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  • : La vie au jour le jour en Inde, les voyages de connaissance de soi que nous proposons dans ce pays si différent de la France, toutes les réflexions qui nous viennent dans nos différentes expériences en comparaison avec ce que nous vivons en France.
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10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 18:08


Udaipur lac Pichola

Ô miracle,  Alléluia,  Hourra,  Mazel tov !

on a enfin découvert en Inde une ville que nous pouvons recommander : Udaipur.

udaipur notre hôtel

 

C'est magique, beau et tranquille. Bon d'accord tout est fait pour les touristes mais ça n'empêche.

Nous avons passé 5 jours de repos la semaine dernière dans cette magnifique cité à l'architecture préservée.
Faut dire que le maharana se donne du mal pour entretenir son ex-ville dans sa splendeur passée du moins autour des lacs parce que ailleurs, c'est comme partout, tout est détruit et tout le monde semble n'en avoir rien à foutre.
Mais au bord des lacs donc, et sur à peu près 300 m autour, c'est à peu près paisible (la nuit aucun bruit sauf les grillons et les crapauds) et un peu propre (ils balayent les rues tous les jours) et un effort est fait pour tenter de préserver l'architecture rajasthanaise.

udaipur-marche.jpg

Notre plan est de faire une course-poursuite dans et autour de la ville, d'apprendre à Jeanine à poursuivre et ensuite à créer une course pour s'amuser et amuser les autres... Pour ça il faut connaître les lieux.
On a commencé par des repérages en ville, avec des plans, la boussole est devenue une amie !
À cheval Jeanine a commencé à découvrir la campagne, maintenant on passe un cran au-dessus :
la découverte de la montagne...

Puis nous sommes allés acheter un sari pour le mariage de Pritam le 7 à Jaipur.

udaipur sari 2udaipur sari 1

udaipur sari 3udaipur sari 4

Nous visitons un gîte (24°33'37.30" N / 73°39'17.70" E) bien connu comme base de départ pour les rando. Pierce, le proprio, est d'origine britannique. C'est marrant parce que nous avons vraiment eu l'impression d'être à l'époque des colonies. Pierce est super convivial et le soir, nous nous installons autour d'un verre de whisky pour nous lamenter sur l'Inde détruite et polluée par la population qui se montre irresponsable et sur les indiens qui font de bien piètres employés et des associés peu fiables parce que trop égocentriques. Nous en profitons pour lui demander comment il recrute ses employés. La réponse est simple et correspond à ce que nous pensions … : "J'emploie que des népalais".
Si des indiens nous lisent, à bon entendeur...

À côté de ça, il milite activement pour une association d'orphelins et publie des livres remplis de magnifiques photos de la région et des gens et c'est cela qui rappellent les coloniaux et font tout le charme du personnage : cette dichotomie entre la lucidité d'un jugement issu d'une longue fréquentation allant de paire avec le ras le bol des locaux qui ne comprennent pas, ne changent pas, ne se responsabilisent pas et en même temps l'humanisme à leur porter secours pour les sauver de la pauvreté, de l'ignorance, de l'acculturation.

En tout cas, le lieu se prête parfaitement à être une base de départ.

Le lendemain, et pour se mettre en train, Jeannine et moi (Alain) nous intégrons dans une randonnée avec un guide et deux autres femmes. Des australiennes qui ont réservé depuis quelques jours...

... (la suite dans "Perdus dans la montagne") ...

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10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 17:59

Alors voilà comme promis, petite digression sur les lois indiennes. Il y a loooonngtemps, lors de nos premiers voyages dans les Indes Orientales, nous avons interrogé des gens sur leur façon de conduire, à nos yeux plus que surprenante.
Pour faire court disons que la réponse systématique était des yeux exorbités d'incompréhension.
À la question comment tu obtiens ton permis :
"Il faut payer. Un flic te regarde, tu montes dans une voiture et puis si tu arrives à démarrer sans caler et à rouler quelques mètres, c'est bon".

Devant donc nous rabattre sur l'observation pure (comme toute science exacte qui se respecte), nous en avions conclu quelques règles élémentaires :

♦ Tu roules au milieu comme ça tu risques pas de te prendre un gadin à cause d'un trou ou d'un chien qui somnole (on devrait être sur la gauche !)

en voiture protégés par Ganesha

♦ Tu as priorité si tu es plus gros ou si tu fais le mieux semblant de rien avoir vu.
circulation MI road

♦ Si un autre véhicule ou un mobile quelconque d'ailleurs se pointe en face, éventuellement, tu peux te ranger un peu vers plus ou moins ta gauche sauf si ton klaxon est plus puissant que l'autre dans ce cas, tu changes rien. Sauf pour les éléphants.

♦ Les marques au sol ? Quelles marques au sol ? Y'a des marques au sol ?

♦ Si tu aperçois un être vivant quelconque dans ton champ de vision, que ce soit devant, derrière, sur les côtés, et même si il avance tranquillement droit devant lui sur le trottoir, TU KLAXONNES

♦ Lorsque tu veux doubler, TU KLAXONNES SANS T'ARRÊTER et une fois l'idée en tête, tu l'exécutes immédiatement et surtout sans rien changer parce que tout le monde sait bien qu'il n'y a rien de plus dangereux qu'un conducteur hésitant.camion dangereux

♦ Si quelqu'un veut te doubler, tu le sais parce qu'il n'arrête pas de klaxonner en te collant sur un des côtés, gauche ou droite d'ailleurs peu importe. Surtout ne change rien et continue à foncer et c'est d'ailleurs probablement le signal que là ici à cet endroit maintenant il est possible de doubler. Revenir alors à la règle précédente.

♦ De nuit, il vaut mieux mieux-voir-on-sait-jamais que de moins bien voir. Donc tu mets les grands phares et ça a en plus l'avantage d'écarter de ta trajectoire les importuns qui auraient l'audace de rouler la nuit. Toute façon, il est bien trop dangereux de lâcher le volant pour changer les phares surtout la nuit, tu te rends pas compte.

♦ À un carrefour si tu vas tout droit tu changes rien mais quand même tu peux klaxonner plus que d'habitude c'est plus prudent. Si tu tournes d'un côté ou de l'autre, coupe la route au maximum et le plus vite possible pour encombrer le carrefour le moins longtemps possible et klaxonne bien sûr sinon personne ne peut savoir que tu as la priorité.

♦ À un feu tricolore : Rouge, ça dépend. Si le feu est face à toi tu t'arrêtes. Ça c'est partout pareil. Si c'est le rouge des autres branches du carrefour : commence à avancer. Le jaune c'est "va plus vite tu vas rester coincé par les autres de côtés qui commencent à avancer". Le vert c'est rien de spécial, pourquoi ?

♦ Enfin c'est un peu spécial en fait il y a des feux qu'on peut suivre et d'autres qu'on peut ne pas suivre mais ça c'est la subtilité et le mystère de la civilisation orientale.

♦ À un rond-point tu fais comme à un carrefour.

♦ Aaahh ces marques au sol là ? Des dessins rituels pour les mariages ou la fête-à-Ganesh pourquoi ?

♦ Si tu vois devant toi un vélo livreur surchargé qui a du mal à avancer et qui te bloque, donne des coups de pieds dedans, ça aidera peut-être.

♦ Bus. C'est les plus gros alors ils ont tous les droits. Les chauffeurs ne connaissent que l'usage de l'accélérateur et à cette vitesse ils ont du mal à intégrer en plus l'usage du volant et du frein. bus dangereux

♦ Prends toujours le plus court chemin : sur un périph' ne va pas à l'embranchement suivant pour faire demi-tour, perte de temps et de carburarant, prends la voie en sens inverse !

2 voies

 

2 voies moto3 mn d'arrêt sur cette 2 voiesAprès "l'accrochage en scoot", j'ai fait une petite recherche auprès du site de la "Traffic Police Jaipur City" et Ô surprise, il y a bel et bien un code de la route (Rules of the road regulation 1989, facile à trouver sur l'internet) et même que c'est le même qu'en France enfin que partout quoi. Sauf qu'ils roulent à gauche mais là les malheureux, on ne peut pas leur en tenir rigueur ils n'ont pas choisi, c'est à cause des anglais...Tout pareil qu'en France puisqu'ils ont même une bizarrerie : ils ont la priorité à droite alors qu'ils roulent à gauche.
schéma des rond-pointsIl y a quelques pays comme ça qui roulent d'un côté et ont la priorité de l'autre. On s'y habitue bien et je commence à penser que c'est même plus malin. Je mets ce texte en ligne début mars. Huit semaines après, Sylvie ne peut toujours pas utiliser son épaule. Je vais pas laisser passer ça. Je vais faire tout ce qu'il est possible pour que ce genre de chose n'arrive plus.

 

stop ! J'hésite de moins en moins à "faire le flic" même si en France je déteste ceux qui le font mais là, cils en font quand même trop même pour un chaotique comme moi. Par exemple, sur une route à vitesse réduite pour cause d'encombrement, si je me trouve face à une voiture qui franchit la ligne continue, je m'arrête face à elle juste au ras de la ligne et je regarde le conducteur droit dans les yeux sans rien dire sans bouger avec un air de tête à claque. Si il fait semblant de pas comprendre et de commencer à râler, je montre la ligne "the lane, the lane" (En fait ça arrive plusieurs fois par jour mais les réflexes d'évitement empêchent la plupart du temps de réagir en "flicage") il est bien obligé de reculer même si c'est en râlant. Je suis certain qu'il pense du mal de moi du genre "Sale étranger on les accueille gentiment, et ils se croient chez eux en voulant nous apprendre à conduire" mais je m'en fous.

J'ai découvert qu'il y a même des associations qui essaient de promouvoir le respect du code ! Dès que l'entreprise me laisse un moment, je les contacte et je deviens militant. code affiché un peu partout

 

 

En plus de l'évidente pétition mensuelle au ministre pour exiger le respect du code tolérance zéro, j'ai quelques petites idées de base plus faciles à mettre en oeuvre que je commence tout de suite : imprimer des petits papiers avec des règles élémentaires facilement compréhensibles par n'importe qui et de toujours en avoir dans la poche. Si je tombe sur un qui exagère vraiment, je m'énerve pas non, je lui donne tranquillement un papier et même je pourrais essayer de le faire avec le sourire puisque je sais que là, j'ai gagné

 

 

 

 

L'état des routes n'arrange rien aux problèmes de code. "Nids de poules", qui ici ont la taille d'un trou pour autruche, pierre, ouvertures pour réparation jamais signalées, égoût sans couvercle...


d-o road

Ajoutez les divers animaux circulant librement :
cochons, vaches, ânes, chiens...

 

 

 

 

 

 

 

Quant aux piétons !
rue inde (2004)

Cet après-midi je n'en pouvais plus de conduire ici, c'était encore pire que d'habitude, il ne faut vraiment pas que j'aille en centre après 15H ! J'ai tenu tête à une moto qui bien sûr roulait à droite donc avec laquelle je me suis retrouvé face à face. On a ça régulièrement avec les bus et les voitures mais comme c'est le plus gros qui gagne on est obligé de s'arrêter ou de se jeter sur le côté...
"No rules" ils disent mais il y a des jours où c'est pas rigolo. J'ai déjà vu plusieurs accidents dont 2 mortels et ça remue...

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10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 17:21

transport de fleurs
Je (Sylvie) me suis faite accrocher en scooter par une voiture, quel stress !
Heureusement rien de grave :
Enoch est à l'arrière du scooter, on rentre d'une balade à Central park, dans un rue pas du tout embouteillée. Un conducteur qui, comme d'hab', ne connait pas la taille de sa voiture, s'est carrément rabattu sur moi et a accroché le guidon.
Enoch a les jambes plus longues que le scooter, il nous stabilise avec ses pieds.

Je louvoie encore sur quelques mètres et finis par freiner à quelques centimètres d'une benne à ordure.

Je sens tout de suite que j'ai les épaules bousillées. Enoch descend et me demande si ça va puis regarde vers la voiture qui continue sa route.

"Descends, vite, descends, donne-moi, le scoot"
En démarrant : "Le salaud"

Je suis choquée et le vois partir à fond à la poursuite de la voiture. Moi, j'ai besoin de rentrer à la maison pour me cocoonner mais je sais qu'il va falloir attendre pour ça.

Je (Enoch) vois la voiture tourner au bout de la rue. Flash sur les caractéristiques.
Blanche.
4x4.
Arrière carré.
Galerie sur le toit.

Je sens l'adrénaline qui monte.

Je débouche de la rue juste à temps pour le voir à nouveau tourner au bout de la rue suivante que je connais bien puisque c'est justement celle qui passe devant notre appart'. J'accélère. Je suis juste derrière. Coup d'oeil devant. Je peux doubler. J'accélère encore et me retrouve devant. Je fais signe arrête avec la main et lui fais une queue de poisson puis je stope. J'arrête le scoot et me dirige vers le chauffeur.

"Fuck ! How are you driving asshole. Et en plus tu t'arrêtes même pas pour seulement t'excuser ! Sors de ta voiture. J'appelle les flics. T'as vu ce que t'as fait à ma femme ?"

Les indiens balisent quand on les accuse d'avoir fait quoi que ce soit à une femme.

"On va chez la police." "Où il est ton permis connard ?"

Je l'assaille volontairement pour ne pas lui laisser le temps de réfléchir.

"Ouvre ta porte. Et descends. Montre moi ton permis."

Il descend mais ne montre pas son permis. Les badauds commencent à s'agglutiner.

"Ok, on monte en voiture et on va chez les flics."

"No sir please, not the police, I apologize. Sorry sorry"

"Bon, je note le numéro et j'y vais avec ou sans toi".

Je regarde ostensiblement la plaque et répète le numéro à haute voix. Le grut continue à s'excuser. Je sais très bien que je n'aurai rien de plus. Je fais un signe de mépris et monte sur mon scoot tout en répétant le numéro à haute voix. Je vais quand même au poste de police le plus proche.

Je suis accueilli par un officier qui me fait attendre puis pendant qu'un autre remplit un papier il part en moto chercher Sylvie. Il revient un moment après sans elle. Pourtant, c'est la rue d'à côté. Bof, peut-être qu'elle est rentrée à la maison. Nous partons ensemble mais non, Sylvie est bien là au bord du trottoir. Voyant qu'elle a très mal aux épaules, il fait venir une ambulance pour une expertise médicale qui complétera son rapport. Nous sommes étonnés de toute cette diligence mais...
il n'y aura aucune suite.

3 jours difficiles pour dormir et m'(Sylvie) habiller mais ça va mieux.

J'avais commencé des exercices pour
scooter-zoé
renforcer mes cervicales
(usées par l'âge m'a-t-on dit, bouh…)
j'ai rajouté des trucs pour la souplesse
des épaules !

J'espère que je vais rouler de nouveau en scoot sans peur ! C'est une telle indépendance face à ces rickshavala exigeants...

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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 16:16

Nous venons de rentrer de Delhi.

Il a bien fallu se décider à se coltiner "la corvée de l'auditor".

L'an dernier, nous avons pris un auditor (une espèce de comptable homme de loi quasi obligatoire pour se sortir des méandres légaux). Sa mission est de monter le dossier de dépôt de l'entreprise et on lui a versé une avance. En un an il n'a pratiquement rien fait. À peine arrivés, quelques jours pour souffler à Jaipur et nous voilà repartis à Delhi en chantant "I've got the power!"

L'auditor n'est pas ravi-ravi d'apprendre que nous sommes là "pour de vrai" et que nous voulons le rencontrer. Il finit quand même par accepter de nous recevoir à son bureau.
D'emblée nous lui réclamons le peu de feuilles que peut contenir le dossier et un remboursement de 70 % de l'avance (7 000 रू). Ils se mettent à deux pour essayer de nous dissuader mais nous tenons bon. Enoch finit par se lever. Je le suis. On est comme les équipes de policiers dans les films, on a un jeu d'acteurs assez au point !
— "Vous avez jusqu'à demain pour réfléchir après on fait intervenir l'anti-corruption !"

Le lendemain :
— "OK, on a attendu un jour de plus alors c'est 10 % de plus. 8 000 रू  !"
Ils nous font signer un papier, la main de l'auditor tremble en écrivant. De rage, de frustration ? mais on repart avec nos 8 000 रू .
Yyeeesss ! comme quoi, même avant Anna Hazare (2011) parler de lutte contre la corruption ça marche !

La création d'entreprise est un long parcours semé d'arnaqueurs, on doit s'entourer d'avocat, d'auditor et prendre vraiment beaucoup d'infos… on finit par trouver ici à Jaipur un auditor à peu près sérieux. "À peu près" parce que un jour il dit une chose et après s'être renseigné, il se dédit. Mais c'est apparemment le mieux qu'on pourra obtenir.

Selon le savoir-vivre indien, la loi est quelque chose de très lointain et d'assez hypothétique. Tout se base sur des suppositions et ce n'est que confronté à la réalité bureaucratique que les "sopposés-savoir" se rendent compte que finalement...
Celui-là en tout cas est recommandé par Ashok le bijoutier qu'on connait depuis notre 1° séjour. Ashok d'ailleurs est le partenaire indien muet de l'entreprise car toute entreprise doit avoir au moins un pour cent du bureau en indien.
Ce nouvel auditor nous dit que l'entreprise pourrait être fonctionnelle en 1 ou 2 mois. Let see...

Comme un signe que ce sera beaucoup plus long, à la sortie de Delhi on a 3 h de bouchon en plus des 5 h de route. On a faim et on en a marre !
Ceci dit nous ne revenons quand même pas bredouilles. On profite des roupies récupérées pour acheter des pâtisseries françaises à l'Imperial un "5 étoiles". Ils ont un chef français... ou belge, l'hôtesse n'était plus sûre mais pour elle c'est pareil, on est tous des "westerns". Dans cette pâtisserie ils font un happy-hours. Le soir les gâteaux sont à moitié prix. Avec la clim du bus tout a bien résisté jusqu'à Jaipur et avec Zoé on s'est régalé de mille-feuilles, éclairs et baguettes.

Nous commençons à chercher une imprimante. Rémi nous a fait une recherche internet pour nous conseiller le meilleur modèle correspondant à nos besoins. Zoé et moi explorons Raiser bazar pour trouver un modèle laser couleur qui ne soit pas un fake ce qui n'est évident ici. À Raiser, c'est tous des magouilleurs. Ils n'hésitent parfois même pas à carrément vous rire au nez en vous vendant une daube. Il faut être très attentif et ne pas perdre courage.
Après trois jours d'exploration, nous trouvons enfin notre affaire mais ça demandera deux jours de délai. Nous donnons l'avance de rigueur et attendons.
Le troisième jour, sans nouvelle –bien sûr– nous téléphonons. Vu qu'on est un vendredi –bien sûr– ça devra attendre lundi.
— Bon je retiens cent roupies par jour de délai supplémentaire. D'accord ?
À notre grande surprise, il répond
— D'accord
Pour finir, l'imprimante est arrivée le mardi –bien sûr– et lorsque les livreurs nous demandent le solde, nous retenons donc deux cents roupies. Grosse discussion au téléphone avec le boss qui dit ne jamais avoir dit qu'il accepté cent roupies de moins par jour –bien sûr– mais bon, ils n'allaient pas nous braquer pour les avoir les deux cents roupies.

Tout demande un temps fou ici, on a des journées de dingues. Et souvent on a l'impression de rien faire car il y a plein d'attente partout.

Quoi qu'il en soit, on a commencé à visiter des terrains et on se rend compte que c'est plus cher que ce que nous pensions d'après notre enquête de l'année d'avant.
On a peut-être trouvé quelque chose qui semble convenir mais maintenant commencent les difficultés administratives :
On enrage de voir comment le gouvernement est trop surprotecteur avec les indiens. Ils veulent entrer dans la ronde de l'OCDE mais pour ça, excusez-moi, il faudrait qu'ils sortent leur tête de leur c...
Les "foreigners" n'ont pas les mêmes droits que les indiens. Ok c'est normal. Et puis c'est normal aussi d'essayer d'éviter la main mise des occidentaux riches sur le marché local d'autant que depuis quelques années l'Inde se taille la réputation d'être la prochaine nouvelle puissance mondiale, mais là ils poussent quand même un peu trop.
Un exemple parmi de multiples : il est impossible à des non-indiens de vendre directement à des particuliers.

Enfin bref, ça fait rager mais c'est comme ça.
Pour le "point chaud" c'est foutu. On va devoir trouver un partenaire local. Ça implique d'expliquer chaque choix avant action. Sachant comment il est difficile de faire comprendre une nouvelle stratégie marketing, ça ralentit d'autant les actions-éclairs qui font toute l'efficacité du concept.
Ces choix politiques du gouvernement sont quand même un gros frein à un développement économique local générateur de richesses et créateur d'emplois.
Je voudrais voir la tête du premier ministre indien si l'Europe décidait de fermer tous les restau' indiens tenus par des indiens.
Manmohan Singh si vous nous lisez...

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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 16:14

l'appart'La rue de l'appart' est une impasse, donc c'est calme. Elle aboutit à une "rivière", endroit où toutes les évacuations d'eau se rejoignent (mais ça ne sent pas). En face il y a une école et sa cour est dans la rue. Notre vie se rythme sur les cris des enfants en récréation ! Bonjour le dépaysement pour moi... quoique les jeux ne sont pas les mêmes, ça ressemble plus à il y a 100 ans en France : bâton avec un cerceau (roue)... et cricket ça on n'a pas chez nous.

Comme l'appart' est grand pour l'instant on cohabite sans problème. Zoé toute seule depuis un moment a pris des habitudes de célibataire mais le changement se passe bien.

 

Nous avons une bonne connexion internet et chacun un ordi…  Enoch à l'apart'Donc chacun son espace ! On peut aussi avoir Rémi au tél puisqu'il peut nous appeler gratos avec le forfait free.

 

C'est en plein centre de Jaipur, juste au-dessus d'une salle de muscu', c'est pas du kravmaga pour Enoch mais c'est mieux que rien. rue-subashmarg-gym





Dans la rue voisine il y a le magasin le mieux achalandé de toute la ville : le shopper paradise, rien que le nom ça fait rêver... ou kitsch ! Dès qu'un produit d'import apparait sur le marché, ils l'ont... ça a la taille d'
une superette. Il n'y en a pas d'hypermarché où on trouve de tout comme chez nous en France plutôt quelques grands magasins comme le Big bazar où il y a nourriture et vêtements et une galerie marchande regroupés dans un mall.

Je trouve de très bons légumes et fruits dans la rue voisine.c-scheme-shopping Il y a aussi un vendeur de laitdudh-wala de c-schemeun barbier07 enoch chez le barbieret un dhobivala pour le linge. Bref on a tout !

 

Le week-end même de notre arrivée, il y a un festival des agents immobiliers.
Si c'est pas un signe ça !
Du coup on a plein de contacts pour la semaine prochaine ! visite, visite et encore visite de maisons à acheter...



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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 20:20

On atterrit en fin de mousson. La pluie tombe comme s'il faisait de l'orage, mais toute la nuit. A Delhi l'humidité s'allie à la pollution dans un mélange parfois effrayant. Dans Main bazar, il y a des travaux de rénovation des égouts. Le summum ! La rue est boueuse, dégoulinante de crasse.
Au matin, nous trouvons un vieux mendiant mort dans la ruelle en face de l'hôtel. Il a bavé du sang. Apparemment, sa tuberculose n'a pas supporté la saison...

Nous voilà à Jaipur. Le sac de provisions est sur les épaules d'Enoch. Zoé nous fait visiter l'appartement et ne capte pas tout de suite qu'Enoch ne lâche pas son sac. Puis enfin :

  Mais qu'est ce que tu fais enfin, pose ton sac.
— Non.
— Comment ça non ?
— Non. C'est le sac de "denrées", je le garde.
— Les denrées (rire), chouette allez fait péter le sac !
— Combien tu me donnes ?
— Quoi ? Allez, fait péter !
— Combien tu me donnes ?
— Ben, heu, j'ai trois roupies là...
— Peuh, rajoute au moins 6 zéros.
— Allez maman, dis que'qu' chose quoi...
— Aaah débrouille toi...
— Non mais allez lâche ce sac quoi !
— Bon d'accord, je le pose mais crois pas, c'est juste parce que c'est lourd.
Il le descend de son dos et s'assoit dessus.
— Alors, qu'est-ce que tu me donnes ?
— ...
— Bon, c'est dit, je préfère le donner à des mendiants que de te le donner pour rien.

Il s'enferme dans la chambre, enfin presque !donne !
Dès qu'il entrouvre, Zoé s'accroche au sac et le voilà à tirer les deux, le sac et Zoé à travers l'appartement dans un grand rire jusque sur le balcon (on est a 2e étage).

(en haletant) — Je le jette si tu me payes pas pour l'avoir.
— Tu vas finir par casser la bouteille de vin !
— Donne !
— Jamais !
Ça fait 7 000 kilomètres que je traîne ce sac c'est pas pour le lâcher maintenant.
Il essaye de le lever pour faire semblant de le jeter par-dessus la balustrade mais, trop mort de rire, il n'y arrive pas.
— Mmmouais bon allez, tu partageras hein ?

Ouverture du sac et découverte des trésors. Cuisses de canards confites, boudins de canards, cous de canards farcis, foie gras, porc (offert par Janine) et... le Sauternes !

Vous devez vous demander pourquoi elle attend avec une telle envie la nourriture française alors qu'il y a de bonnes choses à manger en Inde. C'est parce que vous n'avez pas été expat' ! Un mois au régime indien c'est délicieux, une année et on en a marre du trop de piment, du manque de diversité surtout !

Je vais vous donner quelques exemples de ce dont, j'en suis sûre vous n'avez pas conscience !

viande :
En Inde, poulet et chèvre/mouton (ils ne font pas la différence) quand vous n'êtes pas dans un "pur vég'" resto. Ils découpent des cubes en vrac et cuisinent le tout dans des sauces différentes. Nous avons fini par trouvé du boeuf à Jaipur, en 2011, plus exactement du buffle, vache "sacrée" oblige ! Mais pour arriver à quelque chose de comestible il faut être persévérant : les bouchers découpent tout à la hache "à l'arrache" sans enlever facias, tendons, os. Je les ai surnommés les bourreaux. 11-09-15 bouchère à l'indienne !On ne connait pas la partie qu'on achète, faut-il la griller ou la mijoter bouillie ? Après de nombreux essais, on a compris que le mieux est d'acheter une grosse pièce donc identifiable, pour ça il y a des heures à connaître. Ensuite armée d'une hache de précision Zoé a appris à décortiquer la barbaque ! 11-09-15 bouchère

 

 

 

 

On aura tout fait dans ce pays ! Nous avons donc au congél' des steaks hachés, des tranches à griller et du pot au feu et presque autant de déchets pour les animaux ! Vous nous direz "pourquoi vouloir de la viande dans un pays de vég' ?" Eh bien détrompez-vous, les hindous ne sont tenus au végétarisme que s'ils sont de la caste des prêtres. (J'écrirai certainement un jour un article sur les castes) Les sikhs, les musulmans et toutes les autres castes mangent de la viande (qui doit souvent être tuée d'une certaine façon).
En France, boeuf, volailles diverses, porc, poisson, mouton, cheval, agneau, lapin, fruits de mer... qu'il est possible d'acheter frais bruts chaque partie bien identifiée mais aussi sous des formes travaillées : saucisses, jambon, foie gras, lardons, magrets truffés, saucissons d'âne, boudins, pâtés...

produits laitiers :
En Inde on trouve des lassis (sorte de "Yop"), Barfivala-varanassi.des barfis (gâteaux de lait concentré très sucrés), du lait de buffle, de la crème de lait, du raita (genre de fromage blanc), du beurre salé et du chedar anglais. Depuis quelques années au Népal un producteur fabrique du fromage de yak. Zoé en ramène deux tommes de 6 kilo quand elle va à Delhi.
En France vous ajoutez crème fraîche, yaourts aux fruits, beurres de toutes sortes salés, doux, secs, crème chantilly mais surtout visualisez le rayon-fromages ! Si on ne vous présentait qu'une sorte de tomme, point... Vous savez qu'il existe presque 400 types de fromages en France. Réussir un gratin sans gruyère, des pâtes sans parmesan, un sandwich sans camembert, ne parlons pas de fondue, il n'y a même pas de petits bouts de baguette pour attraper le fromage !

alcool :
En Inde, si là aussi vous croyez que la religion implique que les indiens ne boivent pas, détrompez-vous ! Quand vous voyez un homme endormi au milieu de la route c'est plus souvent un ivrogne qu'un mendiant, ou alors les 2. Il y a quelques années (2008) servir de la bière dans les resto était très réglementé, peu avaient la licence, les verres étaient donc recouverts de papier pour que les policiers puissent feindre de ne pas reconnaître la nature de la boisson. Mieux, les verres et les bouteilles étaient posés sous la table (réellement) pour ne pas être vus au premier regard. Les débits de boissons alcoolisées étaient rares et totalement grillagés. Maintenant chaque quartier a un commerce d'alcool où on trouve surtout du rhum, whisky, vodka. Les vins, rouge ou blanc sec, sont très chers même s'ils sont produits en Inde (Maharashtra). Il n'y a pas ce qu'on appelle "les apéritifs" chez nous ni de blancs doux et une seule sorte de bière.bière
En Europe, la Belgique reste au top pour le nombre de sortes de bières différentes (500 bières standards, 125 brasseries, 8 700 bières différentes)
mais nous en trouvons une grande partie chez nous. Quant aux vins 3 420 produits différents rien que dans notre hexagone !



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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 15:11

notre mariage août 2006    Sur cette photo les héros de cette aventure !
      Nous, Enoch et Sylvie, écrivons ce blog ensemble,
                        (là c'est le 2e jour de notre mariage)
                     
      Zoé a envie de vivre en Inde et Rémi garde le hameau
  où nous avons chacun notre maison.

Nous venons en Inde en touristes depuis de nombreuses années. Mais depuis 2007 c'est différent : Zoé a décidé de s'y installer.
Nous avons décidé de partager nos aventures sur un blog en février 2010.

C'est un carnet de voyage, un carnet de vie. Nous voulons faire un booklog, un blog-livre. C'est pourquoi nous indiquons les dates dans les titres.

Nous publions un peu dans le désordre avec des textes qui changent de titre, de forme ou de contenu au fil du temps. Et puis, certains articles renvoient à d'autres et nous suggèrent des modif'. L'intérêt d'un blog par rapport à un livre c'est que rien n'est figé une fois pour toutes. Vous pouvez aussi intervenir par vos commentaires...
Vous trouverez des pages sur l'installation de l'entreprise, notre vie au jour le jour, la construction de la boulangerie, la faune et la flore, mais aussi sur ce que nous suggère la culture indienne.

Confrontées aux
comportements indiens si différents des nôtres,
nos habitudes, que nous pensons universelles et justes, nous apparaissent pour ce qu'elles sont : de simples conditionnements ! Nous avons tous les jours de nouvelles sources d'idées pour les sessions de "voyage-autrement" que nous proposons tous les ans en Inde.
Au hameau nous continuons à encadrer des séjours de connaissance de soi, il y a donc aussi des pages de pub sur ces activités.

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 Le hameau que nous avons racheté en 95. De ruine où on vivait ensemble
dans une pièce il est passé à une petite maison habitable pour chacun
  et un terrain magnifique rempli de plantes toutes identifiées et souvent rares !
  Une bande de paons et des chats partagent ce coin de paradis avec nous.


Zoé veut habiter Jaipur depuis qu'elle a découvert la ville.
Après de nombreuses tentatives de métiers et de création en France, elle a décidé de monter une entreprise en Inde
. Nous (Sylvie et Enoch) sommes venus l'aider.

 

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Jaipur, ville du désert qui s'est étendue hors des murs de Pink city,
ville rose comme notre Toulouse...

Démarrer quelque chose dans un pays si différent du nôtre n'est pas facile.
On n'est largement pas trop de trois 1/2. Le demi, c'est Rémi qui reste à l'écohameau. Moitié en Inde par téléphone interposé, moitié en France car nous ne pourrions pas partir si longtemps sans  gardien pour le domaine avec les animaux, les plantes, les bâtiments.

Au départ sur une idée de Morgane qui loge au hameau " J'ai vu des croissants pour la 1e fois à Kovalam, il n'y en a nulle part ailleurs en Inde, ça manque..." Nième idée depuis que nous voulons créer une autre activité que celles développées au hameau : et si on montait une vraie croissanterie française...

Nous avons fait des repérages en 2009 à travers tout le pays (de Delhi à Kovalam en passant par Goa, Chennai, Pondichéry, Bengalore...), pour avoir une première idée du marché.
Ça a été long mais on a fini par voir Jaipur comme la meilleure base pour démarrer. Ça tombe bien pour Zoé ! On se voit déjà à plus long terme essaimer dans toute l'Inde, mais commençons dans cette capitale du Rajasthan...

Si ce blog vous intéresse n'hésitez pas à le partager et à laisser des commentaires (au bas des articles) l'avantage d'un blog c'est d'être en relation directe avec les lecteurs...

 

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