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  • : La vie au jour le jour en Inde, les voyages de connaissance de soi que nous proposons dans ce pays si différent de la France, toutes les réflexions qui nous viennent dans nos différentes expériences en comparaison avec ce que nous vivons en France.
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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 17:54

Cet article est la suite des 2 précedents sur les enfants en Inde

Nous aurions pu adopter le même ton que pour les articles sur la condition des femmes en Inde. Beaucoup d'histoires sont aussi atroces et on a envie de hurler "stop ça suffit" et de se lancer comme Kailash Satyarthi dans le sauvetage de ces enfants-esclaves .
Mais on s'est un peu posé quelques questions : les enjeux au niveau global, les retombées pour les enfants eux-mêmes,
appliquées systématiquement ces actions commando nécessaires et efficaces n'engendrent-elles pas plus de problèmes que de solutions ?

Dressons d'abord un tableau de la situation et nos premières réflexions sur le sujet...


La loi actuelle en Inde :
depuis 2006 interdiction d'employer des enfants de moins de 14 ans dans hôtels et restaurants

depuis avril 2010 l'école est obligatoire et gratuite
 
chiffres : 
1 indien sur 3 a moins de 16 ans
1 milliard 210 millions d'habitants = 403 millions d'enfants (moins de 16 ans)
60 millions d'enfants au travail, dont 10 millions en servitude
20 millions travaillent en restauration et hôtellerie (1 million rien qu’à Delhi)

khajurâho village                   Ce petit garçon de 3 ans aide sa mère aux travaux des champs.

Mais il est indispensable de faire la part des choses entre exploitation des enfants et travail participatif à la vie de la communauté.
Les enfants qui aident leurs parents aux corvées domestiques,
ceux qui apprennent un métier dans l'entreprise familiale, enfants : à Pushkar                                       Très digne et maniant le marteau avec précision,
                                cette fillette vend ses louches à la foire aux dromadaires.
                                      Je boycotte car je suis contre le travail des enfants
                                      ou j'achète pour soutenir la famille financièrement ?


ceux qui contribuent à améliorer le sort de leur famille.
Ils sont fiers de trouver leur place parmi les leurs. Ce ne sont pas des enfants-esclaves.
Népal Swayambhunath                       Ces fillettes entretiennent les lampes du temple toute la journée.
                  Quand un côté est fait le troisième est à reremplir d'huile et à rallumer.

Les enfants-esclaves eux, paient une dette familiale. Ils peuvent être donnés en dot. Ils travaillent pour des patrons qui les battent. Les enchaînent, les mutilent pour qu'ils ne s'échappent pas. Les violent.
Ces enfants sont gravement atteints physiquement, affectivement, psychologiquement.



Le gouvernement indien a imposé aux écoles privées un quota d'enfants pauvres.
Espérons que certaines familles conservatrices, généralement les riches, accepteront que leurs enfants s'asseyent sur les mêmes bancs que des enfants de basse caste et ça c'est pas gagné. N'oubliez pas que le système des castes interdit par exemple à un intouchable de puiser au même puits qu'un membre d'une caste plus élevée, en cas de contact physique même accidentel ils doivent faire un rituel de purification...

enfants : recyclage à Paharganj Delhi               Des associations proposent aux enfants : recyclage l'après-midi et école le matin


Comment favoriser l’accès à l’éducation pour tous ?
adapter l’école aux besoins des plus pauvres ?

Comment lutter contre le sous-développement ?
Comment peut-on aider un gouvernement à mettre en place des stratégies sans imposer nos vues occidentales souvent stéréotypées et non adaptées ?

(suite dans "du côté des enfants part 4")
(explication des actions de Kailash Satyarthi et de ce qu'est la dette familiale dans de prochains articles)

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Published by sylveno - dans sauver la planète
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commentaires

peggy 27/12/2011 22:44


Cet article m'a beaucoup ému, aucun mot ne me viens pour le commenter, juste la tristesse que je ressent...

Biche 13/12/2011 12:20


Ben moi, le rap, ce n'est pas du tout ma tasse de thé !... Ce ne pouvait être que mon fils qui m'en fasse écouter ! Quel "hasard" !...


Bien à vous !

Biche 11/12/2011 20:38


Mon fils m'a fait écouter ça hier : 


http://www.youtube.com/watch?v=NWcCCPMUk_M (La petite marchande de porte-clefs, d'Orelsan)


Bonne illustration je trouve pour votre article en ce qui concerne les enfants esclaves.


Sa mère voulait attendre et la marier
Son père voulait la pendre ou la noyer
Un seul enfant par foyer
Il voulait un garçon
Mais sa connasse de femme a fait le taff qu'à moitié
A la campagne on a besoin d'hommes forts pour travailler
Pas d'une bouche à nourrir, pas d'une pisseuse bonne qu'à chialer
C'est presque impossible de vivre à trois
Une fille unique, c'est perdre son nom de famille
C'est la honte pour un villageois
Qu'est ce qu'il pouvait faire d'un déchet humain ?
Lui éclater le crâne entre deux pierres, l'enterrer à côté du chien ?
Il partit emprunter une pelle chez son voisin
Mais son voisin lui dit d'attendre
Il lui dit qu'il pourrait la vendre

Et la chance leur sourit
Un marchand leur proposa d'acheter l'enfant pour la vendre à des touristes
Ils l'ont lâché pour environ un tiers de SMIC français
Le soir de son départ, mélancolique, sa mère chantait

«...»

Douze ans plus tard la jeune fille dort tranquillement chez son hôte
Son réveil ? C'est un grand coup de pieds dans les côtes
Son petit dèj ? C'est du pain à la vapeur et de l'eau
Puis direction la salle des machines pour rejoindre les autres
Elle s'est jamais faite adopter par deux riches occidentaux
Son propriétaire l'a élevée, l'a gardée sous le manteau
Neuf dans le même endroit
Sa chambre ? Des caisses en bois
A huit ans elle a décroché son premier emploi :
Une sorte de garderie où on fabrique des shorts de foot
Avec ses mains en formes de pieds à force de coudre
Avec sa colonne vertébrale en forme de voûte
Vingt minutes de pause déjeuner, un peu de riz, un bol de soupe
Interdiction de parler, à peine le droit de faire des gestes
Elle doit garder la tête baissée pour s'adresser à ses chefs
Le bruit la hante au point qu'elle entend plus quand il s'arrête ;
Pour pas sombrer dans la folie elle chante cette chanson dans sa tête :

«...»

De retour dans son village natal après dix années
En quête d'un cocon familial, à la recherche de son passé
Finalement, son maître lui apprit qui elle était vraiment
Juste avant qu'il aille finir sa vie dans les geôles du gouvernement
Son usine s’étant faite démanteler discrètement
La presse n'étant pas autorisée à couvrir l’événement
Bref, la plupart des gens du village avaient levé le camp
Partis loin, ouvrir des restaurants ou divers magasins de vêtements
Pour les rejoindre elle traversa des océans
Frôla la mort, laissant son destin voguer au gré des vents
Sans personne, sans passeport, sans carte d'identité
De toutes façons elle avait pas de nom, à part « La mendiante bridée »
Après avoir contracté presque toutes les maladies
Elle atterrit miraculeusement à Paris
Je rentrais chez moi après le travail, à la tombée de la nuit
Quand nos regards se sont croisés, elle s'est approchée et m'a dit :
« Hum, excusez moi Monsieur, Porte-clefs, Deux euros ?
-Euh non, désolé, j'ai rien sur moi, bonne soirée !»

sylveno 12/12/2011 19:59



en effet, illustration parfaite enfants-esclaves ou condition de la femme en Asie ! Enoch adore le rap et moi je n'apprécie que... Orelsan (mais E dit que c'est pas un vrai rapeur lol) ! mais je
ne connaissais pas sa nelle chanson !