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C'est Nous

  • : L'Inde autrement
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  • : La vie au jour le jour en Inde, les voyages de connaissance de soi que nous proposons dans ce pays si différent de la France, toutes les réflexions qui nous viennent dans nos différentes expériences en comparaison avec ce que nous vivons en France.
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18 avril 2010 7 18 /04 /avril /2010 12:36

C'est difficile de construire, de commencer cette entreprise en pays étranger. Il n'y a pas vraiment de mafia, non mais c'est seulement que paraît-il tout est corrompu. Connaissant maintenant le sens inné des indiens pour la parano, nous attendons de voir. Il nous est par deux fois arrivé de proposer à un intermédiaire de donner de l'argent pour faire accélérer les choses. À chaque fois, il a dit que ça ne pouvait pas. Alors pour nous, la célébrissime corruption indienne, c'est encore un gros mensonge dans lequel se complait la population pour justifier l'inertie et l'inefficacité. C'est facile, il n'y a qu'à accuser la corruption : c'est pas la peine de faire quoi que ce soit puisque de toutes façons "des méchants" vont payer pour museler toute action légale ou judiciaire...
D'expérience, mais bon on est encore nouveaux dans le pays, nous croyons plutôt qu'il faut accuser deux choses :
- une administration bureaucratique paperassière poussiéreuse noyée dans son propre
gigantisme
- une population qui a du mal à assimiler le changement culturel de la technologie et de la productivité de masse voulu par les lois du marché international dans lequel le pays veut concourir alors que justement la culture indienne et surtout hindouiste ne dispose pas à se genre de choses. (ouf la phrase était longue, respire !)

Shantanu l'architecte nous disait hier :
4 avril Trop dur pour la pelleteuse !
— De toutes façons il y aura un peu d'argent à laisser en plus, que tout soit fait légalement ou non !
On a profité pour lui demander :
— Comment tu fais pour vivre en Inde toi qui est intelligent et direct ?
Ça l'a fait rire :
— C'est très difficile quand tu es confiant ici. Tu te fais toujours avoir ! Par exemple, je change de femme de ménage tous les mois !

On est donc rassurés, l'aventure avec notre maid n'est pas exceptionnelle même pour des indiens.

Nous n'avons pas encore élucidé
le mystère concernant le raccordement électrique. Selon les normes le réseau doit être enterré mais il y aurait des fabricants de poteaux qui paieraient "l'edf indien" pour qu'ils installent des poteaux. Il y a un mois, nous avons payé 6 000 रू  pour le raccordement, nous devions avoir l'électricité dans les jours suivants. D'après des renseignements pris directement à la "power house" nous devrions encore attendre un mois de plus. Enoch en a parlé à l'agent immobilier qui nous a vendu le terrain parce que c'est un riche qui se donne des airs importants. Aucun résultat. Le contractor qui peut argumenter pour son chantier, aucun résultat. Le puisatier qui est un personnage connu et respecté dans le village, aucun résultat. C'est là d'ailleurs que nous avons proposé de payer pour que ça se fasse mais comme déjà dit, aucun résultat. Tiens en écrivant, je pense à Kapil et Rajendra, nos agents immobiliers. On essaiera de leur en toucher un mot à l'occas'.

 

colonnes

Enfin, à ce jour, le creusement du sous-sol est fini. Ça devait durer 2 jours, ça en fait 15 parce qu'ils n'ont pas pu utiliser la pelleteuse jusqu'au bout à cause d'une mauvaise organisation du chantier pensons-nous. Là ils finissent à la main en dégageant la terre avec des plateaux portés sur la tête !
Putain, c'est sûr que dès que possible, je (Enoch) fais organiser le chantier pour utiliser des brouettes et je leur apprends l'usage de cette machine si exotique !
Avec la sécheresse, la terre est très dure, un vrai caillou. Comme il n'y a pas d'électricité, il n'y a pas de pompe pour le puits ! Il a fallu faire venir des tracteurs avec des citernes d'eau qui sont déversées dans le trou pour ramollir la terre qui peut ensuite être creusée le lendemain.
V'là l'gaspillage !avril trop dur !
On est allé leur acheter deux réservoirs en plastique de 500 l et devinez quoi ?
Notre cher contractor a ronchonné que c'était pas suffisant !
Non mais des fois hein, y'a des choses, faut les vivre...
 

Enoch et Zoé sont tous les jours sur le terrain. Moi (Sylvie) j'y vais une fois par semaine pour la visite de l'architecte.

La communication est lente et pénible. Pas parce qu'on ne connait pas la langue, Enoch et Zoé se débrouillent assez en hindi pour comprendre et se faire comprendre du contractor. Non, ce qui pose problème c'est plein de trucs qu'on ne comprend pas. Les explications que nous donne Ashok sont souvent totalement incompréhensibles, ce n'est pas une question de langue, il parle français !
Par exemple : pour continuer maintenant il faut des fers à béton, du ciment, des pierres, du sable, bref tout le matos pour couler une dalle ! Nous demandons au contractor de nous dire les quantités nécessaires de tous ces matériaux pour passer les commandes. Nous n'avons pas réussi à le savoir avant que le trou soit fini ! Nous avons fait intervenir l'architecte qui parle la langue, rien n'a fait !
Du coup il a fallu tout faire en vitesse hier pour que l'équipe de travail ne soit pas débauchée ! Maintenant, ils ont le fer à béton. Ils peuvent donc s'occuper à le découper et à l'assembler pour faire les colonnes.
Le contractor (va falloir qu'on finisse par se rappeler son nom) a râlé à Ashok qu'on devait pas faire livrer des trucs qu'il avait pas demandé mais alors "pourquoi" (aïe, j'ai dit le mot interdit) il nous a donné la liste de ce qu'il lui fallait ?
En tout cas, vu comment ça s'est passé pour le creusement, je (Enoch) suis décidé à ne plus laisser faire à la mode du pays. En plus des brouettes, que ça lui plaise ou pas, il aura les matériaux livrés avant d'en avoir besoin, pas au dernier moment.


La cabane pour entreposer le matos avait été construite n'importe comment :
elle dépassait sur l'endroit de la construction !
cabane à matos

Avant de finir de creuser les emplacements pour les colonnes il a fallu la démolir en partie et la prolonger côté rue car il faut que notre garde puisse y dormir.
Nous on trouve évident qu'il faille un garde pour que le matériel ne soit pas volé mais l'explication donnée par les indiens est ubuesque :
— Beaucoup de vos voisins sont des paysans devenus riches parce qu'ils ont vendu leurs terres
 comme terrains à construire,  

alors ils ne travaillent plus, ils boivent
et rôdent la nu
it avec des armes pour voler !

 

Notre garde c'est ce "jeune" tout frêle ! Il a juste demander une lampe pour la nuit. Jusqu'à présent personne ne lui a tiré dessus !notre garde
et il a l'air confiant !
 

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Published by sylveno - dans le chantier
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commentaires

Armide 24/04/2010 20:23



Nous réalisons, à la lecture de cet article combien la civilisation occidentale est devenue de la "grosse cavalerie". Le contact d'un pays qui a su résister à la "civilisation" doit être une
bonne occasion de réapprendre à vivre.