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C'est Nous

  • : L'Inde autrement
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  • : La vie au jour le jour en Inde, les voyages de connaissance de soi que nous proposons dans ce pays si différent de la France, toutes les réflexions qui nous viennent dans nos différentes expériences en comparaison avec ce que nous vivons en France.
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18 mars 2010 4 18 /03 /mars /2010 13:44

Hélène et Olivier, vous  préparez un périple de plusieurs mois. Vous voulez traverser l'Afrique en Tandem. Vous nous interrogez sur la possibilité de rouler en vélo au Kenya et en Tanzanie.


chasse des lionnes On est resté des heures dans le cratère Ngorongoro en Tanzanie, le paysage est magique, l'Afrique telle qu'on la rêve... observer les animaux...

La stratégie des lionnes : elles s'installent devant le plus grand point d'eau et attendent. Les troupeaux de zèbres et de gnous voyagent ensemble car les zèbres ont une bonne vue et les gnous une bonne ouie. Ils pensent ainsi être protégés tout azimut... Une troupe de zèbre arrive pour boire. Ils s'arrêtent à une centaines de mètres des lionnes qui ne bougent pas. Puis une autre bande. Ils ont marché plusieurs jours et ont très chaud. C'est bientôt des centaines de bêtes qui attendent, qui veulent aller boire et qui ne comprennent pas "hé pourquoi ça n'avance pas là devant !"
Les premiers arrivés s'approchent peu à peu et malgré eux vers les lionnes. Elles, elles baillent et se prélassent. Rassurés, les zèbres et les gnous avancent encore un peu. Ils ne sont plus qu'à 20 mètres. Tranquillement, une lionne se lève et s'étire. Une autre l'imite. Une par une et l'air de rien, toutes les lionnes se retrouvent debout. Elles regardent autour d'elles voir si tout le monde a pris son poste stratégique. À droite, à gauche, surtout pas devant là où se trouvent les herbivores. Brusquement, c'est la ruée. Les lionnes s'élancent, les zèbres veulent se ruer vers l'arrière mais c'est impossible à cause de la masse du troupeau. Le plus vieux, ou le moins rapide, mais le plus souvent seulement celui qui était le plus près disparait dans un nuage de poussière. Les lionnes l'ont eu.
Vers la fin du jour, plusieurs cadavres sont couchés. Elles n'ont mangé que quelques cuissots mais la bande est tranquille pour plusieurs jours. Les jeunes s'amusent à bondir sur les carcasses et à les tirer dans tous les sens. Les adultes n'ont plus faim et se couchent pour digérer.
Les zèbres savent qu'ils vont pouvoir boire en passant à quelques mètres des fauves.

Nous avons adoré l'Afrique. Ce voyage était notre rêve depuis longtemps et on n'a pas été déçus ! La première girafe, j'étais comme une gamine, tellement fière parce que je l'avais vue la première, cachée derrière un acacia le long de la route !
Le cratère du Ngorongoro nous a laissé des souvenirs inoubliables, magie des paysages et du comportement des animaux. On se croyait seuls au monde avec eux (et pourtant que de touristes !).
baiser NgoroLe premier baobab, arbre mythique, tellement mythique que je ne le cherchais même pas quand il est apparu sous la lune...

Mais vous posez des questions sur les routes du Kenya et de Tanzanie pour les parcourir en tandem...

Le Nord du Kenya est interdit au tourisme à cause de l'instabilité des voisins éthiopiens, soudanais et somaliens. D'après les journaux, il y a régulièrement des combats, du brigandage, des émeutes, des prises d'otages... et des morts. 

Le très particulier volcan Ol Doinyo Lengaï est unique au monde. Contrairement aux autres volcans sa lave n'est pas à base de silicate mais de carbonate.lengai

 

Il n'y avait pas de routes goudronnées dans la plupart des endroits  où nous sommes passés. On était dans une camionnette Toyota et on a été plusieurs fois ensablés, bons pour attendre parfois quelques heures un camion ou un 4x4 pour nous délivrer, on se cachait du soleil sous des épineux minusculement bas pour ne pas mourir d'insolation (en septembre).
Pensez que le soleil tropical/équatorial est "mortel" et c'est pas nécessairement une question de température. Le risque peut être multiplié par l'altitude. Prévoyant de monter le volcan Ol doinyo Lengai, Rémi et Enoch ont couru à plat dans la brousse pour tester, on est au mois de septembre, les températures sont un peu fraîches, la nuit on supporte un polaire : "Avec l'altitude (1500 m), malgré un bon entraînement physique,
courir est vraiment très très dur. Pour tout dire, on avait des étoiles devant les yeux après 10 min de course sans forcer !"

lengai.blog.jpg

Pour les parcs il est obligatoire de prendre un 4x4. On ne peut pas s'y promener seul. C'est trop dangeureux. Les camps pour dormir sont surveillés par des gardes armés. Enoch s'est cru malin de les feinter pour sortir se promener. Il s'est fait bien bien remonter les bretelles en rentrant. Le mois précédent, un touriste qui se croyait malin lui aussi s'était fait tuer par un buffle. Quelques jours avant, un léopard avait emporté un enfant qui était sorti de la terrasse du restaurant (quelques mètres).

bufflesLes buffles sont très dangereux, les guides nous disent que c'est l'animal qu'ils craignent le plus, plus que le lion ou l'éléphant. Son comportement est imprévisible. Quand une femelle a un petit elle peut se sentir menacée et charger brusquement sans aucun signe d'avertissement.


Il est impossible de camper hors des camps : buffles, lions, léopard, hippopotames, scorpions, serpents, éléphants, hyènes... Un soir, nous nous sommes retrouvés perdus dans la brousse à la tombée de la nuit. Pensant devoir y rester jusqu'au matin, les guides ont fait un feu immédiatement pour éloigner les animaux et en même temps se signaler. Ils n'en menaient pas large parce qu'ils n'avaient pas d'armes. Avant de s'allonger, nous avons dû pousser toutes les pierres du bout du pied et une fois sûr qu'il n'y avait pas de scorpions ou de serpents nous les avons jetées plus loin.

passage de rivière

Migration des zèbres et gnous : ils doivent passer la rivière pour d'autres pâturages... Les crocodiles les attendent : ils tuent d'un coup de mâchoires, des dizaines de cadavres restent en surface et seront mangés plus tard !

Les hippopotames les tuent aussi. Non pas pour manger bien sûr, la ête est herbivore, mais seulement parce qu'ils ne supportent pas que qui que ce soit s'approche de la harde. Les herbivores attendent des jours, et comme pour l'accès à l'eau sur la photo plus haut "chasse des lionnes", les premiers finiront poussés dans l'eau par le troupeau grandissant derrière eux...hippopotames              Les hippopotames, herbivores certes mais à gueule puissante...

 
L'eau maintenant : en dehors des villes, elle est rare. Pour se laver, on avait heureusement des lingettes (c'est pas si bien mais bon...). Même dans les hôtels de luxe, l'approvisionnement peut être problématique. Ils fournissent souvent un seau par nuit et par personne. Avec la chaleur et l'altitude (qui dessèche plus encore que la chaleur) il faut transporter d'énormes provisions d'eau potable.

Rouler en vélo nous semble tout à fait impossible, avec un tandem ce doit être bien pire. Contactez Thomas qui est sur place pour voir ce qu'il en pense. Même goudronnées, les routes sont souvent ensablées. De toute façon, il n'y a pas de goudron dans les parcs (c'est pas le parc régional du Haut-Languedoc).

À certains endroits,tourbillon la poussière de sable envahit l'habitacle de la voiture.
Quand on passait dans ce genre d'endroits on disait que des lutins nous attendaient pour nous balancer des brouettes de sable !



                                                              

 

Tout ça, au Kenya et en Tanzanie qui sont des pays à peu près stables et où tout est axé sur le tourisme !rémi et le baobab

Il y a des endroits bien précis pour passer les frontières. Le guide du Routard que nous avions acheté "de l'année" avait un tas de renseignements faux à ce sujet. Par exemple, d'après les renseignements internet et GDR, il y a trois points de passage entre Kenya et Tanzanie, c'est faux, il n'y en a qu'un : Namanga, là où habite Thomas. On voulait passer par Magadi et le lac Natron, on a dû rebrousser chemin, on était en bus, si ça vous arrive en vélo...
En Tanzanie, il y a un péage "à la tête du client" entre chaque commune avec une barrière gardée. Une fois un gars nous a rattrapés plusieurs kilomètres après parce qu'en passant par la piste on n'avait pas payé un des passages.



ol doinyo lave
La lave de l'Ol Doinyo Lengaï est très fluide et, comparativement à celle des autres volcans, "froide" (500° à 550°quand même). C'est une poudre blanche qui, de loin, donne l'impression d'être de la neige.

ol-doinyo-lengaï enoch sur la laveL'éruption de 1998 a rempli le cratère et de la lave déborde sur les pentes. Depuis 2007, le volcan est redevenu explosif (source Wikipedia)

On se rend bien compte que nos renseignements sont pessimistes mais vous nous questionnez et nous on ne le ferait pas...

Même ici en Inde du Nord le tandem serait galère mais seulement parce que les routes sont très cabossées. Le vélo individuel oui. En Afrique (ce que nous connaissons Ouest et Est), l'utilisation du vélo reste rare. Les gens marchent ou vont en bus.descente du volcan

...(à suivre dans "Première course-poursuite")...

2011 : Hélène et Olivier l'ont fait et sont heureux...

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Published by sylveno.over-blog.com - dans voyage
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commentaires

Armide 19/03/2010 22:19


Une affaire sérieuse que ce type de randonnée. Touristes d'opérette, attention : pas de forfanterie ici !


sylveno 29/05/2010 19:10



Ils se sont bien préparés, pour ça on peut leur faire confiance. L'Afrique magnifique ne peut que leur apprendre beaucoup sur eux. Néanmoins que le proverbe "prudence est mère de sûreté" les
accompagne...