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C'est Nous

  • : L'Inde autrement
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  • : La vie au jour le jour en Inde, les voyages de connaissance de soi que nous proposons dans ce pays si différent de la France, toutes les réflexions qui nous viennent dans nos différentes expériences en comparaison avec ce que nous vivons en France.
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6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 20:22

Rien n'est résolu pour l'argent de l'entreprise qui doit arriver de France : le temps réglementaire pour le déclarer est dépassé, nous avons dû le renvoyer en France pour qu'ils nous le re-envoient !
La banque indienne nous a joué le tour de le garder (probablement pour spéculer). Quand ils l'ont compris, Enoch et Zoé ont deman
dé à parler à la chef de la banque et curieusement en une heure l'argent était là ! Mais le délai par rapport au RBI, l'équivalent Banque de France, était dépassé et après, avec les congés des fêtes ça aurait été encore pire, on aurait eu des pénalités...

Crise ! Tout est retardé !

À Jaipur Noël n'est pas beaucoup fêté, mais c'est les vacances scolaires pour la fin
d'année, du coup toutes les administrations sont de nouveau fermées !

 Il n'y a pas beaucoup de chrétiens dans le Nord, nous en avons vu beaucoup à Goa, marqué par la colonisation portugaise et dans les états du Sud.
L'an dernier nous étions à Calangute, musique sur la plage et feux d'artifices, c'était la fête partout ! Pareil pour le réveillon de nouvel an à Anjuna, une vraie fête, une vraie boîte, de l'alcool gratis à flots.
Mais là, cette année, on n'a rien à faire. On lit, on regarde des films.

Lumière au tableau : l'arrivée de la mini boule de poils orange que Zoé a ramenée de Delhi.
Ça fait un moment qu'elle voulait un chat.Nisha roi lion
Pacha, à Barthès, est mort e
m
poisonné pendant qu'elle était ici... Pas question de prendre un chat des rues. Elle a cherché sur l'internet et est allée chez une expat' française dont la chatte avait 5 bébés. Bien sûr elle est revenue avec le orange de la portée ! C'est la couleur qu'elle préfère.Zoé et Nisha arrivent
Elle a cassé sa tirelire parce qu'avoir un animal domestique en Inde est un luxe ! 9 000
रू pour la totale : caisse de transport, pâtée, litière, jouets, plus le taxi, pas question de rentrer en bus !

Les indiens commencent tout juste à découvrir la notion d'animal de compagnie. Dans les grandes villes, des animaleries apparaissent depuis environ 2 ans, surtout avec des chiens et des poissons.

Nisha 1e regard sur l'appart'"Notre" chat s'appelle Nisha.
On a vu le lendemain qu'il y avait erreur sur le sexe, ce n'est pas une fille !

Il est donc roux avec des points comme un léopard !

Il est un peu tremblotant pour le moment. Certainement le stress du changement  –enfin on espère– mais il mange bien, il est aussi grand que sa coupelle pour la pâtée !


Petit mais j'ai bon appétit !

 

 

 

 

 

Bien sûr on en est tous fous…

 

 


Nisha 1e leçon
Enoch lui fait immédiatement faire le tour de l'appart' pour lui montrer le plus important : ne pas s'attaquer aux plantes !


 

 




Ce que nous ignorons encore, "fondant" devant cette si mignonne petite bête (mais quel bébé chat ne l'est pas ?), c'est que Nisha wintr'catles chats asiatiques sont des animaux certes apprivoisés  mais en fait pas domestiques !

 

         ...(la suite dans
   "Nisha le fauve sanguinaire")...  
Nisha et Teddy beer

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Published by sylveno - dans nos animaux
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5 avril 2010 1 05 /04 /avril /2010 21:15

... Après la  magie de cette rencontre, Jeanine et moi sortons de la maison des hijras, nous nous retrouvons dans la rue un peu éblouies bien sûr par le soleil mais surtout très touchées par ce court moment entre "femmes". 

En partant nous leur demandons la permission de revenir avec un traducteur le lendemain... parce que quand même on aimerait connaître leur vie.
C'est d'accord.

Nous proposons à Zoé de nous accompagner.
Nous partageons avec Enoch ce que nous venons de vivre :
À aucun moment nous ne nous sommes senties en danger, nous avons partagé des barfis et personne n'a demandé quoique ce soit de plus... 

Le lendemain nous n'avons pas trouvé de traducteur disponible voulant bien se déplacer (tu parles...). Sur un papier, on fait traduire à Enoch nos questions en hindi... J'ai fait des tirages des photos, elles sont magnifiques, on a pris des encens ramenés de Pushkar comme cadeau et à 11 h nous sommes toutes les 3 devant la maison.
On entre.
Au début tout se passe bien, c'est l'heure où elles reviennent à la communauté après leurs activités en ville. Elles sont nombreuses, regardent les photos.

hijra dans l'entrée de leur maison

 

Celle qui nous a parlé hier arrive...
nous lui offrons des encens.
Elle est ravie, contente aussi des photos.
Elle lit nos questions et commence à répondre.

 

 

 

Tout à coup, une vihijra gurueille débarque en criant et en gesticulant. C'est elle le guru, pas celle que nous avons vue hier ! 

 

Elle ordonne aux filles d'aller dans leurs chambres mais, absorbées par notre arrivée, elles n'y prêtent pas attention.

 

 

Alors, le guru se met tranquillement à distribuer des claques comme une mère indienne à des enfants indisciplinés tout en nous faisant signe de dégager par des gestes peu amènes.
(j'ai souvent vu ce mot dans des livres. C'est la première fois que je l'utilise. C'est vrai que ça se la pète dans un texte...)

Les filles s'éparpillent dans leurs chambres comme une volée de moineaux.
(ça aussi je l'ai souvent vu dans des livres, je trouve que ça fait bien là !).

Je calme la vieille avec un paquet d'encens à la rose qu'elle pose au pied d'une divinité, trônant devant une colonne.

Elle se détend un peu mais insiste tout de même pour que nous partions.
Bien sûr on part en la saluant respectueusement.

Déception... mais... bon, on les a vues, on a donné nos photos, on sait où elles sont.

Une fois dehors nous réalisons une fois de plus à quel point les indiens sont enfermés dans leurs croyances, la peur, les on-dit...
— Vous allez vous faire agresser !
— Elles vont vous jeter un sort !

Cette communauté indienne est bien moins à craindre que
les mendiants sur les trottoirs qui essaient de nous frapper ou de nous étrangler,
les commerçants qui nous poursuivent pour nous arnaquer sur les prix,
les mecs "innocents" qui nous touchent les seins dans la rue,
les rikshawala au "meter" soit-disant cassé qui triplent le prix des courses,
les "real estates" qui nous appellent "my friend" tout en augmentant les tarifs puisqu'on est blanc,
ou cette bourge' qui m'ordonne de donner à un mendiant...

 

explication de ce dernier exemple :
Je quitte une ville, je suis dans la gare de bus et j'ai préparé un colis pour mendiant avec des habits et de la nourriture. Je viens de le donner à un vieux qui tout content change ses "trésors" perso de sac pour les mettre dans le mien qui est tout neuf et pas troué. Il s'est assis à mes pieds et trie ses affaires, je le regarde en souriant et en attendant Enoch... quand une bonnne-femme en sari de soie me flanque un coup, me désigne le vieil homme et me dit en anglais :
— Tu peux bien lui donner quelque chose ! Allez, donne, donne !"
Elle me secoue le bras. Elle insiste :
— bakshish old man !
1e envie : me justifier. Mais je me retiens, à quoi ça sert ? Une petite leçon quand même ?
— And you ? You have no money for him ? He is an indianman, he is your beggar, not mine...
Elle se retourne d'un bloc et part en
marmonnant. Je pense que c'était des insultes...

Je les trouve tous très agressifs par leur indifférence systématique à l'autre, leur certitude de vivre dans la culture la mieux conçue au monde, leur façon de considérer les occidentaux comme des "porte-monnaie sur pattes" ou des animaux aux moeurs sexuelles douteuses.

Alors les hijras, pour moi, c'est comme les marionnettistes, j'ai été contente de les rencontrer et d'échanger avec eux, même si ce sont des "low castes".

Si des indiens de cette "high cast" dont ils sont si fiers me lisent, j'espère qu'ils comprendront que ça ne les met pas à l'abri des oeillères particulières à chaque culture et que peut-être cette compréhension les rendra un peu plus tolérants. En fait non, je suis sûre que ça changera rien ! mais c'est juste un coup de gueule en passant ! lol

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Published by sylveno - dans voyage
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5 avril 2010 1 05 /04 /avril /2010 18:35

Part 3 "L'idée est lancée"

Nous devons changer quelque chose pour nous sentir plus vivants. Nous ne pouvons plus être thérapeutes, pas de la façon dont les choses évoluent.
Juste avant ce voyage la façon dont un site, sur lequel nous présentons nos activités, exige de nous la modération a failli nous mettre en colère.
Nous devons faire de la pub,
ça s'appelle comme ça : si on veut exercer cette capacité de thérapeute, il faut que des "clients" arrivent, autrement on est seul avec son don et on a l'air d'un con inutile, du genre de celui qui a un sachet de graines rares et le met dans un coffre au lieu de le  semer !
Nous rédigeons nos intitulés de pub avec enthousiasme parce que c'est comme ça qu'on est, avec des mots auxquels on croit, forcément, sans quoi on se permettrait pas de dire "venez on peut vous aider"...
eh bien chaque phrase est visitée et revisitée par le "modérateur". Oui d'accord, c'est son site, il a ce droit, mais résultat à la fin nos mini-textes ressemblent à de la bouillie pour bébé, la même que celle du copain animateur ou du voisin psy de la page d'à côté...
Comment, si je suis un éventuel intéressé, comment je peux choisir un thérapeute si je ne sens pas comment il est, s'il va me correspondre, si on va se sentir de connivence tous les 2 ou tous les 3 ?
Nos phrases sont trop "quelque chose" ? eh bien laisse les être ce qu'elles sont, ça va faire le tri. Ceux que ça va irriter n'ont sans doute rien à faire avec nous...

C'est là que nous sentons que la seule solution est de sortir de cet environnement, tout changer.
Reste à trouver comment créer un cadre pour nous et d'autres où nous pourrons utiliser nos compétences de façon légère, efficace et amusante...
Durant ce long trajet train, après avoir été secoués par "l'énergie de Kâlî", nous n'avons rien d'autre à faire que de discuter. Rémi fait "l'oreille extérieure" pour nous aider à définir ce qu'on a envie de faire, ce qu'on aime faire, ce qu'on sait faire.

On aboutit à une petite liste :

- c'est quoi nos compétences
Nous savons prendre de la distance face aux événements, nous savons agir sans être noyés dans de l'émotionnel ancien, nous savons remettre en question nos croyances.

- ce que nous aimons faire
Nous aimons voyager, découvrir d'autres façons de faire, expérimenter, créer ensemble des expériences, partager avec d'autres nos découvertes.

- comment générer de l'argent avec ces capacités
Nous pourrions générer de l'argent en accompagnant des gens en pays étranger pour payer nos voyages et nous mettre en situation de créer tous les 2 des expériences hors des sentiers battus.

Affaire à suivre, les idées sont lancées, laissons-les se mettre en place.

contre-paon-f

Rentrés à Barthès,
nous rédigeons le site
"Voyage-Autrement" 

Rémi met en ligne
et s'occupe du référencement.
 
 


Et voilà !

2 ans plus tard un premier voyage au Kenya où nous testons une course-poursuite puis en Inde les autres années.


 

Le texte "Perdus dans la montagne" est une aventure survenue dans le voyage au Rajasthan 2009.

c'est quoi la spiritualité ?

 

D'autres aventures dans


"Bodhgayâ ou,
quand les  moines ont la main baladeuse..."


et dans


"Thiruvannamalai ou,
je tourne en rond comme un con..."

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5 avril 2010 1 05 /04 /avril /2010 14:22

Jeanine et moi faisons une enquête sur les hijras, les transsexuels indiens. 

Après pas mal de recherches sur l'internet je n'ai pas trouvé où loge la communauté de Jaipur.
Nous allons à la fac de socio pour voir ce qu'ils savent là-dessus. Nous sommes très bien accueillis par deux profs qui nous donnent quelques renseignements de base. Mais ils savent en fait pas grand chose. Excuse : l'un est nouveau à Jaipur, bon d'accord. L'autre est une femme, alors bien sûr toutes ces affaires de sexe...
Bref,
ils ont été très gentils et accueillants mais pas grand chose à attendre de ce côté
Du côté du public, nous rencontrons beaucoup de méfiance. Même si les gens prétendent que les hijras sont indispensables parce que de très bon augure dans les mariages et les baptêmes. C'est bizarre mais nous n'en avons jamais vu dans les événements de ce genre auxquels nous avons assisté. Un indien me dit que je ruine sa réputation rien quand lui parlant de ça !
Les hommes ne savent pas trop quel comportement avoir avec elles. Les femmes en ont très peur, elles parlent de "mauvais oeil". Tous sont choqués de notre envie de les rencontrer et nous recommandent la prudence :
— Tiens bien ton sac si tu y vas...
— Je ne peux pas te les faire rencontrer, que penseraient mes voisins...
— No gents, no lady...

Oui ça on sait, et alors ?

 Commençant à bien connaître la psychologie indienne, nous pensons que c'est parce que les hijras se permettent ce que les femmes indiennes n'osent pas : se maquiller (les ongles de toutes les femmes sont vernis, même ceux de travailleuses de chantiers mais pas d'autres maquillage), être dans la séduction voir la provoque, danser de façon sexy...
Bien sûr tous les films de Bollywood racontent des histoires d'amour, avec des scènes de danse très "chaudes", les paroles de certaines chansons sont parfois très sex ', mais "L'indien-n'est-pas-à-l'aise-avec-la-sexualité" je pense pouvoir aller jusqu'à ce genre de généralité !

 Retour à l'internet, nous finissons quand même par trouver une vague mention d'une communauté à Jaipur près de Sanganeri Gate.
Voilà donc Jeanine partie enquêter sur place.
Les gens ne lui répondent pas, s'éloignent. Pour finir quelqu'un prend un air entendu et lui écrit d'un air complice un mot en nagari sur un bout de papier.
Elle revient à l'appart' croyant enfin avoir du concret. C'est seulement le mot "hijra" lui-même que l'homme a écrit. Pourquoi ? mystère.

L'après-midi, elle retourne à Sanganeri gate. Un homme lui donne, une adresse. Sans se faire d'illusion, elle s'y rend. Déception, c'est un quartier musulman. Peu probable que la communauté hijra s'y trouve. En plus, les gamins du quartier se montrent assez agressifs (c'est fréquent en quartier musulman, je ne sais pas pourquoi, simple constatation) en criant pour attirer son attention, en lui tirant les vêtements pour réclamer ci ou ça. Elle s'accroche néanmoins. Arrivée à l'adresse, un homme lui confirme que c'est la bonne.
"Hmmm vu le quartier, c'est quand même peut-être plus prudent de retourner voir Sylvie et Enoch pour de prendre une décision ensemble."
En se concertant nous décidons d'y aller Janine et moi le lendemain.
Malgré l'environnement négatif, nous pensons que le contact sera peut-être plus simple si seules des femmes vont les rencontrer. De toute façon, à deux il y a peu de risque en plein jour en plus.

Nous voilà donc devant leur maison. Des hommes nous posent des questions, on finit par feindre de partir après avoir montré l'adresse et le nom que nous recherchons. C'est souvent la meilleure façon d'avoir l'attention des indiens... Ça ne rate pas, après quelques pas, j'entends un appel derrière nous. Je me retourne. Un homme apparemment a changé d'idée et veut bien nous guider.
En fait nous étions bien devant la bonne maison ! Il nous fait entrer.
Ouf, enfin ! je suis un peu émue par le mystère qui va enfin se lever…
 

L'entrée de la maison est accueillante. C'est une vaste pièce décorée de mini-mosaïques bleues, avec, tout autour, des chambres selon la mode antique des maisons rajasthanaises.
La première hijra qui nous accueille est souriante. Elle nous présente à une vieille qui nous salue avec simplicité. Nous pensons que c'est le guru de la communauté sans que personne ne nous le dise formellement.
Nous sommes étonnées de voir là aussi des gamines. Bien sûr, ce sont de jeunes hijras. Nous ne savions pas qu'elles pouvaient être déjà si jeunes dans une communauté. Nous offrons nos barfi, nous les avons choisi au LBM, la boutique la  plus réputée de Jaipur pour ses sucreries !
D'autres hijras rentrent. Elles partagent les gâteaux. L'une d'elles parlent quelques mots d'anglais, elle veut bien poser pour des photos.
 

2 copines hijra

Et la magie commence...

 

hijra : la grâce féminineLa Féminité, la complicité avec nous. Nous vivons, sans parler, une communication impossible avec les femmes indiennes "normales". Poussée par les autres, une hijra aux traits plutôt masculins enlève la couverture qui la recouvre, dénoue ses cheveux avec grâce... elles sont 4, elles rient, c'est très beau...hijra : 3 copines s'amusent

 

Nous faisons quelques photos...

en silence,

intimidées par ces gens très simples

avec lesquels les mots

sont finalement inutiles...

 

 

 

 

 

Nous revenons le lendemain...

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3 avril 2010 6 03 /04 /avril /2010 19:48

Photos prises lors d'expériences proposées à l'école des arts de l'amourécole des arts de l'amour  

jardcréat.0520 

apprendre à être en relation sans parler,
en créant un "jardin"


 jardin de la création
 
 







 

massage-danse



apprendre à masser en dansant



 

les-hommes




apprendre à jouer "entre hommes"




 

Naissance de "Voyage-Autrement" part 2

Au cours de notre propre thérapie et des diverses formations qui nous ont amenés à devenir enseignants nous nous sommes toujours impliqués à fond. Même quand on était rebelle on restait "bon élève".
On avait l'envie d'apprendre et de découvrir tout ce que notre psychisme, notre corps peuvent receler comme mystères. Nous avions envie d'être libres vite, poussés par la notion d'urgence de vivre, d'être conscient de vivre et de vivre consciemment.


L'envie d'apprendre et la sensation d'urgence de vivre forment une alchimie
i
ndispensable à la réussite d'une thérapie.
Or cette alchimie est présente chez très peu des clients habituels des psy.
La plupart sont peureux. Nous aussi nous avons souvent eu peur mais ce n'est pas pareil qu'être peureux.
D'autres n'ont pas vraiment envie de vivre, ils exhibent leurs blessures comme des trophées précieux, se plaignent et préfèrent se croire incompris plutôt que d'entrer dans le processus de transformation.
Car c'est de ça qu'il s'agit : accepter de commencer une chrysalide, accepter de s'y consacrer- parce qu'à un moment c'est ce qu'il faut faire et rien d'autre-, accepter d'y rester autant de temps que nécessaire, accepter toutes les transformations entraînées par ce qu'on a commencé et continuer, sans savoir si au sortir de ce processus on sera "piéride du chou" ou "grand paon de nuit".

Il est possible malgré toutes les blessures du passé de vivre la vie telle qu'elle est maintenant.
Mais ça ne peut pas se faire "à notre guise", en prenant une heure une fois tous les 15 jours pour "voir quelqu'un".
Il faut passer par un apprentissage exigeant et plus cet apprentissage est tardif plus il
est long.

massage-danse 

Il faut s'immerger totalement dans le processus comme quand tu pars plusieurs mois en pays étranger pour apprendre la langue.
Ceux qui démarrent un "travail sur soi" sortent généralement d'une heure de psy, soulagés, ils ont levé un peu la soupape de sécurité de leur cocotte-minute intérieure et le lendemain ils sont de nouveau désemparés.

 

 

Très peu acceptent de plonger à fond dans les eaux troubles de la vraie transformation.

 

Nous c'est les "plongeurs de fond" qu'on cherche. Nous ne pouvons plus rester dans notre hameau à recevoir des "clients" une fois de temps en temps.
La créativité s'éteint vite quand on passe du temps à lutter contre l'inertie. J'en sais un bout là-dessus, j'ai été instit' presque 30 ans et je serais éteinte, vide, morte d'usure à l'heure actuelle si je n'avais pas pris ma retraite à l'avance !

Où lancer nos filets pour pêcher ces "plongeurs de fond" ?

 


...(la suite dans "Naissance de Voyage-Autrement part 3")...
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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 12:30

Naissance de "Voyage-Autrement" : part 1

Rémi nous accompagne en Inde cette année-là : 

Kolkata

"Je voulais absolument aller à Calcutta (on dit Kolkata maintenant) suite à ma lecture d'un bouquin de Dan Simmons, le chant de Kâlî. C'est de l'horreur/fantastique et c'est de loin le roman le plus horrible que j'ai jamais lu (pas qui fait peur, vraiment horrible, genre qui te dégoûte de la vie, enfin si tu vis dans le roman). Le bouquin se passe à Calcutta et je voulais me rendre compte par moi-même de l'ambiance de la ville.
On est donc allé au Kâlîghat, le grand temple de Kâlî, dont la ville tire son nom.
A l'entrée du temple, ils sacrifient des chèvres à l'appétit insatiable de Kâlî. C'est du genre, zap je te tranche la tête puis je te débite en morceaux pour te vendre aux passants.
Il a fallu faire une longue queue, tous serrés les uns contre les autres, marchant pieds nus dans la crasse de l'Inde (et le sang des chèvres décapitées).
Tout le monde se bouscule pour recevoir la bénédiction de Kâlî, il faut donc faire continuellement attention de ne pas se faire doubler ni piétiner.
Arrivés à l'intérieur même du temple, la frénésie monte encore d'un cran (pour autant que cela soit possible !) et chacun se rue pour lancer quelques fleurs à Kâlî et recevoir sa bénédiction qui prend la forme d'un point rouge qu'un Brahmane ou son assistant t'applique sur le front entre les 2 yeux.
Quand j'en suis arrivé à ce point, j'ai été entrainé par la foule tout droit vers les 2 yeux immenses et la langue écarlate de la déesse noire.

 représentation de Kali

Je n'avais plus le contrôle de mes mouvements, pris en sandwich entre des indiens au paroxysme de leur excitation.
J'ai été quasiment projeté vers l'avant contre la barrière basse qui protège l'idole en contre-bas.


 

 

Heureusement, le mouvement de foule a reflué vers l'arrière et je me suis retrouvé pantelant quelques mètres en retrait.
Je n'avais même pas reçu le tilak, marque de mon passage au temple, j'ai dû retourner me jeter dans la foule en furie !
A la sortie, naturellement, on te passe gentillement un bracelet en ficelle autour du poignet et on te demande calmement un pourboire pour le bracelet. La demande est réitérée continuellement sur le même ton sans jamais la moindre pointe d'énervement même si tu ne donnes rien et que tu lâches des bordées d'insultes. Il te faut t'éloigner beaucoup avant d'être débarrassé du "généreux" donneur de bracelet."


Nous nous dépêchons de sortir. Encore de jeunes boucs égorgés, d'autres attendent d'être sacrifiés.
On cherche de l'eau pour se laver les pieds. Des fleurs d'hibiscus rouges jonchent le sol, écrasées elles sont mucilagineuses, on ne peut pas les éviter et on a la sensation de patauger dans le sang qui coule partout en rigoles.
J'étais juste derrière Rémi, je l'ai vu soulevé de terre par la foule, projeté vers la représentation de Kâlî. Le bruit, l'odeur, les coups de coude, la chaleur, 96 % d'humidité. Dans cette cohue, je ressens physiquement les besoins de cette foule. L'avidité, l'envie de pouvoir, d'écarter et d'écraser les autres, le désir de s'approprier les pouvoirs de Kâlî pour les utiliser à des fins personnelles.

La folie humaine prend toute sa dimension, tout son sens. J'en frissonne rien que d'y repenser.
— Et on dit que les indiens sont "non-violents".
— C'est pas la 1e fois qu'on vient, tu sais bien que c'est une légende...
— Oui mais là quand même, je suis effarée !
— Toute façon, vu le temps qu'il a passé là-bas, Gandhi était plus sud-africain qu'indien. Alors tu sais, hein, l'Afrique du sud en temps que modèle de non-violence...
Allez, venez, on va chercher des cocos fraîches.
— Gandhi a sûrement fait ce qu'il pouvait, je me demande s'il est possible de guider ne serait-ce qu'un peu les indiens ! no rules... sauf celles que chacun décide individuellemment pour lui perso. Il n'y a pas de sens de communauté, ici, t'as remarqué c'est très bizarre, il y a les castes et leurs limites infranchissables ça donne l'illusion d'un sentiment de groupe mais pas du tout c'est toujours "je", "comment moi je vais être perçu". En Afrique "proud to be Kenyan" est différent de "fier d'être indien", les africains sont fiers de ce beau pays, les indiens sont fiers d'eux en tant qu'individus.

 
Enoch nous entraîne loin de là.
— Il y a une peur de la violence et du contact physique et en même temps une agressivité qui ne demande qu'à sortir.
— Ça me rappelle la kumba mela d'Ujjain, les saddhus qui exigeaient d'être les 1e dans l'eau pour les bains, ils auraient tué tous ceux qui s'avisaient de passer avant eux.
 

sadhus à la kumbah mela d'Ujjain

Enoch et moi reparlons de Mahakal notre guru tantrique et de ses kapalikas devant qui tout le monde s'écartait :
— Tu aurais dû nous voir quand ils nous ont reconduits à la gare à la fin de la kumba mela : nous sortions de leur 4X4 tout neuf, les plastiques encore sur les sièges.
Nous marchions avec nos gros sacs sur le dos -parce qu'un kapalika est à ton service mais quand même, ce n'est pas un coolie- devant nous, deux kapalika, leurs armes à peine cachées sous leurs longs vêtements noirs, et la foule de la gare qui baissait les yeux et leur laissait le passage ! Wwaa trop cool ! C'est comme ça qu'on prend goût au pouvoir !- Mais dans les yeux baissés de ces gens, la même envie de pouvoir qui face aux kapalikas devait s'écraser.

Oui, l'ambiance de Calcutta est bien rendue dans l'effrayant livre de Dan Simmons, nous ne sommes pas déçus !

Nous retournons à Delhi pour prendre l'avion. Pour ceux qui n'ont pas en tête la carte de l'Inde ni d'idée sur la vitesse des trains indiens on traverse l'Inde d'ouest en est, ça fait 1 461 km et 36 h où nous n'avons rien d'autre à faire que dormir, parler, lire.
Nous parlons d'émotions, de comment on ne peut qu'être secoué par ces gens imprégnés de religion.
Nous parlons de notre activité à l'écohameau (Enoch et moi sommes thérapeutes psychocorporels et sexologues). De comment nous pourrions utiliser toutes ces contradictions si criantes en Inde pour créer des expériences pour nos élèves.
Nous en avons assez d'être des psy limités dans leur créativité à des expériences d'une heure voir de 4 jours dans le meilleur des cas. On se sent freiné par les limitations des autres. Il faudrait plus de temps, des situations plus percutantes, auxquelles on ne peut pas échapper.

C'est là, dans ce train, avec tout ce qu'on venait de vivre et tout ce qu'on va se dire par la suite qu'est né "Voyage-Autrement" 

...(la suite dans "Marre d'être limités")...

 

 

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25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 08:07

... (suite de udaipur) ...

… Le lendemain, et pour se mettre en train, Jeannine et moi (Alain) nous nous intégrons dans une randonnée avec un guide et deux autres femmes, des australiennes qui ont réservé depuis quelques jours.

dans la montagne.près d'Udaipur Version Enoch

 La 1e étape prévue est la visite d'un temple.
Nous sortons de la maison et
S
ylvie marche quelques pas avec moi pas sûre de  mon envie de faire cette marche.

Je la rassure avec enthousiasme tout en regardant le guide du coin de l'oeil :

"Houlà, on dirait qu'il sait pas où il va lui. Il connait pas la route ou quoi ? "
Qu'est ce qu'il se passe ? Pourquoi on avance pas ?... Ha Sylvie ? Non, elle vient pas, elle fait juste quelques pas avec moi c'est tout.

 

Après la descente du chemin d'entrée, nous suivons la route sur 500 mètres puis bifurquons pour pénétrer dans la campagne.

Ouf, enfin sortis de la civilisation. Je me sens plein d'énergie et prends la tête de la troupe ce qui n'est pas difficile, ce sont toutes des débutantes. De temps en temps, je me retourne pour demander au guide quelques indications. J'adore marcher comme ça, et me sentir vivant. Hors de la ville, de son bruit, de la crasse, de la pollution. J'ai quelques idées un peu sombres en sachant que ces endroits encore un peu préservée ne vont plus durer encore longtemps mais je les oublie vite pour me contenter d'en jouir. Chacun échange quelques mots un peu sur tout et sur rien. Nous marchons comme ça un petit quart d'heure avant de passer par un agréable petit bois où nous voyons une bande de paons installés à l'ombre s'occupant tranquillement de leurs affaires de paons. Ils ne font pas mine de nous avoir vus et nous restons quelques minutes à les observer.

Le paysage toujours identique et la chaleur augmentant plus vite que ce que nous marchons provoque une hypnose légère faisant baisser la vigilance et l'enthousiasme pour finir par avancer dans une sorte de rêve.
"Non mais quelle idée de visiter un temple. c'est bien la dernière chose que j'ai envie de faire. Je prends la première occasion pour filer."
Après une heure de marche,
"Bon sang qu'est-ce qu'il commence à faire chaud !"

Bonne surprise, nous arrivons dans une oasis arrosée par une petite source.

temple dans la montagne
Le guide nous explique qu'il y a quelques années, un gars a trouvé là un abri sous roche dans lequel il y avait, incrustée dans la paroi, une pierre évoquant la forme d'un linga, le symbole de Shiva.

Il a interprété ça comme un signe des dieux. Il s'y est installé, a creusé la colline pour en faire sa maison et il est devenu le guru de ce temple naturel.

 

 

Nous nous asseyons à l'ombre d'un grand ficus. Je me déchausse et entreprends la visite du temple souterrain. Il y a juste la place d'y rentrer à trois. J'essaye de discerner le linga parmi les décorations qui envahissent l'autel mais je n'y discerne rien de particulier. L'endroit est visiblement encore en creusement et le badigeonnage de bouse de vache n'est effectué que sur la moitié des murs et du sol.

 
Udaipur guru du temple 

Quand je ressors, le guru me fait signe de venir le rejoindre pour le "chai" de rigueur.
Quand nous décidons de repartir, je me pose un moment la question si oui ou non j'ai envie de laisser quelque chose au guru.
Jeanine m'évite la réponse en laissant une offrande sur l'autel puis nous expliquons au guide que nous ne voulons pas continuer avec les autres mais retourner maintenant au gîte.

Le guide hésite un moment.
— Est-ce que je connais le chemin ? Est-ce qu'il fait pas trop chaud ? Vous avez suffisamment bu ?...

Devant mon assurance, il accepte de lâcher sa responsabilité et de nous laisser partir. Ce qu'il ne sait pas c'est que j'ai un plan mis au point avec Sylvie pour passer par la montagne en sortant des chemins, ça fait partie de l'objectif de voyage de Jeannine : Trouver comment se repérer seule en observant l'environnement. Arrêter de suivre pour découvrir ou retrouver une façon personnelle de s'amuser. Mon rôle là est d'accompagner pas de guider.

À la sortie de l'ashram, nous sautons le mur qui borde le chemin et le longeons côté "sauvage" pour chercher un chemin pas trop broussailleux, et les broussailles ici sont redoutablement garnies d'épines.

Un tour d'orientation pour que Jeannine prenne ses repères et c'est parti pour ce que je pense être 3 à 4 kilomètres dans la montagne. C'est rude mais nous suivons un chemin de chèvre qui semble mener vers le sommet. Jeannine traîne un peu derrière. Je m'arrête de temps en temps à "l'ombre" d'un acacia mais ça change pas grand chose. Sans compter que plus on monte plus il y a de caillou et plus c'est chaud.

— Gaffe à la déshydratation. Respire bien par le nez et pense à ralentir ta respiration
Au milieu du chemin, nous tombons sur un cadavre de chien tout desséché posé là en travers.
"J'espère qu'elle va pas trop baliser avec ça. Dédramatisons :
Tiens regarde, celui-là, il a pas trouvé le chemin du retour ! Aïe, c'est pas génial ça !"
Je laisse Jeannine admirer la momie et je prends un peu d'avance.

Tout d'un coup, j'entends un cri et une phrase que je ne comprends pas.
— Oh, ça va ?
— a...ends ...e ...ois ...est grave...
J'ose pas être sûr d'avoir bien entendu le dernier mot
— Heueueu, tu peux répéter ?
— ...iens … q... … grave
"Merde, j'ai bien entendu grave à la fin ? Non non, elle a dit c'est pas grave. Ou bien… heu... entrave ? betterave ? Hé merde !"
Je retourne sur mes pas.
— T'es où ?
— Là !
— Où ?
— À droite.
— Ah ouais je te vois, tu disais que c'était… grave ?

Elle est debout appuyée sur un arbre. Elle a dévalé quelques mètres et est déjà relevée mais je la connais elle serait debout même si elle avait une jambe cassée.
— Je suis tombée.
— Tombée du chemin ?
— Oui, j'ai raté un pas et je suis tombée.
J'arrive enfin à la rejoindre sur place.
— T'as quoi exactement ? (je retiens ma respiration)
— Rien, des écorchures, peut-être la cheville.
"Merde !
Quoi, tordue ?
et on n'est qu'au 2e jour du stage..."
— Je crois pas.
— Tu peux bouger ? … les bras... les jambes... tout le corps... bon apparemment t'as que des écorchures. Enfin, je dis "que" c'est déjà pas mal remarque. T'es tombée de là-haut ?
— J'ai roulé.
— Bon bin, je crois qu'on va redescendre hein.

Le descente est encore plus longue que la montée. Elle se traîne et je dois m'arrêter tous les dix pas pour l'attendre.
Après un petit moment de ce régime,
"Putain, on n'a pas d'eau, on peut pas continuer comme ça, on n'y arrivera jamais."
Pense bien à respirer comme je t'ai dit hein ? Par le nez et lentement !
Je me retourne pour l'observer et donner des conseils pour tenter d'accélérer le rythme. Je me rends compte qu'en fait, elle prend systématiquement le contre-pied de la technique la plus adéquate. Connaissant son sens inné du sabotage, je ne râle pas. Pas trop. En tout cas pas à haute voix.
— Bon écoute, je vais avancer très lentement tu me regardes bien et tu poses les pieds exactement là où je les pose. D'accord ?
Enfin ! J'y ai pas cru mais nous arrivons quand même devant le mur qui borde le chemin.
Bien sûr en le passant, elle ne rate pas de tomber deux fois sur son genou le plus écorché mais nous voilà quand même sur le chemin.

— Bon attends, c'est le chemin mais vaut mieux être sûr. Tiens, on retourne demander au chevrier qu'on vient de voir dans le champ là-bas.
Mince le mur est doublé d'épines, impossible de passer.
— Ho, Babaji !... He ! ho ho ! ... Mais c'est pas vrai. Hé papy ! Ah, il lève la tête. Zara, ji, aapkho kahan Pierce ka ghar malum hai ? Excusez-moi, vous savez où est la maison de Pierce ?
Le vieux fait des signes et cooooommmmeeeeencccce ààààà sssseeee leeeevvveeeer.
"Bon d'accord, c'est pas gagné. Y'a qu'à être patient. Tiens d'où elle sort celle-là ?"
Une femme est assise dans le champ en train de tresser des machins.
— Sunie, mataji, kya us rasta bara gali jata hai ? Hé, svp, ce chemin mène vers la grande route ?

— ???
— Aap hindi bolta hai ? Vous parlez hindi ? Hangrezi, Marwari ? Anglais ou Marwari ? Bien sûr marwari. C'était juste pour être sûr mais là ça va pas trop nous servir, merci
Bon il en est où le vieux là ? Hé bien voilà ! Il finit par y arriver !
Zara ji, aapkho kahan Pierce ka ghar malum hai ?...
— ...
— Pierce ka ghar!
Il fait des signes vers ses oreilles... non... c'est pas vrai... j'y crois pas, il est sourd ! Bravo bon toute façon, il parle certainement pas hindi encore moins anglais. Quoique à son âge, il les a peut-être connus, les anglais. Bref.
— Bon allez, ça va. Je suis sûr que c'est le chemin. On y va. Écoute, je pars devant...
Je commence à courir

...toute façon j'ai envie de courir. Continue tout droit j'attends plus loin où je reviens si c'est pas la bonne route À TOUT DE SUITE...

Quelques minutes de course :
"Yesss ! La tour. Et là, le bois des paons. Waw, enfin un peu d'ombre."
Je m'assoie et décide d'attendre Jeannine ici avec l'appareil photo prêt à la shooter dès qu'elle apparaîtra avec le sang sur la figure en survivante de la montagne.
… Bon, ça commence à être long...
... j'ai pas de montre mais là, je pense qu'elle devrait déjà être ici...
… comme je suis pas avec elle pour la motiver, elle s'est peut-être arrêtée un moment...
… là il y a un problème...
... wah flemme d'aller à nouveau sous ce cagnard...
… non, faut que j'y aille. Bon, j'y retourne, le but est de s'amuser, pas de galérer...

Je repars au petit trot sur le chemin. une fois passé la petite côte qui mène au bois, j'ai une vu bien dégagée sur quelques centaines de mètres mais pas de Jeannine.
Non mais où elle est ?
Tiens, c'est elle allongée (j'espère volontairement), sous cet arbre. Ah ben non, c'est qu'une pierre d'une forme bizarre.
Mince, et si elle était évanouie de chaleur ? Quelque part dans un buisson et que je la vois pas en passant ?

Je préfère ne pas y croire mais je cours quand même de plus en plus vite en regardant au passage sous chaque buisson... Je m'exclame à haute voix :
— Non mais où elle est merde ? Non attends, c'est pas possible. Je viens de dépasser le champ du vieux. Je suis plus loin que de là où on a démarré !
Retour en arrière. Au sommet d'une petite colline, j'aperçois des chèvres et trois formes humaines.
— Kya aap mera dost dekhta hai ? Ek gori mahila us rasta cal raha hai ? Vous avez vu mon amie ? Une blanche qui marchait sur ce chemin ?
Oui.?.. non ?... ne sait pas ?...
Mais qu'est-ce qu'ils foutent ? de là où ils sont ils peuvent pas ne pas m'entendre. Bon, commençons par le commencement
:
Hindi bolta ?
Bien sûr que non. Bon, me voilà seul au monde avec peut-être (j'espère affabuler complètement) Jeannine évanouie voir morte quelque part dans la montagne. Bravo !
C'est pas possible, il doit y avoir un chemin parallèle et on s'est croisé sans se voir.

Course dans l'autre sens. Je respire bien par le nez, en ralentissant ma respiration, je fais gaffe au moindre signe de déshydratation mais, ouf, pour le moment rien. Avec ça, je commence à être entraîné pour le badwater, le marathon de la vallée de la mort. J'en ris mais je serai plus rassuré quand Jeannine apparaîtra.

Re-passage devant la tour, re-le bois des paons. Pas de chemin parallèle.
Je dois me rendre à l'évidence : elle est partie dans une autre direction !
Qu'est-ce que je fais avec ça moi ?
Bon sang mais c'est bien sûr ! Elle a son portable ! Je dois retourner au gîte pour l'appeler.

Je continue et arrive au village. Waaw, la fontaine, LA fontaine. En m'aspergeant la tête, j'essaye de me forcer à ne pas boire ce qui serait pire que bien vue la "qualité" de l'eau. J'y arrive avec un effort probablement surhumain. Une vieille femme ramasse des je-ne-sais-quoi sur un mur.
Sur un mur ? Tiens, c'est interressant ça... oui bon, c'est pas le moment de faire de l'ethnologie paysanne.
— Mataji, mera dost dekhta tha ? Ek aurat yahan cal raha hai, vous avez vu mon amie qui marchait par ici ? ô joie, elle comprend. Tiens, tant que j'y suis, aapkho Pierce ka ghar janta hai ? La maison de pierce ?
Non, elle est au courant de rien. Elle connait rien, elle a rien vu. Merde !
Je reeepars en courant.
Ouf, voilà la route.

Je me mets en plein milieu, dangereux dans le pays mais là, il y a urgence. Je fais de grands signes à un camion bondé avec des gens accrochés à l'extérieur et sur le toit. Il s'arrête mais ne comprend pas où je veux aller.
Au suivant...
Quelques minutes qui bien sûr dans les circonstances me semblent une heure et enfin une moto arrive qui connait, coup de bol "cet anglais qui habite là depuis longtemps".
Je lui fais comprendre qu'il y a urgence, je monte à califourchon derrière et nous partons vers la maison qui apparaît perchée sur sa colline au détour d'un virage après seulement quelques minutes de route.

Le gars me laisse en bas du chemin. Je tombe sur le guide et les deux australiennes qui finissent justement leur boucle. Ils sont très surpris de me voir là pensant que j'étais rentré depuis longtemps J'explique ce qui ce passe en deux mots et entreprends l'escalade de la route du gîte. En courant à moitié pour ne pas changer.
La route est interminable.
Je l'imaginais plus courte...
Beaucoup plus courte même...
Pourquoi d'ailleurs n'est-elle pas plus courte ?...
Et puis aussi y'a pas idée de construire une baraque si haut...
deux virages ? mais y'en avait qu'un ce matin...

— Sylvie ! Sylvie ! Appelle Jeannine tout de suite... Ho Chatoune, t'es-là ? Appelle Jeannine, vite !
Ha Poupée, vite, donne-moi le téléphone, je t'expliquerai... et donne-moi de l'eauauau !
Je compose le numéro d'une main et boit l'eau de l'autre (en essayant de ne pas être trop avide).
— Jeannine ?... Mais où t'es bon sang ?... Comment ça tu sais pas ? … Mais retourne vers la route enfin ! Comment ça, ils veulent t'emmener à l'hôpital ?... Bon attends, donne ton téléphone à un du coin, quelqu'un d'ici va lui expliquer...

... c'est bon ? Ils ont compris ? Bon, dès que tu es au bord de la route, tu rappelles...

... ça y est t'es au carrefour ? Ok, alors maintenant, tu bouges pas, je descends te chercher. Non, refaire tout ce putain de chemin ! tiens ces vélos, c'est pas ceux des slovaques ? Excuse me, can I get your cycle for some minutes ? No no, I just go down to search my friend near the road. Ten minutes, no more. Thank u.

— Hou hou Jeannine ! Hé ben dis donc, mais qu'est-ce que t'as foutu bordel ?
— Ben j'ai cherché la route.
— Mais enfin, quand j'ai commencé à courir je t'ai dit : "c'est tout droit".
— Ah bon, j'ai pas entendu.
— Pas entendu ? Bon, tu expliqueras plus tard, monte vite.

 

Version Sylvie

Je cours aux devants de Jeanine qui arrive à l'arrière d'une moto, elle rit mais... horreur elle a du sang séché partout...
Je l'entraîne dans une salle de bains... et quand elle se voit dans le miroir elle comprend pourquoi les gens voulaient l'emmener à l'hôpital !
Une fois douchée on voit plus clair ! les cailloux de la montagne ont éraflé les genoux et les bras, une mini coupure au front a donné le spectaculaire sang sur le visage, il faudra quelques massages pour évacuer le stress de la chute et une fouille en règle pour extirper toutes les épines de ces "buissons à chameaux" mais bien sûr Jeanine se tracasse parce qu'elle a mis du sang sur la serviette de Pierce ! Lui nous sort les trousses de secours, désinfectant, pansements... et la voilà prête à repartir et à nous raconter...

Udaipur boussole 3

 

Version Jeannine

Un nouveau jour se lève sur Udaipur et de nouvelles aventures commencent.


Après un entrainement intensif au maniement de la boussole, aujourd'hui marche dans la campagne.


Je m'angoisse :
— Et si je n'étais pas en état de parcourir la distance prévue ?
Je fantasme sur mes deux coéquipières : elles ont parlé du Népal (il me semble) seraient-elles des "pros". Nous voilà partis. On marche allègrement, ça va cool...
Après une pause à mi-chemin chez un ermite je ne sais ce qui se passe dans la tête d'Enoch : il décide de prendre un autre itinéraire plus rapide dit-il. Nous délaissons nos coéquipiers et nous voilà au pied d'une montagne que nous allons escalader. Des arbres de 1 m avec des épines de 1 à 2 cm (je précise la taille car pour la suite des aventures cela à son importance). J'essaye de suivre désespérément mon guide qui monte toujours. J'en ai marre de me plier en quatre sous les épines, de glisser sur les cailloux...
Tout à coup je glisse vraiment, J'ai le temps de penser :
"Vais-je m'arrêter ? Ouf ! Oui !"
Enoch ne s'est aperçu de rien, il faut lui dire, la peur me fait dire des mots inadaptés :
— C'est grave.

Nous voilà rebroussant chemin pour retrouver un sentier plus adapté. J'ai chaud et voilà que mon guide décide de partir en courant. La magie de la boussole n'a pas encore fait son effet et pour moi je pense que je dois me diriger vers la gauche sur le sentier. Je vois un femme âgée dans un champ et j'essaie de lui demander où se trouve la maison de Pierce. Elle me regarde en hurlant et en me faisant de grands gestes. Je me dis qu'elle n'est pas bien. Je prends quand même le temps d'admirer les deux fabuleux bracelets qu'elle porte aux chevilles et que je lui envie.
Je continue vers une route goudronnée qui devrait me réorienter vers la civilisation.

Magie, mon portable sonne... Enoch au bout du fil...
— Où je suis ? En bas d'un village... Son nom ? j'aimerais pouvoir le lire sauf qu'il est écrit en hindi.
Je continue ma route avec pour consigne de boire...
"Ha ! je voudrais bien mais l'eau semble avoir disparue de ce monde."
Il faut avancer pour sortir de là. Enfin voilà deux jeunes femmes... même question, même regard rempli d'effroi mais que se passe -t-il ? Je continue vers la route goudronnée, une moto passe, ouf elle s'arrête, je vais pouvoir aller au village de Sisarma comme prévu par Enoch.

Me voilà montant en troisième file sur une moto déjà occupée par deux personnes. Moi, Jeannine !
Je suis morte de rire. Je pense à tous ceux que j'ai laissés en France, j'ai vraiment l'impression d'avoir quinze ans. J'en ai 58. Oubliées les douleurs, les genoux amidonnés par le sang séché, pendant 5 min je m'éclate. Le trajet est trop court... et je n'ai pas vu la maison de Pierce.

Arrivés au village ils veulent m'amener chez le docteur. Ils me gonflent ce n'est pas pour 4 égratignures qu'une aveyronnaise va chez le docteur. Colère, je n'arrive pas à me faire entendre, cette fois-ci c'est un chauffeur en voiture qui me propose de m'amener chez le docteur. Je rappelle Enoch et je lui passe mon chauffeur.
Il finit par m'emmener au carrefour de Sisarma et miracle Enoch en vélo apparaît Je grimpe sur un scooter et nous montons vers la maison de Pierce.
C'est vers la salle de bains que je me dirige en premier. Sylvie, coton et désinfectant à la main s'occupe de moi. Au cours de mon nettoyage mon regard croise une glace. Je vois mon visage, plein de sang... D'un seul coup j'ai compris le docteur, les regards effrayés, les cris affolés et à nouveau rire de ma part... Peut-être que c'est cela m'amuser pour moi.
Second épisode : enlever toutes les épines enfoncées dans mes fesses, grâce à l'aiguille et à la dextérité de Sylvie j'ai pu franchir cette dernière étape.

mon bras au sortir de la montagne

Pour le mariage de Pritam, il ne me reste plus que quelques cicatrices.
Même aujourd'hui revenue dans mon cocon quotidien j'ai des difficultés à raconter cet épisode il n'y a que moi qui en ris les autres ne comprennent pas...
M'amuser pour moi c'était donc cela … C'est vrai que ce n'est pas adapté à mon âge mais boff !
... Je m'en fiche.


(Je vous donne mon autorisation pour rectifier ou supprimer ce qui doit l'être. Cela m'a permis d'en rire une seconde fois. Bisous à bientôt et merci pour tout. Jeannine)

Conclusion de l'aventure, le bon animateur doit toujours partir avec un portable même si il reste à deux pas des participants et qu'il n'y a absolument aucune raison de se perdre, et avec une trousse de secours. Ça fait du bien de redécouvrir les bases élémentaires que tout le monde connaît.

Approfondissement de la conclusion de cette journée de découverte de soi :
l'objectif principal pour Jeannine est atteint. Elle s'est amusée, elle a pris des risques, elle est revenue, par ses propres moyens, les genoux écorchés. Elle avait des croyances sur la signification du mot "s'amuser", elle a découvert que ce mot est personnel à chacun. Elle a relié ses découvertes à son vécu d'enfant. En dire plus révélerait des facettes de Jeannine qu'il appartient à elle seule de dévoiler à qui elle veut.
En tant qu'accompagnants on a réussi notre challenge. On sait aussi ce qu'il reste à proposer pour que cet amusement "un peu rude" puisse être aussi agréable mais plus soft dans les prochaines expériences et dans sa vie de tous les jours.
Demain course-poursuite dans le marché !

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18 mars 2010 4 18 /03 /mars /2010 13:44

Hélène et Olivier, vous  préparez un périple de plusieurs mois. Vous voulez traverser l'Afrique en Tandem. Vous nous interrogez sur la possibilité de rouler en vélo au Kenya et en Tanzanie.


chasse des lionnes On est resté des heures dans le cratère Ngorongoro en Tanzanie, le paysage est magique, l'Afrique telle qu'on la rêve... observer les animaux...

La stratégie des lionnes : elles s'installent devant le plus grand point d'eau et attendent. Les troupeaux de zèbres et de gnous voyagent ensemble car les zèbres ont une bonne vue et les gnous une bonne ouie. Ils pensent ainsi être protégés tout azimut... Une troupe de zèbre arrive pour boire. Ils s'arrêtent à une centaines de mètres des lionnes qui ne bougent pas. Puis une autre bande. Ils ont marché plusieurs jours et ont très chaud. C'est bientôt des centaines de bêtes qui attendent, qui veulent aller boire et qui ne comprennent pas "hé pourquoi ça n'avance pas là devant !"
Les premiers arrivés s'approchent peu à peu et malgré eux vers les lionnes. Elles, elles baillent et se prélassent. Rassurés, les zèbres et les gnous avancent encore un peu. Ils ne sont plus qu'à 20 mètres. Tranquillement, une lionne se lève et s'étire. Une autre l'imite. Une par une et l'air de rien, toutes les lionnes se retrouvent debout. Elles regardent autour d'elles voir si tout le monde a pris son poste stratégique. À droite, à gauche, surtout pas devant là où se trouvent les herbivores. Brusquement, c'est la ruée. Les lionnes s'élancent, les zèbres veulent se ruer vers l'arrière mais c'est impossible à cause de la masse du troupeau. Le plus vieux, ou le moins rapide, mais le plus souvent seulement celui qui était le plus près disparait dans un nuage de poussière. Les lionnes l'ont eu.
Vers la fin du jour, plusieurs cadavres sont couchés. Elles n'ont mangé que quelques cuissots mais la bande est tranquille pour plusieurs jours. Les jeunes s'amusent à bondir sur les carcasses et à les tirer dans tous les sens. Les adultes n'ont plus faim et se couchent pour digérer.
Les zèbres savent qu'ils vont pouvoir boire en passant à quelques mètres des fauves.

Nous avons adoré l'Afrique. Ce voyage était notre rêve depuis longtemps et on n'a pas été déçus ! La première girafe, j'étais comme une gamine, tellement fière parce que je l'avais vue la première, cachée derrière un acacia le long de la route !
Le cratère du Ngorongoro nous a laissé des souvenirs inoubliables, magie des paysages et du comportement des animaux. On se croyait seuls au monde avec eux (et pourtant que de touristes !).
baiser NgoroLe premier baobab, arbre mythique, tellement mythique que je ne le cherchais même pas quand il est apparu sous la lune...

Mais vous posez des questions sur les routes du Kenya et de Tanzanie pour les parcourir en tandem...

Le Nord du Kenya est interdit au tourisme à cause de l'instabilité des voisins éthiopiens, soudanais et somaliens. D'après les journaux, il y a régulièrement des combats, du brigandage, des émeutes, des prises d'otages... et des morts. 

Le très particulier volcan Ol Doinyo Lengaï est unique au monde. Contrairement aux autres volcans sa lave n'est pas à base de silicate mais de carbonate.lengai

 

Il n'y avait pas de routes goudronnées dans la plupart des endroits  où nous sommes passés. On était dans une camionnette Toyota et on a été plusieurs fois ensablés, bons pour attendre parfois quelques heures un camion ou un 4x4 pour nous délivrer, on se cachait du soleil sous des épineux minusculement bas pour ne pas mourir d'insolation (en septembre).
Pensez que le soleil tropical/équatorial est "mortel" et c'est pas nécessairement une question de température. Le risque peut être multiplié par l'altitude. Prévoyant de monter le volcan Ol doinyo Lengai, Rémi et Enoch ont couru à plat dans la brousse pour tester, on est au mois de septembre, les températures sont un peu fraîches, la nuit on supporte un polaire : "Avec l'altitude (1500 m), malgré un bon entraînement physique,
courir est vraiment très très dur. Pour tout dire, on avait des étoiles devant les yeux après 10 min de course sans forcer !"

lengai.blog.jpg

Pour les parcs il est obligatoire de prendre un 4x4. On ne peut pas s'y promener seul. C'est trop dangeureux. Les camps pour dormir sont surveillés par des gardes armés. Enoch s'est cru malin de les feinter pour sortir se promener. Il s'est fait bien bien remonter les bretelles en rentrant. Le mois précédent, un touriste qui se croyait malin lui aussi s'était fait tuer par un buffle. Quelques jours avant, un léopard avait emporté un enfant qui était sorti de la terrasse du restaurant (quelques mètres).

bufflesLes buffles sont très dangereux, les guides nous disent que c'est l'animal qu'ils craignent le plus, plus que le lion ou l'éléphant. Son comportement est imprévisible. Quand une femelle a un petit elle peut se sentir menacée et charger brusquement sans aucun signe d'avertissement.


Il est impossible de camper hors des camps : buffles, lions, léopard, hippopotames, scorpions, serpents, éléphants, hyènes... Un soir, nous nous sommes retrouvés perdus dans la brousse à la tombée de la nuit. Pensant devoir y rester jusqu'au matin, les guides ont fait un feu immédiatement pour éloigner les animaux et en même temps se signaler. Ils n'en menaient pas large parce qu'ils n'avaient pas d'armes. Avant de s'allonger, nous avons dû pousser toutes les pierres du bout du pied et une fois sûr qu'il n'y avait pas de scorpions ou de serpents nous les avons jetées plus loin.

passage de rivière

Migration des zèbres et gnous : ils doivent passer la rivière pour d'autres pâturages... Les crocodiles les attendent : ils tuent d'un coup de mâchoires, des dizaines de cadavres restent en surface et seront mangés plus tard !

Les hippopotames les tuent aussi. Non pas pour manger bien sûr, la ête est herbivore, mais seulement parce qu'ils ne supportent pas que qui que ce soit s'approche de la harde. Les herbivores attendent des jours, et comme pour l'accès à l'eau sur la photo plus haut "chasse des lionnes", les premiers finiront poussés dans l'eau par le troupeau grandissant derrière eux...hippopotames              Les hippopotames, herbivores certes mais à gueule puissante...

 
L'eau maintenant : en dehors des villes, elle est rare. Pour se laver, on avait heureusement des lingettes (c'est pas si bien mais bon...). Même dans les hôtels de luxe, l'approvisionnement peut être problématique. Ils fournissent souvent un seau par nuit et par personne. Avec la chaleur et l'altitude (qui dessèche plus encore que la chaleur) il faut transporter d'énormes provisions d'eau potable.

Rouler en vélo nous semble tout à fait impossible, avec un tandem ce doit être bien pire. Contactez Thomas qui est sur place pour voir ce qu'il en pense. Même goudronnées, les routes sont souvent ensablées. De toute façon, il n'y a pas de goudron dans les parcs (c'est pas le parc régional du Haut-Languedoc).

À certains endroits,tourbillon la poussière de sable envahit l'habitacle de la voiture.
Quand on passait dans ce genre d'endroits on disait que des lutins nous attendaient pour nous balancer des brouettes de sable !



                                                              

 

Tout ça, au Kenya et en Tanzanie qui sont des pays à peu près stables et où tout est axé sur le tourisme !rémi et le baobab

Il y a des endroits bien précis pour passer les frontières. Le guide du Routard que nous avions acheté "de l'année" avait un tas de renseignements faux à ce sujet. Par exemple, d'après les renseignements internet et GDR, il y a trois points de passage entre Kenya et Tanzanie, c'est faux, il n'y en a qu'un : Namanga, là où habite Thomas. On voulait passer par Magadi et le lac Natron, on a dû rebrousser chemin, on était en bus, si ça vous arrive en vélo...
En Tanzanie, il y a un péage "à la tête du client" entre chaque commune avec une barrière gardée. Une fois un gars nous a rattrapés plusieurs kilomètres après parce qu'en passant par la piste on n'avait pas payé un des passages.



ol doinyo lave
La lave de l'Ol Doinyo Lengaï est très fluide et, comparativement à celle des autres volcans, "froide" (500° à 550°quand même). C'est une poudre blanche qui, de loin, donne l'impression d'être de la neige.

ol-doinyo-lengaï enoch sur la laveL'éruption de 1998 a rempli le cratère et de la lave déborde sur les pentes. Depuis 2007, le volcan est redevenu explosif (source Wikipedia)

On se rend bien compte que nos renseignements sont pessimistes mais vous nous questionnez et nous on ne le ferait pas...

Même ici en Inde du Nord le tandem serait galère mais seulement parce que les routes sont très cabossées. Le vélo individuel oui. En Afrique (ce que nous connaissons Ouest et Est), l'utilisation du vélo reste rare. Les gens marchent ou vont en bus.descente du volcan

...(à suivre dans "Première course-poursuite")...

2011 : Hélène et Olivier l'ont fait et sont heureux...

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Published by sylveno.over-blog.com - dans voyage
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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 10:30

vache dans pinkcity JaipurLes vaches se promènent en reines partout. Cette photo montre la hauteur que doit franchir une vache pour traverser la route. Ici c'est grillagé donc elle devra redescendre mais généralement ces "bananes"qui séparent les routes sont larges et plantées comme sur nos autoroutes. Les vaches s'y installent pour manger ou dormir.


Nous partons à Delhi en taxi au "salon de la boulangerie et des arts de la table".
Il n'y avait plus de places de train disponibles : en Inde il faut retenir sa place plusieurs jours avant car les trains sont toujours bondés, dommage c'est vraiment le moyen de transport le plus sécure, l'avion aussi bien entendu mais c'est plus cher...

La route Jaipur-Delhi est sur 90 % de son parcours la voie express Mumbai-Delhi. Les camions de marchandises reliant les 2 plus grosses villes du pays y circulent à touche-touche de 8 h à 20 h. Mais ce qui ici est appelé autoroute est en fait une 2x2 voies autorisées aussi aux tracteurs, aux carrioles à chameaux et quand elle traverse des villes, les 2 roues et piétons l'empruntent. On peut bien sûr y pénétrer par des croisements normaux, plats, tout simples sans feux naturellement pour ne pas ralentir la circulation sur la grande route. Comme sur toutes les routes indiennes on y rencontre aussi des chiens, des vaches, des pierres, des trous et des "men at work".
Nous partons donc à 5 h du matin pour essayer d'éviter au maximum les heures sus dites.
On est content, il n'y a presque personne à cette heure matinale. La traversée de Jaipur a quand même pris une heure. Prudence à cause des chiens qui profitent d'être seuls pour se courir après à loisir et des lève-tôt qui se croient encore plus seuls sur terre que d'habitude...

Enfin, nous sortons de la ville et sur la grande route, le taxi peut enfin accélérer... à 90 (égal grande vitesse en Inde).

On double une voiture quand soudain un "orignal" (dira Zoé pour dédramatiser "avec un museau, comme ça, pareil qu'un orignal et pas de cornes"), surgit des buissons de la bande centrale (c'est là que vous comprenez pourquoi cet article commence avec une photo de vache !). Si vous connaissez les vache, vous savez que "surgit" peut paraître un grand mot mais si elle a décidé de passer elle passe "je suis holy quand même !" et pour passer il faut descendre les 40 cm de bordure ce qui ne peut se faire qu'en une fois avec un petit bond (pour une vache c'est beaucoup 40 cm. Pour l'orignal je ne sais pas)...

Impact dans 2 secondes...

Impact !

Sa tête heurte le pare-brise et son corps défonce les 2 portes côté droit. Je vois passer un nuage gris "J'ai un problème aux yeux ?... je suis blessée ?..."
non, c'est les vitres latérales qui volent en éclats, j'ai des bouts de verre plein la bouche. Heureusement, je parlais à Zoé devant et j'étais tournée vers le côté gauche.
Le chauffeur appuie à fond sur le frein en se rangeant sur le bas-côté
"Non ! Faut pas faire ça ! on va partir en tonneaux !"
Mais non on se stabilise...

— Zoé ça va ? Enoch ? non moi ça va, j'ai rien.
Je crache quelques bouts de verre... on sort de l'auto. On s'éloigne le plus possible de la route sur le bas-côté qui est très large à cet endroit.
Zoé n'a pas eu peur, c'est la 1e fois qu'elle a un accident de voiture, elle n'a pas imaginé qu'on pouvait faire des tonneaux
en roulant sur le bas côté à cette vitesse. Tant mieux...
Enoch a vu la vache sortir des buissons et n'a pas compris pourquoi le chauffeur restait
droit dessus. Il venait de doubler et à ce moment là, il jetait un coup d'oeil dans le rétro pour se rabattre... Il nous diras que lui aussi a pensé aux tonneaux...

L'automobiliste qu'on venait de doubler s'arrête :
Thik hai ? Ça va, tout le monde est OK ?
Le chauffeur a un peu de sang sur le bras de sa chemise mais il dit que ce n'est rien.
Nous éclairons la route avec une torche voir si il n'y pas de morceaux dangereux restés au milieu. Zoé veut retrouver "l'orignal". Nous marchons vers l'amont de l'accident mais rien, il a dû partir mourir plus loin...

Au téléphone, le boss du taxi nous suggère de retourner à Jaipur et de prendre un bus !
Enoch exige une nouvelle voiture
Oh no it's impossible sir sorry.
— On a un rendez-vous là bas. Us biznes ke lie hai, C'est pour le boulot.
Le baratin prend et une heure après arrive une autre voiture. Les 2 gars laissent le volant à notre chauffeur qui se signe à la mode hindoue en touchant ses yeux, ses oreilles et sa bouche et nous voilà repartis.

Le taxi est plus grand et plus confortable. On a rien perdu au change. Sauf une heure de notre temps et une frayeur...

Il slalome entre les camions : les "goods carriers" sont limités à 40 km/h mais ils ne se considèrent pas comme véhicules lents puisqu'il y a les chameaux qui tirent du marbre ou du bois (d'où vient ce bois et où va-t-il ? Bizarrement les charrettes avancent dans le sens Jaipur-Delhi) et sont sur la voie de gauche, les camions et les petits bus restent donc à droite quoi qu'il arrive. Trop flemme de tourner le volant sans arrêt avec un engin de cette taille. Les voitures ou les gros bus n'ont d'autre solution que de doubler à gauche.

Des travaux sont entrepris pour faire une 3e voie mais sera-t-elle consacrée aux véhicules lents et qui acceptera de se considérer comme tel ?

Les indiens pour la plupart se sont créés une bulle individuelle dans laquelle ils vivent, ils n'ont pas du tout conscience de l'environnement extérieur et quand on conduit et qu'on se signale à eux ils sursautent ou nous regardent un peu effarés comme si nous venions de sortir de terre.
Les chauffeurs de poids lourds et de bus de ville sont les cas les graves. Peut-être par manque d'intelligence (peu de gens ont le loisir de s'éveiller à la vie, trop préoccupés par la survie) ou d'éducation ?

Pour cette dernière, un exemple vécu parmi des centaines : une famille se promène, le long d'une route très fréquentée qui a de tout petits trottoirs à Calangut-Goa, le père tient un petit de 2-3 ans par la main, le gamin lâche la main et traverse. Une voiture freine à mort, l'évite et atterrit dans le mur d'une terrasse. Le père récupère l'enfant, entre dans le restaurant d'où nous avons vu la scène et s'installe pour lire la carte, le chauffeur de la voiture qui a évité l'enfant redémarre, le reste de la famille traverse, rejoint le père et commande le repas.
Pas un mot au gamin. L'apprentissage à traverser une rue ? Au panier !
Pas un regard à la voiture, pas de remerciement au chauffeur ou d'intérêt pour sa voiture emboutie... rien
. La question du pourquoi reste entière, pas seulement pour la conduite automobile d'ailleurs mais en Inde, la question "pourquoi" est à oublier.

Toujours est-il que nous arrivons sans autre encombre à l'expo.

Surprise. C'est une vraie exhibition. Tout ce qui se fait en art de la table. Pour les 5 étoiles bien sûr. On rencontre plein de gens, plein de contacts pour AFC, plein d'idées supplémentaires, nous ne sommes pas venus pour rien. On goûte même du chocolat. Du mauvais mais aussi de la bonne qualité. Très bonne qualité même. Nous n'avions pas trouvé ça même dans les magasins spécialisés de Jaipur.
Ouf on craignait de ne pas pouvoir faire de chocolatines !

Point noir incroyable, à part le stand des sirops Monin/confiture Bonne maman (sans vouloir faire de pub mais je pense pas qu'ils aient besoin de ça) qui font goûter gratos de délicieux mocktails, aucune nourriture dans cette foire. Pour manger on se rabat sur un dhaba posé là pour la circonstance. Une horreur. Rien, je dis bien rien n'est comestible. Je tente un truc avec des pommes-de-terre et pour la 1e fois depuis des années en Inde j'ai la tourista !

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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 19:39

Nous avons réussi à obtenir une bouteille de gaz. 
Le gouvernement est très regardant pour l'autorisation à cause des bombes paraît-il. Je sais pas mais, les terroristes français sont si réputés que ça ?... mdr.
J'y connais rien mais si j'étais terroriste, je me débrouillerais pour avoir une filière parallèle pour les explosifs, non ? Ou pour paraître un citoyen tranquille au-dessus de tout soupçon, non ?
Mais bon c'est Chottu qui nous a dit ça et si ça tombe, comme d'habitude avec l'imagination fertile des indiens, c'est n'importe quoi.
Nous avons acheté une plaque de cuisson pour aller avec. Tout en verre noir, c'est classe !
Quelle amélioration pour cuisiner.


Nous continuons à essayer de résoudre toutes les difficultés une par une et tranquillement pour la création de l'entreprise.
Ça y est le nom est accordé mais le dossier n'est pas encore tout à fait clos. Nous avons l'autorisation p
our "Authentic French Croissant". Nous voulions mettre "The" devant mais ils n'ont pas accepté et ça a été impossible de faire comprendre que le sens n'est pas du tout le même avec ou sans le "The".
Tant pis, on trouvera bien un moyen de feinter pour les enseignes.

Avec la recherche du "meilleur" emplacement, nous aurons fini par visiter tout ce qui est à vendre à Jaipur !
Aucune maison vue jusqu'à présent ne fait l'affaire. Soit complétement finie mais pas dans nos goûts ni dans notre budget, soit pas chère parce que construction semi-illégale sans autorisation de la high court, ou du gouvernement, ou du JDA, ou de...

Enfin, on a fini par peut-être (on dit bien : peut-être) trouvé hier soir le bon quartier, on prendrait un terrain nu mais il faut 3 mois pour construire.
Et ce sera certainement même un plus long parce qu'on veut tout isoler et qu'ils ne connaissent pas ce genre de technologie.

Ah le problème de la chaleur ! Il est incroyable de constater qu'il y a longtemps, du temps des moghols, les constructeurs avaient plein d'astuces pour que le chaud ne rentre pas et même pour refroidir par des systèmes d'évaporation ou de décompression de l'air par système passif. Maintenant, c'est le "tout béton" en carré vite fait genre la France dans les années 60 avec les préfa'.
Chez eux, les indiens ont rarement la climatisation. Pour rafraichir, ils laissent les portes ouvertes y compris celles de l'entrée. Dans les immeubles, ça donne une atmosphère très particulière "Salut voisin je ne fais que passer".
Ici à l'appart' on cuit parce qu'il y a de grandes fenêtres. L'endroit est certes clair et plus attirant pour la location mais invivable à l'usage ou beaucoup de clim et l'électricité est chère…

Un peu d'air frais de France serait bien venu, les locaux disent que la température est chaude pour la saison, on doit faire attention de ne pas cramer quand on roule en scoot et ça arrive vite…
On a eu 2 jours de pluie où le mercure était descendu de 20° c'était chouette mais ça n'a pas duré.

On retourne aujourd'hui voir ce nouveau quartier de Jaipur, c'est du terrain agricole qui vient d'être approuvé en terrain à bâtir parce qu'il y aura extension de l'aéroport. Cela implique hôtels, centres commerciaux, etc qui sont justement notre cible client, ça tombe bien.
Il faut seulement bien calculer pour ne pas être non plus sous les décollages !
Il y a encore plein de fermes avec des buffles et un village. Dans 10 ans malheureusement tout cela aura probablement été saccagé et pollué mais on est tous emballé.
Demain, l'avocat qui nous a fait découvrir doit nous donner des nouvelles. Quelle impatience
!

Tout à l'heure Sylvie derrière le scoot' tenait 4 lassi, une spécialité genre yaourt liquide mais en bien meilleure , servis dans des pots en terre jetables et pour la vente à emporter ils ajoutent un bout de papier tenu par une ficelle comme couvercle ! Zoé conduisait le scoot, avec en plus entre ses pieds 2 assiettes de puri sucrés, c'est aussi une spécialité : des boules gonflées de pâte très fine, remplies de liquide sucré, ça aussi ça craint un max pour le transport ! Malgré les cahots, ce qui n'est pas peu dire sur les routes indiennes, tout est arrivé entier et on s'est régalé.


Ahh... !

Une bonne nouvelle vient de tomber : Zoé vient juste de recevoir un coup de fil de l'avocat lui disant que voilà, le dossier est revenu et il est bon. En gros : ça y est, l'entreprise existe officiellement.
TARATATA TATA !!

Pas trop tôt, on va pouvoir enfin ouvrir un compte bancaire et faire circuler l'argent.

afc signature chefP1040746 Fafc signature P1040745 F









                          Dans le bureu de l'avocat, signatures officielles !

Enfin maintenant oui parce que les "foreigners" n'ont pas le droit
d'ouvrir de compte bancaire personnel. Toujours pour la soi-disant protection antiterroriste. De même par exemple qu'ils ne peuvent pas acheter de maison s'ils n'ont pas de société enregistrée.

Avec le temps, nous comprendrons que ce n'est qu'une politique ultra-protectionniste alliée à une population paranoïde. L'Inde n'est pas seule dans ce cas loin s'en faut. Les deux vont d'ailleurs parfaitement bien ensemble et se génèrent de toute façon l'une l'autre mais c'est un autre sujet sur lequel nous reviendrons...

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