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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 19:30

suite des 4 précédents, dernier article sur la condition des femmes en Inde

Pour terminer cette sur une note optimiste :

                         Notre voisine porte son fagot, sa fille son livre de classe !enfants : apprentissageLe gouvernement commence à réagir devant les crimes d'honneur, pour le moment ceux qui ne mettent en cause qu'un couple seul, mais c'est un premier pas !
En mars 1991, Vijander de basse caste et sa petite amie Roshni issue d’une famille Jat, communauté de "haute caste", se sont enfuis pour se marier. Pensant que la colère de la famille s’était dissipée ils sont rentrés à Mehrana. Mais le conseil du village a ordonné leur meurtre ainsi que celui du cousin de Vijander, qui les avait aidés. Les trois ont été brûlés vifs, puis pendus. Le 14 novembre 2011 un juge a condamné leurs assassins : huit à la peine capitale et vingt autres à la réclusion à perpétuité.
Je ne suis pas "pour" la peine de mort mais il est temps que des juges commencent à prononcer des sentences sévères, la peur agira peut-être !

La maharani de Jaipur, Gayatri Devi (celle qui a écrit "Une princesse se souvient") avait déjà compris que la clé de la modernisation sociale passait par l'émancipation des femmes. En 1943, près de son "Rambagh palace", elle ouvre une école, la MGD, pour les filles "rajput" (haute caste très conservatrice). Ces femmes deviennent docteresses, scientifiques, écrivains... et sortent du purdah !
Aujourd'hui, une nouvelle loi datant d'avril 2010 rends l'école obligatoire et gratuite pour tous les enfants de 6 à 14 ans, le gouvernement indien a exigé que les établissements privés réservent 25% de leurs sièges aux enfants défavorisés. Il a aussi promis d'accorder un enseignant formé pour 30 élèves. Nous écrirons un article à part sur ce point "éducation" qui ne concerne pas que les filles mais qui est très important pour l'évolution de la société indienne.


Et le plus encourageant pour la fin : certaines femmes se rebellent. Sachant quels sont les risques, on peut dire "ça c'est des femmes qui en ont".
Le cas le plus célèbre est celui de Phûlan Devî même si elle meurt assassinée en 2001 sous pretexte qu'elle est de basse caste, elle est un exemple et un soutien pour toutes les indiennes oprimées : mariée à 11 ans, elle fait l'esclave pour son mari qui la bat et la viole régulièrement. Elle se révolte et s'enfuit. Elle est emprisonnée et violée. Après plusieurs rebondissements, elle réussit à venger toutes ces humiliations. Elle finit députée et lutte jusqu'à sa mort pour défendre les oppressés.
Le dernier cas médiatisé est celui de Rekha Kalindi que son père voulait marier à 11 ans (ce que la loi interdit depuis 1978). Elle a dit non. Il l'a enfermée et privée d'eau et de nourriture pendant des jours. Une chance qu'il ne l'est pas tuée. Maintenant, soutenue par l'Unicef, elle passe dans les écoles pour dire aux autres enfants que personne n'a le droit de les marier sans leur assentiment et surtout pas avant un certain âge.
Fin juillet 2011 a eu lieu à Delhi une "slutwalk". Une marche de femmes qui réclament le droit de s'habiller comme elles veulent. La réussite a été mitigée mais bon, c'est une première en Inde.
Actuellement sévit dans une campagne reculée de l'Uttar Pradesh un groupe de plusieurs centaines de femmes le "Gulâbî gang", le gang en rose (cette couleur n'est pas marquée politiquement en Inde !), créé par Sampat Pal Devî . Elles n'hésitent pas à utiliser des bâtons et d'autres armes paysannes pour faire respecter les femmes de la région. Dans le district (seulement ? eh oui) certaines lois sont changées ou renforcées pour aller dans leur sens.


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Published by sylveno - dans sauver la planète
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commentaires

Biche 08/01/2012 15:35


J'ai aussi trouvé ça dans la même lignée :http://tvanouvelles.ca/lcn/lebuzz/archives/2011/10/20111022-233758.html


(Appelées indésirables, elles changent de nom ; TVA)

Biche 08/01/2012 12:40


Bonjour ou bonsoir !


En janvier 2012, le magazine Marie-Claire a fait paraître un article intitulé : Ne m'appelez plus "NON DESIREE"


"C'était la fête dans le Satata District, près de Mumbai, où 285 Indiennes ont décidé de changer de prénom sous l'oeil attentif de leurs parents. Ces derniers n'ayant pas hésité à les appeler
"Nakusa" ou "Nakushi", c'est à dire "Non désirée", comme cela arrive souvent pour une 3ème ou 4ème fille. La coutume des dots oblige en effet les parents à s'endetter lors du mariage. Alors qu'un
garçon, une fois marié, reste à la maison et prend en charge ses beaux-parents. Au cours de cette cérémonie révolutionnaire, les "Nakusa" ou "Nakushi" ont choisi des prénoms bien glamour de
déesses ou de stars hollywoodiennes. Histoire de montrer que la discrimination des femmes est, elle aussi, de plus en plus "non désirée"."

sylveno 09/01/2012 11:19



eh oui, à Mumbai qui est la ville la plus "avancée" en Inde... c'est un début et c'est super intéressant d'avoir cette info, merci Biche



jeannine cabrol 01/12/2011 12:40


magnifique photo pleine d'espoir pour toutes les petites filles indiennes

Biche 30/11/2011 12:56


Je l'ai lu le récit autobiographique de Phulan Devi. Oui, une insoumise comme il y en a peu.


J'ai lu aussi un livre dont je ne retrouve pas le titre. Il s'agit d'une jeune femme indienne hebergée après de multiples difficultés dans sa vie chez un homme qui lui a appris à lire. Elle
a donc pu raconter elle même sa vie grace à des éditeurs qui l'ont fortement encouragée. Elle ne croyait absolument pas en elle-même ! Et pour les femmes indiennes, j'ai compris qu'il était
complètement incongru de parler de soi...