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  • : L'Inde autrement
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  • : La vie au jour le jour en Inde, les voyages de connaissance de soi que nous proposons dans ce pays si différent de la France, toutes les réflexions qui nous viennent dans nos différentes expériences en comparaison avec ce que nous vivons en France.
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31 décembre 2011 6 31 /12 /décembre /2011 19:28

                           En Inde, un uniforme pour éviter les distinctions riche-pauvre.
        Mais personne n'imagine que riches et pauvres sont égaux devant l'éducation !

enfants : école de garçons
Chez nous on demande à ce que chaque enfant soit vu comme unique. Difficile avec les suppressions des postes spécialisés, classes chargées et toujours un seul instit' !
Je suis contente
d'avoir pris ma retraite d'instit "en avance". J'écrivais ça récemment sur Facebook à la suite d'une histoire humoristique comparant les relations parents-enfant-instit en 201 et en 1971 :
"Michel doit aller dans la forêt après la classe. Il montre à Jean son couteau avec lequel il pense se fabriquer un lance-pierre.
1971 : Le directeur voit son couteau. Il lui demande où il l'a acheté pour aller s'en acheter un pareil.
2011 : Le directeur ferme l'école en catastrophe. Il appelle la gendarmerie. On emmène Michel en préventive. TF1 présente le cas aux informations en direct depuis la porte de l'école. Franck et Marc se disputent. Ils se flanquent quelques coups de poing après la classe.
1971 : Les autres les encouragent. Marc gagne. Finalement ils se serrent la main et ils sont copains pour la vie.
2011 : L'école ferme. TF1 proclame la violence scolaire. France Soir en fait sa première page et écrit 5 colonnes sur l'affaire. Au CE1 Jean tombe pendant la course à pied. Il se blesse au genou et pleure. Son instit Jocelyne le rejoint, le prend dans ses bras pour le réconforter.
1971 : En deux minutes Jean va beaucoup mieux et continue la course.
2011 : Jocelyne est accusée de perversion sur mineur. Elle est mise à pied et écopera de 3 ans de prison avec sursis. Jean va de thérapie en thérapie pendant 5 ans. Ses parents demandent des dommages et intérêts à l'école pour négligence et à la prof pour traumatisme émotionnel. Ils gagnent les deux procès. La prof, au chômage et endettée, se suicide en se jetant d'en haut d'un immeuble.
Plus tard, Jean succombera à une overdose au fond d'un squat."

Les relations instit'-parents-enfant sont primordiales pour l'enfant. Si les parents ne font pas confiance à l'enseignant, aucun apprentissage ne passera vraiment quelque soit la compétence de l'instit'...

Le vrai problème est que de nos jours trop de vulgarisation tue la vulgarisation. Les magazines ont trop parlé de ce qui commencent par psy, la télé a trop souvent mis sur le tapis la notion de traumatisme psychologique. Tout cela augmente la peur de reproduire ce qu'ont fait les parents, la peur de passer pour un agresseur d'enfant voire un pédophile, tout cela, plus un tas d'autres bonnes raisons, font oublier à certains les règles essentielles du bon sens et deviennent de mauvaises raisons. Et puis, personne n'a envie de se pencher sur soi. Beaucoup de parents, souvent trop jeunes, secrètent tellement d'anxiété qu'ils ne font plus confiance à personne et en même temps n'arrivent plus à assumer leur vrai rôle de peur de mal faire. Françoise Dolto, cette merveilleuse observatrice de l'enfance et de l'adolescence, parle de cohérence et d'attitude éthique. Ses dires et écrits sont souvent repris mais évidemment, sortis de leur contexte, on leur fait dire tout et n'importe quoi ! Récemment, dans une salle d'attente, j'ai lu un article où il était question de la nudité des parents par rapport aux enfants. Des pédiatres criaient au scandale et au traumatisme durable pour, en gros, expliquer aux parents le danger de prendre son bain avec un bébé de plus de 2 ans et bla et bla et bla ! J'avais du mal à tenir sur ma chaise. Pour appuyer leurs dires, ils citaient Françoise Dolto. Je n'avais pas le souvenir qu'elle ait eu des paroles de ce genre mais bon, histoire d'être sûre, j'ai quand même attendu d'être à la maison pour vérifier les sources. C'était bien ce que je pensais : cette brave femme n'a jamais été scandalisée de la nudité des parents devant les enfants mais a juste conseillé "cohérence et éthique"... Je me demande si le journaliste et les pédiatres cités ont ouvert un jour un livre de Dolto... J'ai regardé sur internet et j'ai découvert ces mêmes extraits de F Dolto repris dans plusieurs articles ou sites, dont une pub pour des vacances naturistes !
Ça m'a donné l'idée de demander à Pascal un ancien élève de "l'école des arts de l'amour" de parler de son expérience. Voilà un témoignage de ce que j'appelle une vraie "cohérence et éthique" avec écoute de l'envie des parents et de celle des enfants (les noms sont changés par discrétion) :
"Lorsque nous avons décidé de passer des vacances naturistes, Louis avait 14 ans, Vincent 12 et Tom 9 ans. Nous avons d'abord emprunté une vidéo à la médiathèque sur le naturisme. Cette vidéo était très bien faite, nous l'avons montrée aux enfants et nous leur avons demandé leur avis. Tom était enthousiaste, Vincent un peu inquiet et Louis avait l'air de s'en foutre complètement.
Nous décidons donc de réserver une semaine au Village de S. Vincent et Tom se sont intégrés tout de suite. Tom était à poil avant même d'arriver au village. Louis n'a jamais voulu sortir du mobil-home. Nous ne l'avons jamais obligé. Il a même gardé son caleçon toute la semaine. C'était pour lui la mauvaise période. Ce n'est certainement pas à 14 ans qu'il faut commencer ce genre de pratique. Par la suite, il n'est plus venu avec nous.
Pour les deux autres, durant 3 ou 4 ans, le séjour au Village de S. a toujours été un bon moment. Dès la deuxième année, nous avons "embrigadé" nos amis qui ont deux filles (un peu plus jeunes que nos garçons) et un garçon. Apparemment, ça n'a posé aucun problème aux garçons comme aux filles de se trouver nus en présence des autres. Ils s'éclataient surtout dans leur liberté (sauter depuis les rochers à la rivière, aller à la piscine, et surtout se sentir libres de faire tout ce qu'ils veulent tout seuls...).
Je n'ai jamais senti aucune gêne de leur part. Ils ont cependant mis un paréo autour de la taille à l'adolescence. Cette pratique est toujours tolérée pour les ados dans les centres naturistes (sauf les endroits de baignade -plage et piscine- qui sont strictement naturistes). Je crois qu'en ce qui concerne les miens, c'était plus pour faire comme les autres quand ils étaient en bande...
J'avais lu aussi un article dans un ancien Psychologies-magazine sur le naturisme, je ne sais pas si c'est le même qui t'a fait réagir. Il me semble me souvenir que la femme qui témoignait disait qu'il y avait dans son cas une obligation de venir faire du naturisme, avec une sorte de dénigrement de sa pudeur qui pouvait être tournée en ridicule. Le résultat donnait une image bien triste et très faussée des naturistes.
Pour notre part, nous n'avons jamais obligé nos enfants et ça a très bien marché. Maintenant, ils ne viennent plus avec nous, mais c'est pour d'autres raisons (ils préfèrent partir avec des copains, ils trouvent les activités proposées au Village naturiste moins intéressantes, etc.). Mais Tom envisage de proposer éventuellement ses services à l'un des restaurants là-bas un été..."
Cohérence et éthique.
En fonction des vrais ressentis perso. Non imbibés de croyances et de messages tout faits ! Et prise en compte des ressentis de chaque enfant vu individuellement comme une personne à part entière.

Ce qui me plait surtout dans ce témoignage c'est d'y percevoir la notion de famille : 2 adultes et 3 enfants c'est-à-dire 5 individus tous les 5 différents, les 2 adultes ont une envie commune et ils mettent en place la façon de la proposer à leurs 3 enfants. Ensuite les parents observent, écoutent et agissent en fonction de chacun.
Beaucoup de parents mettent en place plus ou moins bien une pratique éducative soit seul(e) soit à 2, si le couple sait en discuter ce qui n'est pas toujours le cas, mais les enfants sont absents de cette discussion. Du coup les enfants subissent une éducation qu'ils ne comprennent pas, qui manque souvent de cohérence et donc ils finissent par la rejeter. Si même dans les familles on n'arrive pas à "personnaliser l'éducation" comment peut-on le demander à l'école !

J'ai pris l'exemple de la nudité car je venais d'être scandalisée par cet article mais ça s'applique à tout.                        

                            En Inde les adultes ont beaucoup de difficultés avec la sexualité
                         par contre la nudité des enfants ne posent de problème à personne. 

(à suivre dans "du côté des enfants" part 6)

J'ai supprimé la photo du gamin nu car des pervers  sexuels l'ont piquée et mise sur internet !

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27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 21:15

Pour terminer l'année 2011 quelques photos "insolites" qui m'ont faites...

...frémir
Un rituel initiatique pour les hommes au Kérala qui commence à dos d'éléphants caparaçonnés pour se terminer sur un char... 
Un mois pour arriver à cette transe puis à ce défilé dans les rues suspendus à des crochets enfilés dans la peau du dos et des jambes !kérala-rituelrituel initiatique Kérala
...douter
Partout en Inde, les camions sont ultra chargés et il y a toujours le risque de voir tomber le chargement sur la route ou pire sur notre ricksha. Là, en Inde du Sud, c'est trop bien fait, la façon dont les écorces de noix de coco sont savamment empilées pour être transportées avant d'être transformées en tapis.Tamil nadu : coïr
...sourire
La Grande parade du cirque quand j'étais petite commençait par "Venez voir, venez voir, un éléphant qui fait pipi par le trou d'une aiguille sans en mouiller les bords !..." Je n'en ai saisi l'humour que bien plus tard :éléphant : pipi
...rire jaune
J'entre doucement dans la chambre où Enoch dort... Nous étions à Khajurâho, après la visite des temples érotiques... Mais là j'ai plutôt été refroidie !grut : mortuaire !Kânyâkumârî
...m'attendrir

"Eh le blanc t'es tellement grand que tu m'as pas vue ?"
Enoch est malade et ne se rend même pas compte qu'il est suivi ! Nous sommes à la recherche d'un art traditionnel indien tenu secret le varmakalai. Nous errons dans tout le sud de l'Inde pour trouver un maître enseignant. De fausse piste en "on-dit" nous arrivons à Kânyâkumârî. Plus au sud on peut pas sinon après, c'est l'Antarctique ! Il fait un soleil de plomb. Les tamils ne gèrent pas leur patrimoine comme les kéralais : l'endroit où nous sommes  est exceptionnel par sa situation et tout autour, tout est moche ! Ces 2 états voisins sont tellement différents : pour résumer sachez que les kéralais embauchent des tamils pour leurs "gros travaux" car ils acceptent de longues journées de travail pour un salaire de misère qu'un Kéralais refuserait carrément.





...m'extasier
Tamil nadu : tresse
La fête tamile à Chidambaram, ville sainte de Shiva, est riche en couleurs, les saris tous plus colorés les uns que les autres et quelle recherche dans les coiffures !
Nous y avons rencontré de vrais pratiquants de vermakalai exécutant une démo... mais ils n'ont pas voulu nous donner de contact. Et ben tant pis pour eux tiens ! Toute façon, séjourner plusieurs mois ici, quelle horreur... La ville est laide et sale et l'océan est dangereux : la barre est à seulement quelques mètres du bord de l'eau...





 


...me sauver très vite après la photo
 
Kérala Kovalam : vague !

 

 


Enoch se b
aigne tous les jours dans la mer d'Oman. Du côté ouest où on se trouve, au Kérala, il n'y a pas de danger. La barre est à plusieurs dizaines voir centaines de mètres du rivage.

Tous les matins, pêche traditionnelle sur la plage, c'est paradisiaque mais il y beaucoup de lumières le soir au loin en mer : des bateaux industriels raflent tous les poissons pour les resto des plages touristiques...






singe : les-boules

  ...rire

Tiruvannamalai (Tamil Nadu) ville dédié à Shiva : pas un autre singe ne peut approcher de cette guenon qui accapare tout ce que les touristes donnent !
 












Nous avons vu aussi un oiseau trop bizarre dans ce parc : un paon-dindon. Tous les indiens de l'ashram le connaissaient. Je vous jure,
je l'ai pas photoshopé sauf pour écrire dessus !
paon-dindon tête


paon-dindon Tiruvanamalai








...avoir un recul

Les animaux morts en Inde, dessèchent sur place. Avant qu'il n'y ait plus que les os et la peau, les hyènes... ah ben non, c'est un chien... les chiens donc, aident au nettoyage de la nature. Ce n'est pas en pleine cambrousse, mais à 500 m de notre maison de Jagatpura sur un terrain non bâti.buffle : Shiv-nagar Jagatpuraankh-trivandrum


Et encore une fois pour les inconditionnels de Terry Pratchett
nous avons pu photographier un affluent de l'Ankh !
Petite explication pour les autres : c'est le nom de la... rivière (?) qui coule/stagne, à Ankh Morpork ville principale du Disque-monde, mais apparemment, elle a un affluent, cette photo en est la preuve, à Thiruvananthapuram capitale du Kérala
.


(Si vous n'avez pas encore dévoré tous les tomes du Disque-monde de Terry Pratchett, commencez maintenant, c'est de la "fantasy" c'est plein d'humour c'est merveilleusement écrit et traduit !)

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Published by sylveno - dans voyage
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27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 13:32

Le mot "grut", inventé par Zoé il y a très longtemps pour définir tout comportement étrange, limite stupide et sans possibilité d'être expliqué, circule ! Ses amis et même amis d'amis commencent à l'employer. C'est même avec surprise qu'un jour, elle l'a entendu dans la bouche d'un parfait inconnu. Ce mot trouve toute sa dimension dans certains comportements indiens ! J'ai déjà raconté quelques histoires incroyables dans "nos incroyables voisins" (part 1).
Je vais donc vous donner d'autres exemples gruts (remarquez que je l'accorde, lui donnant ainsi une valeur de vrai mot !).

Enoch s'amuse avec les chiens. Ils sont dressés : au mot "promenade" ils (un à la fois bien sûr) montent sur le repose-pied du scooter et Enoch leur fait faire un tour du pâté de "non-maisons" (puisque le lotissement est pour l'intant encore virtuel).11 10 doggys : promenade !
Aujourd'hui, étape au-dessus pour Laboulette, ils partent tous les 2 au village de Jagatpura. Elle ne doit pas descendre en marche même pour poursuivre un autre chien ou un cochon ! Tout se passe très bien, Enoch est fier de son chien ! Ils croisent beaucoup d'indiens bien sûr, qui les suivent du regard, n'oubliez pas que les animaux domestiques sont encore très rares ici. Presque tous les indiens ont peur des chiens, alors en voir un sur un scoot !
Tout à coup un gars en moto fait demi-tour pour rejoindre Enoch arrêté devant une boutique. Il s'approche et montre du doigt Laboulette en criant "Doggy, doggy !" pour signaler à Enoch qu'il y a un chien sur son véhicule !
Au cas où il ne s'en serait pas aperçu !
Voilà. Ça, c'est grut !
Enoch lui a répondu
(en hindi) : "Chien ? Quel chien ?" en rapport avec "Canard, quel canard ?" blague compréhensible uniquement pour les inconditionnels de Terry Pratchett.
Mais ça, ça a dû paraître bien grut au gars !


Autre grutisme, moins marrant : Zoé a de nouveaux clients. Très gentils, ils lui proposent d'essayer de lancer ses produits comme au Pearl, dans leur nouvel hôtel rempli à 80%. Chouette ! premier essai quelques congolais et des chocolatines... Le lendemain, rien n'a été vendu, ils décident de ne pas renouveler l'expérience. Zoé leur demande de la laisser observer pour comprendre pourquoi les gens n'ont pas commandé. Ok... Elle est donc dans le resto à 7 h 30 et attend les gens qui vont petit-déjeuner. Personne... elle s'adresse à la réception où son panneau publiciataire est visible ainsi que ses produits. Les patrons ne sont pas levés. Ils arriveront bien après, vers 10 h...

— Il n'y a personne au petit-déjeuner, quand arrivent les clients ? Les patrons m'avaient dit que l'heure de pointe était 7 h 30...
Oui. Ils sont au restaurant.
Je suis ici depuis une demi-heure et il n'y a personne.
Le restaurant c'est au sous-sol... ici c'est le café !
Ah ok personne ne me l'avait dit !
Elle se rend donc au resto, il y a effectivement des clients qui se servent eux-mêmes et beurrent leurs toasts. Pas de pub pour nos produits sur place ! Elle décide donc de proposer des présentoirs sur chaque table, comme au Pearl qui a aussi inscrit nos produits sur sa carte. Elle cherche un serveur, aucun de visible, bizarre avec tous ces clients...
Après renseignements : dans le prix de la chambre est compris le petit-déj' en buffet (toasts et boisson) ! Qui fera donc une commande supplémentaire pour des produits payants dont tous ignorent l'existence puisqu'ils sont exposés à la réception. Même si elle met des présentoirs, ils ne seront pas suffisants pour inviter les clients à commander car il faudrait être vraiment motivé par des croissants pour :
1. chercher un serveur
2. payer un supplément pour un produit inconnu
3. par des clients essentiellement indiens qui même très riches ne payeront jamais un produit en sup' dans un menu offert.

C'est'y pas Grut ça hein ?!

Et la suite en images :
grut, trop grut...grut : tirgrut : tir et pique-nique                                       Fête à Chidambaram Tamil Nadu

grut : goa-plage-sikh                                                    La meilleure tenue de Goa : sikhs en vacances

grut : vente de cannabis bhang                                     L'Inde interdit très sévèremment le cannabis
                              mais Shiva le dieu hindu est un fervent consommateur...
                                                      donc l'Inde en cultive...

Le bhang est du cannabis, sa vente est autorisée dans des magasins gouvernementaux dans les villes saintes hindoues comme ici à Varanassi. Il est parfois mélangé au lassi, attention !
En Inde, si vous êtes arrêté en possession de cannabis c'est la prison assurée pour plusieurs années sans espoirs de récupération diplomatique...

Jaipur poubelle                         L'éducation à utiliser une poubelle marche dans le quartier.
                      Regardez bien, les déchets ne se trouvent qu'autour du container !


Régulièrement, les éboueurs mettent le feu dans le fond des bennes. Les ordures se consument avec un max' de fumée puante et polluante. Un jour, la poubelle finit par exploser. Les gens continuent à y jeter leurs déchets. Les chiens, les vaches ou les recycleurs les tirent par le trou du bas plus facile d'accès ! Ce qui donne ce spectacle grut dans ce quartier cossu de Jaipur...

 

Vous avez saisi les différentes nuances du mot "grut" ? Super, c'est que vous n'êtes pas trop gruts !

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Published by sylveno - dans au jour le jour
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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 17:16

Après Goa, il fallait consacrer un article à l'état que nous préférons en Inde puisqu'on a choisi d'y vivre :
"Le pays des rois" !
Je ne vais pas vous refaire Wikipédia mais quelques chiffres seront sans doute parlants si vous voulez visiter le Rajasthan. L'erreur courante des touristes jamais venus est de dire "Nous allons visiter l'Inde" et ce en 3 semaines !

Inde :
un des plus grands pays du monde, 7ème avec 3 millions 287 mille 263 km2, à peine plus petit que les 27 pays de l'Union européenne réunis (4 millions 376 mille 780 km2)
Rajasthan carteRajasthan : sur cette carte j'ai noté les endroits les plus intéressants
Le plus grand état de l'Inde 10,4% de la superficie totale du pays 342 mille 239 km2, soit la moitié de la superficie de la France (675 mille 417 km2)

Donc visiter l'Inde revient à faire le tour de 25 pays européens...
Visiter le Rajasthan équivaut à visiter la moitié de la France...
En Occident c'est possible, en Inde n'y pensez même pas :
Delhi-Jaipur 258 km = 6 h de voiture ou de train
Lille-Paris 230 km = 2 h 30 en voiture, 1 h en train
Quant à la circulation en ville :
Paris : 2 millions 212 mille habitants, plus quelques chiens en laisse et des pigeons
Delhi : 16 millions 754 mille habitants, plus vaches, chiens, pigeons, quelques singes en liberté
Toulouse : 440 mille habitants, quelques chiens en laisse
Jaipur : 3 millions 711 mille habitants, vaches, taureaux, chiens, cochons, ânes, singes, paons, pigeons, chameaux, éléphants, chevauxânes Jaipurcochons

En France en ville, on circule à pied, en voiture, en bus, plus rarement en vélo, moto, scooter. Vous connaissez tous un périph' aux heures de pointe...
En Inde en ville, on circule à pied, en moto, en scooter, en voiture, en ricksha, en bus, en camion, en vélo, en charrette. Vous ne pouvez pas imaginer les rues des villes à n'importe quelle heure !pink-city Jaipur circulation Tenez compte de toutes ces données avant de vous lancer à la découverte ! Si vous ne disposez que de 3 semaines ne faites qu'une partie du Rajasthan : atterrissez à Delhi changez un minimum d'argent à l'aéroport (prévoyez 2 jours dans cette capitale au retour pour dévaliser Main bazar à Pahar ganj)
allez tout de suite à Bikaner-house, la station de bus directs pour Jaipur, il y a des Volvo toutes les heures pour 700 roupies
quelques jours à Jaipur qui est La ville des pierres et des bijoux
puis 3 endroits maximum en fonction de vos préférences.
Repartez par Agrâ (Uttar pradesh) car venir en Inde sans voir le Taj mahal c'est dommage mais une nuit et la visite au petit matin suffisent, le reste n'a aucun intérêt.

Pour bien choisir ce qui vous convient :
Le Rajasthan c'est d'abord
Le désert du Thar, pas un désert comme le Sahara, un désert peuplé.11 désert du Thar, BikanerSi ce sont les paysages qui vous branchent choisissez les alentours de Bikaner,Rajasthan 04 Shekawati le Shekawati où vous pourrez vous sentir Maharani ou Maharaja, puis Jaisalmer la ville dorée à la frontière du Pakistan, là où le Thar change de nom (il s'appelle le Cholistan au Pakistan).
Si vous voulez du calme après la frénésie de Jaipur, passez 2 jours à Pushkar, vous ferez le plein d'encens naturels, d'huiles essentielles et de confiture de roses, si vous y êtes en Novembre vous verrez des chameaux par milliers !
Rajasthan Pushkar 09 Descendez ensuite à Bundi pour y retrouver l'ambiance du "Livre de la jungle", il parait que c'est là que Kipling l'a écrit, puis visitez les 2 réserves : Ranthambor où vous pourrez voir des tigres comme à Bandhavgarhtigre Bandhavgarhgrues Bharatpur et Bharatpur pour ses oiseaux.
S'il fait très chaud préférez le Mont Abu 1200 m le plus haut sommet de l'Inde du Nord après l'Himalaya, la vue est superbe et les temples jaïns ont des intérieurs à ne pas manquer, trop n'est jamais trop en terme de décor pour les jaïns ! Ne croyez pas que c'est près d'Udaipur, la route est longue et ça grimpe !

Chaque endroit a sa particularité, pour les grandes villes nous avons déjà évoqué Udaipur pour la tranquillité autour du lac Pichola, Jodhpur 2ème plus grande ville du Rajasthan, célèbre pour ses maisons bleues, certains vous diront que c'est la couleur des brahmanes, d'autres que le bleu éloigne les moustiques, je n'ai pas réussi à savoir pourquoi dans cette ville là comme à Pushkar c'est bleu et pas dans les autres parce que des moustiques et des brahmanes il y en a partout ! Quant à Jaipur la capitale, elle fait l'objet du prochain article.

(suite dans "L'Inde dans tous ses états : Jaipur")

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Published by sylveno - dans voyage
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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 19:38

En France nous n'avons plus d'enfants-esclaves, dans le sens où on ne vend pas nos enfants à des marchands de tapis.

Certes, mais on les offre en patûre aux moules sociaux donnés par les médias vulgarisateurs à cause de nos propres névroses et de notre peur de la solitude. Ce faisant, on les "assassine" sexuellement, psychologiquement, émotionnellement...
Je peux l'affirmer car
à chaque séance de connaissance de soi, derrière l'adulte qui vient me voir, c'est un de ces ex-enfants que je rencontre !
Enoch pense qu'il y a des degrés dans la maltraitance et qu'il faut commencer par éradiquer le plus en allant vers le moins parce qu'on peut pas faire tout en même temps. C'est vrai que, quand un enfant est volontairement torturé physiquement, il y a urgence.

Pourtant pour moi, le pire est la torture insidieuse car elle n'est pas reconnue comme telle par l'entourage et l'enfant n'a alors que très peu de possibilité de résilience.

Au cours de ma carrière de psychothérapeute, j'ai accompagné des adultes ex-enfants ayant été réellement violés et/ou battus. Ils ont vécu des années d'horreur et de souffrance. Mais cela leur donne un support tangible dans leur travail de connaissance de soi  et leurs larmes peuvent sortir puisqu'ils savent que leur bourreau, c'est un de leurs parents même si souvent ils n'osent pas le nommer comme ça. Avec ce support bien déterminé, leur colère peut être trouvée, dite et enfin expulsée. Ils finissent par arriver à la résilience car ils ont pu rendre au coupable sa faute.

Lorsque j'ai affaire à des cas d'enfants martyrisés psychologiquement, il est plus difficile de se débarrasser de la culpabilité car le parent responsable n'est que rarement perçu directement comme bourreau. On a affaire là à des parents dits "normaux", souvent différents à l'extérieur de la famille, reconnus par leur entourage... Quand, dans un travail de connaissance de soi, un ex-enfant découvre que la cause de ses problématiques vient non de lui mais de son éducation et de sa promiscuité avec un ou des adultes non sains voir malsains, il n'a que le soutien de son thérapeute pour oser le voir et le dire. Comment reconnaître l'injustice, comment rendre à l'autre ses torts et ses tortures quand en face on vous assure que c'était avec de bonnes intentions, par amour ou par méconnaissance.? "C'est pas sa faute" ou "Ils ont fait du mieux qu'ils pouvaient" sont des phrases types de l'ex-enfant-martyr-psychologiquement. Moi, ça me rappelle les paroles des avocats pour expliquer que le meutrier récidiviste a vécu dans un mauvais environnement et qu'il n'est donc pas coupable.
Quand le bourreau la joue fragile, innocent ou malade, il utilise ce que j'appelle de la "violence douce", la plus terrible de toute, il faut être très sûr de soi pour la voir et ensuite pour la repousser. Ces enfants devront être vraiment très forts pour arriver à la résilience.

Or, comment être sûr de soi quand on vous a appris depuis tout petit que vos ressentis n'étaient pas justes, que vos paroles et vos désirs et vos émotions n'étaient pas bons, que même votre corps mentait, quant à votre intellect il était forcément nul puisqu'incomparablement inférieur à celui d'un adulte !
Je parlais d'horreur et de souffrances dans le premier cas, là j'ajoute doute et culpabilité. Car quand on est petit il y a des choses que l'on sent et que l'on sait mais on a si peur de l'adulte- bourreau en face qu'on essaie de se convaincre qu'il a raison puisque personne ne dit qu'il a tort. Certains enfants osent parfois en parler mais personne ne propose d'aide dans une société où deux axiomes de base sont : "Les parents aiment leurs enfants", "Personne n'a à intervenir dans les décisions parentales car les parents connaissent leurs enfants".
Observez vraiment autour de vous. Les humains, parents y compris, décident et agissent en se basant sur leurs problématiques pas en observant les enfants et leurs demandes.

En Inde, il est de coutume de faire des enfants pour s'assurer une vieillesse correcte, pour ne pas finir dans la rue quand on est plus capables de travailler et d'assurer soi-même sa survie. Là-bas un dicton trop commun dit "élever une fille c'est comme arroser le jardin du voisin" ils le disent, ils le savent, ils l'admettent. Mais ils oublient qu'une fille venant de chez leur voisin doit être élevée pour plus tard marier leur fils !
En France, combien de parents savent pourquoi ils font des enfants ? D'ailleurs souvent les parents disent qu'ils veulent un bébé...

"Vos enfants ne sont pas vos enfants
Ils sont les fils et les filles
De l’appel de la vie à elle-même.
Ils viennent à travers vous
Mais non de vous.
...
Vous pouvez vous efforcer d’être comme eux
Mais ne tentez pas de les faire comme vous.
Car la vie ne va pas en arrière,
Ni ne s’attarde à hier.
..."
(extraits d'un poème de Khalil Gibran)55-06 fête des pères
(à suivre dans "du côté des enfants part 5")

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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 17:54

Cet article est la suite des 2 précedents sur les enfants en Inde

Nous aurions pu adopter le même ton que pour les articles sur la condition des femmes en Inde. Beaucoup d'histoires sont aussi atroces et on a envie de hurler "stop ça suffit" et de se lancer comme Kailash Satyarthi dans le sauvetage de ces enfants-esclaves .
Mais on s'est un peu posé quelques questions : les enjeux au niveau global, les retombées pour les enfants eux-mêmes,
appliquées systématiquement ces actions commando nécessaires et efficaces n'engendrent-elles pas plus de problèmes que de solutions ?

Dressons d'abord un tableau de la situation et nos premières réflexions sur le sujet...


La loi actuelle en Inde :
depuis 2006 interdiction d'employer des enfants de moins de 14 ans dans hôtels et restaurants

depuis avril 2010 l'école est obligatoire et gratuite
 
chiffres : 
1 indien sur 3 a moins de 16 ans
1 milliard 210 millions d'habitants = 403 millions d'enfants (moins de 16 ans)
60 millions d'enfants au travail, dont 10 millions en servitude
20 millions travaillent en restauration et hôtellerie (1 million rien qu’à Delhi)

khajurâho village                   Ce petit garçon de 3 ans aide sa mère aux travaux des champs.

Mais il est indispensable de faire la part des choses entre exploitation des enfants et travail participatif à la vie de la communauté.
Les enfants qui aident leurs parents aux corvées domestiques,
ceux qui apprennent un métier dans l'entreprise familiale, enfants : à Pushkar                                       Très digne et maniant le marteau avec précision,
                                cette fillette vend ses louches à la foire aux dromadaires.
                                      Je boycotte car je suis contre le travail des enfants
                                      ou j'achète pour soutenir la famille financièrement ?


ceux qui contribuent à améliorer le sort de leur famille.
Ils sont fiers de trouver leur place parmi les leurs. Ce ne sont pas des enfants-esclaves.
Népal Swayambhunath                       Ces fillettes entretiennent les lampes du temple toute la journée.
                  Quand un côté est fait le troisième est à reremplir d'huile et à rallumer.

Les enfants-esclaves eux, paient une dette familiale. Ils peuvent être donnés en dot. Ils travaillent pour des patrons qui les battent. Les enchaînent, les mutilent pour qu'ils ne s'échappent pas. Les violent.
Ces enfants sont gravement atteints physiquement, affectivement, psychologiquement.



Le gouvernement indien a imposé aux écoles privées un quota d'enfants pauvres.
Espérons que certaines familles conservatrices, généralement les riches, accepteront que leurs enfants s'asseyent sur les mêmes bancs que des enfants de basse caste et ça c'est pas gagné. N'oubliez pas que le système des castes interdit par exemple à un intouchable de puiser au même puits qu'un membre d'une caste plus élevée, en cas de contact physique même accidentel ils doivent faire un rituel de purification...

enfants : recyclage à Paharganj Delhi               Des associations proposent aux enfants : recyclage l'après-midi et école le matin


Comment favoriser l’accès à l’éducation pour tous ?
adapter l’école aux besoins des plus pauvres ?

Comment lutter contre le sous-développement ?
Comment peut-on aider un gouvernement à mettre en place des stratégies sans imposer nos vues occidentales souvent stéréotypées et non adaptées ?

(suite dans "du côté des enfants part 4")
(explication des actions de Kailash Satyarthi et de ce qu'est la dette familiale dans de prochains articles)

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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 21:49

2è article sur les enfants en Inde

Pour savoir si les enfants indiens ont besoin de nous, il faut d'abord rencontrer ces enfants.
Jeannine décide de commencer par un orphelinat. Nous lui laissons le clavier...orphelinatLa cause des enfants

Sujet de réflexion vaste et exploitable à l'infini.
Pourquoi les enfants ?
Ce pourquoi il a fallu que j'y réponde avant de plonger dans l'ambiance des orphelinats de l'Inde. Des investigations dans ma propre enfance... pour ne pas projeter trop de vécus perso sur les enfants que je vais rencontrer. Les aborder avec émotion bien sûr mais dans l'écoute et l'attention à ce qu'ils sont eux.

Après maintes recherches sur internet, je jette mon dévolu sur un bus, facile à situer, qui s'occupe des mendiants de Jaipur. Ouvert de 14 à 16h... je décide donc de m'y rendre en début d'après-midi.
Après avoir parlé avec un docteur et un de ses assistants, ce dernier m'indique un orphelinat dans lequel je vais sans attendre.
Quelle n'est pas ma surprise quand je me heurte dès l'entrée à une grille fermée par une chaîne et un cadenas. Je sonne, une personne vient m'ouvrir et m'emmène voir le directeur. Je franchis une seconde grille fermée par le même dispositif.orphelinatRendez-vous est pris pour se voir deux jours plus tard accompagnée d'une personne s'occupant des enfants, française et maîtrisant bien l'anglais (chose que je ne fais pas)...
Nous voilà dans la salle de classe. L'intervenante française a prévu un cours de chant. Après avoir demandé l'autorisation, je m'installe au fond de la classe. Je me mets à chanter. Les enfants d'abord intrigués, m'adressent des sourires amusés, c'est à qui chantera le plus fort et un jeu s'installe entre nous.
L'enseignante indienne m'explique le programme scolaire : vaste et alléchant ! Yoga, méditation, apprendre à lire, à compter, à piquer à la machine, à dessiner des motifs à reproduire sur les mains avec du henné, à danser...orphelinatJe demande au directeur le pourquoi des grilles et du cadenas :
"- Les enfants s'échappent si l'on ne fait pas cela. Il faut les préserver de la prostitution, de la drogue, de la rue où ils sont nés et où ils ont leurs parents.
- Comment sont recueillis ces enfants ?
- Ce sont des personnes qui vont les prendre dans les rues.
- Qui ? Comment ?
- …"
Je n'obtiens pas de réponse.
Le directeur n'a qu'une envie c'est de me voir disparaître de cet endroit, je le mets mal à l'aise avec mes questions...
Il me propose de visiter une école en construction, orphelinat pour  filles. J'accepte car je pense qu'un peu plus loin de son lieu de travail il sera enclin à faire quelques confidences.
Mais non, très peu...orphelinatSon objectif est, je pense, d'obtenir des fonds pour finir sa construction.
J'ai quand même une révélation de taille : les enfants de ces orphelinats ne sortent jamais.
J'ai envie de crier ma révolte !
et tout me semble alors évident... les enfants se sauvent car :
Comment rester enfermé avec pour seule verdure un carré de jardinet encerclé par des bâtiments ?
Comment, quand on est né et que l'on a vécu dans la rue, peut-on se contenter d'un rectangle de ciel bleu ?
Qui de nous, occidentaux, pourrait se satisfaire d'un tel sort ?

Nous donnons, avec beaucoup de générosité certes, à des organismes s'investissant dans de tels projets... Avons-nous le droit de décider de ce qui est bien pour ces enfants sans nous être posé de vraies questions ? Avons-nous le droit de les couper de leur famille et de la rue, leur lieu de vie ? Leur éviter la mort en les privant totalement de liberté... N'y a-t-il pas d'autres solutions ?
Ce sont des questions auxquelles j'ai essayé de répondre personnellement...

Depuis que je suis rentrée en France, j'aimerais rencontrer des gens prenant du temps pour réfléchir à ce gros problème et non des gens me répondant « vite fait » qu'il n'y a pas d'autres solutions... Je me sens seule touchée par cette monstruosité : l'argent donne bonne conscience mais ne résout pas forcément les problèmes dans la durée...

Jeannine

(suite dans "du côté des enfants part 3")

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 13:12

premier article sur "les enfants en Inde"

Thème du voyage de connaissance de soi de février 2011 : la relation d'aide.


Qu'est-ce qui nous pousse à vouloir aider les autres ?
De quelle manière puis-je le faire sans accentuer mes névroses perso ?
Comment aider sans rendre l'autre dépendant ?
C'est quoi la priorité pour sauver la planète ?

Ce sujet est décidé suite aux questionnements de Jeannine à partir d'une action humanitaire en Afrique à laquelle elle a participé. Elle se sent attirée par les enfants et veut défendre leur cause.
En Inde rien de plus facile apparemment...
Déjà, des enfants on en rencontre partout. mendiants à JaipurDans les rues les enfants pauvres mendient, vivent et dorment sur les trottoirs,enfants : recyclaged'autres ramassent des déchets pour la filière recyclage. Dans les restaurants les enfants de la classe aisée se conduisent en petits animaux non dressés : bruyants, insolents, perso, désagréables, ceux de parents très riches nous accostent pour un exposé scolaire, leurs manières et leur anglais si stylés que j'ai honte de mon accent !enfants : broderie-soie Dans les usines on en voit brodant des tissus sur des machines plus grandes qu'eux,marionnettisteschez les marionnettistes ils peignent des têtes de poupées, dans les champs ils coupent le foin ou gardent les buffles, à la sortie des écoles tous habillés pareils, ils suivent leur maid ou s'engouffrent par dizaines dans les rickshas...

Alors quels enfants ont besoin de nous occidentaux ?
De quoi ont-ils besoin ?
Que pouvons-nous leur apporter ?

Voilà le cadre est posé... Ce sujet est beaucoup beaucoup plus nuancé que celui sur la condition féminine. Vous le verrez tout au long du développement. Si déjà cette entrée en matière vous inspire, n'hésitez pas à nous écrire, Jeaninne à qui nous céderons le clavier dans le prochain article, est encore à la recherche de gens que cette cause intéresserait.


(suite dans "Du côté des enfants part 2" où Jeannine vous raconte son enquête)

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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 19:30

suite des 4 précédents, dernier article sur la condition des femmes en Inde

Pour terminer cette sur une note optimiste :

                         Notre voisine porte son fagot, sa fille son livre de classe !enfants : apprentissageLe gouvernement commence à réagir devant les crimes d'honneur, pour le moment ceux qui ne mettent en cause qu'un couple seul, mais c'est un premier pas !
En mars 1991, Vijander de basse caste et sa petite amie Roshni issue d’une famille Jat, communauté de "haute caste", se sont enfuis pour se marier. Pensant que la colère de la famille s’était dissipée ils sont rentrés à Mehrana. Mais le conseil du village a ordonné leur meurtre ainsi que celui du cousin de Vijander, qui les avait aidés. Les trois ont été brûlés vifs, puis pendus. Le 14 novembre 2011 un juge a condamné leurs assassins : huit à la peine capitale et vingt autres à la réclusion à perpétuité.
Je ne suis pas "pour" la peine de mort mais il est temps que des juges commencent à prononcer des sentences sévères, la peur agira peut-être !

La maharani de Jaipur, Gayatri Devi (celle qui a écrit "Une princesse se souvient") avait déjà compris que la clé de la modernisation sociale passait par l'émancipation des femmes. En 1943, près de son "Rambagh palace", elle ouvre une école, la MGD, pour les filles "rajput" (haute caste très conservatrice). Ces femmes deviennent docteresses, scientifiques, écrivains... et sortent du purdah !
Aujourd'hui, une nouvelle loi datant d'avril 2010 rends l'école obligatoire et gratuite pour tous les enfants de 6 à 14 ans, le gouvernement indien a exigé que les établissements privés réservent 25% de leurs sièges aux enfants défavorisés. Il a aussi promis d'accorder un enseignant formé pour 30 élèves. Nous écrirons un article à part sur ce point "éducation" qui ne concerne pas que les filles mais qui est très important pour l'évolution de la société indienne.


Et le plus encourageant pour la fin : certaines femmes se rebellent. Sachant quels sont les risques, on peut dire "ça c'est des femmes qui en ont".
Le cas le plus célèbre est celui de Phûlan Devî même si elle meurt assassinée en 2001 sous pretexte qu'elle est de basse caste, elle est un exemple et un soutien pour toutes les indiennes oprimées : mariée à 11 ans, elle fait l'esclave pour son mari qui la bat et la viole régulièrement. Elle se révolte et s'enfuit. Elle est emprisonnée et violée. Après plusieurs rebondissements, elle réussit à venger toutes ces humiliations. Elle finit députée et lutte jusqu'à sa mort pour défendre les oppressés.
Le dernier cas médiatisé est celui de Rekha Kalindi que son père voulait marier à 11 ans (ce que la loi interdit depuis 1978). Elle a dit non. Il l'a enfermée et privée d'eau et de nourriture pendant des jours. Une chance qu'il ne l'est pas tuée. Maintenant, soutenue par l'Unicef, elle passe dans les écoles pour dire aux autres enfants que personne n'a le droit de les marier sans leur assentiment et surtout pas avant un certain âge.
Fin juillet 2011 a eu lieu à Delhi une "slutwalk". Une marche de femmes qui réclament le droit de s'habiller comme elles veulent. La réussite a été mitigée mais bon, c'est une première en Inde.
Actuellement sévit dans une campagne reculée de l'Uttar Pradesh un groupe de plusieurs centaines de femmes le "Gulâbî gang", le gang en rose (cette couleur n'est pas marquée politiquement en Inde !), créé par Sampat Pal Devî . Elles n'hésitent pas à utiliser des bâtons et d'autres armes paysannes pour faire respecter les femmes de la région. Dans le district (seulement ? eh oui) certaines lois sont changées ou renforcées pour aller dans leur sens.


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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 15:15

(Cet article est la suite des 3 précédents)


Quelques chiffres officiels en Inde :
             Une femme est violée toutes les demi-heures,
         une femme est tuée toutes les 75 minutes en moyenne.
mendiants à Jaipur
Maintenant, je vous propose un jeu.

Règle du jeu : Dans les affirmations ci-dessous cochez celles qui, dans le contexte exposé dans l'article précédant, correspondent à une infraction aux déclarations des droits de l'homme :

Me référant au "Dictionnaire de la culture juridique" de Feldman, un crime contre l'humanité est une "violation délibérée et ignominieuse des droits fondamentaux d'un individu ou d'un groupe d'individus inspirée par des motifs politiques, philosophiques, raciaux ou religieux".
Pour éviter que tout comportement criminel étatique puisse être qualifié à la légère de crime contre l’humanité, il faut qu'il s'agisse de crimes commis en exécution d’une politique étatique dont il faut prouver qu’elle est criminelle.
La Cour de cassation exige que pour être catégorisés crimes contre l’humanité les actes mis en causes le soient "au nom d’un État pratiquant une politique d’hégémonie idéologique". (je vous signale l'expression "patriarcat absolu". Juste comme ça... pour rien...)


Le "Statut de Rome" définissant les règles de fonctionnement de la Cour pénale internationale dit les choses ainsi :
Article 6 /.../on entend par crime de génocide l'un quelconque des actes ci-après commis dans l'intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel :
a) Meurtre de membres du groupe ;
b) Atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe ;
c) Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle ;
d) Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe ;
e) Transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe.
 

Article 7 /.../on entend par crime contre l'humanité l'un quelconque des actes ci-après lorsqu'il est commis dans le cadre d'une attaque généralisée ou systématique lancée contre toute population civile et en connaissance de cette attaque :
a) Meurtre ;
b) Extermination ;
c) Réduction en esclavage ;
d) Déportation ou transfert forcé de population ;
e) Emprisonnement ou autre forme de privation grave de liberté physique en violation des dispositions fondamentales du droit international ;
f) Torture ;
g) Viol, esclavage sexuel, prostitution forcée, grossesse forcée, stérilisation forcée ou toute autre forme de violence sexuelle de gravité comparable ;
h) Persécution de tout groupe ou de toute collectivité identifiable pour des motifs d’ordre politique, racial, national, ethnique, culturel, religieux ou sexiste au sens du paragraphe 3, ou en fonction d’autres critères universellement reconnus comme inadmissibles en droit international, en corrélation avec tout acte visé dans le présent paragraphe ou tout crime relevant de la compétence de la Cour ;
i) Disparitions forcées de personnes ;
j) Crime d’apartheid ;
k) Autres actes inhumains de caractère analogue causant intentionnellement de grandes souffrances ou des atteintes graves à l’intégrité physique ou à la santé physique ou mentale.

 

De son côté la "Déclaration et programme d'action de Vienne" annonce comme principes généraux des droits de l'homme :
sec° 1
5. /.../S'il convient de ne pas perdre de vue l'importance des particularismes nationaux et régionaux et la diversité historique, culturelle et religieuse, il est du devoir des États, quel qu'en soit le système politique, économique et culturel, de promouvoir et de protéger tous les droits de l'homme et toutes les libertés fondamentales.

8. /.../La démocratie est fondée sur la volonté, librement exprimée, du peuple qui détermine le système politique, économique, social et culturel qui sera le sien et sur sa pleine participation à tous les aspects de la vie de la société. Cela posé, la promotion et la protection des droits de l'homme et des libertés fondamentales, aux niveaux national et international, devraient être universelles et se réaliser sans l'imposition d'aucune condition. La communauté internationale devrait s'employer à renforcer et promouvoir la démocratie, le développement et le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans le monde entier.

15. Le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales sans distinction aucune est une règle élémentaire du droit international en la matière. Éliminer rapidement et intégralement toutes les formes de racisme et de discrimination raciale, ainsi que de xénophobie, et l'intolérance dont elles s'accompagnent, est pour la communauté internationale une tâche prioritaire. Les gouvernements devraient prendre des mesures efficaces pour les empêcher et les combattre. Les groupes, institutions, organisations intergouvernementales et non gouvernementales et les particuliers sont instamment priés de redoubler d'efforts pour lutter contre ces fléaux en coopérant et coordonnant les activités qu'ils déploient à cette fin.

18. Les droits fondamentaux des femmes et des fillettes font inaliénablement, intégralement et indissociablement partie des droits universels de la personne. L'égale et pleine participation des femmes à la vie politique, civile, économique, sociale et culturelle, aux niveaux national, régional et international, et l'élimination totale de toutes les formes de discrimination fondées sur le sexe sont des objectifs prioritaires de la communauté internationale.
Les violences qui s'exercent en fonction du sexe et toutes les formes de harcèlement et d'exploitation sexuels, y compris celles qui sont la conséquence de préjugés culturels et d'une traite internationale, sont incompatibles avec la dignité et la valeur de la personne humaine et doivent être éliminées. /.../
Les droits fondamentaux des femmes doivent faire partie intégrante des activités de l'Organisation des Nations Unies dans le domaine des droits de l'homme, qui doivent inclure notamment la promotion de tous les instruments en la matière qui concernent les femmes.

 

La Conférence mondiale sur les droits de l'homme demande instamment aux gouvernements, aux institutions, aux organisations intergouvernementales et non gouvernementales d'intensifier leurs efforts en vue de protéger et de promouvoir les droits fondamentaux des femmes et des fillettes.
sec°2 B. Egalité, dignité et tolérance
1. Racisme, discrimination raciale, xénophobie et autres formes d'intolérance

19. La Conférence mondiale sur les droits de l'homme considère que l'élimination du racisme et de la discrimination raciale, en particulier sous une forme institutionnalisée comme l'apartheid ou résultant de doctrines fondées sur la supériorité raciale ou sur l'exclusion, ainsi que d'autres formes et manifestations contemporaines de racisme, constitue un objectif primordial de la communauté internationale et d'un programme mondial de promotion des droits de l'homme. /.../

20. La Conférence mondiale sur les droits de l'homme demande instamment à tous les gouvernements d'agir sans attendre et d'élaborer des politiques vigoureuses pour prévenir et combattre toutes les formes et manifestations de racisme, de xénophobie et d'intolérance, en adoptant, si nécessaire, une législation appropriée prévoyant des mesures pénales et en créant des institutions nationales pour lutter contre ces phénomènes.

22. La Conférence mondiale sur les droits de l'homme demande instamment à tous les gouvernements de prendre toutes les mesures appropriées en application de leurs obligations internationales et compte dûment tenu de leurs systèmes juridiques respectifs pour contrecarrer l'intolérance fondée sur la religion ou les conviction et la violence dont elle s'accompagne, y compris les pratiques discriminatoires à l'encontre des femmes et la profanation des sites religieux, en reconnaissant que tout individu a le droit à la liberté de pensée, de conscience, d'expression et de religion. Elle invite également tous les États à mettre en pratique les dispositions de la Déclaration sur l'élimination de toutes les formes d'intolérance et de discrimination fondées sur la religion ou les convictions. 

 

Pour le moment moi, j'ai 51 cases cochées, et vous ? 

 

On peut encore charger autant qu'on veut mais est-ce utile ? Vous pouvez trouver facilement sur l'internet le texte complet du Statut de Rome, de la DPAV, des Pactes internationaux divers relatifs aux droits économiques, sociaux, culturels, civils, politiques et d'autres textes analogues.

 

Ces info vous touchent, vous scandalisent, "partagez" ces textes...
Vous avez des compétences, mettez-les en oeuvre
Vous pouvez agir,
Vous avez des connaissances, faîtes-les intervenir
Contactez-nous

(à suivre dans "Naître dans une rose en Inde part 5)

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