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C'est Nous

  • : L'Inde autrement
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  • : La vie au jour le jour en Inde, les voyages de connaissance de soi que nous proposons dans ce pays si différent de la France, toutes les réflexions qui nous viennent dans nos différentes expériences en comparaison avec ce que nous vivons en France.
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25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 08:07

... (suite de udaipur) ...

… Le lendemain, et pour se mettre en train, Jeannine et moi (Alain) nous nous intégrons dans une randonnée avec un guide et deux autres femmes, des australiennes qui ont réservé depuis quelques jours.

dans la montagne.près d'Udaipur Version Enoch

 La 1e étape prévue est la visite d'un temple.
Nous sortons de la maison et
S
ylvie marche quelques pas avec moi pas sûre de  mon envie de faire cette marche.

Je la rassure avec enthousiasme tout en regardant le guide du coin de l'oeil :

"Houlà, on dirait qu'il sait pas où il va lui. Il connait pas la route ou quoi ? "
Qu'est ce qu'il se passe ? Pourquoi on avance pas ?... Ha Sylvie ? Non, elle vient pas, elle fait juste quelques pas avec moi c'est tout.

 

Après la descente du chemin d'entrée, nous suivons la route sur 500 mètres puis bifurquons pour pénétrer dans la campagne.

Ouf, enfin sortis de la civilisation. Je me sens plein d'énergie et prends la tête de la troupe ce qui n'est pas difficile, ce sont toutes des débutantes. De temps en temps, je me retourne pour demander au guide quelques indications. J'adore marcher comme ça, et me sentir vivant. Hors de la ville, de son bruit, de la crasse, de la pollution. J'ai quelques idées un peu sombres en sachant que ces endroits encore un peu préservée ne vont plus durer encore longtemps mais je les oublie vite pour me contenter d'en jouir. Chacun échange quelques mots un peu sur tout et sur rien. Nous marchons comme ça un petit quart d'heure avant de passer par un agréable petit bois où nous voyons une bande de paons installés à l'ombre s'occupant tranquillement de leurs affaires de paons. Ils ne font pas mine de nous avoir vus et nous restons quelques minutes à les observer.

Le paysage toujours identique et la chaleur augmentant plus vite que ce que nous marchons provoque une hypnose légère faisant baisser la vigilance et l'enthousiasme pour finir par avancer dans une sorte de rêve.
"Non mais quelle idée de visiter un temple. c'est bien la dernière chose que j'ai envie de faire. Je prends la première occasion pour filer."
Après une heure de marche,
"Bon sang qu'est-ce qu'il commence à faire chaud !"

Bonne surprise, nous arrivons dans une oasis arrosée par une petite source.

temple dans la montagne
Le guide nous explique qu'il y a quelques années, un gars a trouvé là un abri sous roche dans lequel il y avait, incrustée dans la paroi, une pierre évoquant la forme d'un linga, le symbole de Shiva.

Il a interprété ça comme un signe des dieux. Il s'y est installé, a creusé la colline pour en faire sa maison et il est devenu le guru de ce temple naturel.

 

 

Nous nous asseyons à l'ombre d'un grand ficus. Je me déchausse et entreprends la visite du temple souterrain. Il y a juste la place d'y rentrer à trois. J'essaye de discerner le linga parmi les décorations qui envahissent l'autel mais je n'y discerne rien de particulier. L'endroit est visiblement encore en creusement et le badigeonnage de bouse de vache n'est effectué que sur la moitié des murs et du sol.

 
Udaipur guru du temple 

Quand je ressors, le guru me fait signe de venir le rejoindre pour le "chai" de rigueur.
Quand nous décidons de repartir, je me pose un moment la question si oui ou non j'ai envie de laisser quelque chose au guru.
Jeanine m'évite la réponse en laissant une offrande sur l'autel puis nous expliquons au guide que nous ne voulons pas continuer avec les autres mais retourner maintenant au gîte.

Le guide hésite un moment.
— Est-ce que je connais le chemin ? Est-ce qu'il fait pas trop chaud ? Vous avez suffisamment bu ?...

Devant mon assurance, il accepte de lâcher sa responsabilité et de nous laisser partir. Ce qu'il ne sait pas c'est que j'ai un plan mis au point avec Sylvie pour passer par la montagne en sortant des chemins, ça fait partie de l'objectif de voyage de Jeannine : Trouver comment se repérer seule en observant l'environnement. Arrêter de suivre pour découvrir ou retrouver une façon personnelle de s'amuser. Mon rôle là est d'accompagner pas de guider.

À la sortie de l'ashram, nous sautons le mur qui borde le chemin et le longeons côté "sauvage" pour chercher un chemin pas trop broussailleux, et les broussailles ici sont redoutablement garnies d'épines.

Un tour d'orientation pour que Jeannine prenne ses repères et c'est parti pour ce que je pense être 3 à 4 kilomètres dans la montagne. C'est rude mais nous suivons un chemin de chèvre qui semble mener vers le sommet. Jeannine traîne un peu derrière. Je m'arrête de temps en temps à "l'ombre" d'un acacia mais ça change pas grand chose. Sans compter que plus on monte plus il y a de caillou et plus c'est chaud.

— Gaffe à la déshydratation. Respire bien par le nez et pense à ralentir ta respiration
Au milieu du chemin, nous tombons sur un cadavre de chien tout desséché posé là en travers.
"J'espère qu'elle va pas trop baliser avec ça. Dédramatisons :
Tiens regarde, celui-là, il a pas trouvé le chemin du retour ! Aïe, c'est pas génial ça !"
Je laisse Jeannine admirer la momie et je prends un peu d'avance.

Tout d'un coup, j'entends un cri et une phrase que je ne comprends pas.
— Oh, ça va ?
— a...ends ...e ...ois ...est grave...
J'ose pas être sûr d'avoir bien entendu le dernier mot
— Heueueu, tu peux répéter ?
— ...iens … q... … grave
"Merde, j'ai bien entendu grave à la fin ? Non non, elle a dit c'est pas grave. Ou bien… heu... entrave ? betterave ? Hé merde !"
Je retourne sur mes pas.
— T'es où ?
— Là !
— Où ?
— À droite.
— Ah ouais je te vois, tu disais que c'était… grave ?

Elle est debout appuyée sur un arbre. Elle a dévalé quelques mètres et est déjà relevée mais je la connais elle serait debout même si elle avait une jambe cassée.
— Je suis tombée.
— Tombée du chemin ?
— Oui, j'ai raté un pas et je suis tombée.
J'arrive enfin à la rejoindre sur place.
— T'as quoi exactement ? (je retiens ma respiration)
— Rien, des écorchures, peut-être la cheville.
"Merde !
Quoi, tordue ?
et on n'est qu'au 2e jour du stage..."
— Je crois pas.
— Tu peux bouger ? … les bras... les jambes... tout le corps... bon apparemment t'as que des écorchures. Enfin, je dis "que" c'est déjà pas mal remarque. T'es tombée de là-haut ?
— J'ai roulé.
— Bon bin, je crois qu'on va redescendre hein.

Le descente est encore plus longue que la montée. Elle se traîne et je dois m'arrêter tous les dix pas pour l'attendre.
Après un petit moment de ce régime,
"Putain, on n'a pas d'eau, on peut pas continuer comme ça, on n'y arrivera jamais."
Pense bien à respirer comme je t'ai dit hein ? Par le nez et lentement !
Je me retourne pour l'observer et donner des conseils pour tenter d'accélérer le rythme. Je me rends compte qu'en fait, elle prend systématiquement le contre-pied de la technique la plus adéquate. Connaissant son sens inné du sabotage, je ne râle pas. Pas trop. En tout cas pas à haute voix.
— Bon écoute, je vais avancer très lentement tu me regardes bien et tu poses les pieds exactement là où je les pose. D'accord ?
Enfin ! J'y ai pas cru mais nous arrivons quand même devant le mur qui borde le chemin.
Bien sûr en le passant, elle ne rate pas de tomber deux fois sur son genou le plus écorché mais nous voilà quand même sur le chemin.

— Bon attends, c'est le chemin mais vaut mieux être sûr. Tiens, on retourne demander au chevrier qu'on vient de voir dans le champ là-bas.
Mince le mur est doublé d'épines, impossible de passer.
— Ho, Babaji !... He ! ho ho ! ... Mais c'est pas vrai. Hé papy ! Ah, il lève la tête. Zara, ji, aapkho kahan Pierce ka ghar malum hai ? Excusez-moi, vous savez où est la maison de Pierce ?
Le vieux fait des signes et cooooommmmeeeeencccce ààààà sssseeee leeeevvveeeer.
"Bon d'accord, c'est pas gagné. Y'a qu'à être patient. Tiens d'où elle sort celle-là ?"
Une femme est assise dans le champ en train de tresser des machins.
— Sunie, mataji, kya us rasta bara gali jata hai ? Hé, svp, ce chemin mène vers la grande route ?

— ???
— Aap hindi bolta hai ? Vous parlez hindi ? Hangrezi, Marwari ? Anglais ou Marwari ? Bien sûr marwari. C'était juste pour être sûr mais là ça va pas trop nous servir, merci
Bon il en est où le vieux là ? Hé bien voilà ! Il finit par y arriver !
Zara ji, aapkho kahan Pierce ka ghar malum hai ?...
— ...
— Pierce ka ghar!
Il fait des signes vers ses oreilles... non... c'est pas vrai... j'y crois pas, il est sourd ! Bravo bon toute façon, il parle certainement pas hindi encore moins anglais. Quoique à son âge, il les a peut-être connus, les anglais. Bref.
— Bon allez, ça va. Je suis sûr que c'est le chemin. On y va. Écoute, je pars devant...
Je commence à courir

...toute façon j'ai envie de courir. Continue tout droit j'attends plus loin où je reviens si c'est pas la bonne route À TOUT DE SUITE...

Quelques minutes de course :
"Yesss ! La tour. Et là, le bois des paons. Waw, enfin un peu d'ombre."
Je m'assoie et décide d'attendre Jeannine ici avec l'appareil photo prêt à la shooter dès qu'elle apparaîtra avec le sang sur la figure en survivante de la montagne.
… Bon, ça commence à être long...
... j'ai pas de montre mais là, je pense qu'elle devrait déjà être ici...
… comme je suis pas avec elle pour la motiver, elle s'est peut-être arrêtée un moment...
… là il y a un problème...
... wah flemme d'aller à nouveau sous ce cagnard...
… non, faut que j'y aille. Bon, j'y retourne, le but est de s'amuser, pas de galérer...

Je repars au petit trot sur le chemin. une fois passé la petite côte qui mène au bois, j'ai une vu bien dégagée sur quelques centaines de mètres mais pas de Jeannine.
Non mais où elle est ?
Tiens, c'est elle allongée (j'espère volontairement), sous cet arbre. Ah ben non, c'est qu'une pierre d'une forme bizarre.
Mince, et si elle était évanouie de chaleur ? Quelque part dans un buisson et que je la vois pas en passant ?

Je préfère ne pas y croire mais je cours quand même de plus en plus vite en regardant au passage sous chaque buisson... Je m'exclame à haute voix :
— Non mais où elle est merde ? Non attends, c'est pas possible. Je viens de dépasser le champ du vieux. Je suis plus loin que de là où on a démarré !
Retour en arrière. Au sommet d'une petite colline, j'aperçois des chèvres et trois formes humaines.
— Kya aap mera dost dekhta hai ? Ek gori mahila us rasta cal raha hai ? Vous avez vu mon amie ? Une blanche qui marchait sur ce chemin ?
Oui.?.. non ?... ne sait pas ?...
Mais qu'est-ce qu'ils foutent ? de là où ils sont ils peuvent pas ne pas m'entendre. Bon, commençons par le commencement
:
Hindi bolta ?
Bien sûr que non. Bon, me voilà seul au monde avec peut-être (j'espère affabuler complètement) Jeannine évanouie voir morte quelque part dans la montagne. Bravo !
C'est pas possible, il doit y avoir un chemin parallèle et on s'est croisé sans se voir.

Course dans l'autre sens. Je respire bien par le nez, en ralentissant ma respiration, je fais gaffe au moindre signe de déshydratation mais, ouf, pour le moment rien. Avec ça, je commence à être entraîné pour le badwater, le marathon de la vallée de la mort. J'en ris mais je serai plus rassuré quand Jeannine apparaîtra.

Re-passage devant la tour, re-le bois des paons. Pas de chemin parallèle.
Je dois me rendre à l'évidence : elle est partie dans une autre direction !
Qu'est-ce que je fais avec ça moi ?
Bon sang mais c'est bien sûr ! Elle a son portable ! Je dois retourner au gîte pour l'appeler.

Je continue et arrive au village. Waaw, la fontaine, LA fontaine. En m'aspergeant la tête, j'essaye de me forcer à ne pas boire ce qui serait pire que bien vue la "qualité" de l'eau. J'y arrive avec un effort probablement surhumain. Une vieille femme ramasse des je-ne-sais-quoi sur un mur.
Sur un mur ? Tiens, c'est interressant ça... oui bon, c'est pas le moment de faire de l'ethnologie paysanne.
— Mataji, mera dost dekhta tha ? Ek aurat yahan cal raha hai, vous avez vu mon amie qui marchait par ici ? ô joie, elle comprend. Tiens, tant que j'y suis, aapkho Pierce ka ghar janta hai ? La maison de pierce ?
Non, elle est au courant de rien. Elle connait rien, elle a rien vu. Merde !
Je reeepars en courant.
Ouf, voilà la route.

Je me mets en plein milieu, dangereux dans le pays mais là, il y a urgence. Je fais de grands signes à un camion bondé avec des gens accrochés à l'extérieur et sur le toit. Il s'arrête mais ne comprend pas où je veux aller.
Au suivant...
Quelques minutes qui bien sûr dans les circonstances me semblent une heure et enfin une moto arrive qui connait, coup de bol "cet anglais qui habite là depuis longtemps".
Je lui fais comprendre qu'il y a urgence, je monte à califourchon derrière et nous partons vers la maison qui apparaît perchée sur sa colline au détour d'un virage après seulement quelques minutes de route.

Le gars me laisse en bas du chemin. Je tombe sur le guide et les deux australiennes qui finissent justement leur boucle. Ils sont très surpris de me voir là pensant que j'étais rentré depuis longtemps J'explique ce qui ce passe en deux mots et entreprends l'escalade de la route du gîte. En courant à moitié pour ne pas changer.
La route est interminable.
Je l'imaginais plus courte...
Beaucoup plus courte même...
Pourquoi d'ailleurs n'est-elle pas plus courte ?...
Et puis aussi y'a pas idée de construire une baraque si haut...
deux virages ? mais y'en avait qu'un ce matin...

— Sylvie ! Sylvie ! Appelle Jeannine tout de suite... Ho Chatoune, t'es-là ? Appelle Jeannine, vite !
Ha Poupée, vite, donne-moi le téléphone, je t'expliquerai... et donne-moi de l'eauauau !
Je compose le numéro d'une main et boit l'eau de l'autre (en essayant de ne pas être trop avide).
— Jeannine ?... Mais où t'es bon sang ?... Comment ça tu sais pas ? … Mais retourne vers la route enfin ! Comment ça, ils veulent t'emmener à l'hôpital ?... Bon attends, donne ton téléphone à un du coin, quelqu'un d'ici va lui expliquer...

... c'est bon ? Ils ont compris ? Bon, dès que tu es au bord de la route, tu rappelles...

... ça y est t'es au carrefour ? Ok, alors maintenant, tu bouges pas, je descends te chercher. Non, refaire tout ce putain de chemin ! tiens ces vélos, c'est pas ceux des slovaques ? Excuse me, can I get your cycle for some minutes ? No no, I just go down to search my friend near the road. Ten minutes, no more. Thank u.

— Hou hou Jeannine ! Hé ben dis donc, mais qu'est-ce que t'as foutu bordel ?
— Ben j'ai cherché la route.
— Mais enfin, quand j'ai commencé à courir je t'ai dit : "c'est tout droit".
— Ah bon, j'ai pas entendu.
— Pas entendu ? Bon, tu expliqueras plus tard, monte vite.

 

Version Sylvie

Je cours aux devants de Jeanine qui arrive à l'arrière d'une moto, elle rit mais... horreur elle a du sang séché partout...
Je l'entraîne dans une salle de bains... et quand elle se voit dans le miroir elle comprend pourquoi les gens voulaient l'emmener à l'hôpital !
Une fois douchée on voit plus clair ! les cailloux de la montagne ont éraflé les genoux et les bras, une mini coupure au front a donné le spectaculaire sang sur le visage, il faudra quelques massages pour évacuer le stress de la chute et une fouille en règle pour extirper toutes les épines de ces "buissons à chameaux" mais bien sûr Jeanine se tracasse parce qu'elle a mis du sang sur la serviette de Pierce ! Lui nous sort les trousses de secours, désinfectant, pansements... et la voilà prête à repartir et à nous raconter...

Udaipur boussole 3

 

Version Jeannine

Un nouveau jour se lève sur Udaipur et de nouvelles aventures commencent.


Après un entrainement intensif au maniement de la boussole, aujourd'hui marche dans la campagne.


Je m'angoisse :
— Et si je n'étais pas en état de parcourir la distance prévue ?
Je fantasme sur mes deux coéquipières : elles ont parlé du Népal (il me semble) seraient-elles des "pros". Nous voilà partis. On marche allègrement, ça va cool...
Après une pause à mi-chemin chez un ermite je ne sais ce qui se passe dans la tête d'Enoch : il décide de prendre un autre itinéraire plus rapide dit-il. Nous délaissons nos coéquipiers et nous voilà au pied d'une montagne que nous allons escalader. Des arbres de 1 m avec des épines de 1 à 2 cm (je précise la taille car pour la suite des aventures cela à son importance). J'essaye de suivre désespérément mon guide qui monte toujours. J'en ai marre de me plier en quatre sous les épines, de glisser sur les cailloux...
Tout à coup je glisse vraiment, J'ai le temps de penser :
"Vais-je m'arrêter ? Ouf ! Oui !"
Enoch ne s'est aperçu de rien, il faut lui dire, la peur me fait dire des mots inadaptés :
— C'est grave.

Nous voilà rebroussant chemin pour retrouver un sentier plus adapté. J'ai chaud et voilà que mon guide décide de partir en courant. La magie de la boussole n'a pas encore fait son effet et pour moi je pense que je dois me diriger vers la gauche sur le sentier. Je vois un femme âgée dans un champ et j'essaie de lui demander où se trouve la maison de Pierce. Elle me regarde en hurlant et en me faisant de grands gestes. Je me dis qu'elle n'est pas bien. Je prends quand même le temps d'admirer les deux fabuleux bracelets qu'elle porte aux chevilles et que je lui envie.
Je continue vers une route goudronnée qui devrait me réorienter vers la civilisation.

Magie, mon portable sonne... Enoch au bout du fil...
— Où je suis ? En bas d'un village... Son nom ? j'aimerais pouvoir le lire sauf qu'il est écrit en hindi.
Je continue ma route avec pour consigne de boire...
"Ha ! je voudrais bien mais l'eau semble avoir disparue de ce monde."
Il faut avancer pour sortir de là. Enfin voilà deux jeunes femmes... même question, même regard rempli d'effroi mais que se passe -t-il ? Je continue vers la route goudronnée, une moto passe, ouf elle s'arrête, je vais pouvoir aller au village de Sisarma comme prévu par Enoch.

Me voilà montant en troisième file sur une moto déjà occupée par deux personnes. Moi, Jeannine !
Je suis morte de rire. Je pense à tous ceux que j'ai laissés en France, j'ai vraiment l'impression d'avoir quinze ans. J'en ai 58. Oubliées les douleurs, les genoux amidonnés par le sang séché, pendant 5 min je m'éclate. Le trajet est trop court... et je n'ai pas vu la maison de Pierce.

Arrivés au village ils veulent m'amener chez le docteur. Ils me gonflent ce n'est pas pour 4 égratignures qu'une aveyronnaise va chez le docteur. Colère, je n'arrive pas à me faire entendre, cette fois-ci c'est un chauffeur en voiture qui me propose de m'amener chez le docteur. Je rappelle Enoch et je lui passe mon chauffeur.
Il finit par m'emmener au carrefour de Sisarma et miracle Enoch en vélo apparaît Je grimpe sur un scooter et nous montons vers la maison de Pierce.
C'est vers la salle de bains que je me dirige en premier. Sylvie, coton et désinfectant à la main s'occupe de moi. Au cours de mon nettoyage mon regard croise une glace. Je vois mon visage, plein de sang... D'un seul coup j'ai compris le docteur, les regards effrayés, les cris affolés et à nouveau rire de ma part... Peut-être que c'est cela m'amuser pour moi.
Second épisode : enlever toutes les épines enfoncées dans mes fesses, grâce à l'aiguille et à la dextérité de Sylvie j'ai pu franchir cette dernière étape.

mon bras au sortir de la montagne

Pour le mariage de Pritam, il ne me reste plus que quelques cicatrices.
Même aujourd'hui revenue dans mon cocon quotidien j'ai des difficultés à raconter cet épisode il n'y a que moi qui en ris les autres ne comprennent pas...
M'amuser pour moi c'était donc cela … C'est vrai que ce n'est pas adapté à mon âge mais boff !
... Je m'en fiche.


(Je vous donne mon autorisation pour rectifier ou supprimer ce qui doit l'être. Cela m'a permis d'en rire une seconde fois. Bisous à bientôt et merci pour tout. Jeannine)

Conclusion de l'aventure, le bon animateur doit toujours partir avec un portable même si il reste à deux pas des participants et qu'il n'y a absolument aucune raison de se perdre, et avec une trousse de secours. Ça fait du bien de redécouvrir les bases élémentaires que tout le monde connaît.

Approfondissement de la conclusion de cette journée de découverte de soi :
l'objectif principal pour Jeannine est atteint. Elle s'est amusée, elle a pris des risques, elle est revenue, par ses propres moyens, les genoux écorchés. Elle avait des croyances sur la signification du mot "s'amuser", elle a découvert que ce mot est personnel à chacun. Elle a relié ses découvertes à son vécu d'enfant. En dire plus révélerait des facettes de Jeannine qu'il appartient à elle seule de dévoiler à qui elle veut.
En tant qu'accompagnants on a réussi notre challenge. On sait aussi ce qu'il reste à proposer pour que cet amusement "un peu rude" puisse être aussi agréable mais plus soft dans les prochaines expériences et dans sa vie de tous les jours.
Demain course-poursuite dans le marché !

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commentaires

Armide+Pistol 25/03/2010 23:50


Les technologies modernes ont du bon même quand on décide un retour aux sources.
Je suis heureuse de savoir que cette appartée s'est bien terminée/