il ne faut pas que les animaux mangent tout !
11 06 rajput 
Ils doivent aussi chasser les chiens errants et non devenir copain
s avec eux !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

11 07 22 plantations-sudZoé revient : on a juste fini l'artefact et le montage de la clim ! 11 06 24 arrivée Zoé.11 06 24 les chats n'en reviennent pasElle a obtenu un visa d'un an mais ne peut séjourner plus de 30j sur le territoire... c'est la cata... Munie de ses plus beaux croissants et de ses plus délicieuses pralines elle va au FRRO, rien ne fait, elle doit aller à Delhi au ministère plaider sa cause.
Elle file donc à Delhi avec une liste de supposées usines à convertisseur de rouille, des contacts pour des produits de boulangerie et son dossier visa...
Quand je dis "file" c'est une façon de parler car aller à Delhi est toute une expédition : prise d'un billet pour bus de nuit, taxi qui ne trouve pas la maison, bus attrapé de justesse au second arrêt à 2 min près, 6 h de voyage, hôtel...
Mais le séjour à la capitale vaut le coup, elle rencontre pleins gens très intéressants, trouve un convertiseur de rouille vendu par 20 kg (ce qui lui vaut une demi-heure de transaction avec le bus qui ne transporte pas de liquide !), un rouleau à croissants, une roue de fromage de yack et revient avec une lettre cachetée que seul le FRRO est autorisé à ouvrir...
Pause dans cette saga : 6 h de bus retour, dodo, dodo...

Elle n'a obtenu que 2 mois de délai pour cette fois ! Le FRRO a pitié d'elle : ils l'envoient à Secretariat au centre de Jaipur avec un mot d'introduction, attente, attente... lettre cachetée... de nouveau FRRO : 3 mois ! C'est pas mal... Croissants et pralines en échange de ce coup de pouce ! 11 06 chiens Madan passe le convertisseur de rouille et peint les piquets de clôture. Travail interrompu assez souvent par la pluie. Eh oui, la mousson est plus calme, il n'y a plus eu de tempête mais elle amène pas mal de pluie, c'est bon pour les nappes phréatiques et aussi pour la température extérieure qui devient beaucoup plus supportable. L'humidité est plus que latente, mais c'est mieux qu'à Kolkata !11 07 02 vive la mousson



Enoch se douche à l'eau non calcaire !







Les chiens qui se baignent tous les jours dans une mare infâme et reviennent boueux et puants, se planquent plutôt que de profiter de la fraîcheur...
"Après tout la maison de garde c'est fait pour les gardes pas pour les poubelles et les gardes c'est nous !"

11 07 Goulu
11 07 04 vue est moussonLes iguanes aiment nager ! j'en ai vu un se prélasser dans l'eau, sortir pour manger et y retourner... Je n'ai pas eu le temps pour une photo malheureusement. Par contre le lendemain Madan qui sait que j'aime les trucs insolites, m'a appelée pour une tentative d'accouplement de ces bestioles.11 06 iguanesTout à coup Tic, en mode écureuil naturellement, s'est précipité pour jouer lui aussi. Quand il a vu que c'était conflictuel il s'est barré aussi vite qu'il s'était approché. J'en ai quand même un bout sur ma photo ! 11 06 Tic s'en mêle !

La femelle n'était pas du tout chaude si on peut employer cette expression pour un reptile... Le combat a duré presque une demi-heure et le mâle est reparti la queue sous le bras !

L'eau amène un tas de bêtes inconnues :
des éphémères qui envahissent la maison, perdent leurs ailes et meurent
un impressionnant solifuge qui heureusement n'est pas dangereux pour les humains11 06 27 solifugedes sauterelles que personne ne dérangent dans leurs ébats 11 07 sauterelles

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

11 07 sauterelles-doigt

 

 

 













Juillet :
11 07 18 démarchage

Le jour, nous préparons des échantillons de croissants et de pains au chocolat.
Zoé prend des rendez-vous et démarche d'éventuels clients. 11 07 18 zoé-working-girl


Les travaux continuent sous l'oeil attentif de Lamère qui se sépare de ses "petits", estimant que manger est aussi important pour elle, et quiconque s'approch
e a droit 11 06 Lamèreà des grognements voir des coups de dents.
"Y'en a marre de se sacrifier pour la marmaille, ils sont plus grands que moi !"11 06 sheera11 07 22 clôture-ouest
La nuit, Enoch et moi, tels les lutins du sous-sol, dormons dans la boulangerie.
Zoé assumant seule les bagarres et les courses-poursuites de
11 07 ChannamasalaChannamasala et Nisha à l'étage ! Channa décroche le rideau toutes les nuits et finit par s'endormir dedans très tard le matin ! 

 

Quand on parle à Nisha ou qu'il demande des câlins, Channa hurle de jalousie...

Mais Nisha reste où il est, en toute sécurité "Laisser la bouffe et l'eau en premier au plus petit OK mais les bras de la patronne ça non !"11 07 jalousie

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Published by sylveno - dans au jour le jour
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18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 10:19

 

La religion des bishnois est une branche de l'hindouisme. Elle est surtout présente au Rajasthan, le guru fondateur étant né pas loin de Bikaner. Objet actuellement d'un certain engouement sur internet et à la télé, nous avons effectué une enquête sur cette minorité présentée comme "des pionniers multi centenaires de l'écologie, avant même que le mot existe", notamment pour leur amour des arbres et des animaux. Ils protègent surtout les gazelles et sont intervenus contre un acteur célèbre qui en avait tué une à la chasse.

.chinkârâ
Dans la religion hindoue, l'environnement ne "peut être ni méprisé ni ignoré" (wikipédia).
Mais où le voit-on en Inde ? Les rues, les rivières, les campagnes, le désert même, tout est jonché de plastiques et de déchets. Dans l'agriculture, l'alimentation et la médecine, des molécules interdites ou classées dangereuses en occident depuis longtemps sont ici distribués sans aucun contrôle. Les derniers exemples constatés : le minium, il n'y a rien d'autre pour protéger le fer, le DDT vendu dans les boutiques des bazars, les sulfites couramment en épicerie.

Nous sommes curieux de voir des indiens respectueux de l'environnement pour y croire !

Nous parlons autour de nous des bishnois, la prof d'hindi de Zoé et Enoch nous raconte qu'elle a déjà enquêté sur eux et elle en a fait tout un chapître de son livre. Rendez-vous est donc pris avec elle qui a des renseignements très intéressants et des contacts. Elle nous met en correspondance avec Monsieur Bishnoi à Bikaner.

Dans la communauté ce nom est majoritaire et accompagne souvent un autre nom. Ils ne peuvent se marier qu'entre eux selon un code très complexe parce que pour être bishnoi il faut être né bishnoi.
Ce point est surprenant puisque d'après les enseignements de leur guru, la communauté est ouverte à tous, toutes castes confondues. Beaucoup d'intouchables l'ont d'ailleurs rejointe au début pour échapper à leur condition misérable. Mais les années 1490 sont loin, Guru Jambheshwar est mort depuis longtemps, et notre guide nous explique que beaucoup de choses ont changé depuis...

Attention, je ne focalise pas sur cette communauté pour en faire une critique négative, on pourrait faire la même introspection dans le monde chrétien mais comme on vit dedans il est plus difficile d'avoir un regard neutre, non teinté d'émotionnel favorable ou non.

Donc premier point en désaccord avec le guru, plus personne ne peut rejoindre cette religion.

 

Nous avons demandé à passer un jour ou deux dans un village pour y vivre la vie de ces gens.borne du pays bishnoi

 

C'est d'accord nous partons donc
à la découverte de "l'authentique",
pas de villages comme autour de Jodhpur
où tout a été organisé pour les touristes.

 

 

Première déception : Le long de la route, des bornes en béton marquent le territoire "écologique" des bishnoi !





Autre surprise une heure plus tard : nous nous arrêtons devant un immense temple et quelques bishnois nous font signer un genre de livre d'or.

 Pourquoi ce temple ? Les enseignements de Jambheshwar ne disent pas qu'il n'y ait aucune construction en dur ?

 

temple bishnoiaccueil pour les melas

 

Oui mais c'est ici que s'organisent
les melas bishnois rassemblant
la communauté venant de toute l'Inde du Nord.
On allume de grands feux et M. Bishnoi un des hauts dignitaires que nous allons rencontrer a construit toute une infrastructure pour recevoir ces milliers de gens.
 

 

Nous sommes invités à manger. Enfin un "bon point", la nourriture est du jamais vue tellement c'est bon.
Une immense machine à fabriquer des chapatis trône dans le hangar également immense. Les boulangers que nous sommes ne peuvent qu'être ébahis devant le fini de cet engin :
on met la farine et l'eau à un bout, les chapatis sortent chaudes à l'autre bout, 7 000 à l'heure, incroyable !

 machine à chapati

 

Les 29 commandements sont peints sur un mur.29 principes

— Mais... mais... vous portez du bleu ! Il y a écrit là que... dis-je en montrant le pull bleu marine de notre guide et la blouse bleue sombre du voisin... C'est le 29e commandement, ne pas porter de couleur bleue...
Ha, ha, ha ! Ce n'est pas bleu, c'est noir !
Noir ?
Laisse tomber Zoé...

Les membres de la communauté qui vivaient au départ essentiellement dans les villages du désert du Thar habitent maintenant pour beaucoup en ville et sont devenus des commerçants prospères. Comme toutes les minorités ethniques et religieuses en Inde, ils ont été soutenus financièrement par le gouvernement. Beaucoup d'entre eux ont investi cet argent dans des entreprises de transports. Bonjour l'écologie !
En venant en Inde vous ne pouvez pas rater ces camions décorés d'un "horn please" et peint en plus en dessous le mot bishnoi.

 

On aimerait quand même aller dans un village...
Oui, oui, on y va, on y va...musée bishnoi
 

 

Nous voilà repartis.lieu de naissance du guru
2e arrêt le mini temple érigé à l'emplacement de l'endroit où est né le guru. Les rituels, les enseignements... Nous posons des questions sur la transmission de l'enseignement justement puisqu'il n'y a pas de prêtres, seuls les paroles du guru font loi, qui transmet ? la question à l'air de déranger un peu et en s'accompagnant d'un geste vague, le guide marmonne un "c'est les parents qui...

— Bon, et pour le village alors ?
3e arrêt qui s'avère être un musée et la construction d'un nouveau musée juste à côté, les reliques du guru : ses chaussures, son livre...

— Et ce village, c'est encore loin ?

 

Et si on s'arrêtait là ? ferme du désert
Un super village typique, on prend des photos, c'est magnifique de simplicité et de propreté. Notre guide ne descend pas : "C'est pas des bishnois"... Mais nous on a fini par douter de l'existence même de villages bishnois. C'est joli : on visite.

bishnois ou non

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 


habitat désert autour de Bikaner


ferme hutte à chevreaux

 

 lieu des enseignements
 

 

 

 

4e arrêt, encore un temple, énorme celui là. C'est l'endoit où le guru donnait ses enseignements.
Non, là cette fois, je refuse de participer, j'ai été claire :

— Et ce village pour vivre quelques temps avec des bishnois...
  Oui mais la vue est superbe !  

— Oui mais je ne suis pas venue pour la vue...

 

 

 

 

 

 

 

 

Miracle : des gazelles comme celles que les bishnois vénèrent... enfin d'après ce que j'ai lu. Et une grande antilope Nigault qui reste là à me regarder !

antilope NilgautIl est tard, le jour se couchant tôt, nous avons bien conscience que pour la vie avec des bishnois c'est raté...  

Nous arrivons dans une rue de quartier, pas un village paysan, un quartier de ville : nous sommes accueillis dans une famille à qui nous posons quelques questions sur leur vie et la transmission de l'enseignement et l'écologie, mais ils ne répondent carrémment à aucune question. Carrémment pas. Nous étions pourtant plusieurs dans le groupe à parler hindi. Ils prennent un air vague puis passent à autre chose !
  Vous pouvez les photographier, ils ont des habits traditionnels bishnois...
Le village bishnoi ?
Ah oui, on y va...
La femme de la maison monte en voiture avec nous et nous conduit chez une famille bishnoi paysanne. arrivée à la ferme-bishnoisC'est pareil que dans la ferme que nous avons photographiée un peu plus tôt, très propre, très simple. Le guide nous décrit chaque chose comme si on était des demeurés. :

"Là, c'est un enclos. Pour les chèvres. Là, c'est des chèvres. C'est les animaux que nous mettons dans l'enclos à chèvre..."

 


 arbre taillé comme partout ailleurs  

 

 

Je pose des questions au guide au sujet du khejri (Prosopis cineraria) qui d'après certaines sources serait une nouriture de base des peuples du désert en général et des bishnois en particulier qui le considère comme sacré. Il ne connais pas. Je lui demande si il y a une ressemblance avec le moringa, il ne connait pas non plus le moringa. 

 

 

Et les arbres, vous les taillez comme les autres paysans ?
   
Que faites-vous avec l'arbre sacré ?
— L
'arbre sacré, c'est celui qui est planté à côté du temple...

 

"Et pour les faons, il y a des femmes qui les allaitent ?"... C'est la video qui passe sur internet et cette histoire est à la base de l'admiration pour les bishnois protecteurs de la nature...
Non, je n'ai pas osé poser cette question... C'était trop ridicule... il y a des vaches et des chèvres dans chaque ferme, le lait de ces animaux nourrirait sans problème les faons orphelins, pourquoi les femmes devraient-elles les allaiter ?
ferme bishnoi
Je me sens stupide de parler de ça à cet homme qui, certes, nous a consacré sa journée, mais dont le seul but était de nous montrer la richesse des bishnois et la particularité de sa communauté. Mais comme n'importe quel indien, sans tenir compte de notre demande, ayant son idée et s'y tenant, se mettant lui en avant.

 

 

 

 

  Allez j'arrête là et nous arrêtons aussi notre enquête quand, de retour à Bikaner nous sommes encore sidérés de voir la femme de notre guide nous accueillir dans un sari bleu- roi qui comme chacun le sait n'est pas du bleu ! lol

   

Que conclure de tout cela...
C'est comme si dans le Tarn je voulais voir un village protestant, il y a beaucoup de protestants dans la région mais chaque famille vit sa vie séparément des autres familles, ils se voient au temple de temps en temps. C'est comme chez les riches catholiques des années 1900 qui donnaient linge ou nourriture par charité aux familles pauvres. On est bien loin des enseignements d'origine de Jésus...

J'ai cru à ces villages de protecteurs de l'environnement, à cet enseignement ouvert à tous...
comme j'aimerai croire à cette video sur les geôles indiennes où, à la sortie, les prisonniers peuvent se réinsérer dans la société, s'étant libérés de leur colère par la méditation Vipassana...

comme j'aimerai croire à un paradis terrestre où chacun vivrait libre de toute croyance !!

Le séjour nous a rappelé de vérifier par nous-mêmes les dires des uns, les reportages vus à la télé (ou sur le web), les connaissances qui circulent tellement qu'elle sont prise pour des vérités. Vérifier avant de s'y référer ou de les diffuser. Ceci dit, comme toujours, je reste ouverte à vos commentaires si vous avez rencontré une bishnoi allaitant un faon ou se sacrifiant pour un arbre, j'y vais...

 

Pour terminer : Quand il pleut un mois à Jaipur, il pleut 2 jours à Bikaner ! Le problème de l'eau est donc pire qu'ailleurs au Rajasthan, et les villageois ne sont pas plus éduqués à la préserver. Personne n'arrête les pompes qui puisent la nappe phréatique, laissant déborder les tanks dans le sable et comme partout l'eau coule à flots pour entretenir des pelouses...eau-gaspillée

Toutefois, n'hésitez pas à visiter cette région de désert autour de Bikaner, les fermes y sont encore typiques, le paysage est très beau. toithabitat bishnoi
Dans la rubrique "survivre en Inde" :

Au bord de la grand route logent des familles de gitans très agressives. Ça fait très raciste je sais, mais à chaque fois qu'on s'arrête sur le bord d'une route ça arrive, là je n'y ai plus pensé et en quelques minutes les enfants m'ont pincé et ont cassé un feu de la voiture ! À Jagat aussi on a dû être strict pour qu'ils ne viennent plus...gitans
Par contre plus à l'écart on peut s'arrêter et rencontrer des familles sympathiques et accueillantes, bishnoi ou non...paysans du désert

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Published by sylveno - dans spiritualité
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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 14:05

part 1 : Kumbhamela tantra (on dirait le nom d'une glace !)

fète-à-shivaComme la plupart des occidentaux avant d'y aller, nous rêvions l'Inde :
la spiritualité, le yoga, la méditation...


Le 1° jour en débarquant à Mumbai nous étions contents de nous en voyant l'affiche dans la gare. inde philosophie"Ouais, on est bien au bon endroit !" Nous voulions explorer plus en profondeur la philosophie orientale avec le tantra, bien sûr en premier plan mais aussi le kalarippayath, l'ayurveda, être plutôt que paraître... et le zen aussi en mélangeant un peu tout ! All is peaceful sur la terre mère. Pour un peu on aurait inclus le cannabis comme "au bon vieux temps des 60's" mais on n'est pas consommateurs (bien que nous avons été ébahis en le voyant pousser tout seul par endroits en rangs serrés dans les champs et au bord des routes). Quand même, la soie et les couchers de soleil sur le Gange en font partie non ? Bon vous voyez le genre, j'arrête là...

Nous sommes donc partis, sacs à dos, pour assister à une kumbha mela.
Kumb à quoi ?
Selon la mythologie locale, il y a très longtemps deux groupes de créatures mythiques, les deva et les asura, fabriquèrent ensemble l'amrita, nectar de l'immortalité en barattant la Mer de lait. Quand ce fut fait, les asura s'emparèrent de la cruche contenant le nectar et s'enfuirent avec, pour leur usage personnel.
Pendant l'équivalent de 12 de leurs années (des centaines d'années humaines), les deva combattirent essayant de récupérer la cruche parce que "Pourquoi on serait pas immortel nous aussi, hein ?".
Au cours de la bataille 4 gouttes de nectar de l'immortalité tombèrent sur terre et précisemment en 4 endroits devenus par la suite villes sacrées pour les hindous : Allahabad, Haridwar, Ujjain, Nasik.
Depuis, tous les 3 ans, a lieu la fête (mela) de la cruche (kumbha) à tour de rôle dans l'une de ces villes.

En 2013 ce sera la grande kumbhamela d'Allahabad (dans l'Uttar Pradesh pas loin de Varanassi).
C'est le moment pour voir des millions de sadhus et de fidèles se disputer une place vers le fleuve, pour voir comment les croyances donnent du pouvoir à quelques uns pour le confisquer à tous les autres, pour voir comment les croyances peuvent mener à l'esclavage... Le moment idéal pour expérimenter comment VOS croyances vous manipulent...

Mais revenons à 2004 : Nous préparons le voyage en contactant une parisienne qui connait un guru ayant de quoi nous loger à Ujjain. Bien heureusement car à l'époque pour ceux qui ne voulaient pas d'une agence de tourisme ou d'un voyage organisé, il n'y avait pas de booking internet... Avec le recul, je n'ose imaginer ce qui serait advenu de nous si nous nous étions pointés sans chambre retenue quelque part... malgré les émissions vues à la télé personne ne peut se représenter vraiment une ville indienne envahie par des millions de pélerins.
À peine débarqués, nous nous séparons de notre parisienne tellement speed et parano qu'elle commence à nous faire flipper et nous partons à la découverte. Mumbai est une grande cité décevante mais c'est notre première ville indienne alors on veut tout voir.plage de Mumbai Nous voulons y rencontrer la communauté Parsi pour comprendre leur très particulier rapport à la mort. C'est la religion pratiquée par le célèbre monsieur Tata, un des maîtres du marché métallurgique indien maintenant bien connu en occident pour être depuis peu propriétaire de daewoo, jaguar, land rover, partenaire de fiat et ferrari et produisant la voiture la moins chère du monde la Nano.
Mais nous, ce qui nous intéresse, c'est ce qu'ils font de leurs morts. Pour eux, la terre, l'eau et l'air ne doivent pas être souillé par des cadavres alors, ils construisent de très hautes tours en haut desquelles ils établissent un charnier liquidé par les oiseaux. De nos jours avec la surpopulation (manque de place) et la pollution (charognards disparus), cela pose un gros problème culturel pour eux et environnemental pour les autres.
Cette enquête une fois bouclée, nous arrivons en gare d'Ujjain une semaine plus tard. C'est une ville "de campagne", rien à voir avec Bombay. Des centaines de policiers avec armes et bâtons ferrés zonent dans la gare et ça grouille de gens. gare peu encombrée

 

 

Beaucoup plus que sur la photo, là c'est une petite gare non encombrée ! Pour atteindre la sortie, on doit enjamber des familles entières, des gens assis, accroupis ou allongés qui souvent ont un petit réchaud pour du chai ou des chapatis. Ambiance du caravansérail millénaire et jamais démodé..


Ce qui nous surprend le plus, c'est les hommes qui se tiennent par la main. Certes, coutume orientale typique mais ça fait quand même bizarre de voir deux flics, fusil d'assaut en bandoulière se tenant ainsi amicalement.
Ça fait vraiment trop... mais on ne s'est pas risqué à les photographier...
par-la-main



Enfin sortis de la cohue, on saute dans un riksha mais on n'a pas de téléphone portable (ça non plus c'était pas l'époque) et nous qui croyions arriver dans un genre de kermesse facile pour trouver "notre" guru avec l'adresse sur sa carte.
Tu parles !

Immense n'est pas vraiment le mot ! démesuré conviendrait mieux. Le champ de célébration couvre des dizaines d'hectares et personne ne sait à quoi correspondent les numéros de stands de la dite carte.
Et il fait une chaleueueur !!
L'Uttarpradesh n'est pas boisé. Pas un grain d'ombre... on en a marre et on a beau chercher à comprendre il ne semble pas y avoir d'organisation !

 

 

Nous voilà pour la première fois confrontés aux "incredible indians"... Chacun se précipite pour nous indiquer notre route, ils veulent la carte.
"Oups là ! Attention, c'est la seule qu'on a je la récupère avant qu'elle ne parte en morceaux"
Certains tentent de déchiffrer l'adresse. Ils lisent tout consciencieusement lettre par lettre devant et derrière et forcément déclarent savoir où c'est.
Le nom de scène du guru chez qui on se rend est Mahakaal, le nom de Shiva quand il incarne le temps, mais malheureusement c'est aussi le nom d'un très célèbre temple de la ville. Alors, on fait plusieurs fois le tour en ricksha pour atterrir toujours sur ce sacré temple très loin du champ de foire !
Il y a des milliers de gens, du bruit, des hauts-parleurs qui hurlent musique et mantras, le soleil est toujours aussi fort et la journée théoriquement courte à l'air de pas en finir mais attention à 19 h il fait noir et si on n'a pas trouvé, on ne trouvera jamais...
Au bout du 10e, peut-être 20e, ça fait longtemps qu'on a arrêté de compter, on n'y croit plus, un ixième policier nous renseigne, le riksha repart dans une direction qu'on a déjà explorée, parcourt des chemins connus et d'autres inconnus, tourne en rond et enfin, enfin nous arrivons à bon port.stand MahakaalLe guru nous accueille. Son campement de toile est très grand. On est très bien reçu, on a une tente particulière et il nous propose des entrevues individuelles. On a plein de questions à lui poser. On a beaucoup lu sur les kapalika (notamment le livre de Dan Simmons qui nous fera visiter Kolkata l'année suivante) mais c'est la première fois qu'on en rencontre en vrai. On veut tout savoiri sur les kapalika, la kumbhamela et les gurus en général...
Il nous explique :guru Mahakaal"Ici, plus c'est grand plus ça en jette et c'est le but de cette manifestation, être vu, connu, reconnu..."
Il a dépensé beaucoup d'argent pour louer le terrain le plus grand possible, il a fait construire des toilettes et des douches. Chaque jour il fait paraître des articles dans les journaux et profite que plusieurs occidentaux aient répondu à son invitation pour demander une interview à la télé.
Chaque stand a des hauts-parleurs, les mantras des uns essaient de surpasser en volume les bhajans des autres ! Là aussi l'argent intervient, pour acheter les baffles les plus puissants possible... Les autels sont recouverts de statues plus brillantes et colorées les unes que les autres.autel dédié à KâlîUne foire aux gurus ! on n'avait pas pensé à ça !
Il nous explique ce qu'est un guru :
"Il fait le même travail que les psychothérapeutes occidentaux mais alors que ceux-ci reçoivent en séances d'une heure, le guru s'intéresse vraiment aux gens et les suit tout au long de leur cheminement"
Là c'est franchement marrant... en gros il fait la même chose que nous à l'école des arts de l'amour ! Bon, à part que nous on n'oserait pas parler allongé sur une table avec les disciples assis au sol !
Mahakaal nous confie aux bons soins de son fils, Siddhartha, pour nous donner les rudiments du tantra des kapalika. Celui-ci n'a rien à voir avec le tantra à l'occidental.

C'est celui de la nuit et des champs crématoires.
Quand tout le monde dort les kapalika veillent.
Leur monde est celui du jeûne et des excès, de l'alcool, de la mort, du sexe...

Après une nuit de veille un des invités a pris peur et est parti pratiquement en courant. Siddhartha lui aurait proposé des expériences homosexuelles. Je ne sais rien de la véracité de la proposition mais ce que je sais c'est :
et d'un il lui a proposé seul à seul et donc n'avait pas l'intention de le forcer et de toute façon un homme seul ne peut pas en forcer un autre de taille et de poids presque égal.
Et de deux, c'est ça le tantra des kapalika, affronter ses peurs. Je ne dis pas de passer à l'acte si "c'est pas notre truc" mais de regarder en face ce qui nous fait péter un câble, pour que les conditionnements ne nous mènent plus par le bout du nez.inde 2004 kumba mela UjjainQuand le pays se réveille, les kapalikas sont là aussi et les rituels sont les mêmes que dans les autres stands. Pourquoi ?
"Le peuple a besoin de rituels, de croyances... L'éducation n'est pas pour tous... mais la protection des kapalika oui..."
Peut-être vais-je vous choquer mais je partage cet avis sur l'apprentissage.


Avec le recul, Mahakaal et son fils ont été les gurus les plus honnêtes que nous avons rencontrés depuis que nous sillonnons l'Inde seuls ou avec les groupes de Voyage-autrement.

Nous sommes donc entrés dans le clan des kapalika ! Mais pas dans le m'as-tu-vu indien qui l'entoure...
Quoique... le jour de notre départ, on a eu une sensation de VIP à laquelle on prendrait vite goût :
Mahakaal tient à ce que quelques uns de ces gardes nous conduisent à la gare en voiture, un 4x4 tout neuf, très indien : les sièges encore recouverts de leurs plastiques de protection !
Nous embarquons nos bagages, et montons à bord. Évidemment, Siddhartha se vante de l'avoir acheter il y a seulement quelques jours exprès pour venir à la kumbha mela. Nous arrivons à la gare et lorsque nous descendons, trois des kapalika à bonnes carrures descendent pour nous escorter.
"Heueu... merci mais … c'est bon là... ça va aller, merci de nous avoir conduits.
– Non, mon père a dit de vous mener jusqu'au train.
– Ah bon... ben alors... si il l'a dit..."
Et nous voilà escortés par trois grands gars, tout vêtus de noir, la main sur le sabre, regardant la foule de haut avec les lunettes noires sur le nez et nous comme deux gruts essayant de nous faire tout petits, gênés par les regards des gens. Bizarrement, pas un flic en vue alors que c'en est habituellemnt blindé. La foule s'écarte en jetant des regards furtifs mais reste tête baissée sur NOTRE passage... enfin, le passage des kapalika... (lol)

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14 juin 2011 2 14 /06 /juin /2011 13:00

J'ai (Alain) tourné dans plusieurs films ou pub, j'ai même été doublure lumière pour une vedette du cricket au moment de la cojours mais quand même...on s'amuse

 

 

on s'amuse même si...

 

 

 

 

 

 

 

   

 

On s'amuse, on s'ennuie, on gagne un peu d'argent, on rencontre des gens... On tourne dans le désert, dans des lieux pitoresques ou des hôtels de luxe...

hôtels classes





désert

 

 

 

 

 

 

Voilà des photos de moi acteur !
Là, c'est "La révolte des cipayes"
mise en scène pour un docu-fiction.
Le réalisateur est allemand et le film est destiné à être vendu à Arte.

 

 

 

 

la révolte des cipayes

 

 

 

Il y avait trois jours de tournages prévus
mais Sylvie et moi on partait au Népal
pour de sombres raisons administratives
du coup je n'ai pu y rester qu'un seul jour.
En partant le soir, le réalisateur m' a dit :
"Dommage que tu ne puisses pas revenir,
tu es très bon acteur".


conseils du metteur-en-scène

Mine de rien c'est fatiguant comme boulot, pourtant il y a plus d'attente que de tournage, peut-être que c'est pour ça d'ailleurs que c'est usant. Arriver à 6 h le matin, on repart le soir après le coucher du soleil pour maximum trois heures de shoot répartis par petits morceaux dans la journée. J'étais crevé. Mais mort tu vois. Pourtant j'avais réussi à dormir un peu après le repas.ça fatigue
Sylvie est venue me rejoindre sur le tournage, le réalisateur super sympa lui a proposé de s'asseoir près de lui et aucun prob' pour les photos, elle en a pris des dizaines.
Sur ce tournage-là, j'incarne l'officier britannique qui montre comment ouvrir les cartouches de poudres : une main est occupée à tenir le fusil, l'autre servant à tenir la cartouche, il ne reste que le choix d'utiliser les dents pour arracher le couvercle. Dans un but malveillant, certains font courir la rumeur que les cartouches sont enduites de graisse de cochon pour protéger la poudre de l'humidité. Les soldats indiens étant évidemment soit hindoux donc vég soit musulmans donc cochon, pas de commentaires... En réalité ce n'est plus de la graisse animale depuis longtemps...


dust-car
Sur le plateau, pour recréer une ambiance conforme à l'imaginaire que les occidentaux ont "des Indes orientales" il y avait une dustcar : une voiture, à laquelle est attaché des fagots. Elle tourne autour du camp reconstitué en permanence pour faire de la poussière !

 

 

J'ai gagné 3 000 रू (45 €) pour un jour !

J'ai aussi tourné dans un film pour Bollywood, "Veer" !
Malgré la superstar jouant dedans (non, pas moi : Salman Khan), ce film là, je ne sais pas si je vais le mettre dans mon pressbook : ça a été un navet absolu. Zoé tourne VeerDéjà début 2009, Zoé était une Lady habillée tout de rose dans ce même film mais le tournage a été interrompu à cause d'un accident : les indiens voulant voir les acteurs se sont massés autour du Fort en telle quantité qu'à un endroit un mur s'est écroulé sur des enfants ! il y a eu 15 blessés ! Heureusement pas de morts.
Dans mon équipe ce jour-là, on était 2 suédois et moi, en plein désert. Je suis habillé tout en noir avec une moustache. Apparemment je suis un chef des méchants anglais et j'interviens dans quelques scènes avec l'héroïne, je ne suis pas simple figurant en arrière plan ! J'ai un fusil et je la protège d'un tigre.
Au moment de la pause repas, je parle un peu avec Salman Khan le héros... Je vais faire rêver pas mal d'indiens ! Un gamin m'a demandé un autographe en sortant, il était déçu que je sois pas Salman Khan ! C'était flatteur pour moi mais comment nous confondre ? mystère...

Pour la pub du "pan" on était tous les 3 : Sylvie, Zoé et moi... Quand on démarre un tournage, le matin on ne sait jamais pour quoi ni pour qui on va tourner... Là, on sait seulement vaguement que c'est un metteur en scène de Mumbai et qu'on va tourner au Hawa mahal.

tika


 

On est des touristes, avec sacs à dos bien sûr, qui arrivons juste sur le sol indien. Nous sommes accueillis à l'indienne, des femmes ont tout prévu : tikas, encens, colliers de fleurs... tout quoi...


sauf qu'elles ont cru qu'on était 2, quand Enoch apparaît c'est la cata : il manque un collier de fleurs ! C'est alors qu'intervient le marchand de pan du coin de la rue : il voit l'embarras des hôtesses et propose comme collier une bande de sachets de pan. C'est... bon disons vaguement amusant.

 

 

 

 

collier de pan

 

 

Lorsque j'ai mon collier, je dois goûter le pan !! et dire face à la caméra :
"hum, c'est bon !".

 

Ah là là, le boulot d'acteur !

 

Pour la première prise ça va encore. Le goût est un peu... surprenant. Heureusement je le garde pas en bouche longtemps.

 

Ah ! On doit le refaire : je prends mon paquet avec un peu plus d'appréhension mais ça passe encore.

 

Zut, une troisième. Et là, c'est le drâme : effet d'accumulation ?



J'essaye de retenir une grimace et arrive à dire un énooorme mensonge

"Mmmh (glups) c'est... ...bon-ouf-ça-y-est-je-peux-tout-recracher !"

Je crois que le réal' s'est rendu compte qu'il pouvait pas insister : il s'est tourné vers la script, a marmonné quelque chose et a dit "All right, c'est dans la boîte, on passe à la suite".

je goûte...








ch'est bon



Autant le pan frais dans des feuilles de bétel, celui qu'on sert dans les mariages "riches", c'est très bon...
Autant là ! c'est... même pas dégueulasse... c'est... je connais pas le mot. Ça arrache la bouche mais un truc...


enfin, bon, j'ai tout recraché...


pas possibe



 

 

 


 

 



 

 

 

 

 

.

pan

 


briefing










Une petite anecdote :
Le tournage se déroule bien, on trouve même qu'on n'a pas beaucoup attendu par rapport à d'autres tournages... jusqu'à l'intervention du personnage clé : LE vendeur de pan ! L'acteur choisi est trop typique, rajasthanais jusque dans ces énormes moustaches qu'on ne voit que dans des gravures d'époque ou encore maintenant devant les resto chics ! Le metteur en scène, il a frôlé l'attaque. Attaque cardiaque à défaut d'attaque du "pan wala". Cette scène ô combien difficile consiste à décrocher un ruban de pan et à s'approcher des femmes pour le leur donner. Au signal convenu, l'homme ne décroche pas le pan, pourquoi ? mystère... le metteur en scène lui fait signe, lui joue lui-même la scène, rien n'y fait... on n'y croit pas !! 1.sidération

Ils ont repris... mais des dizaines de fois, on a vu le réal' passer par toutes les phases classiques d'une situation ingérable : sidération, déni, colère, marchandage, dépression, acceptation !

 

 

 

 

  Les bras m'en tombent. Non mais qu'est-ce qu'il comprend pas sur ce coup-là ?


2.déni

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

oookaaay c'est le Rajasthaaan, on va pas s'énerveeer, c'est normaaal mais non de non, RÉVEILLE-TOI VIEUX !3.colère






Bon, maintenant, il faut un peu S'BOUGER là !
ON PERD DU FRIC là !




4.marchandage

C'est facile, écoute, moi je fais le signal, toi tu décroche le collier, d'accord ? Top là ?
6.acceptation
  

 





C'est pas grave ça arrive à tout le monde de pas y arriver tout de suite...




5.dépression





 

 

Je viens de Mumbai. J'ai dirigé des stars... Qu'est-ce que j'fous là ? Mais qu'est-ce que j'fous là ?

Où qu'il est mon studio tout bien réglé avec des pros hein où qu'il est ?

 

   

 

 

 

 

À un moment, il a exigé  le silence total, presque y' mettait un flic pour arrêter la circulation dehors. Il a fait taire tout le monde et exigé qu'on le laisse seul face à l'acteur.

Même les insectes se sont arrêtés de voler !

 

Bin ça n'a pas marché non plus... il a fini par allumer une cigarette en regardant en l'air sans rien dire...

Nous pendant ce temps, on fait les idiots dans un coin avec un fauteil roulant qui traîne là on sait pas trop pourquoi.
l'attente fait péter un câble...l'attente est trop longue












 







Et brusquement, en pleine sieste : Signal !
On avait complètement décroché alors on ne sait pas comment ils s'en sont sortis avec le grut mais brusquement, tout le monde bouge et on déménage le plateau au Jal mahal de l'autre côté de Jaipur.sachet de pan sur le chantier !

 

Et en rentrant à Jagatpura,
que voit-on sur le chantier ? ! 

 

Ces sachets sont très peu chers,
donc très consommés par les indiens  

de la rue.

 

 

 

 

 

La pub pour la coupe du monde de cricket 2011 passe sur youtube, c'est celle où il y a un funambule, on me voit mais il faut être très attentif ! par contre Zoé est perdue dans la masse !pub coupe de cricket : Zoépub coupe du monde de cricket : Enoch
 

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13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 22:52

condition des femmes
Le lendemain de notre départ, Zoé fait une virée à Pushkar. En revenant le soir, elle va chercher son lait mais, surprise, tout le monde est parti. Buffles et buffliers ont disparu.
Elle se tourne vers Madan qui lui dit qu'ils sont partis à cause de nous, que le propriétaire leur a demandé de dégager parce qu'on leur achète du lait.
V'là le truc...
Les propriétaires de l'immense terrain et de 2 grandes maisons, nos voisins d'en face que nous avons surnommés les Amlas, fruit qu'ils cultivent en masse, ont quelques buffles aussi mais ils sont parqués de l'autre côté de la ferme. Ne voyant personne aller chez eux avec un bidon, nous pensions, avant cette histoire, que c'était uniquement pour eux ou pour la vente en ville. 
Justement Vandena arrive pour sa visite du soir avec la clé du mystère :
— Les buffliers louaient le bout de champ des Amlas. Les Amlas sont furieux contre les buffliers parce que vous leur prenez tous les jours 2 ou 3 litres. Du coup ils leur ont dit de partir.
— Dommage, j'aimais bien le patron. Ils sont dingues ces Amlas, pour quelques roupies...
— Il vaut mieux pas aller chez eux, c'est pas des bonnes gens : ils mélangent les deux laits, vaches et bufflonnes et ils mettent de l'eau en plus. Et ils le vendent au prix du lait de buffle (35 रू, le lait de vache est à 25). Tout le monde ici le sait et personne ne leur achète.
Vandena a beau être crédible et Zoé habituée aux coups foireux des indiens, elle doute quand même d'une histoire pareille.
Son incrédulité ne tiendra pas plus d'une demi heure : coup de fil de "Madame Amlas" à Madan, appel entendu par Zoé car "Madame Amlas", en bonne paysanne qu'elle est, hurle plutôt qu'elle ne parle :"— Bon, elle est revenue ? Alors elle vient le chercher son lait ?
— ... ? (Madame, c'est la voisine, elle demande si vous voulez du lait...)
— Ah tiens... Ah ben non, définitivement non !
Vandena rigole bien et Madan rit dans sa barbe.
Le lendemain, Zoé aperçoit le bufflier dans le champ, elle se précipite dehors et le hèle. Il vient récupérer quelques affaires. Il reste très discret et ne pipe mot de l'histoire mais il est ravi que Zoé lui demande où il est installé maintenant :
— À 5 minutes d'ici, juste de l'autre côté du collège.
— OK, très bien, je viens en scoot. Il est encore temps pour le lait ?...
policiers en vacances à Khajurâho

Quelques jours plus tard, nouvelle surprise pour Zoé et autre exemple du cerveau indien que nous ne pouvons pas comprendre.
Cette fois c'est le père de Vandena qui "part en live" :
— Papa demande si tu nous payes les vitres de nos fenêtres ?
Les parents de Vandena sont aisés, ils ont une maison plus grande que la nôtre mais en effet sans vitres comme chez beaucoup d'indiens. Les maisons n'étant absolument pas isolées, ils laissent les ouvertures sans verre mais bardées de grilles de fer pour évacuer la chaleur de l'été. Du coup, ils sont gelés en hiver mais c'est un autre débat. Certainement que Vandena a dû raconter à son père le confort d'une maison à l'occidentale avec des vitres, elle ignore les autres techniques d'isolation de notre maison...

Ces procédés "cheuloux" sont monnaie courante ici et l'occidental ne s'habitue jamais. Le bon côté de l'histoire c'est que les indiens ne s'en offusquent pas puisque pour eux c'est une pratique normale. Ils oublient donc très vite et un refus n'engendre pas de brouille.

Si vous voyagez dans ce charmant pays, les anecdotes du genre ne manquent pas et si vous voulez profiter de votre séjour sans vous laissez entraîner dans des événements indésirables, vous devrez changer votre façon de parler.
Allez, on ne résiste pas au plaisir de vous en conter encore une petite pour vous éclairer sur le caractère indien. Ça peut servir :
Zoé et une de ses amie sont au restaurant. Elles connaissent bien la place y étant déjà venues de nombreuses fois. Elles sont affamées et commandent un poulet boneless et du jeera rice puis partent dans un papotage à bâtons rompus. Elles papotent, elles papotent, et tout à coup se rendent compte qu'il commence quand même à se faire faim. Un coup d'oeil à la montre :
— Misère mais ça fait quand même 45 minutes qu'on parle et on n'est toujours pas servi là...
Serveur, mais que se passe-t-il ? Un problème ?
— Non, non, pas de problème. Ça vient, pas de problème...
Et le serveur entre dans la phase typiquement indienne "Je-ne-les-regarde-plus-et-dans-quelques-minutes-elles-auront-disparu".
Cette technique, appliquée fréquemment quand quelque chose dérange, est probablement un des restes de l'enseignement hindou millénaire "Tu crées ton univers par ta pensée".
Mais, confiantes et prises dans leur échange d'anecdotes, les 2 amies ne remarquent rien et donc ne disparaissent pas.
30 minutes plus tard, à nouveau prise de conscience du temps qui, quoi qu'en puisse dire l'enseignement traditionnel, commence à passer pas mal dixit la montre.
"— Heu, serveur...
— Oui, voilà, voilà !"
et il colle sur la table 2 plats repoussants : du poulet certes mais plein d'os et baignant dans du... une... un... truc...!
"— Ben c'est quoi ce truc ? SERVEUR...
Mince, elles sont encore là, elles ont pas disparu... Yes Ma'ame?
Ç'est quoi ça ?
— Du poulet. Vous avez commandé du poulet, c'est donc du poulet.
— Non, mais ça va pas du tout, je descends parler au manager...

— Bonjour. Qu'est-ce qu...
— Hello, vous allez bien ?
— Oui, ça va, ça va mais nous av...
— Et votre business, ça va ?
— Oui, oui, ça va mais je veux vous di...
— Et vos parents ça va ?
OUI, MES PARENTS VONT BIEN. Mais là, je viens pour une récl...
— Alors qu'est-ce que vous voulez ?
— Ah quand même ! Bon voilà alors on commande du poulet boneless et du jeera rice et on nous apporte des cuisses de poulet et en plus d'un aspect plus que suspect.
— Oui, oui, je sais mais on n'a plus de boneless ni de jeera rice...
— Ah d'accord, mais alors pourquoi le serveur ne l'a pas dit tout de suite ? on aurait demandé autre chose. On a attendu quand même plus d'une heure et demi pour un truc immangeable !

Et c'est là que Zoé, qui pourtant le sait depuis le temps qu'elle vit au pays, c'est là qu'elle commet l'erreur à éviter : ouvrir une brèche, donner un exemple, permettant à l'autre d'oublier la situation qui pose problème.

— Je suis venue souvent. Ça arrive que vous n'ayez pas ce que je veux. Par exemple la semaine dernière, je voulais un mutton biryani, vous n'en aviez plus et vous me l'avez dit alors j'ai choisi autre chose...
— Ah ben fallait le dire que vous vouliez un mutton biryani ? Parce ça on a, du mutton biryani !
— ?! ... Non mais... c'était juste un exemple... c'est... c'est juste pour dire que quand t'as pas, d'habitude, tu me le dis...
— On peut vous servir 2 mutton biryani dans 10 minutes sans problème...
— Mais c'est pas vrai, je vais le claquer là...
Non mais ça va laisse tomber...

Zoé remonte et se rasseoit.
— Bon, écoute, c'est des gruts. Pour faire simple : ils ont pas. Alors soit on commande autre chose, soit on se casse.

Et là, le serveur s'approche et s'adresse à la copine qui n'a pas entendu la conversation du bas avec le manager :
— Bon alors comme ça, je vous sers un mutton biryani ?
— Un mutton biryani ? C'est quoi cette histoire de mutton biryani ? J'aime pas le mouton ! Zoé, t'as demandé un biryani pour moi ?
— Mais pas du tout ! J'ai... non mais laisse. J'ai donné un exemple c'est tout... Je t'expliquerai plus tard.
On pourra plus rien en tirer... viens pour ce soir je t'invite chez moi.

La morale de ces histoires c'est "l'incroyabilité" des Indiens :
vous imaginez un bail agricole résilié du jour au lendemain pour 50
रू ?
vous imaginez votre voisin plus riche que vous vous demandant de payer ses factures ?
vous imaginez qu'on vous ignore totalement quand vous posez une question à laquelle on ne sait pas répondre ?
vous imaginez qu'on vous réponde n'importe quoi mais surtout pas "je ne sais pas" ?dodo à chandpolegate

Ben nous on le vit tous les jours mais on a encore du mal à y croire...

Le plus utile pour si vous visitez est le dernier cas : ne jamais demander votre route à un indien, s'il ne sait pas et c'est toujours le cas, il vous enverra n'importe en disant que c'est à 5 minutes à pied... mais jamais il ne dira qu'il n'en sait rien.
C'est comme ça que vous finissez la journée en ayant mal aux pieds alors qu'en Inde il y a tant de moyens de transport !
Ou alors il vous dira "ne va pas là où tu voulais aller, c'est nul, viens plutôt chez moi..."
goa look my shop
et là...
vous vous retrouvez dans la 2ème histoire où il finit toujours par vous demander de payer ses études ou la dot de sa soeur...

 

dormir à Vârânasî

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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 20:26

Que font les humains de la maison du bonheur quand ils ne s'occupent pas des animaux ?2011 janv la croissantièreEnoch et moi rentrons en France le 22, il faut que Zoé puisse continuer l'activité seule...
Depuis janvier nous faisons des tests de croissants tous les jours
(les chiens en profitent !).

2011 janvier labo
2011 janvier labo2011 janv hygiène du labo

















Petite visite en photos du labo de notre bakery où nous gardons nos secrets

2011 janvier visite du labo2011 janvier visite du labo


2011 janvier laboet de l'usine bio que Zoé a trouvée en suivant un camion qui affichait " Organic " !factory bio trifactory bio étiquetage
Nous avons de la farine bio mais elle n'est pas assez raffinée.
Le beurre sans sel s'avère inutilisable, nous en avions 36 kg que Madan avait ensachés...

factory bio ensachage










visite de la factory bio



Les sacs de hand-made paper donnent un goût de rance...
J'en passe et des meilleures...
Janine est venue nous rejoindre,
elle s'avère une testeuse de 1er choix !
Thierry lui aime nos croissants même trop briochés !
Il n'aura pas le prix du goûteur
mais celui du mangeur !






Enoch pose une chaîne à la porte d'entrée. Madan restera dormir pour assurer la garde de la maison. Rien de tel pourtant que d'être bien armée surtout devant la stupidité de certains (j'en parlerai plus tard) et aussi pour éloigner les chiens errants.self-défense

entraînement










 



Finalement, la semaine avant notre départ c'est enfin TOP au niveau des croissants ! ouf, on a cru qu'on ne boirait jamais le champagne ramené de France par Janine !croissants réussischampagneOn a même le temps d'organiser un barbecue avec viande pour les non-vég...barbecue préparation

brochettes 13 fév 2011













1°barbecue (13 fév 2011)
Il faut aussi penser à la température qui va augmenter jusqu'à devenir intenable en mai, il est indispensable qu'au moins les ventilateurs principaux so
ventilateurs (fév 2011)ient posés...
La cuisine, le salon,
la salle-de-bain,
la chambre de Madan...
ça y est,
"ils" pourront survivre sans clim !









Et le grand soir arrive, on va rentrer, Enoch va retrouver son club de Kravmaga, il en a plus que marre de s'entraîner seul. Et moi, je ne sais pas encore... profiter de Barthès, poser le plancher de notre chambre... Channamassala ne sait rien de tout ça mais il a bien l'intention de ne pas nous laisser partir sans lui !départ des mini patrons le 21 fév 2011
(Suite dans "nos incroyables voisins !")départ des mini patrons (21 fév 2011)

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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 00:31

Rencontre avec un dromadaire à Jaipur (juin 2010) Début février un nouvel habitant s'installe dans la maison du bonheur : Channamassalaarrivée de Channapetit-frèrequ'est-ce-qu'il-fait ?
Pas du tout farouche, ronronnant à fond dès qu'on le touche... il part à l'exploration de son domaine sous l'oeil ébahi mais bienveillant de Nishu.2 fév 2011 arrivée Channamassala
Sa maman Mariam est le portrait craché de Nisha...téter...
Nous découvrons notre Nisha très paternant...
parfois le nouveau dépasse un peu les bornes !

à l'abrila p'tite baffe













Mais avoir un copain de jeu c'est cool quand même...Le jeu le plus marrant
 Channamassala s'endort
Et puis tout à coup, Channna pique du nez
dans le trou d'une cloison !

Ce trou est prévu pour un module
de 4 prises. Nous l'avons baptisé le "cat'module" depuis que Nisha en profite pour passer facilement de la chambre de Zoé au salon où nous dormons !

Remarquez comme la forme du trou épouse celle des oreilles !

dressing
"Pratiques tous ces interrupteurs non scellés, une fois finie la sieste dans le dressing, bien au chaud sur les habits de Zoé...

 













Nisha lui continue ses sorties dans le champ voisin, mais moi j'ai trop peur
1°sortie de Nishu du dehors.la mère de La boulette










Pourtant Enoch dresse les chiens pour qu'ils comprennent qu'on est leurs frères..."


Eh oui, les chiens... ça aussi c'est toute une histoire !
Quand La boulette fut totalement guérie, de sa famille elle s'enquérit...
S'ensuivit... le rappliquage de ses 3 frères, une soeur et 2 parents...vaccinLa boulette en famille
Le vétérinaire partit avec Voyou.
Mais il en restait encore trop, Enoch transporta un mâle et une femelle dans un autre quartier dès qu'ils furent assez costauds pour se nourrir seuls.

La boulette et ses parentsLa boulette et son pèreLaboulette et Goulu son frère gardent maintenant le plot contre les envahisseurs : curieux, vaches, moutons, chèvres et chameaux.











Petite remarque de psy, il est intéressant de constater que Laboulette en sécurité alimentaire et affective depuis le début ne se jette pas sur la nourriture quant à son frère il reste frénétique et conserve la peur de manquer... Comme chez le humains la petite enfance marque les animaux... Nous l'avions déjà vu avec nos chats barthésiens et donc idem pour les chiens. De plus Laboulette, contente d'être avec nous, ne supporte toujours pas d'être à l'intérieur. Elle aime faire un tour pour manger tranquillement ou observer Channa mais elle demande vite à sortir, elle reste un street-dog, fière de l'être...

Nous n'avons pas encore réussi à goûter le lait de chameau mais on sympathise avec le fils de la ferme qui mène tous les jours son troupeau autour de chez nous.rue Sudchamelon 2011le fils de la ferme des chameaux
J'ai récupéré le crottin que vous voyez à gauche de la photo, pour le jardin et les SIRENES.

Enoch lui a envoyé Madan à la pêche aux vers de terre. Il en a trouvé dans la "rivière" de Jagatpura village. Ce sont plus des vers de vase mais ils se sont bien adaptés et améliorent notre sol en bonne entente avec les termites. 



vers de terreV !

zoom sur les vers de terre



















Cet article parlant essentiellement des animaux je rajoute une photo sur nos amis les buffles...buffles : activité de printemps ! (fév 2011)Les femelles viennent de loin, parfois en camion pour recevoir les faveurs d'un des 2 reproducteurs, "il était grand, il était beau, c'était un vrai taureau costaud" !

(la suite dans "la maison du bonheur part 3" ou "du côté des humains")




















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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 12:32

Maison du bonheur...
C'est comme ça qu'a été surnommée notre Jagatpura's home !
Enoch et moi y habitons depuis le jour de Noël, Zoé depuis le 1°mixeur
de l'an...
Le déménagement s'est fait sans casse, dans un camion tout neuf conduit hyper doucement avec des déménageurs costauds qui nous ont en plus aidés à bouger les machines de la boulangerie.
Le pétrin est impressionnant, il a fallu 5 hommes plus un levier pour le mettre en place !






Première impression, le calme... à part 2 avions par jour qui en plus ne passent pas juste au-dessus de nous, on est à la campagne à 15 bornes de la capitale. Le gardien d'un terrain voisin vient tous les matins nous prendre de l'eau et recharger son portable, il nous salue d'un Ramram que je n'avais pas entendu depuis des années : c'est le namasté (bonjour) plus religieux, totalement oublié en ville. Les voisins nous regardent comme des bêtes curieuses : parfois un groupe s'arrête et nous fixe pendant des heures sans nous dire un mot.eau
On les amadoue d'un sourire, rien... d'un namasté qui tout à coup les sort de leur stupeur. Les premiers jours, certains arrivaient et nous ignoraient, parlaient à Madan, entraient dans le sous-sol pour visiter... maintenant on est intervenu, on a demandé à Madan la discrétion et on demande aux "touristes" qui ils sont ! Heureusement on a très peu de voisins directs, on est encore la seule maison du lotissement.


La voisine la plus mignonne est Vandena,vendena
elle a 8 ans et c'est la seule enfant indienne que nous connaissons qui soit discrète ! Elle nous apprend quelques mots d'hindi en échange de quelques mots de français. Depuis le début de la construction elle nous observe et maintenant elle a appris à jouer sur l'ordi de Zoé...








promenade du soirNos autres voisins intéressants sont les buffles : toutes les femelles ont un bébé en ce moment et tous les soirs je vais acheter du lait. Je suis totalement replongée en enfance : aller chercher le lait, le faire bouillir, si on le quitte une seconde des yeux il déborde...














La maison elle-même est hyper agréable à vivre et tous les jours il y a un élément de confort supplémentaire.
La salle-de-bain a l'eau chaude avec beaucoup de pression puisqu'on a une pompe sur le toit.
La chambre de Zoé qui n'est pas carrelée a une super moquette en coïr rouge.01 08 coir chambre zoé J'ai découvert une boutique du gouvernement qui fait la promotion de ce matériau qui vient du sud de l'Inde évidemment, il n'y a pas de cocotiers ici. Enfin jusqu'à présent, car il se pourrait qu'on en plante un vue toute l'eau qu'on récupère grâce aux SIRENES. Mais bon on n'ira pas jusqu'à récolter la fibre de coco pour faire des tapis ! Quand on était au Tamilnadu, on croisait tous les jours des camions surchargés de coques de noix récupérées.

8 bennes de tracteur ont emmené les déblais du chantier, nos abords sont nets.

01 11 les abords
Pour compenser la petite taille du terrrain nous avons aménagé le barbecue en face sur ce qui sera dans une dizaine d'années peut-être un trottoir. décor
Nous avons aussi commencé les plantations dans et en dehors du terrain.

01 11 lesabords

















Le granit de la cuisine est posé, Madan a tout découpé et fixé en une seule journée... tous les jours on se dit "quelle perle ce Madan ! ". granitEnoch va installer l'évier.

essai de l'évier dans le granit











Faire la vaisselle dehors c'est marrant mais maintenant que nous avons un chien il faut tout ranger très vite ou elle met son nez partout !

01 09 la boulette
Eh oui moi qui suis "anti-chien" (pour tous les chiens qui me lisent, ne le prenez pas mal, j'adore les animaux mais certains demandent une présence telle que je me sens incapable d'assumer), je me retrouve avec un bébé qui me prends un temps fou...
J'explique du début : Laboulette a choisi notre maison, elle a laissé ses 4 frères se faire maltraiter par les enfants d'une grande maison pas loin et s'est installée sur notre boundry qui n'est pas fermée. Elle marchait à peine et sa mère venait tous les soirs l'allaiter puis elles filaient à 2 chez les buffles où les gardiens leur donnaient du lait. Le matin on retrouvait cette boulette chez nous. On a essayé de la chasser gentillement mais fermement.01 09 la boulette On allait y arriver quand un horrible cri dans la nuit nous a réveillé : Laboulette s'est faite écraser par un buffle ! Zoé l'a embarquée chez le véto dont l'appareil à radio ne marchait pas. Il a fallu aller chez un docteur pour humains ! Bonjour le "lit" plein de terre et de puces. "Bassin et fémur cassés... Impossible de plâtrer, elle est trop jeune ! Il faut la garder dans une boîte pour qu'elle ne bouge absolument pas pendant 3 semaines..."
01 12 la boulette est blessée01 13 la boulette en porte-bébé



Galère ! Quand elle est réveillée elle pleure pour sortir... Heureusement que ça dort beaucoup à cet âge... J'ai trouvé un stratagème pour qu'elle ne sente pas seule mais reste immobile, comme quand Zoé bébé pleurait ! On a essayé de la faire dormir dans la réserve de la boulangerie mais elle ne supporte pas d'être à l'intérieur, un peu avec nous ça va mais seule, il faut qu'elle soit dehors...

01 13 la boulette en porte-bébé
Tous les matins on la lave : shampoing anti-puces, brosse...
et on lui administre un anti-galle et du calcium.
toilettage

01 11 désinfection










  

vaccination









    








 

(suite dans "la maison du bonheur part 2 La maison du bonheur part 2 (17 février 2011) ")






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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 18:32

On nous demande souvent ce que nous mangeons ici.
Avant d'avoir notre propre appart',
nous allions au resto,
dans la rue
2 lassivala on prenait un lassi (lait pris en yaourt liquide) et on finissait par des fruits mangés dans la chambre d'hôtel.

cocos fraîches










Les restaurants de base servent "de l'indien".
Pour végétariens :
Enoch devant un thalithali, grande assiette plate où sont disposées des coupelles contenant du dal (
sauce de lentilles), de la sauce coco ou autres selon les régions, du riz, des naans (genre de pain) et un dessert à base de lait
chapati (pain genre faluche),
idly (boulettes de riz fermenté),
aloo gobi (pommes-de-terre chou-fleur), paneer (genre feta non salée à cuisiner)
...

paperdosasizzler












poulet tandoori

 

 

 

 

et pour les non-vég
poulet tandori, cuit en four de terre, mouton ou chèvre à différentes sauces.
Certains resto un peu plus chers servent du chinois mais qui a le goût de l'indien
ou de l'occidental à l'indienne aussi, par exemple "pâtes au gratin" ce sont des pâtes à la béchamel ...avec des petits pois, des cubes d'ananas, mais pas de gratiné ni de fromage !








resto chinois
On ne trouve du vrai chinois
ou de l'italien que dans les resto chics.
 
 









Rambagh





déjeuner traditionnel Kérala Inde du Sud


  

 




C'est très différent depuis que nous pouvons faire la cuisine nous-mêmes. Nous achetons notre nourriture de base riz complet, lentilles... dans un magasin bio, le gérant, très gentil, livre à domicile.

organic factory
Tout ce qui est occidental nous le trouvons au "shopper paradise" ! Ce magasin unique à Jaipur est dans notre rue ! Que deviendrait-on sans lui ? On y trouve : semoule, mayonnaise, cornichons, thon en boîte,
du vrai Nutella qu'ils appellent "liquid chocolate"...
et
c-scheme shoppingj'en passe !


Puis il y a les marchés
où les marchands fixes
ont un magasin qui ressemble
à nos garages, ouverts sur la rue. 







Pour le reste les charrettes à 4 roues que vous avez vues dans l'article "le litchi nouveau est arrivé" sont vraiment typiques de l'Inde et je souhaite qu'elles ne disparaissent pas de si tôt. Certaines proposent des choses délicieuses, d'autres de la nourriture tellement exposée à la pollution ambiante que je ne l'achèterais ou la mangerais pour rien au monde mais elles sont le gagne-pain d'indiens souvent bien sympathiques.
Il y a les ambulants qui font le tour des quartiers et les semi-ambulants aussi en charrettes mais eux toujours postés au même endroit.

jagreejus de canne à sucre















Un jour j'ai vu un marchand de panipuri avoir sa charrette bousculée par une voiture, qui a continué sa route, of course. Tous ses gâteaux étaient par terre au milieu du carrefour. Il les ramassait et les remettait sur sa charrette sur les autres gâteaux ! Au milieu de la circulation et des klaxons... v'là l'hygiène ! mais ça faisait tellement pitié qu'on avait envie de s'arrêter pour l'aider à ramasser !

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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 13:16

La vache, en fait le zébu à cette époque là, a été domestiquée en Inde, elle y est animal sacré pour son lait source de protéines. Encore aujourd'hui, dans les quartiers résidentiels et en plein coeur des plus grandes villes, les maisons abritent La vache domestique !
J'ai assisté à une naissance en direct un jour en allant faire mon marché.

naissance à C-scheme
Les vaches et taureaux circulent un peu partout.

Nandivache delhi


Les plus pauvres n'ont pas les moyens de se payer une vache... ils ont des moutons ou des chèvres. Pour le lait essentiellement mais les musulmans utilisent aussi leur viande.



Je suis allée route de Delhi le jour de l'aïd photographier le plus grand marché de Jaipur :

aïd : un marché sans femme aïd.: grande fête musulmane



aïd














aïd.: les chèvres sont décorées

  aïd : bouc peint













aïd : plus de chèvres que de moutons
aïd : en riksha











aïd 2010
Nandi dans notre rue

En ville tous les bovidés se nourrissent des restes
aux alentours des poubelles
et leurs patrons rajoutent des feuillages
coupés sur les arbres du bord de la route
ou, plus rare, achetés aux marchands-ambulants.



Près de la maison, à Jagatpura, ce n'est plus la ville mais le désert, les moutons et chèvres des villages sont menés par un berger. "Le nôtre" n'a qu'un bras et parcourt toutes ces parcelles mises en lotissements à bâtir qui ne sont que quelques unes à être occupées pour le moment. désertification : le bergerLa nourriture est maigre, l'ombre rare, donnée seulement par les acacias (Acacia nilotica) que nous surnommons les "arbres à chameaux" car ils sont tellement épineux que seuls les chameaux et les chèvres s'y risquent. Bizarrement, ces acacias sont traditionnellement saccagés par les bergers eux-mêmes. Ils les ébranchent entièrement pour que ses bêtes puissent consommer les feuilles. Parfois plusieurs arbres par jour. Ils n'y pensent apparemment pas mais le problème des épines est le même une fois les branches coupées ou sur pied, non ?

désertification : acacia massacré
désertification en directdésertification.: repas desmoutons et chèvres
Les moutons broutent 4-5 feuilles et passent à autre chose ! Les chèvres préfèrent tendre le cou pour attraper les feuilles des arbres non coupés, si vous avez déjà observé des chèvres vous direz "bien sûr"...

désertification : acacia dénudé
Résultat, les arbres se font rares, entraînant toute la chaîne : pas d'arbre = pas de feuilles recouvrant le sol, pas de terreau, pas d'autre végétation, rien pour retenir l'eau... Si on lançait une action "Plantons des arbres" ici, ça ne donnerait rien, sans instruction pas de conscience dépassant l'individu lui-même et son profit immédiat. On essaye même pas d'en parler à qui que se soit. On a juste dit à Grutinus "Dis-lui de laisser les 8 babul là autour de la maison pour qu'on ait l'ombre".







Tous ces constats, tous les jours, me renvoient à des croyances que j'avais sur l'Inde avant d'y vivre. Croyances basées sur les tantras originaires d'ici mais qui n'y sont depuis longtemps plus d'actualité. Les indiens d'aujourd'hui, quand on leur parle de tantras font les mêmes confusions que les occidentaux, ils pensent dépravation sexuelle, pareil pour le kamasutra ! Il est vrai que si un indien s'imprégnait de la vie du "roi soleil" avant de visiter la France de maintenant, il serait désappointé !

bouc Pinkcity

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