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C'est Nous

  • : L'Inde autrement
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  • : La vie au jour le jour en Inde, les voyages de connaissance de soi que nous proposons dans ce pays si différent de la France, toutes les réflexions qui nous viennent dans nos différentes expériences en comparaison avec ce que nous vivons en France.
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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 19:38

En France nous n'avons plus d'enfants-esclaves, dans le sens où on ne vend pas nos enfants à des marchands de tapis.

Certes, mais on les offre en patûre aux moules sociaux donnés par les médias vulgarisateurs à cause de nos propres névroses et de notre peur de la solitude. Ce faisant, on les "assassine" sexuellement, psychologiquement, émotionnellement...
Je peux l'affirmer car
à chaque séance de connaissance de soi, derrière l'adulte qui vient me voir, c'est un de ces ex-enfants que je rencontre !
Enoch pense qu'il y a des degrés dans la maltraitance et qu'il faut commencer par éradiquer le plus en allant vers le moins parce qu'on peut pas faire tout en même temps. C'est vrai que, quand un enfant est volontairement torturé physiquement, il y a urgence.

Pourtant pour moi, le pire est la torture insidieuse car elle n'est pas reconnue comme telle par l'entourage et l'enfant n'a alors que très peu de possibilité de résilience.

Au cours de ma carrière de psychothérapeute, j'ai accompagné des adultes ex-enfants ayant été réellement violés et/ou battus. Ils ont vécu des années d'horreur et de souffrance. Mais cela leur donne un support tangible dans leur travail de connaissance de soi  et leurs larmes peuvent sortir puisqu'ils savent que leur bourreau, c'est un de leurs parents même si souvent ils n'osent pas le nommer comme ça. Avec ce support bien déterminé, leur colère peut être trouvée, dite et enfin expulsée. Ils finissent par arriver à la résilience car ils ont pu rendre au coupable sa faute.

Lorsque j'ai affaire à des cas d'enfants martyrisés psychologiquement, il est plus difficile de se débarrasser de la culpabilité car le parent responsable n'est que rarement perçu directement comme bourreau. On a affaire là à des parents dits "normaux", souvent différents à l'extérieur de la famille, reconnus par leur entourage... Quand, dans un travail de connaissance de soi, un ex-enfant découvre que la cause de ses problématiques vient non de lui mais de son éducation et de sa promiscuité avec un ou des adultes non sains voir malsains, il n'a que le soutien de son thérapeute pour oser le voir et le dire. Comment reconnaître l'injustice, comment rendre à l'autre ses torts et ses tortures quand en face on vous assure que c'était avec de bonnes intentions, par amour ou par méconnaissance.? "C'est pas sa faute" ou "Ils ont fait du mieux qu'ils pouvaient" sont des phrases types de l'ex-enfant-martyr-psychologiquement. Moi, ça me rappelle les paroles des avocats pour expliquer que le meutrier récidiviste a vécu dans un mauvais environnement et qu'il n'est donc pas coupable.
Quand le bourreau la joue fragile, innocent ou malade, il utilise ce que j'appelle de la "violence douce", la plus terrible de toute, il faut être très sûr de soi pour la voir et ensuite pour la repousser. Ces enfants devront être vraiment très forts pour arriver à la résilience.

Or, comment être sûr de soi quand on vous a appris depuis tout petit que vos ressentis n'étaient pas justes, que vos paroles et vos désirs et vos émotions n'étaient pas bons, que même votre corps mentait, quant à votre intellect il était forcément nul puisqu'incomparablement inférieur à celui d'un adulte !
Je parlais d'horreur et de souffrances dans le premier cas, là j'ajoute doute et culpabilité. Car quand on est petit il y a des choses que l'on sent et que l'on sait mais on a si peur de l'adulte- bourreau en face qu'on essaie de se convaincre qu'il a raison puisque personne ne dit qu'il a tort. Certains enfants osent parfois en parler mais personne ne propose d'aide dans une société où deux axiomes de base sont : "Les parents aiment leurs enfants", "Personne n'a à intervenir dans les décisions parentales car les parents connaissent leurs enfants".
Observez vraiment autour de vous. Les humains, parents y compris, décident et agissent en se basant sur leurs problématiques pas en observant les enfants et leurs demandes.

En Inde, il est de coutume de faire des enfants pour s'assurer une vieillesse correcte, pour ne pas finir dans la rue quand on est plus capables de travailler et d'assurer soi-même sa survie. Là-bas un dicton trop commun dit "élever une fille c'est comme arroser le jardin du voisin" ils le disent, ils le savent, ils l'admettent. Mais ils oublient qu'une fille venant de chez leur voisin doit être élevée pour plus tard marier leur fils !
En France, combien de parents savent pourquoi ils font des enfants ? D'ailleurs souvent les parents disent qu'ils veulent un bébé...

"Vos enfants ne sont pas vos enfants
Ils sont les fils et les filles
De l’appel de la vie à elle-même.
Ils viennent à travers vous
Mais non de vous.
...
Vous pouvez vous efforcer d’être comme eux
Mais ne tentez pas de les faire comme vous.
Car la vie ne va pas en arrière,
Ni ne s’attarde à hier.
..."
(extraits d'un poème de Khalil Gibran)55-06 fête des pères
(à suivre dans "du côté des enfants part 5")

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commentaires

jeannine cabrol 28/12/2011 18:16


j'ai subi les deux:violence physique et psychologique .Je préfèrai les coups;encore aujourd'hui j'ai mis du temps à écrire cette phrase.Merci pour le ton si juste de l'article