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C'est Nous

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  • : La vie au jour le jour en Inde, les voyages de connaissance de soi que nous proposons dans ce pays si différent de la France, toutes les réflexions qui nous viennent dans nos différentes expériences en comparaison avec ce que nous vivons en France.
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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 21:49

2è article sur les enfants en Inde

Pour savoir si les enfants indiens ont besoin de nous, il faut d'abord rencontrer ces enfants.
Jeannine décide de commencer par un orphelinat. Nous lui laissons le clavier...orphelinatLa cause des enfants

Sujet de réflexion vaste et exploitable à l'infini.
Pourquoi les enfants ?
Ce pourquoi il a fallu que j'y réponde avant de plonger dans l'ambiance des orphelinats de l'Inde. Des investigations dans ma propre enfance... pour ne pas projeter trop de vécus perso sur les enfants que je vais rencontrer. Les aborder avec émotion bien sûr mais dans l'écoute et l'attention à ce qu'ils sont eux.

Après maintes recherches sur internet, je jette mon dévolu sur un bus, facile à situer, qui s'occupe des mendiants de Jaipur. Ouvert de 14 à 16h... je décide donc de m'y rendre en début d'après-midi.
Après avoir parlé avec un docteur et un de ses assistants, ce dernier m'indique un orphelinat dans lequel je vais sans attendre.
Quelle n'est pas ma surprise quand je me heurte dès l'entrée à une grille fermée par une chaîne et un cadenas. Je sonne, une personne vient m'ouvrir et m'emmène voir le directeur. Je franchis une seconde grille fermée par le même dispositif.orphelinatRendez-vous est pris pour se voir deux jours plus tard accompagnée d'une personne s'occupant des enfants, française et maîtrisant bien l'anglais (chose que je ne fais pas)...
Nous voilà dans la salle de classe. L'intervenante française a prévu un cours de chant. Après avoir demandé l'autorisation, je m'installe au fond de la classe. Je me mets à chanter. Les enfants d'abord intrigués, m'adressent des sourires amusés, c'est à qui chantera le plus fort et un jeu s'installe entre nous.
L'enseignante indienne m'explique le programme scolaire : vaste et alléchant ! Yoga, méditation, apprendre à lire, à compter, à piquer à la machine, à dessiner des motifs à reproduire sur les mains avec du henné, à danser...orphelinatJe demande au directeur le pourquoi des grilles et du cadenas :
"- Les enfants s'échappent si l'on ne fait pas cela. Il faut les préserver de la prostitution, de la drogue, de la rue où ils sont nés et où ils ont leurs parents.
- Comment sont recueillis ces enfants ?
- Ce sont des personnes qui vont les prendre dans les rues.
- Qui ? Comment ?
- …"
Je n'obtiens pas de réponse.
Le directeur n'a qu'une envie c'est de me voir disparaître de cet endroit, je le mets mal à l'aise avec mes questions...
Il me propose de visiter une école en construction, orphelinat pour  filles. J'accepte car je pense qu'un peu plus loin de son lieu de travail il sera enclin à faire quelques confidences.
Mais non, très peu...orphelinatSon objectif est, je pense, d'obtenir des fonds pour finir sa construction.
J'ai quand même une révélation de taille : les enfants de ces orphelinats ne sortent jamais.
J'ai envie de crier ma révolte !
et tout me semble alors évident... les enfants se sauvent car :
Comment rester enfermé avec pour seule verdure un carré de jardinet encerclé par des bâtiments ?
Comment, quand on est né et que l'on a vécu dans la rue, peut-on se contenter d'un rectangle de ciel bleu ?
Qui de nous, occidentaux, pourrait se satisfaire d'un tel sort ?

Nous donnons, avec beaucoup de générosité certes, à des organismes s'investissant dans de tels projets... Avons-nous le droit de décider de ce qui est bien pour ces enfants sans nous être posé de vraies questions ? Avons-nous le droit de les couper de leur famille et de la rue, leur lieu de vie ? Leur éviter la mort en les privant totalement de liberté... N'y a-t-il pas d'autres solutions ?
Ce sont des questions auxquelles j'ai essayé de répondre personnellement...

Depuis que je suis rentrée en France, j'aimerais rencontrer des gens prenant du temps pour réfléchir à ce gros problème et non des gens me répondant « vite fait » qu'il n'y a pas d'autres solutions... Je me sens seule touchée par cette monstruosité : l'argent donne bonne conscience mais ne résout pas forcément les problèmes dans la durée...

Jeannine

(suite dans "du côté des enfants part 3")

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